Quinze jeunes Bretons du lycée Diwan de Carhaix menacent visiblement la République Française pour avoir rédigé, lors du baccalauréat (juin 2018), leur copie de mathématiques en breton. Le « mammouth » tremble ! N'oublions pas qu’il y a peu déjà, l’administration française frôlait l’apoplexie lorsque les services de l’état civil ont livré bataille au « n » tildé de « Fanch » ! Le ridicule ne tue pas, il paraît… Heureusement, car une hécatombe menacerait nombre de fonctionnaires et d’élus français.

Plus sérieusement, il est à la fois malheureux et scandaleux que ces futurs bacheliers soient obligés de déposer un recours -pour que leurs copies soient corrigées- auprès de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, dans le pays « des droits de l’Homme » justement…

A chaque année scolaire, l’Education nationale martèle à ses enseignants, blessés d’ailleurs par l’absurdité d’une telle remarque, qu’ils doivent faire preuve de souplesse et de bienveillance envers leurs élèves. L'Etat leur demande également de transmettre les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité. Qualités et état d’esprit que visiblement l’administration française ne possède pas : où est donc l’égalité quand depuis 2012 les élèves basques de terminale ont le droit de rédiger les mathématiques en langue basque et que l’on interdit aux jeunes Bretons d’utiliser leur langue régionale pour la même épreuve...

Pour déstabiliser et décourager, l’Etat jacobin se complait dans l’absence de logique et dans l’arbitraire. Il interdit ou autorise ici ou là une ouverture de filières des « 3 Di » (Diwan, Div Yezh, Dihun), il valide la rédaction en breton au bac de l’histoire et de la géographie mais pas celle des maths, il souscrit ou non à la création d’une option en breton dans les établissements. Ou encore, comme l’an dernier, il nomme des enseignants de breton dans l’Académie de Versailles alors même que le Conseil Régional avait financé leurs formations !

Ainsi, au travers de l’interdiction de ce bac en Breton, l’objectif de l’Etat est pluriel. D’une part, il s’agit de décourager les jeunes d’apprendre et d’utiliser leur langue régionale dans la vie quotidienne. D’autre part, interdire pour des examens nationaux l’usage de la langue que l’on a apprise durant toute sa scolarité revient à diffuser l’idée que cette langue n’a aucun statut, voire pire, qu’elle n’est qu’un patois. Déprécier une langue, c’est évidemment déprécier un individu et l’amener à se détacher de sa culture. Cet objectif est politique et les moyens employés sont vicieux. Il n’est finalement pas si loin le temps de l’« Interdit de parler breton et de cracher par terre ». C’était au début du XXe siècle et nous sommes au XXIe siècle…

Alors, « Gourc’hemennoù !» à ces lycéens et aux collégiens bretonnants de classe de troisième qui, pour soutenir leurs aînés, viennent de composer lors du brevet des collèges leur copie de SVT (Science et Vie de la Terre) en breton, montrant ainsi qu’ils connaissent les valeurs bretonnes de solidarité et de résistance à l’injustice.

Caroline Ollivro

Breizh Europa

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Vos commentaires :

Naon-e-dad
Dimanche 1 juillet 2018

Tout à fait d'accord avec le contenu de cet article.

Par ailleurs, on nous dit (PQR) que sur ces fameuses copies, le langage mathématique (en plus du français, mais, il n'y en a pas, puisqu'elles sont rédigées en langue bretonne) serait pris en compte par les correcteurs.

Si les professeurs-correcteurs sont intelligents - et je ne doute pas qu'ils le soient - cela devrait donc suffire à assurer la correction de ce lot de quinze copies.

Reste le problème de fond: l'interdiction, oui l'interdiction de composer, en langue bretonne pour la reine des matières scientifiques: la science mathématique! Au nom de quoi? Einstein, Poincaré, Leibniz - dont Google fête aujourd'hui même premier juillet, le 372eme anniversaire de la naissance -, revenez, revenez, ils sont devenus fous!

Je ne pense pas que, au moins chez le grand-public cultivé, le breton soit vu aujourd'hui comme autre chose qu'une langue de plein exercice. A égalité avec les plus grandes langues européennes, et - j'ose l'affirmer ici avec force, sur bien des points - en particulier celui de la logique sémantique et de la logique syntaxique -, supérieur au français. Aïe! C'est peut-être là une piste d'explication. au-delà de l'orgueil régalien, évidemment touché: en France, on veut bien former des esprits intelligents, mais pas trop!

