La Bretagne disparaîtra si nous ne faisons rien

-- La réunification --

Point de vue
Par Didier Lefebvre

Publié le 31/03/15 10:59 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Aujourd'hui, la Bretagne va être perdue. Si nous ne faisons rien.

Il va nous falloir dire Le meilleur moyen de ne pas perdre notre Bretagne est de ne pas la laisser tomber, ceci en écho à un slogan publicitaire du début des années 70 « le meilleur moyen de ne pas perdre ses cheveux, c'est de les empêcher de tomber ».

Une fusion à l'image de celle du côté est de la France ?

Certes le Gouvernement et le législateur ont laissé trois régions à l'ouest (avec un petit « o »). Deux d'entre elles ne sont pas viables, selon la logique émise de grandes régions à dimension européenne. Centre-Val-de-Loire et PdL. Le risque est grand qu'un beau jour la fusion se fasse. Ce serait soit à l'image de ce qui s'est passé côté est (de Champagne-Ardenne à l'Alsace en passant par la Lorraine), c'est-à-dire la fusion des trois régions, soit juste PdL et Bretagne.

Deux raisons qui nous ont sauvés, pour l'instant

En fait, les Parisiens, les Jacobins plutôt, car on a vu qu'il en est parmi ceux que l'on croyait être des nôtres, ne l'ont pas fait, pour deux raisons.

1- Jean-Yves le Drian a pesé pour qu'elle ne se fasse pas, mettant sa démission en balance ;

2- mais aussi parce que la peur des Bretons était encore présente. Le mouvement des Bonnets Rouges est dans l'esprit de nos dirigeants, sûrement plus que les plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Nantes trois fois dans l'année.

Mais Jean-Yves le Drian n'est pas éternel au Gouvernement, et nous pouvons raisonnablement penser qu'un de Rugy y entrant n'ait suffisamment de poids (François de Rugy est député vert de Loire-Atlantique), tout en étant pour la réunification comme il l'a prouvé.

Mais une spontanéité comme celle qui a présidé à la naissance d'un mouvement comme celui des Bonnets Rouges, peut s'essouffler.

Le leurre du droit d'option

Le législateur ayant fait du droit d'option une citadelle institutionnelle imprenable, il ne faut plus compter dessus. Il risque même de se retourner contre la Bretagne, car il suffit qu'une personne retors telle Philippe Grosvalet (actuel et vraisemblable futur président du Conseil départemental de L-A) l'utilise à nos dépens. Comprendre : qu'il fasse voter son Assemblée contre la réunification, donc contre 70 % des Bretons la souhaitant, même taux pour la seule Loire-Atlantique. Pour cela, il pourra compter sur des conseillers-godillots, comme l'ont été la grande majorité des députés lors des différents scrutins autour de cette loi scélérate.

Quelle autre solution donc ?

Espérer une nouvelle loi est une solution. Car, les institutions sont ainsi faites, les régions Bretagne, PdL et Centre (devenue depuis Centre-Val-de-Loire) ayant été inscrites dans la loi, seule une nouvelle loi pourra n'en faire que deux, cohérentes : Bretagne et Val-de-Loire, Bretagne à cinq départements, vous l'avez compris. Le reste des PdL, hors cas particulier de la Vendée, se joignant à sa voisine quasi homonyme : le Centre-Val-de-Loire. Notre combat est là. Cette loi ne pourra avoir lieu avant juin 2017, lors du changement de législature.

Mais en attendant, que faire pour, et comment être sûr que les députés s'emparent d'une future proposition ou d'un nouveau projet de loi ?

Régionales : une liste unique pour la Bretagne réunifiée

En décembre nous voterons. Pour des élections qui s'appellent des régionales. Ce scrutin, il ne faut pas passer à côté. Comment ? Seul un vote uni et en quantité pourra faire réfléchir les Jacobins. Il faut donc, dans chacune des deux régions administratives couvrant chacune une partie de la Bretagne, une liste unique dont le message simple doit se décliner en trois axes : la Bretagne, la Bretagne, la Bretagne. Une liste unique pour une région Bretagne réunifiée. Les Jacobins ne pourront plus rester insensibles si ces listes atteignent chacune plusieurs dizaines de pour cents.

Se résoudre à Jacobins de droite vs Jacobins de gauche ? ...

Plusieurs dizaines de pourcents, c'est possible. Il y a juste un piège à éviter. Ne pas rentrer dans une problématique jacobine, matraquée dans des média jacobins : la droite va-t-elle gagner ? De combien la gauche va perdre ? L'extrême droite sera-t-elle le premier parti de France ? En posant ces questions, le message subliminal est : si vous avez une sensibilité de gauche, votez Jacobins de gauche ; si vous êtes de sensibilité de droite, votez Jacobins de droite ; si vous êtes d'extrême droite ; votez Jacobins d'extrême droite, et si vous êtes d'extrême gauche, on ne s'intéresse pas à vous.

