La PME bretonne qui a inventé le pinceau numérique
Reportage de Philippe Argouarch

Publié le 1/06/13 11:43 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
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L'ebrush de Bullier (photo Bullier)

La plupart des inventions sont dues à des connaissances transverses. Les économistes ont d'ailleurs souvent dit que seules les sociétés avec une très grande mobilité sociale sont capables d'innover. Plus la société  serait mobile , plus elle innoverait. Un individu spécialisé dans le secteur X est embauché dans le secteur Y et finit par avoir l'idée d'appliquer à Y ce qu'il sait de X. C'est un peu ce qui s'est passé pour Fred Ghenassia, le directeur général de la société Bullier, une PME bretonne basée à Saint-Brieuc depuis 1860, qui fabrique les pinceaux Léonard. Fred Ghenassia vient de l'industrie cosmétique, une industrie qui vend des pinceaux pour le maquillage. Des logiciels proposaient des plateformes pour que les femmes puissent tester sur tablettes leur maquillage mais proposaient le stylet comme outils.

De la toile à l'écran

Alors qu'on lui proposait des stylets grossiers avec bouts en caoutchouc de 5 mm, Fred Ghenassia, qui les trouvait très limités, à tout de suite pensé au pinceau. Certes, le stylet est plus fin que le doigt, mais pas assez versatile et trop loin de l'expérience du pinceau. « S'il y avait des stylets basés sur le stylo, il y avait aucune raison de ne pas avoir un pinceau numérique basé sur le pinceau »  a déclare Fred Ghenassia à ABP. En 2012 la technologie du pinceau a donc croisé celle des écrans tactiles des tablettes et des téléphones pour produire un pinceau numérique et c'est Bullier qui l'a fait le premier.

L'ebrush

"L'idée est que l'artiste puisse retrouver sur un écran tactile la dextérité et les sensations de glissage qu'il éprouve sur une toile avec le pinceau " explique Fred Ghenassia. Après un an de recherche et 3 ans de développement Bullier a sorti le ebrush en 2012 et à déposé un brevet qui sera bientôt internationalisé.

Le pinceau numérique lui même ne comprend aucun composant électronique. Il profite simplement de la sensibilité à l'électricité statique des écrans tactiles. Le secret de fabrication réside dans le choix des matériaux des filaments ou fibres montés sur un manche en laiton nickelé . Si certains materiaux viennent de Chine (ou Bullier à un bureau), les pinceaux sont fabriqués à Saint-Bieuc.

Quand la Bretagne rencontre la Nouvelle Zélande

L'ebrush de Bullier se vend pour une vingtaine d' euros seulement mais il faut aussi une application, une app comme on dit, comme Artrage. Ce logiciel pour tablettes et téléphones offre des palettes, des types de pinceaux et même des tubes de peinture virtuels que l'on peu presser sur l'écran puis mélanger avec le pinceau sur la toile virtuelle pour créer la bonne couleur. On a le choix entre "aquarelle" ou "peinture à l'huile". Les créations peuvent ensuite être exportées ou distribuées dans le format jpg habituel avec une définition de 300dpi. (voir le site) de Artrage avec des démos pour mac ou Windows. Artrage est la création de la société Ambient Design basée en Nouvelle Zélande.

Philippe Argouarch


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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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