L'Institut de Locarn se penche sur la crise du capitalisme financier
Conference debat de Philippe Argouarch

Publié le 24/01/09 11:05 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'institut de Locarn a pris l'habitude d'inviter des esprits brillants, des agitateurs de neurones ou des catalyseurs de l'esprit. Ce fut encore le cas ce vendredi 23 janvier. L'Institut recevait le professeur Carlo Brumat. Né en Italie, Carlo Brumat est Docteur en physique. Doté d'une culture classique gréco-latine, il a par la suite avalé les cultures française, puis anglo-saxonne. Il parle bien sûr 4 ou 5 langues. Passionné de mathématiques, il a fait des recherches dans le management et a contribué aux programmes de développement du management de nombreuses entreprises. Il a aussi été conseiller d'une venture capital firm.

Une centaine de personnes avait fait le déplacement hier pour profiter de son expérience, ses connaissances du système et son immense culture, le tout mis au service de son interprétation de la crise financière qui secoue le monde. Voir la vidéo de la première partie sur ABP-TV.

Dans une deuxième partie, Carlo Brumat a donné quelques conseils pour gérer les crises. La première qualité à cultiver est la résilience, la capacité à rebondir. Elle doit être basée sur les réseaux, sur l'intelligence collective et sur une attitude optimiste. Avoir confiance en soi et avoir l'attitude du chercheur.

Le message de Carlo Brumat aux jeunes : "Ne pas chercher un job mais un projet". Il prédit que l'entreprise va prendre la forme de la production cinématographique. Un producteur a une idée, un projet et il cherche des collaborateurs, des acteurs, un metteur en scène etc. Une fois le film réalisé l'équipe se sépare et chacun va vers d'autres projets. Il préconise l'abandon des structures rigides au sein des entreprises pour passer à un esprit collaboratif comparant l'entreprise de demain à l'esprit commando, qui est très différent de l'esprit militaire et de la culture du "petit chef", encore si courante dans l'entreprise française.

Pour l'enseignement, Carlo Brumat insiste sur l'art de résoudre les problèmes, transversaux, interdisciplinaires. Ne rien sacrifier à l'imagination. Il faut avant tout douter de tout. Remettre tout en cause et tout le temps. Ne jamais affirmer mais dire "je pense que". Construire des hypothèses et toujours les considérer comme des hypothèses et comprendre que ce qu'on appelle "données" sont en faite des "prises", donc des choix subjectifs.

À la question posée par Joseph Le Bihan : "La crise est-elle finie ?", la réponse de Carlo est non. Il propose la solution suédoise : créer dans chaque pays touché une mauvaise banque chargée de collecter, de racheter tous les produits financiers douteux. Si les mauvais produits dérivés ne sont que 2 ou 3 % des 600 000 milliards de produits financiers estimés, leur valeur est tout de même supérieure au produit national brut des USA. Mais qui payera ?

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 1 commentaires
Jean-Claude Malaguti
2010-08-31 23:27:40
Les crises sont nécessaires
C'est grâce aux crises que l'économie arrive à se débarrasser des mauvais acteurs, des incompétents et des irresponsables. Elles permettent ensuite de mettre en place des réformes ignorées depuis trop longtemps. Il y a, bien sûr, des dégâts, des victimes, et c'est à l'État, dans certains cas, de les réparer et de compenser. Après tout, ce sont les gouvernements les vrais responsables car ils n'ont pas eu le courage, ou les compétences, de mettre en place des contrôles et des sauvegardes. Malheureusement, ce sont toujours les contribuables qui finissent par payer les pots cassés. D'où l'importance de la société civile pour qu'elle soit vigilante et impose les réformes nécessaires.
Cette crise financière est du genre systémique et moral : c'est le système qui a été débordé, faute de prévisions et de contrôles. C'est également un manque de responsabilité morale et éthique des entreprises, des syndicats et des politiques. Mais, à condition de faire les réformes et de donner plus de flexibilité aux acteurs de notre économie, et surtout à condition de travailler mieux et plus, cette crise devrait s'éteindre au cours de l'année prochaine. Et l'avenir sera encore meilleur.
Ajoutons finalement que les crises sont utiles aussi dans bien d'autres domaines – l'écologie, la santé, l'éducation, les sports et même la vie privée - car elles nous permettent de faire face à nos responsabilités.
Jean-Claude Malaguti
Économiste
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