Flamanville 2016
Flamanville 2016

Ils sont venus de Sein, de Quimper, de Lorient. Avec la même conviction, les mêmes slogans qu'il y a dix ans, quarante ans...

Dans le petit port tranquille de Dielette, pourtant tristement célèbre pour ses deux réacteurs et son chantier EPr qui a coûté déjà, avant de fonctionner, des dizaines de milliards d'euros... et son monument aux irradiés posé après Fukushima, a eu lieu aujourd'hui un défilé de cinq mille personnes venues de toute la France et même d'Allemagne.

Dans la presse nationale, l'accent a été surtout mis sur la venue de Cécile Duflot, alors qu'il y a tant à dire sur cet EPR qui a fait perdre un argent phénoménal, qui a été «vendu» aux Anglais avec trente ans avant le paiement, car il ne fonctionnait pas à la livraison, alors que la France prend tous les jours du retard sur le calendrier annoncé par Hollande concernant les énérgies renouvelables.

Bravant les averses, devant une mer formée et un vent à 45 km/heure, les militants anti-nucléaires ont annoncé les choses clairement et simplement :

« À Flamanville, la résistance n'est pas nouvelle. Il y a quarante ans déjà, une forte opposition se faisait à la construction des quatre réacteurs prévus, il y a dix ans à Cherbourg, sous des trombes d'eau, nous étions des dizaines de milliers... L'intelligence collective doit venir à bout de cette aberration nucléaire ».

Les dissensions dans le mouvement français anti-nucléaire ne sont pas étrangères à son efficacité toute relative : problèmes dans l'association, volonté de Greenpeace France de faire passer les enjeux du réchauffement climatique avant la dénonciation du nucléaire, querelles intestines, conflits entre permanents et bénévoles, mais aussi attirance de certains pour la politique politicienne qui a discrédité le mouvement et rendue la lutte plus opaque.

De plus nos chefs d'État successifs n'ont pas brillé par leur intelligence dans le domaine du nucléaire, comme Sarkozy en 2007 qui annonçait que le nucléaire était «l'écologie du futur». Kosciusko-Morizet a même répondu à propos de la crise climatique : «le nucléaire n'est pas un problème, c'est la solution». Le candidat Hollande avait promis de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% en ... 2025. Didier Anger, un des fondateurs des Verts en France et aujourd'hui sans appartenance politique, vice-président de la commission énergie au Parlement européen dit même dans son livre «L'EPR, un désastre en cours» : « Il s'agit d'une tromperie, et même d'une escroquerie politique».

Dans sa conclusion, Didier Anger appelle cependant à la «reconstruction d'un mouvement de masse, unitaire et radical, à la base, avant toutes choses, un mouvement décentralisateur et démocratique».

Voir aussi :
©agence bretagne presse

mailbox imprimer
Docteure en Breton-Celtique à l'Université de Rennes 2 et au groupe Ermine-CRBC, enseignante au lycée Diwan. Autres sites : Tv bro Kemperle et Tvlise Diwan Karaez. Contributrice à l'ABP depuis 2005 : des centaines d'articles, des centaines de vidéos en français, comme en breton.

Vos commentaires :

spered dieub
Dimanche 2 octobre 2016

Dommage qu'il n'y a pas de débat sur cet article

Écrire un commentaire :

ANTI-SPAM : Combien font 4 multiplié par 6 ?

Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés. Par contre l'utilisation d'anonymiseurs pour modifier votre numéro ip entrainera la suspension de vos commentaires.