La bigoudène Marianne du Conseil municipal de Pont-l'Abbé

-- Politique --

Chronique
Par Eric Léost

Publié le 1/06/20 11:13 -- mis à jour le 02/06/20 09:01

Jeudi 28 mai la séance d'installation du Conseil municipal de Pont-l'Abbé s'est tenue exceptionnellement au centre culturel du Triskell devant un public très restreint pour respecter les règles de distanciation sociale.

Après l'installation du Conseil, Bernard Le Floc'h, doyen du conseil, prend le relais de Stéphane Le Doaré maire sortant et surprend l'assemblée par ses paroles :

« Je vous propose que ce buste symbole de l'identité et de la mémoire de notre terroir devienne la Marianne de cette soirée. Ce n'est pas une provocation, c'est un marqueur culturel qui va dans le sens de la démocratie locale. » Il obtient l'approbation du Conseil à l'unanimité. Bernard Le Floc'h conclut son intervention en citant Julien Gracq: « Nous dansons comme un bouchon sur un océan de vagues folles qui à chaque instant nous dépasse »  (Rivages des Syrtes). A méditer... Il poursuit, « Cette phrase des années 50 me semble convenir à l'actualité de notre société ». Stéphane Le Doaré a été réélu maire de Pont-l'Abbé et reçoit les félicitations de Bernard Le Floc'h (ancien premier vice-président de l'Institut culturel de Bretagne) en breton :

« Gouc'hemmennou deoc'h Aotrou An Doare, an dazont 'zo breman war ho skoazell ha 'tre daouarn ar c'huzul. Poent sternia ha chans vat d'an holl ! »

NB : ce buste de bigoudène datant des années 1930 est l'oeuvre de Louis Henri Nicot (1878-1944), manufacture Henriot, hauteur 53 cm

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Vos 5 commentaires
Jacques
Mardi 2 juin 2020

Hum, 2 manières d'analyser cette initiative :
La 1ère, une réappropriation des symboles d'origine étrangère par ceux issus de notre culture (une affirmation nationale).
La 2ème, une affirmation que le système Républicain (centralisé et uniformisé) est une volonté issue de notre culture (un leurre, une tromperie).
Personnellement, je vois pencherai pour la 2ème...
Les valeurs Républicaines de Marianne n'ont rien à voir avec les valeurs traditionnelles issues du temps long de la Bretagne qui forgeaient le caractère de nos grands-mères.
Nos grands-mères n'étaient PAS Républicaines, et encore moins quand enfants la République les détruisaient psychologiquement en leur enseignant la honte de leur identité/culture, de leur religion et de leur langue.

Nikolaz Miliner
Samedi 6 juin 2020

Jacques, je ne suis pas sûr que l'initiative ait un sens caché et pervers aussi complexe... Je penche pour une interprétation plus simple du genre "oui nous sommes désormais partie intégrante de la société française mais nous ne renions pas pour autant notre attachement à ce qui nous caractérise localement". Il ne faut pas voir le Diable partout.

Alan-Erwan Coraud
Lundi 8 juin 2020

le syndrome du colonisé : adapter localement les us et coutumes de ses maitres.

Jacques
Mardi 9 juin 2020

@Nikolaz Miliner
''Il ne faut pas voir le Diable partout''
Je partagerai votre avis quant l'histoire de Bretagne sera au programme scolaire des enfants, quand 80% des Bretons connaîtrons leur histoire et non quand ce chiffre représente l'ignorance, quand la langue sera enseignée de manière immersive à une majorité d'enfants, quand les préfets auront fait leur bagages pour rentrer chez eux, quand nous disposerons d'une démocratie en Bretagne (en claire quand les décisions prisent en Bretagne émanerons de la seule volonté du peuple)...
C'est attentes figurent dans la charte de l'ONU sur les droits fondamentaux et le moins qu'on puisse dire c'est qu'en la Bretagne non sommes très loin d'un minimum en la matière.
Et je n'oublie pas non plus que c'est Pont-l'Abbé qui retire le nom d'un auteur littéraire de langue bretonne sous la pression de 2 ou 3 individus d’extrême gauche fanatiques absolus de l'idéologie Républicaine... (d'un point de vu démocratique, on a vu mieux)
Aujourd'hui on nous bassine avec la colonisation... mais bizarrement, les plus fervents pourfendeurs de cette démarche sont bien silencieux sur la situation de la Bretagne... Pourtant, à y regarder de prêt (et c'est simple à faire), mise à part une histoire de couleur de peau, il n'y a pas grande différence entre la Bretagne d'aujourd'hui et l'Afrique d'hier...
Vous avez raison, il ne faut pas voir le mal partout... mais quand le ''bien'' est largement ABSENT il faut aussi savoir ouvrir les yeux!

Emilie Le Berre
Mercredi 10 juin 2020

Le diable est dans les détails.

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