Les maitres du manège semblent ne redouter qu'une seule chose: se retrouver un jour face à des gens qui fassent jeu égal, sans nécessairement provenir du même moule. C'est à dire rompus à une gymnastique intellectuelle très sûre et efficace, mais un peu différente. Les mathématiques sont bien utilisées ici - CQFD - par le pouvoir républicain comme instrument politique pour pervertir les valeurs de la République. Et plus généralement encore, les valeurs civilisationnelles de l'Europe (et du monde entier).

Le drame de cette République est que sa dérive idéologique est de plus en plus visible, même pour les plus placides ou les moins regardants! Mais je reste au nombre de ceux qui pensent, ou qui veulent encore croire, face à la menace qui enfle, que la démocratie finira par l'emporter. Même en France! Vive la langue bretonne, jusques dans les copies du baccalauréat.

Ra vevo ar brezhoneg, komzet ha skrivet, betek kreizig arnodennoù ar vachelouriezh!

Emilie Le Berre
Dimanche 1 juillet 2018

Et qu'en pense Cédric Villani, mathématicien, titulaire de la médaille Fields, actuel ministre dans le gouvermant MacroÑ ?

Bak e bzg
Dimanche 1 juillet 2018

Trugarez dit evit ar pennad man !

Ur plijadur eo gwellet souten eus pep lec'h.

Ul lisead eus Diwan

Frank Darcel
Dimanche 1 juillet 2018

@naon-e-dad, votre commentaire est très éclairant. Et optimiste finalement. Il faut que nous le soyons !

Boned ruz
Dimanche 1 juillet 2018

Aze ez eus un dro vat da lakaat asambles strolladoù politikel breizhek a stourm bep hini en e c'hornig vro hag ober diouzh ma sav da vat gwirioù ar vretoned diwarno... Ur gentel an hini eo ar pezh a zo oc'h ober ar yaouankizoù... Ah neuze piv vo ar penn soroc'her a-zouez hor bedig politikel?

Gant ma voe ( hag e vez c'hoazh) arbenigourien gouest da zifenn groñs hag ez-efedus ar gartenn justis ez eo diaes kompren ne c'hallfemp ket ober memes mod evit ar brezhoneg!

laou ar spazher
Lundi 2 juillet 2018

REPUBLIQUE OU AKBAR ha Macron a zo e brofed.

Er prantad ma vez taget Breizh, he fobl he yezh hag hec'h ene dizehan ha bemdez koulz lavaret, petra a ra

an dilennidi hag an emsavidi a vicher : NETRA ! - nann, fazian a ran ober prezegennou flour a ouezont ober avat.

Tout cela se payera très très cher ou par notre disparition ou par leur éradication.

Le Modérateur
Lundi 2 juillet 2018

Pour quoi priver bien des lecteurs de vos commentaires, en ne vous autorisant pas une petite traduction? "Instruisante" en plus?

Passer les idées c'est maintenant et tout de suite. S'il faut attendre d'avoir appris ou réappris notre langue bretonne, cela fera beaucoup de prises de conscience en moins, Celles qui feront peut-être la différence.

Personnellement j'ai compris...

le webmaster
Lundi 2 juillet 2018

test ceci est un test

Alan G
Lundi 2 juillet 2018

Au Modérateur : dans la même logique, vous pourriez aussi demander aux candidats pourquoi ils privent les correcteurs de leurs raisonnements en ne s'autorisant pas une petite traduction :-)

Gourc'hemennoù d'ar re yaouank !

Jacques
Lundi 2 juillet 2018

Comme évoquez dans l'article, il semble que les collégiens aient réalisé la même démarche pour soutenir les lycéens....

On peut débattre sur la République mais l'important n'est-il pas que le mouvement breton se mobilise pour ces enfants... qui quelque part sont nos enfants à nous tous...

J'entends par mouvement breton, les partis politiques, les assos, les bagadou, les cercles celtiques, les think thank, les écoles bilingues, etc, les artistes, les acteurs, les médias, les bonnets rouges, etc...... tout ce joli petit monde pour lequel se chamailler et manquer de solidarité est un état d'esprit...

Pour une fois et pour les enfants n'est-il pas possible de mettre tout le monde d'accord pour obtenir que les examens puissent être réalisé dans la langue utilisé par ce jeune???

Franchement, si en Bretagne on n'arrive même pas à se mettre d'accord au moins pour les enfants... c'est qu'on est vraiment au fond du trou comme semble bien l'avoir compris Macron...!

Parce que si les Basques ont réussi, c'est clair qu'on serait bien minable de ne pas arriver au même résultat...

Et j'ai un peu peur que ce soit le cas...

Qu'en pense Breizh Europa et leurs copains du PB et de l'UDB et de Troadec?

