La difficile reconnaissance des langues “régionales ou minoritaires” en France

-- Politique --

Communiqué de presse de Parti Breton
Porte-parole: Sébastien Girard

Publié le 15/12/16 18:45 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Il y a 66 ans un député breton, René Pleven, président du Conseil à l’époque, parvenait à faire adopter la modeste loi du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes dits “locaux”.

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On ne compte plus depuis les propositions de lois sur le sujet qui ont été rejetées, la plus importante étant le projet de loi constitutionnelle qui vise à autoriser la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Une nouvelle fois, bien tardivement, le Parlement français est saisi d’une proposition de loi relative à la promotion (i.e. à essayer de favoriser le développement) des langues dites “régionales”. La rapporteure de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation est la députée bretonne Le Houerou.

Les 6 articles du texte sont au demeurant fort modestes. Les deux premiers font état d’une reconnaissance de l’enseignement facultatif de ces langues et d’une reconnaissance de leur enseignement bilingue.

La loi de 1951 était, elle, plus audacieuse puisqu’elle était relative à l’enseignement et non à la reconnaissance de l’enseignement.

Ils évoquent aussi leur promotion (i.e. à essayer de favoriser leur développement) dans l’enseignement supérieur, la généralisation de la signalétique bilingue, l’extension des avantages actuellement réservés aux publications de presse et sites en ligne en langue française aux publications en langues régionales et l’élargissement des compétences du Conseil supérieur de l'audiovisuel à la promotion des langues et cultures régionales.

S’il semble que la proposition de loi soit en voie d’être adoptée par l’Assemblée Nationale française, il est peu probable que le Sénat français la valide. Faudra-t-il attendre encore 66 ans pour que soit votée une loi relative à l’enseignement des langues régionales ou minoritaires? Les plus en danger comme la langue bretonne risquent de ne plus exister comme langues vivantes mais de devenir des langues mortes.

Yves-François Le Coadic, professeur honoraire de science de l'information, CNAM, Paris. Membre du Parti Breton

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