
Débat sur le budget des langues régionales
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Au terme de trois jours de débats au Conseil régional de Bretagne, réunis à Rennes, les élus ont adopté jeudi 12 février 2026 le budget primitif 2026 de la région. Dans une session marquée par de vifs désaccords entre majorité et oppositions, le programme 301 consacré aux langues de Bretagne a cristallisé les tensions : budget maintenu mais jugé insuffisant par plusieurs groupes dont la droite et les autonomistes, dans le contexte du recul des locuteurs et de...
Pour l'élue autonomiste Ana Sohier, du groupe Breizh à Gleiz, le budget 2026 marque un coup de frein par rapport à la trajectoire du plan de réappropriation voté en 2023, alors que les signaux d'alerte s'accumulent (baisse des locuteurs, effectifs repassés sous 20 000 élèves, fragilisation des acteurs, crise financière des écoles Diwan). Elle résume ainsi l'enjeu :
« Dans ce contexte, le budget primitif qui nous est présenté marque un ralentissement de la trajectoire votée en 2023. Le budget des langues de Bretagne pour 2026 a été fixé à 11,99 millions d'euros, soit quasiment le niveau cible de 2025, une année de retard finalement, alors même que les signaux d'alerte se multiplient. (…) C'est pourquoi nous proposons un amendement simple : respecter la trajectoire votée. Ce plan prévoyait 12,58 millions d'euros en 2026. Ce n'est pas un luxe, c'est le minimum pour éviter un décrochage durable. »
Lors de la séquence de vote, l'autonomiste Christian Troadeg, désormais dans l'opposition après avoir quitté la majorité régionale en 2025, a livré une intervention très offensive. Il a ciblé la convention État-Région et l'absence de moyens supplémentaires, en dénonçant un choix politique qui reviendrait, selon lui, à freiner au moment où il devrait accélérer :
« La convention spécifique, elle ne fonctionne pas. (…) Au moment où on devrait plutôt appuyer sur l'accélérateur, on est en train de tirer sur le frein à main. Et aujourd'hui, ne pas donner les moyens supplémentaires financiers indispensables pour l'ensemble de cette politique du plan de réappropriation va nous conduire dans une impasse, et dont certains ici, au regard de l'histoire et tout simplement de l'avenir de la langue bretonne, en tiendront l'entière responsabilité. »
Le budget comprend toutefois plusieurs annonces mises en avant par l'exécutif : l'ouverture annoncée à Rennes, à la rentrée 2026, d'un parcours de formation d'enseignants en breton (20 places), à l'image de celui de Brest, ainsi qu'une augmentation de 50 000 euros de la subvention à la Fédération Diwan.
L'amendement proposé par Breizh a Gleizh a été rejeté.
Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris.
Commentaires (3)
Certes , c'est beaucoup d'argent 12 millions mais pour soutenir durablement le breton qui donne son nom à la Bretagne c'est 30 millions minima qu'il faudrait .
En 2030 , il y aura que 70 000 personnes en Bretagne capables de s'exprimer en breton ; en 2050 : il ne restera que quelques milliers ....
Il faut "un statut officiel" et "une reconnaissance officielle " pour cette langue sauf à dire que celle-ci va disparaître , c'est dans un cadre technique d'enseignement que le breton peut se maintenir .
2°/° seulement des jeunes Bretons prennent cette langue soit 19 000 actuellement scolarisés en Bretagne c'est 50°/° des jeunes Basques qui ont une offre d'enseignement en langue basque .
Force est de constater que quelque soit le parti qui dirigera la région administrative , nous connaissons le modèle , en finir avec le particularisme culturel breton en France .
Les objectifs de 30 000 enfants apprenant le breton ne seront pas atteints en 2030 , les moyens financiers ne sont pas là sauf à se défausser de la responsabilité politique .
Oui , le génocide culturel du breton en France est un fait politique mais pas que évidemment .
L'Etat français organise sciemment la rupture de l'enseignement du breton en refusant l'ouverture des structures à la sortie du CM2 en collège c'est pourquoi face au peu d'offres d'écoles les enfants abandonnent cet enseignement .
Quant aux départements exceptés le Finistère et timidement le Morbihan on flirte le zéro financement en soutien à la langue bretonne .
1 273 bretonnants âgés meurent chaque mois dans l'indifférence quasi généralisé de ce qu'ils représentent culturellement .
Ce n'est jamais le moment de réparer ce qui a été abimé auparavant depuis 1900 .
La Bretagne sans cette langue n'existera plus et donc son peuple breton non plus .
Le plan de réappropriation des langues de Bretagne est un outil à mettre en oeuvre accompagné d'une volonté forte de secouer cette atonie . Il faut des enseignants , des locaux pour apprendre à l'école .
Mais nous nous devons espérer encore et encore .
Mantret on alato !
Hep brezhoneg Breizh ebet !
Alors les alliances d'intérêts momentanés et contre nature me font doucement rigoler . C'est d'être à droite ou d'être à gauche qui est leur priorité ... Pas crédibles tous ces gens !