Frank Darcel
Lundi 2 juillet 2018

@Jacques, je comprends ce que vous voulez dire, mais je vois deux remarques importantes à faire à la suite de votre message. Tout d'abord il me semble que l'ensemble des mouvements bretons que vous citez ont soutenu ces élèves. Ainsi, il n'y a pas de désaccord entre les mouvements que vous évoquez sur ce point. S'il y avait un communiqué commun à tous ces mouvements, il n'aurait pas forcément plus de force,et ne serait en tout état de cause pas décisif.

Mais, seconde remarque, cette idée qui flotte dans l'air depuis des années comme quoi l'union des mouvements bretons sauverait soudain la cause me paraît très illusoire. Tout d'abord parce que les mouvements bretons que vous citez expriment des différences réelles entre eux, et vous pouvez juger ces différences secondaires ou picrocholines par rapport aux buts fixés, elles existent néanmoins.

Militer dans un mouvement breton nécessite beaucoup d'abnégation, car il n'y a la plupart du temps pas de poste d'élu en vue. On le fait donc en y mettant une grande énergie, en y consacrant beaucoup de temps, et de manière tout à fait désintéressée, que l'on soit dans tel ou tel mouvement. Alors pourquoi voulez-vous qu'en plus on s'oblige à travailler au quotidien avec des personnes avec lesquelles on a des désaccords profonds sur le social, sur les problèmes sociétaux, ou encore l'économie ? Vous pensez que cela ferait avancer la cause de tous nous mélanger à l'année ? Je ne crois pas pour ma part. Si ces différents mouvements bretons existent, c'est parce qu'ils répondent à des différences notoires dans certains domaines, correspondent à différentes sensibilités. Les mouvements bretons sont variés, parce que la société bretonne est multiple.

Qu'il puisse y avoir des plateformes d'accord au moment des élections entre ces différents mouvements est souhaitable bien sûr, et cela a déjà existé. Nous avons, à Breizh Europa, toujours été ouverts sur ce point. Mais que voudrait dire un mouvement breton unifié fourre-tout, duquel fuseraient des communiqués contradictoires, jusqu'à de nouvelles scissions. Cela ne servirait à rien. Il faudrait bien sûr créer une plateforme de discussion qui pourrait exister en dehors des périodes électorales, et permettrait de mieux les préparer. Il existe des discussions en ce sens.

Mais n'oubliez pas surtout que ce qui plombe le mouvement breton, c'est le manque d'adhérents réels, au-delà des sympathisants effectifs. Alors si vous voulez, vous qui rêvez d'un mouvement unifié, que la défense des intérêts bretons se renforce, commencez par adhérer à un de ces mouvements. Engagez-vous, et vous comprendrez mieux les enjeux, et vous comprendrez également qu'il est important que toutes les sensibilités soient représentées dans l'Emsav.

Car c'est le nombre d'adhérents qui fera notre force à tous, pas un parti unifié illusoire pour l'instant, même si cette idée de plateforme commune est bien sûr souhaitable.

En résumé, nous acceptons bien sûr les conseils de ce genre, mais venez tous un peu mettre les mains dans le cambouis, avec l'UDB, le PB, MBP et BE, celui qui vous correspondra le mieux. C'est de vous tous dont on a besoin !

Jacques
Mardi 3 juillet 2018

@ Franck Darcel,

Déjà merci pour votre réponse:

Je ne pensais pas à un communiqué commun, les communiqués quel en est l'impact réel?

Une lecture vers les militants et au max 1000 personnes sur ABP pour un pays de 4,6 millions d'habitants... une goutte d'eau

Non, je pensais à une démarche clairement assumée comme commune et régulière dans le temps pour affirmer que dans le temps politique cours nous souhaitons parvenir à cet objectif et que les ''watts'' seront mis sur ce sujet...

Du fait, le sujet devient un combat de convergence national...!

Il permet aux militants de se retrouver sur un sujet commun, il permet aux citoyens de visualiser concrètement une revendication politique bretonne à laquelle il peut aisément s'identifier et... d'y adhérer... (à défaut d’adhérer à un parti)!

Le problème, c'est qu'à part BE qui à communiqué sur les lycéens et sur les collégiens... pratiquement personne (hormis réseau sociaux, qui ne concerne que les militants)... Même Diwan ne semble pas savoir qu'il se passe quelque chose (et pourtant ils sont bien informée) même Kevre est resté bien discret avec son communiqué... Franchement, pour savoir ce qu'il se passe et le fait que les Bretons sont motivés pour obtenir le droit de passer les examens dans la langue, le mieux est encore de lire les médias parisiens... le monde à l'envers...

2ème point : l'union

Je me suis mal fait comprendre, je suis totalement opposé à une union qui résulterait à donner l'impression d'un parti politique unique... Cela affaiblirait le peu de capacité politique que nous avons...

