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- Communiqué de presse -
KCK (Union des communautés du Kurdistan), une alternative à l’Etat-nation
Le Congrès du Peuple du Kurdistan (Kongra Gelê Kurdistan, KONGRA GEL), dont le rôle politique est de définir des orientations, s’est réuni en congrès durant 5 jours (30 juin/5juillet). Ses
André Métayer pour Amitiés kurdes de Bretagne le 20/07/13 16:54

Le Congrès du Peuple du Kurdistan (Kongra Gelê Kurdistan, KONGRA GEL), dont le rôle politique est de définir des orientations, s'est réuni en congrès durant 5 jours (30 juin/5juillet). Ses délégués venant des 4 parties du Kurdistan et de la diaspora ont réaffirmé leur adhésion au projet, élaboré par A. Öcalan, d'une confédération démocratique des peuples du Moyen-Orient et renforcer l'organisation et les structures de la KCK (Union des communautés du Kurdistan) (voir le site) dont on se souvient qu'elle est l'élément fédérateur de toutes les organisations kurdes, qu'elles soient politiques, culturelles, religieuses, éducatives, économiques et militaires. Le fondateur du PKK, Abdullah Ocalan, reste bien sûr président de la KCK. Il faut noter que le nouveau dispositif conforte la place de la femme en instituant systématiquement des co-responsabilités homme/femme. C'est une avancée qui mérite d'être soulignée, unique au Moyen Orient et rare dans le monde ! Cemil Bayik, l'un des membres fondateurs du PKK, et Bese Hozat ont été élus co-président[e]s du conseil exécutif de la KCK, Remzi Kartal et Hacer Zagros co-président[e]s du Kongra Gel. Le nouveau conseil présidentiel est composé de six vice présidents élus, trois femmes et trois hommes : Cemil Bayik, Bese Hozat, Murat Karayilan, Mustafa Karasu, Sozdar Avesta et Elif Pazarcik.

Quand les luttes turques et kurdes pour la démocratie se rejoignent

La KCK ne propose rien moins qu'une alternative à l'Etat-nation, « une organisation de la société puisée aux sources d'une lutte quotidienne pour la défense des libertés ». La Turquie, kémaliste et islamiste, ne s'y est pas trompée : c'est la raison pour laquelle elle a emprisonné des milliers de cadres politiques et associatifs, d'élus et de militants, de journalistes et d'avocats, et déclenché, avec son appareil d'Etat politico judiciaire, une série de procès au motif que tous ces présumés coupables sont, ou prétendus être, membres de la KCK considérée comme la vitrine politique du PKK, et qu'à ce titre ils sont militants ou sympathisants d'un mouvement illégal et terroriste. Les gaz lacrymogènes ont paradoxalement ouvert les yeux des contestataires de la place Taksim. Laure Marchand, co-auteur avec Guillaume Perrier du livre « La Turquie et le fantôme arménien », témoigne dans Le Nouvel Observateur (N°2541) (« Les irréductibles d'Istanbul »).

« En une semaine, la majorité turque et sunnite a compris le fascisme que ne subissaient, jusque là, dans ce pays, que les Kurdes et les Alevis. Nous assistons à un réveil de la société civile [...] contre toute attente, les tirs tendus de grenades lacrymogènes contre les manifestations [de la place Taksim] semblent également avoir fait voler en éclats les préjugés à l'égard des Kurdes. En subissant la violence des forces de l'ordre, en constatant qu'elle n'était pas relayée par les medias aux ordres d'Ankara, les manifestants ont pris conscience du sort de leurs 15 millions de concitoyens kurdes, parias de la République [...] Le regard a changé, les gens ont enfin compris que les Kurdes n'étaient pas des terroristes [...] Je pense que c'est le gain le plus important de ce mouvement ».

