La bataille du rail de nouveau gagnée : des entreprises bretonnes exportent avec leurs trains

-- Economie --

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Par Christian Rogel

Publié le 1/11/12 2:21 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Dans les années 60, le CELIB, une coalition d'élus et de décideurs bretons, avait fait plier le gouvernement pour obtenir que la SNCF ne pénalise pas les exportations bretonnes.

La campagne politique avait été appelée «La bataille du rail» afin d'obtenir la suppression des tarifs, dits de l'annexe B-ter.

Depuis janvier 2011, c'est encore mieux, les exportateurs de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), Lamballe (Côtes-d'Armor) ou Rennes envoient leur productions sur leurs propres trains vers le Sud de la France et vers l'Italie.

La Société d'intérêt agricoles collectifs (SICA), de Saint-Pol-de-Léon, celle-là même qui fonda la Brittany Ferries en 1973, a voulu posséder ses propres wagons et infrastructures pour exporter son importante production de légumes.

Sa marque la plus connue est «Prince de Bretagne».

Sur la plateforme de Kérivin, construite par Morlaix-Communauté, sont chargés des remorques de camions, des conteneurs et des caisses mobiles.

Un arrêt à Lamballe permet de charger la production de la Coopérative Le Gouessant (produits pour animaux).

Une ligne régulière par convois vers Mâcon, Lyon, Fos-surMer, Marseille et retour. est ouverte à tous les transporteurs routiers.

Ainsi, la société Trans-Fer, du Groupe Lahaye charge des marchandises à Rennes, dont des carcasses d'animaux apportés par les transports STG dans des caisses frigo.

Le Groupe Emily, à Tréflévénez, fabricant de matériel agricole et de BTP, est aussi impliqué dans l'opération.

CombiWest, filiale de la SICA (ils ont le même président, Jean-François Jacob) est l'opérateur agréé par Réseau Ferré de France et annonce pouvoir remplir des convois de 730 mètres et 1800 tonnes 6 fois par semaine qui roulent 3 à 5 jours et il envisage d'augmenter le nombre de lignes utilisées et de desservir le marché national de Paris-Rungis.

Ce type de transport multimodal ou combiné est appelé transport rail-route ou ferroutage.

Il y a un projet de plateforme rail-route à Questembert (Morbihan), ainsi qu'à La Brohinière (Ille-et-Vilaine), là où l'axe central est proche de l'axe Brest-Rennes.

Les entreprises de la région de Quimper (Hénaff, Chancerelle), réunies dans un groupement d'interêts économiques étudient aussi un projet similaire.

La société Novatrans, possédée par la SNCF est le plus grand acteur du ferroutage en France, mais elle n'a aucune ligne importante en Bretagne. Elle avait annoncé un train concurrent, mais, ce repentir tardif n'a pas convaincu.

L'avenir s'annonce radieux, grâce à la mise en place, en juillet 2013, de l'éco-taxe instituée par le gouvernement précédent.

Le barême prévu est le suivant : 8 centimes/km pour les camions avec 2 essieux et moins de 12 tonnes et 14 centimes/km pour les 4 essieux et plus.

La Bretagne (B 4), l'Aquitaine et Midi-Pyrénées ont obtenu une remise permanente de 25%, car elles sont classées dans les régions périphériques.

Cette taxe, de type douanier, sera perçue par la détection des camions sur 4 100 points du réseau de routes et autoroutes nationales.

Les véhicules devront avoir un boîtier GPS spécial.

Elle alimentera un fonds appelé Ecomouv destiné à financer des investissements routiers.

Le transport rail-route deviendra alors encore plus compétitif par rapport au transport routier seul.

Christian Rogel

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