A l'inverse, je suis pour que les différents partis politiques expriment clairement un programme et des idées propres à leur parti mais aussi qu'ils soient capable d'exprimer un programme et des idées de convergence nationale...

Car, si nous n'avons rien en commun d'un parti politique à l'autre, c'est que la Bretagne et les Bretons n'existent pas.... c'est aussi simple que cela car une identité nationale c'est le lien qui unie l'ensemble...

Or, c'est globalement le message que les partis politiques bretons envoient vers la population depuis des décennies... Il ne faut donc pas s'étonner que les gens n’adhèrent pas...!

Dans la majorité des pays, il existe des gouvernements de coalition... c'est à dire que des partis politiques mettent sur table des idées identifiés comme prioritaire pour les citoyens autour desquelles ils peuvent travailler ensemble.

Bien entendu, cette forme de travail politique est volontairement peu comprise en France (et par mimétisme en Bretagne)... Comment un parti centriste peu s'allier à un parti extrême pour former un gouvernement.... : simple pourtant à comprendre pour un démocrate.

Mais pour cela il faut qu'à la base les partis disposent de 2 choses :

1) d'un corpus d'idées qui soient identifié comme propre à ce parti,

2) d'un corpus d'idées qui soient comprise comme commune/compatible avec les autres partis...

Les négociations se faisant sur la zone frontière pour permettre à une idée propre d'être avancée dans le ''pot'' commun (si les électeurs sont au rendez-vous pour défendre cette idée).

Sauf que dans les paysages politiques bretons, il est bien difficile de percevoir spontanément les idées propres et les idées communes...

Par exemple : Qui peut spontanément dire la nature du message politique différenciant entre BE et PB???

Pour l'UDB, c'est plus simple : A gauche et contre tous...! Un discours simple autant que limité...!

Qui peut croire qu'il n'existe aucun point de convergence avec ADSAV...!

Or dans la rue, les militants qu'ils soient UDB, PB, BE, Troadec, Adsav expriment. Souvent, il ne faut pas un long dialogue pour s'accorder que des sujets de convergence en laissant volontairement l'idéologie politique propre et il est aisé de noter que le champs des convergences est immense....

Bien souvent, cela fini souvent par des aveux sous la forme d'une critique de la direction du parti propre à chacun.

Sauf à affirmer que la Bretagne n'existe pas (''dépassé'' comme l'analysait avec un certain réalisme un Pdt français au vu des données à sa disposition), que les partis politiques bretons ne parviennent pas à affirmer des convergences nationales démontre une problématique majeur qui à l'évidence pèse lourd sur le cœurs des Bretons...!

Donc, si nous voulons que les citoyens adhérent, il faut passer du théorique au pratique.... de ce qui divise à ce qui rassemble... CE QUI N'EXCLUE EN RIEN d'exprimer des idées propres TANT QU'on parvient à défendre les idées communes...!

En clair, critiquer le centralisme Parisien et la République jacobine pour les uns, affirmer un prétendu idéal de gauche pour les autres, cela n'a AUCUN intérêt si l'ensemble n'est pas capable de mettre en place la dynamique pour obtenir, ici les examens en breton, là une égalité financière d'argent publique pour Diwan, et là encore toutes ces choses qui nous unies et qui font que la Bretagne existe...

Et justement, je m'étonne du peu de fièreté qui se dégage du mouvement breton (tous azimut) quand à l'initiative des lycéens et collégiens de Diwan, qui la peur au ventre de ne pas obtenir leur diplôme se battent néanmoins pour tous les autres (notamment pour de Div-yezh et de Dihun) mais aussi pour l'ensemble des élèves et universitaires bretons afin d'obtenir une relocalisation des questions d'enseignement à l'égal de ce qui se fait partout ailleurs en Europe...

A force de n'avoir rien en commun, on fini par n'avoir rien... d'où à l'évidence l'attitude de Macron pour lequel pourtant l’écrasante majorité des militants bretons ont voté...!

En espérant mettre fait mieux comprendre.

A galon

Boned ruz
Mardi 3 juillet 2018

mr Franck Darcel je réponds à votre dernier message sur l'unité relative mais souhaitable en Bretagne.

