La France perd 8 places au classement mondial de la liberté de la presse

-- Media et Internet --

Dépêche de Philippe Argouarch

Publié le 21/10/09 9:52 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le rapport annuel de Reporters sans frontières est sorti. La France se retrouve à la 43ème place sur 175 cette année. Elle a perdu 8 places en un an et 31 places depuis le premier rapport en 2002. Elle est désormais bien loin du Danemark, de la Suède, de la Suisse, ou de l'Australie, restés dans le top 20. Elle se trouve 23 place derrière les Etats-Unis --ce qui rétablit la vérité et remet en place les idiots qui affirment qu'il n'y a pas de liberté de la presse aux Etats-Unis, un pays où l'expression est protégée par le fameux premier amendement, où le reportage d'investigation existe toujours, où la liberté de la presse est ininterrompue depuis 1781 et où les directeurs de journaux ne sont pas arrêtés et menottés à 7 heures du matin devant leurs enfants comme ce fut le cas encore cette année en France. La France est aussi derrière le Ghana, le Costa Rica, Trinidad et Tobago ou le Mali; ce qui comporte une certaine forme d'humiliation.

A l'encontre de la France, on citera des lois anti-diffamatoires excessives qui font qu'un petit média comme ABP s'est retrouvé en 2008 devant la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris et la loi du commerce internet de 2005 qui affirme que le directeur d'un site est responsable de tout le contenu du site même si ce n'est pas lui qui a écrit tel ou tel article ou simple commentaire (une façon d'étouffer des médias gênants en fait, voir à ce sujet le procès contre mediapart). Les statuts ambigus de l'AFP et son financement déguisé en abonnements par le ministère de la culture doit jouer un rôle dans ce classement. Finalement, l'utilisation frauduleuse du secret défense pour barrer la route aux reporters d'investigations et à la justice ne peut pas passer impunément.

A noter la première place du Danemark, qui est aussi à la première place du classement de Transparency International (sur la corruption), ce qui prouverait qu'il y a un lien direct entre la corruption et la liberté de la presse. Autrement dit, plus la liberté de la presse est limitée, plus la corruption se répand.

Philippe Argouarch

Document PDF 16423_2.pdf Rapport 2009 sur la liberté de la presse.. Source : Reporters sans Frontière
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 1 commentaires
Florent Morvan
2010-08-31 23:27:40
La loi Hadopi change une partie de cet article...
L'épisode de l'ABP ne pourra pas se renouveller, en effet dans l'article 93-3 on y trouve désormais ce paragraphe concernant la diffamation :
"Lorsque l'infraction résulte du contenu d'un message adressé par un internaute à un service de communication au public en ligne et mis par ce service à la disposition du public dans un espace de contributions personnelles identifié comme tel, le directeur ou le codirecteur de publication ne peut pas voir sa responsabilité pénale engagée comme auteur principal s'il est établi qu'il n'avait pas effectivement connaissance du message avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connaissance, il a agi promptement pour retirer ce message."
En gros, si un message diffamant est posté, l'ABP doit le retirer dès qu'il lui en ai fait mention s'il est passé au travers de la modération, et plus de problème pour ABP c'est l'auteur du commentaire qui est engagé (même s'il est anonyme).
A noter que ce texte a déjà été utilisé avec succès pour une affaire de diffamation contre claire chazal récemment.
(voir le site)
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