Le PKK lance un « dernier avertissement »

Idris Baluken, député de Bingöl, avait interpellé durement le Premier ministre turc au nom du parti kurde BDP, ne dissimulant pas son impatience que l'attitude attentiste du gouvernement islamo conservateur de Turquie alimente au fur et à mesure que les jours passent : des mots ! Ça suffit ! Des actes maintenant. (voir le site)

C'est au tour du PKK de se faire menaçant, prêt à interrompre son retrait du territoire turc et à reprendre la lutte armée :

« En tant que mouvement, nous lançons un dernier avertissement au gouvernement AKP [de Turquie]. S'il ne prend pas des mesures concrètes au plus vite dans les domaines définis par notre peuple et l'opinion publique, le processus ne progressera plus et (il) en sera responsable », « Il est clair que le gouvernement de l'AKP (le Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur, au pouvoir, ndlr) mène des actions pour saboter le processus ».

Dans le cadre de ce processus, les rebelles kurdes ont déclaré un cessez-le-feu en mars et commencé en mai à se retirer du territoire turc. Ils réclament en contrepartie des gestes du gouvernement en faveur de la minorité kurde de Turquie. (voir le site)

La Turquie met en garde les Kurdes de Syrie

Mercredi, les combattants kurdes syriens avaient infligé une cuisante défaite à Al-Nosra et à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), deux groupes affiliés à Al-Qaïda, en les chassant de la localité de Ras Al-Aïn. voir l'article

Après de violents combats, les forces kurdes se sont également emparées mercredi du village de Qasrouq, situé dans la même région, a indiqué L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a réagi vivement en dénonçant à l'avance toute velléité autonomiste et les « graves risques » qu'elle peut engendrer : « toute volonté autonomiste des combattant kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD), considéré comme la branche syrienne des rebelles kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui contrôlent désormais Ras Al-Aïn, juste en face de la Turquie, aura pour effet d'envenimer les combats, et d'approfondir la situation intenable en Syrie ». (voir le site) mise en garde n'est pas pour surprendre les Kurdes « Le soutien de la Turquie aux groupes liés à Al-Qaida et à l'armée syrienne libre (ASL) n'est plus un secret, au moins pour les kurdes. L'année dernière, un combattant turc avait été tué et deux ambulances, une turque et une française, avaient été saisies à Sêrékaniyé par l'YPG (forces armées du PYD) » (voir le site)

André Métayer

photo Gaël Le Ny

Petit lexique

PKK - Parti des Travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan),

HPG - Forces de Défense du Peuple (Heza Parastina Gel). Branche armée du PKK

YDK - Union Démocratique du Peuple du Kurdistan (Yekitiya Demokratik a Gele Kurd), branche politique du PKK

KJB - Système Confédéral des Femmes (Koma Jinen Bilind) avec deux branches : PAJK et YJA.

PAJK - Parti des Femmes Libres du Kurdistan (Partiya Azadiya Jinên Kurdistan), branche politique du KJB

YJA - Femmes combattantes (Yekitiya Jinen Azad), branche armée du KJB au sein des HPG.

TECAK - : Mouvement de la Jeunesse du Kurdistan.

PCDK - Parti pour une Solution Démocratique du Kurdistan (Partiya Careseriya Demokratik a Kurdistan). Parti frère du PKK au Kurdistan du Sud (Kurdistan irakien).

PJAK - : Parti de la Vie Libre du Kurdistan (Partiya Jiyana Azadiya Kurdistan), parti frère du PKK au Kurdistan oriental (Kurdistan iranien).

HAK - Forces de la Liberté du Kurdistan (Hezen Azadiya Kurdistan), branche armée du PJAK.

PYD - Parti de l'Union Démocratique (Partiya Yekitiya Demokratik), parti frère du PKK au Kurdistan occidental (Kurdistan syrien).

YPG - Les comités de protection du peuple kurde, branche armée du PYD.

Kongra-Gel - Congrès du Peuple du Kurdistan (Kongra Gelê Kurdistan), regroupe notamment l'ensemble des branches ci-dessus, politiques et militaires. Le Kongra-Gel (un des 4 piliers du KCK) n'est pas à proprement un « parti » mais un « congrès » (le « Parlement »).

KCK - Union des communautés du Kurdistan (coma Civakên Kurdistan) fédère en son sein Kongra-Gel, les conseils locaux et les communes, les académies des sciences et des Lettres, les activités économiques etc...)

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