Personnellement je suis a-politique jusqu'à me méfier du milieu associatif...J'ai écrit il n'y a pas longtemps à tous les partis politiques Bretons en espérant une "intersection commune" dans vos engagements respectifs. A ce moment là planait l'ombre du FN. Je suis d'esprit bonnet rouge donc NON politique c'est à mon sens ce qui différencie les esprits libres des esprits politisés au sein des bonnets rouges et heureusement que le Dael à fait son apparition ( quelques soient les critiques que l'on peut lui opposer, son fonctionnement reste très ouvert, ce qui n'est pas le cas des partis politiques... et le courage de ce groupe est remarquable; c'est mon point de vue )

Aucun des partis politique n'a pris le temps de répondre à mon propos; cela est une remarque assez négative que je vous fais et tend à démontrer que le pouvoir politique ( ici en Bretagne ) ne se construit pas sur le groupe humain mais sur l'idéologie politique... C'est votre faiblesse! comment voulez-vous que l'on puisse vous faire confiance, à vous, à Troadec etc ??? L'UDB est empêtrée dans son histoire et son idéologie.... ON SOUHAITE DU NEUF SOUS LE SOLEIL D'UN FONCTIONNEMENT DEMOCRATIQUE et là vous avez des chances d'être suivi...Cela vaut pour tous les partis politiques Bretons.... Les états généraux des BR ont été une excellente chose mais des sujets ont été limités et on se trouve aujourd'hui avec deux agricultures opposées ( ERREUR ! qui peut-être imputé aux bonnets rouges mais aussi à la politisation de la confédération paysanne... la question est QUEL EST LEUR METIER ? avec une réponse hors syndicats hors système bancaire hors système de production etc ... c'est aux paysans de trouver leur(s) solution(s) commune(s)... Voilà ici une erreur des bonnets rouges et la FNSEA était écoutée plus pour sa force d'action que pour ses objectifs dont certains sont en contradiction avec l'avenir probable ) Sic!

Deuxièmement pourquoi ne pas créer votre plate forme de discussion ouverte à tous par un site internet commun... sorte d'états généraux permanent...Donnez-nous du grain à moudre plutôt que de donner quelques nouvelles de vos organisations politiques au moment des élections...La désorganisation de l'avenir est général à l'heure actuelle cela énerve de ne pas être consulté mais delà à adhérer moi je ne le ferais pas ( Je pense comme la philosophe Simone Weil)

Frank Darcel
Mardi 3 juillet 2018

@jacques et @boned ruz je comprends vos remarques, Pour ce qui est du corpus idéologique de BE et des propositions que nous sommes à même de faire, nous travaillons sur un projet depuis deux ans, et les premiers "états des lieux" et "propositions" sont sur notre site, mais il reste encore beaucoup de travail puisque nous voulons nous documenter au maximum auprès des acteurs de chaque domaine étudié. Nous pensons au moment des municipales avoir un projet décliné pour à peu près tous les domaines qui concernent le quotidien des Bretonnes et des Bretons, que ces propositions soient de la compétence de la Région ou pas bien sûr, puisque nous nous plaçons à terme dans l'hypothèse d'une autonomie progressive de la Bretagne. Hypothèse d'école pour l'instant, mais cela reste le but à atteindre et cela permet de le clarifie pour expliquer à tous les habitants de Bretagne ce que l'autonomie peut apporter de positif. D'autres mouvements ont aussi des propositions et il faudra travailler en collaboration sur les convergences évidentes.

Cependant sachez que quand vous n'êtes pas un parti avec des élus, vous n'avez pas d'assistants ni de rédacteurs, c'est donc beaucoup de travail, et de temps à trouver pour les militants concernés. Mais nous nous y attelons. Pour ce qui est de la plateforme commune à tous les mouvements, il faut bien sûr la mettre en place. Nous discutons avec le PB, et sommes prêts à discuter avec tout le monde.

Une autre partie des reproches, quant au manque de synergie entre les mouvements et les associations tient également au fait que le media "officiels" se moquent complètement du travail que les uns et les autres font. A mon sens, le premier problème est là. Si les media "classiques" se faisaient plus l'écho de nos diverses actions et propositions, cela permettrait de faire bouger les choses plus vite (cf; la partie media de notre projet sur notre site). La solution à ce premier problème ? Créer nos propres media et soutenir ceux qui existent déjà. Nous avons deux mensuels qui partagent peu ou prou nos idées, et un certains nombres de sites, dont l'ABP bien sûr. Soutenons-les !

Il semblerait que nous ayons bientôt un hebdo également, proche de nos idées, c'est une bonne nouvelle! Mais il faudrait à terme une radio hertzienne "bretonne" bilingue qui émette sur toute la Bretagne en FM. Et pourquoi pas que des capitaux "amis" rachètent Le Télégramme, pour l’appeler « Le Télégramme de Bretagne », en changeant bien sûr la ligne éditoriale et en l'étendant à tout le territoire.

