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- Éditorial -
L'identité bretonne
Il a été constaté que les Bretons et les Bretonnes les plus conscients de leur bretonnité étaient les Bretons et Bretonnes qui avaient passé de nombreuses années, voire toute leur vie, à l’étranger. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce phénomène. Les Bretons de l’étranger viendraient à prendre conscience d’un manque, un peu comme lorsqu'un être très cher disparaît subitement, nous fait découvrir à quel point on l’aimait.
Philippe Argouarch pour ABP le 20/08/06 15:50

Il a été constaté que les Bretons et les Bretonnes les plus conscients de leur bretonnité étaient les Bretons et Bretonnes qui avaient passé de nombreuses années, voire toute leur vie, à l’étranger.

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce phénomène. Les Bretons de l’étranger viendraient à prendre conscience d’un manque, un peu comme lorsqu'un être très cher disparaît subitement, nous fait découvrir à quel point on l’aimait. D’autres ont dit qu’a l’étranger le Breton n’était pas exposé à des media français ignorant sa langue ou le culpabilisant sur ses origines voire, folklorisant sa culture (des mots plus durs sont parfois employés). Un étranger de passage en France, pourrait penser que les 5 millions de Bretons sur le sol français seraient victimes d’un message subliminal perpétuel : vous êtes Français, pas Breton ou vous êtes d’abord Français et ensuite d’origine bretonne. L’origine bretonne étant classée entre la tare ou le point de beauté et caractérisée le plus souvent par un nom de famille. Ah ! vous êtes breton ? Evidemment avec un nom pareil !

La confusion entretenue dans la langue française entre citoyenneté (allégeance à un Etat) et nationalité (allégeance à une nation ou une minorité nationale) n’a pas arrangé les choses. Rajoutez à ça, qu'en France, un discours politique et médiatique anti-communautariste où le simple fait de revendiquer une identité culturelle est hautement incorrecte - politiquement parlant -. Et, de ce fait, vous n’êtes guère surpris qu’un Breton qui débarque à Londres ou à Shanghai, de prime abord, ne se dise pas Breton - comme un britannique se dirait Gallois ou Ecossais -. Car, si le reste du monde connaît une Ecosse et peut-être un Pays de Galles, très peu de gens connaissent l’existence d’une Bretagne tant son histoire récente, et ses structures politiques ont fusionné avec celles de la France et du pouvoir central.

Avec le temps cependant, les identités acquises se décantent et le substrat véritable du Breton réapparaît sous le vernis de la pseudo-nationalité française. Cependant, les gens qui revendiquent leur bretonnité sont rarement jeunes car le jeune sort d’un moule, d’une usine de fabrication : l’école ; alors que l’ancien a eu le temps de découvrir sa spécificité, son identité ancestrale.

Certains pourraient penser que la bretonnité va disparaître avec les générations des anciens alors que ce n’est pas du tout le cas. Car les jeunes découvriront qu’ils sont Bretons en voyageant et en grandissant de la même manière que leurs aînés l’on fait depuis 15 générations. Cela est par la découverte, ou l’ignorance, dont parlait Morvan Lebesque.

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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