...Ou se battre pour Bretons vs Jacobins ?

A cette question, notre responsabilité est de dire que, lors d'une élection régionale, la seule question qui vaille est « vous voulez la disparition de la Bretagne, votez Jacobins. Vous voulez la survie de la Bretagne, votez Bretons ».

J'invite toutes les tendances politiques bretonnes, tous les relais intermédiaires, chacune et chacun d'entre nous, à militer sur la dimension régionale de ces élections régionales, justement, dès maintenant, et porter le message d'un vote anti-jacobins.

Les jacobins jouent trop sur cette supposée partition politique des Bretons. Durant l'Histoire, la plus récente étant les Bonnets rouges depuis 2013, il est démontré que les Bretons savent transcender cette dimension d'un partage gauche-droite. Le nombre de bulletins blancs ou nuls lors des dernières élections départementales montre que, déjà, beaucoup de Bretons n'ont pas suivi une logique nationale. Les Bretons sont contre les divisions. Ces élections régionales doivent être une plate-forme antijacobine.

Partis politiques bretons, offrez-nous une liste unique

Partis politiques de Bretagne, que je ne citerai pas ici, par peur d'en omettre un, je vous en supplie. Dès aujourd'hui, rencontrez-vous, puis réunissez-vous, le temps de ces élections régionales. En région (administrative Bretagne), la liste que vous offrirez à vos électeurs peut arriver en tête, doit arriver en tête. Dès lors que le message sera clair : « Pour une Bretagne à cinq départements !!!  Non au diktat jacobin ».

En PdL, des chiffres noyés, mais un résultat visible

En PdL, les points obtenus par les Bretons de Loire-Atlantique seront hélas noyés dans des résultats impliquant les quatre autres départements. Toutefois, l'affichage d'un score à deux chiffres (plus de 10 %) dans notre seul département est un objectif accessible. Nombre de nos amis ont déjà réaffirmé leur souhait de la réunification de la Bretagne, leur rejet d'un partage jacobin des votes bretons. Ils sont 70 %, selon les sondages, et Philippe Grosvalet lui-même l'a reconnu. Ils voteront pour vous, dès lors que vous êtes unis et avec ce simple message à l'endroit du futur pouvoir exécutif et législatif « Pour une Bretagne à cinq départements !!!  Non au diktat jacobin ».

L'attente, une stratégie permanente du pouvoir central afin de débretonniser sournoisement

Une des dernières chances de ne pas perdre la Bretagne est donc en 2017. Pas après. Il faudra que le nouveau gouvernement et sa nouvelle majorité du moment s'appliquent au plus vite à revoir le découpage territorial, entre autres pour la Bretagne, et pour le futur Val-de-Loire (mais aussi pour nos amis Alsaciens). Pourquoi dès 2017 ? Plus on attend, plus l'oeuvre de débretonnisation s'installera. Les Bretons de la région administrative ne se rendent pas tous compte, surtout parmi «ceux qui s'affirment Bretons, mais votent Jacobin», que ce travail de sape est en route. Nous nous en rendons, nous, en Loire-Atlantique. A Nantes, à Saint-Nazaire, et nombre d'autres communes où tout signe, tout symbole breton est banni. Les noms de lieux qui changent. Les appels à la fusion de certains qui, grâce à des média complaisants s'entendent de plus en plus.

Le meilleur moyen de ne pas perdre notre Bretagne est de ne pas la laisser tomber

La Bretagne ne peut que disparaître dans une fusion. Ne soyons pas dupes !!! Sans outil institutionnel, de fait, les départements bretons seront noyés dans une région jusqu'au Mans, au-delà d'Angers. Au mieux, si ce n'est jusque Bourges ou Châteauroux. Et que deviendra la langue bretonne ? Quelle sera la politique portuaire ? Les crédits distribués le seront pour le « folklorique » au détriment de la vraie Culture, fierté des Bretons.

Oui, le meilleur moyen de ne pas perdre notre Bretagne est de ne pas la laisser tomber. De lui prouver, de concert et de conserve, que les Bretons veulent une Bretagne réunifiée. Que les Bretons veulent décider eux-mêmes, et refusent que les Jacobins décident à leur place.

Ils refusent que ces élections régionales à venir soient les élections des Jacobins, mais veulent qu'elles soient leurs élections. En votant pour une liste, la seule liste, qui se positionnera pour la Bretagne, et contre le jacobinisme.

Non à la confiscation de nos élections.

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