Pour ces deux derniers souhaits, c'est bien sûr de la science fiction pour l'instant, mais une partie des solutions se trouve là. On aura du mal à avancer alors que les media institutionnels et privés, mais sponsorisés par l'état quand même..., sont contre nous. Ce n'est pas chercher des excuses, mais ils faut travailler sur ces projets. Le net, que l'état contrôle moins bien, a déjà permis aux idées autonomistes de progresser beaucoup ces dernières années, en particulier chez les jeunes. Ce projet de radio privée émettant sur B5 est un projet à mettre sur pied, quitte à ce qu'elle démarre en version pirate ! Non seulement cela nous aiderait beaucoup, mais en plus c'est une radio qui pourrait gagner de l'argent ! Pour ça il faut une fréquence, le reste ne serait pas si dur à trouver. Le projet en PQR est bien sûr beaucoup plus illusoire, parce ces journaux, sans l'aide de l'état, auraient d'énormes difficultés.

@boned ruz, on pourrait rappeler bien sûr l'énorme espoir qu'on suscité les Bonnets Rouges, la partie n'est sûrement pas terminée en ce qui concerne les capacités de la société civile bretonne à se mobiliser avec force quand c'est nécessaire. Un peu pris par le temps ce soir, je vous propose qu'on reparle de tout cela par un autre canal.

Boned ruz
Mardi 3 juillet 2018

C'est une bonne chose de faire part de votre travail au-delà de votre propre groupe politique et d'en expliquer les difficultés.J'entends beaucoup de chose dans ce que vous dites mais je ne crois pas que la proposition d'un programme politique aujourd'hui puisse vraiment faire recette. Quand Oui la Bretagne a eu pris "sa veste" , j'ai faillit aller voire Yves Brun, que j'étais allé écouter, pour lui conseiller ceci: "Si vous souhaitez populariser vos ambitions politiques, il faut d'abord populariser les idées des simples gens...et en faire un programme ( le bon sens appartient au gens et bien peu aux élites ) au-lieu de leur vendre un programme qui vous semble à vous être l'avenir..." et il fallait le faire dans toutes les corporations, coloque aprés coloque réécrire son programme en intégrant au mieux les propositions du tout chacun.... Voilà où en est la société civile bretonne à mon sens... ELLE VEUT DECIDER DE SON AVENIR ... il est donc raisonnable de penser que cet avenir soit celui qui sera écrit par la société civile et non pas par un groupe politique et il ne s'agit pas de démagogie... Les états généraux des bonnets rouges n'étaient pas démagogiques, il s'agissait de RECUEILLIR L' IDEE.( il y a ici le contre exemple de l'agriculture ou effectivement les représentants des "bio" n'a pas pu proposer ses idées, mais le souhaitaient-ils ? et étaient ils souhaités...Rien n'est parfait. Mais l'approche était bonne, la méthode. ) Le monde politique est bel et bien paumé aujourd'hui. Le groupe politique qui mettra cela en pratique à de forte chance d'être le relais des gens... Les acteurs dont vous parlez ne sont pas suffisant. D'ailleurs sont-ils aujourd'hui représentatifs. Rien n'est moins sûr. Travaillez avec les gens et à mon sens compliquer à mettre en oeuvre c'est plus que vrai mais une fois la machine lancée...

Jacques
Mercredi 4 juillet 2018

Je comprends bien que vous rédigez un programme... mais vous le savez, plus qu'une lecture, c'est une identification immédiate qu'il faut au gens...

Quand le ''PDCat'' s'affirme ''libéral et indépendantiste'', il n'est pas besoin de lire des pages entières pour savoir à qui l'on a affaire...

Quand le ''SNP'' se dit : ''Social-Démocrate et Nationaliste'', idem...

C'est comme un chanteur qu'il se dit rocker, rappeur ou tenor... on identifie immédiatement son positionnement. Peu de chance qu'un rappeur se trompe et s'adresse au rayon heavy-metal... ou l'inverse...

Sauf que pour moi, entre PB et BE comment faire son choix... Certes je n'irai pas vers l'UDB sauf par solidarité bretonne en l'absence de vos 2 partis...

Pour moi, discuter avec les autres partis ne suffit pas... il faut des axes communs clairement identifié, quitte à se mettre politiquement sur la figure pour le reste dans le cadre du jeu démocratique. Comme je l'ai dis, si nous sommes une nation, c'est que nous avons des axes communs... (depuis plus de 2000 ans qui plus est... soit loin devant l'immense majorité des autres nations européennes) :

La langue, les examens en breton, les programmes scolaires localisés, l'égalité femme-homme (la vraie, pas le truc inclusif américain si bêtement cher au mouvement breton), une solidarité (système de santé alors même que le désert avance...), une représentation vers l'ONU et l'UE (fuen et compagnie, déjà initié par le Parlement Breton)... etc... Et cela, qu'on soit libéral, socialiste, social-démocrate, chrétien démocrate, conservateur, etc peu de chance d'être en désaccord sauf à se payer la tête des Bretons...

