Large victoire des indépendantistes en Catalogne

-- Europe --

Dépêche
Par Philippe Argouarch

Publié le 25/11/12 21:23 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Mis à jour le 26 nov à 09:00. Les indépendantistes du centre droit de la Convergencia i Unio (CiU) et de la gauche indépendantiste et des verts (ICV) ont remporté aujourd'hui une large victoire en obtenant 87 des sièges de la Generalitat. Si la CiU perd une douzaine de sièges (50 au lieu de 62 en 2010) et reste majoritaire avec 30,66% des votes, la gauche indépendantiste en gagnerait une dizaine (20 contre 10 en 2010 soit 13,68%). Les verts de l'ICV qui sont aussi souverainistes en gagnent 3 avec 13 sieges. S'il y a un glissement de la droite indépendantiste vers la gauche indépendantiste, les indépendantistes confortent leur gain. Le grand perdant est le parti socialiste (PSC) qui n'aura plus que 20 sièges soit 14,44%. Le parti populaire (PP) a 19 sièges et gagne un siège (13%). Le nouveau parti CUP, gauche alternative, obtient 3 sièges. Au total les indépendantistes, gauche/droite confondues, ont obtenu 87 sièges. Les indépendantistes sont donc majoritaires car ils occupent 87 des 135 sièges ( (voir le site) catalan des résultats).

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Cette victoire écrasante des souverainistes, confirme la tenue d'un référendum à venir sur l'indépendance de la Catalogne avec en annexe, un bras de fer juridique dont le résulat sera capital pour le futur des nations sans Etat en Europe. (voir notre article)

Le conflit sera entre le droit fondamental des peuples à disposer d'eux-mêmes, un droit reconnu par l'Espagne en tant que membre des Nations-Unies ((article 1, alinéa 2 de la charte des Nations-Unies), et, la constitution espagnole qui interdit le droit de sécession des régions autonomes. La justice espagnole interdit même le droit d'organiser un référendum sur le sujet. Elle interdit aussi aux Catalans de se considérer comme une «nation».

Certains envisagent le pire, rien de moins que le spectre d'une nouvelle guerre d'Espagne si l'Europe ne se dote pas de législations adéquates pour gérer ces situations et accueillir de nouveaux Etats issus de sa communauté. Des analystes montrent du doigt le conservatisme, le repli sur soi, des Etats-nations qui ont constitué et constituent la Communauté Européenne.

Si l'absence de politique économique, sociale, fiscale et monétaire commune a abouti à la crise économique actuelle en Europe, de même l'absence dans les traités européens de législation pour protéger les nations sans Etats et les minorités et l'absence de procédure légale pour accueillir de nouveaux Etats en interne, risque un jour de peser très lourd dans les crises nationalitaires qui se dessinent à l'horizon.

Philippe Argouarch

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