La Divine Comédie de Dante, traduite en breton par le prêtre breton Pêr Bourdellez, est bien plus qu'une simple traduction. Sur les 15 000 vers qui composent ce chef-d'œuvre de la fin du Moyen Âge, environ 5 000 ont été écrits en breton, dans le souci de préserver l'esprit de la langue à travers le déroulement d'un voyage épique à travers l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis.

Ce texte est bien meilleur que les traductions françaises, souvent emphatiques et fastidieuses, avec leurs mots et expressions difficiles qui nous sont étrangers. Nous avons là une adaptation brillante et accessible d'une œuvre fondatrice de la littérature italienne il y a 800 ans, débordante d'imagination et animée par une foi profonde et vivante.

Ce texte breton ne contient aucun mot nouveau. Contrairement aux éditions françaises, aucune tentative n'a été faite pour traduire les mots d'origine grecque, comme par exemple « Empyrée » : le terme « Le Trône » a été choisi.

Il nous semble que le breton est spirituellement très proche du thème du Voyage (voir aussi le Voyage de saint Brendan et la fondation de la Petite-Bretagne par nos ancêtres, il y a quinze siècles), existe-t-il un autre peuple au monde plus proche de l'esprit de nos cantiques anciens, encore connus il y a peu et influencés, bien sûr, par Dante ? On trouve mention, par exemple, de « l'Enfer froid », des innombrables anges volant comme des abeilles, de détails similaires au « Purgatoire de saint Patrick », compilé en 4 000 vers par Louis Eunius à la fin du XVIIIe siècle en breton, ou encore de « La fille qui épousa Satan » dans le « Barzhaz Breizh »…

Il est clair aussi que ce genre de littérature nous convient parfaitement, comme en témoignent les « Gwerzioù », récits en breton depuis au moins quatre siècles : des contes dramatiques que l'on se racontait au coin du feu pendant les fêtes de fin d'année. Pour les chanter, il fallait cependant savoir rimer et trouver les mots justes avec des rimes de longueur égale. Pêr Bourdellez préféra travailler à trouver un rythme harmonieux pour les vers, et il y est parvenu, du moins le croyons-nous.

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