Quand à convaincre les Bretons des biens fait de l'autonomie, ce ne sera pas compliqué, la majorité y adhère déjà... sauf qu'à l'image du mouvement breton, ils votent jacobin (comprendre : politiquement correct... on est tellement propre sur soit en Bretagne)... Une vraie spécialité bretonne...

Les médias... on est terriblement en retard...

Suffit de voir comment les souverainistes français parviennent à créer radio et chaîne de TV... et quelques soient les variantes ils sont tous solidaires pour se faire de la pub...

S'ils savent le faire avec toutes leurs différences, c'est donc qu'on sait nous aussi le faire... (ils n'ont pas de subventions).

J'aime beaucoup ABP, mais il faut dire que Breizh Info (qui coopère avec les souverainistes français apporte un vent de nouveauté... même les gens de gauche, même à l'UDB, lisent ce média sans se faire harakiri).

Racheter le Télégramme... Pourquoi pas... Il y a quelques industriels bretons qui pourraient également jouer à la manière des Dassault et compagnies... mais ils ne le feront que lorsqu'il y aura un minimum de construction politique en Bretagne (ce qui n'empêche pas de préparer ce projet).

Mais pour l'instant, quand on voit Jean Ollivro (que j'admire beaucoup par ailleurs) cracher par principe, sans recul ni analyse sur les nationalistes bretons comme si pour faire sa série il devait se justifier (à qui à quoi?) et donner des garanties... Je me dis que le chemin est encore long...

Bon, je vais arrêter mes remarques... Je pense qu'on s'est compris.

Croyez bien en toute ma sympathie...

caroline ollivro
Mercredi 4 juillet 2018

@ jacques [at] boned ruz Il est vrai que si la société civile bretonne ne se mobilise pas ou peu lors des élections pour soutenir les mouvements bretons ou les listes plurielles où sont représentés des Bretons/Européens convaincus ( pour ce qui est de BE) c'est sans doute parce que nous ne sommes pas très bons, y compris dans la façon de communiquer ( à part ABP il faut dire aussi que nos articles de fonds ou d'actualité ne sont que rarement reliés par les quotidiens). Mais il faut également avoir en tête que militer dans un mouvement politique est dense et que l'on aurait bien besoin de relais dans la société civile bretonne...si elle existe, si on ne la fantasme pas un peu trop car l'Etat, notamment dans les domaines de l'éducation et de l'information est un tel rouleau compresseur.... Bien entendu si je suis engagée politiquement c'est que je reste optimiste. Enfin, bonne idée que de rassembler (à la rentrée) les responsables des différents mouvements politiques Bretons pour une journée où l'on échangerait et rédigerait ce qui nous unit, ce qui nous différencie par rapport aux options nationales. Ceci dans le but de rédiger une grille (rendue publique) permettant à la société civile d'identifier nos convergences et divergences. Nos actions communes ou pas lors des élections (aux enjeux différents selon les échelles et parfois les espaces)seraient mieux comprises, y compris par nos propres militants!

Boned ruz
Mercredi 4 juillet 2018

Caroline Ollivro , Franck Darcel ... Merci pour vos réponse et votre écoute. Je trouve intéressant ces échanges, ils évoquent quelque chose de constructif...Je voulais apporter une précision concernant l'idée d'un média écrit. Il y a quelques temps Christian Troadec avait ce projet en tête . A ce moment là j'ai faillit (Encore ! Gast! il m'arrive d'agir cependant ! ) lui écrire en lui suggérant de créer un média commun aux partis Bretons avec thèmes communs et argumentions exposées devant les lecteurs dans le même numéro ou numéro proche... Il y a des avantages . D'abord le coût , non négligeable. Puis l'intérêt pour le lecteur d'avoir un ensemble d'idée exposées sur le même sujet, dans un labs de temps court. Il y a peut-être un troisième avantage au près des lecteurs : le côté stimulation qu'amènerait l'exposition en parallèle des projets proposés. Enfin un développement inédit de ces fameux axes dont vous parlez...non négligeable aussi. On peut rêver... mais le coût d'un journal devrait faire réfléchir!

