-- Politique --

L’activité des députés de Bretagne de 2012 à 2017

Chronique de Le Coadic (porteparole Yves-François Le Coadic) publié le 2/06/17 18:58

L’évaluation des activités professionnelles est aujourd’hui pratiquée de plus en plus. Elle permet aux personnes évaluées d’évoluer. Les élections législatives approchant, la revue “Capital” (1) s’est livrée, en utilisant les données collectées par le collectif “Regards Citoyens” (2), à une évaluation quantitative des activités des député(e)s de la mandature 2012-2017. “Si une majorité travaille intensément, d’autres ont une productivité toute relative”.

Les activités retenues pour cette évaluation sont au nombre de 5 : le nombre de rapports rédigés, d’amendements proposés, de présences en commission, d’interventions dans l’hémicycle, de propositions de loi écrites et de questions orales posées au membres du gouvernement.

Appliqués aux députés des 5 départements bretons, les résultats sont les suivants:

Quantitativement, les 7 meilleurs de ce classement sont, en premier Molac, suivi de Le Fur. Viennent ensuite Benoit, Guittet, Lurton, Raimbourg et Ferrand. Les 7 derniers sont Bouillé puis Priou, Rouillard, Le Bris, Appéré, Ménard et Errante.

Il est intéressant de compléter cette analyse quantitative par une analyse qualitative. A savoir, sur quelle thématique travaillent-ils prioritairement ? Et en particulier, quel est leur engagement pour la Bretagne ? Sachant que, comme le définit la Constitution, les députés ne sont pas élus selon le principe du mandat impératif et donc, tout député est un élu de la Nation française avant d'être celui de sa circonscription et de sa région. Mais, malgré cela, entendent-ils aussi agir comme des élus de la Bretagne ? Les députés écossais au Parlement de Londres, les députés hongrois au Parlement de Bucarest, assument ainsi collectivement la défense de leur minorité dans leurs Parlements respectifs.

Cette analyse qualitative peut se faire en étudiant les champs lexicaux de chacun des députés, c’est-à-dire sur l’ensemble des mots qu’ils ont été amenés à utiliser lors de la législature passée (3). Il y a bien entendu corrélation entre le nombre de mots utilisés et la quantité d’activités effectuées.

Ces lexiques de mots font apparaître deux classes de députés : les britto et les franco selon qu’ils défendent des problématiques bretonnes (et françaises) ou essentiellement françaises. Les typologies proposées pour les décrire ne sont que des approximations et indiquent une dominante. Elles mériteraient d’être plus fouillées.

Sur les 14 députés retenus, 4 sont britto : Molac, Le Fur, Benoit et Lurton; ces deux derniers plutôt britto-modérés. Étonnamment, on constate que ce sont aussi parmi les plus actifs !

10 députés sont franco. Cela va, dans le groupe des meilleurs, du franco-modéré au franco-comptable (en pleine actualité actuellement), une députée étant totalement franco-hors-sol. Dans le groupe des derniers, on trouve la franco-culturelle, le franco-écolo, deux franco-militaro, la franco-métro, le franco-pédago et la franco-agro.

Bien entendu, on ne manquera pas de faire remarquer que la partie des activités qui se déroulent dans la circonscription du député n’a pas été prise en compte. Mais, les assistants parlementaires sont là pour en réaliser certaines. Et puis, on peut se poser des questions sur le caractère “favoritiste “ et parfois corrupteur des permanences du député.

Que conclure ? Que tous les députés des 5 départements bretons sont loin d’avoir montré la même assiduité aux travaux parlementaires durant la dernière législature et qu’une majorité n’assume pas la défense de la Bretagne au Parlement français.

Ceux ou celles qui se représenteront méritent-ils d’être réélus ?

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(1) (voir le site)

(2) (voir le site)

(3) (voir le site)

©agence bretagne presse

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