Vincent Fraval
Jeudi 5 juillet 2018

@boned ruz @jacques. Il me semble que cet hebdo que vous évoquez devrait voir le jour, pas exactement sous cette forme, mais il arrivera dans quelques semaines. En tant que secrétaire général de BE, je rappelle que la définition du mouvement est celle d'un "parti autonomiste breton et fédéraliste européen". On peut y accoler l'épithète "social libéral" et d'ailleurs cela devrait être fait au cours de la prochaine AG. Vous avez raison, c'est bien de définir en quelques mots les caractéristiques d'un mouvement. Mais nous sommes encore jeunes, nous nous mettons en place et en ordre. Ces échanges ont été très instructifs, il est vrai qu'une plateforme ouverte de discussion serait très utile. Nous n'avons pas pu la mettre en place sur notre site car cela nécessite un travail de modération et de webmastering que nous ne pouvons assurer pour l'instant. Mais cela viendra !

Jacques
Jeudi 5 juillet 2018

@ Caroline Ollivro

Merci pour votre retour...

Oui, cette grille de lecture est indispensable...

Le besoin de définir les ''valeurs propres'' d'un parti politique et les ''valeurs communes'' du mouvement breton est d'une nécessité criante et nous (tous) sommes en échec vis à vis des 4,6 millions de citoyens bretons.

Comme déjà dit : Le jeu démocratique, c'est de faire entrer dans les ''valeurs propres'' dans les ''valeurs communes'' soit le temps d'un mandat électoral, soit sur un durée plus longue par la loi ou la tradition culturelle.

On se souvient du dialogue entre C.Guyonvarc'h et son ami Corse, combien ce dernier avait été choqué par les propos du Breton... En effet, les propos de C.Guyonvarc'h étaient clairement anti-démocratique et le reflet de l'état d'esprit historique de l'UDB ce qui est malheureusement représentatif de la problématique du mouvement breton (car aucun militant breton ne les a condamné, seul son ami corse à réagi)... Pour moi, ces propos n'appartenaient pas aux ''valeurs communes des Bretons'', ni même aux ''valeurs communes des Européens'' (d'où la forte réaction de son ami Corse)...

Raison pour laquelle, les Corses votent à plus de 50% pour les nationalistes (bien que tous les électeurs ne soient pas indépendantistes) alors qu'en Bretagne le mouvement breton n'obtient que 7% pour 20% d'indépendantistes et plus de 70 à 80% de la population favorable à une augmentation de l'autonomie...

Ce qui me fait dire qu'aujourd'hui, le problème de la Bretagne est bien plus le fait du mouvement breton que du jacobinisme (en clair, la prétendue solution est aussi problématique que le problème). La preuve, la faible réaction pour agir sur la problématique soulevée par les lycées et les collégiens...

Le mouvement breton doit donc:

1) définir ses "valeurs communes'' et agir ENSEMBLE et UNI pour les défendre afin de permettre aux citoyens de s'identifier,

2) chaque parti doit définir ses ''valeurs propres'' pour permettre le jeu démocratique et recruter des adhérents...

Bon courage,

@ Vincent Fraval

Retour intéressant...

Si vous vous définissez comme ''social libéral'' (donc libéral au sens européen du terme)*, c'est que vous vous positionnez sur le même créneau que le PDCat (1er parti politique de Catalogne).

(voir le site)

Si l'UDB parvient à vaincre ses démons et continue son évolution vers la sociale-démocratie, il pourrait devenir un équivalent au SNP ou à l'ERC

(voir le site)

(voir le site)

(Pour rappel, le ERC est clairement NATIONALISTE même s'il était l'un des principaux opposants à Franco, car il s'agit de nationalisme réel et non de nationalisme étatique... Quand au SNP, c'est écrit dessus).

Cela voudrait dire qu'à cours terme nous aurions en Bretagne un parti social-démocrate (UDB) et un parti libéral (BE)...

Auquel, on pourra ajouter un parti de gauche socialiste (Breizhistance) et un parti de droite identitaire (ADSAV).

Qu'elle avancée historique pour les citoyens bretons qui auront ENFIN un paysage politique qui ressemblera à ce que l'on trouve partout en Europe...

Reste la question du Parti Breton qui à force de rassembler n'arrive plus à s'exprimer...

Soit il parvient à prendre la place de la social-démocratie avant l'UDB, soit il lui restera à prendre le créneau conservateur c'est à dire chrétien-démocrate ce qui serait plus logique...

J'ai la faiblesse de croire qu'un tel paysage serait plus cohérent/lisible aux yeux des citoyens bretons que la ''chienlit'' actuelle (pour paraphraser de Gaulle)... et que les idées pourront enfin s'exprimer...

(*) en espérant que vous ne confondez pas social-libéralisme et socialisme libéral (le premier est du libéralisme avec une considération social, le deuxième est du socialisme avec un regard vers le libéralisme... ce qui est très différent notamment vis à vis du rôle de l'état dans la société).

Impatient de vous voir progresser...

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