

Clip de l\'interview de Jean-Philippe Tanguy sur le voile
Réalisation : BFM-TV – 52 vues
Des propos du député RN Jean-Philippe Tanguy comparant la coiffe traditionnelle bretonne au voile islamique ont suscité des réactions en Bretagne. Le conseiller régional Christian Guyonvarc'h lui reproche notamment son ignorance de l'histoire et de la culture bretonnes.
Invité le 8 septembre sur BFMTV-RMC par Apolline de Malherbe, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui revendique régulièrement ses origines bretonnes, a évoqué les coiffes autrefois portées par les Bretonnes pour appuyer son propos sur le voile islamique. Il a notamment présenté ces coiffes comme des « voiles » servant à cacher une partie du corps des femmes.
Cette comparaison a fait réagir en Bretagne. Sur les réseaux sociaux Christian Guyonvarc'h, élu du groupe Breizh a Gleiz du Conseil Régional estime que Jean-Philippe Tanguy « prouve qu'il est très ignorant de l'histoire de la Bretagne et de sa culture ».
Il conteste également l'idée selon laquelle le port du fichu ou de la coiffe aurait constitué un signe d'aliénation des femmes. Évoquant sa grand-mère et son arrière-grand-mère, il ajoute avec humour que, si elles pouvaient entendre de tels propos, « elles lui mettraient un coup de “disglavier” (parapluie) ».
Les coiffes bretonnes ont pris des formes extrêmement diverses selon les territoires et les époques. Élément du costume traditionnel, la coiffe pouvait aussi renseigner sur l'origine géographique, la situation sociale ou le statut matrimonial de celle qui la portait. En aucun cas elle servait à dissimuler quoique ce soit.
Se couvrir la tête, une tradition religieuse ancienne
Le fait de se couvrir la tête possède des significations différentes selon les religions et les époques. Dans la première épître aux Corinthiens (11, 3-16), Paul demande aux femmes de se couvrir la tête lorsqu'elles prient, une tradition chrétienne qui s'est maintenue pendant des siècles et était encore courante dans les églises catholiques au XXe siècle. Dans le judaïsme traditionnel, les hommes se couvrent la tête pour prier, aujourd'hui généralement avec une kippa, en signe de respect envers Dieu. La tradition juive demande également aux femmes mariées de se couvrir les cheveux. Dans l'islam, la portée exacte des prescriptions coraniques concernant le voile fait toujours l'objet d'interprétations différentes. Le fait de se couvrir la tête ne peut donc être interprété à lui seul comme un signe de soumission de la femme à l'homme. Se couvrir le visage est en revanche une pratique étrangère à la tradition vestimentaire bretonne.
Commentaires (9)
Incroyable, mais malheureusement vrai ! Quand on ne sait pas... on ferme sa bouche !
Un détail qui en dit long, hélas. Ne pas oublier que le parti auquel appartient cette personne a toujours ignoré ou critiqué notre pays, par ignorance autant que par idéologie. Le projet est d'ailleurs de nous supprimer des cartes de géographie comme Mélenchon pour des raisons identiques. Notre identité fait notre force et, grâce à elle, nous pourrons toujours développer notre vivre ensemble, notre originalité et notre bienveillance. C'est pour cela qu'elle a toujours été visée, de Bécassine à Monsieur Tanguy, notre seul nom est un problème pour des extrémistes qui ne veulent voir personne dépasser de leur récit fantasmé.
Ce voile est le voile qui cache le problème, à savoir la colonisation mahométane. Ce voile est une provocation, son interdiction évoquée en est la provocation parallèle. Chacun a bien compris que c'est le substrat qui est en cause. Nous autres, Bretons minoritaires, adorons nos signes d'appartenance, et ne les abandonnerons qu'à la mort. Mais c'est bien d'elle qu'il s'agit !
A gauche, memestra.
Glucksman fait l'erreur de comparer le voile ségrégationniste islamique ou juif et le voile-habit professionnel des religieuses catholiques (comme l'uniforme, vêtement réglementaire et identique que doivent porter les membres d'un même groupe ou d'une même institution (militaires, policiers, élèves, etc.).
Encore une fois, les femmes dégustent à cause de religions machistes. La religion est l'opium des femmes !
Haute-Bretagne. L'encyclopédie. Pages 533-537 :
« La dissimulation des corps intéresse aussi le bâti et la forme des coiffes. Presque partout, [elles] dissimulent les chevelures, pourtant longues parce que non coupées. (...) Ce comportement (...) contraste avec ce qu'on peut savoir d'autres modes régionales à la même époque. (...) Cette dissimulation des chevelures est commune à la Haute comme à la Basse-Bretagne. (...) Jusqu'au début du 20e siècle, le clergé ne tolère pas que les chevelures des femmes soient montrées. (...) Les hommes, eux, portent les cheveux longs, et ce trait caractérise aussi la Basse et la Haute-Bretagne. (...) Les chevelures masculines sont coupées à la fin du 19e siècle - ce qui est un renoncement majeur à un signe de l'identité bretonne - au moment où les femmes montrent plus facilement leurs cheveux. »
Il a perdu une bonne occasion de se taire ! Pfff
Il y a bien une dimension sexuelle/sexuée du port de coiffes, tenues vestimentaires, etc.
Se couvrir, c'est une marque de respect envers Dieu dans de nombreuses religions, c'est aussi être plus chaste, pur, moins dénudé. C'est une évidence.
Cette dimension de se couvrir a très fortement diminué (pour ne pas dire disparu) dans nos régions à mesure que la religion et les traditions ont reculé, que l'égalité des genres a progressé.
Ce qui est paradoxal dans tout cela, c'est que le propos de Tanguy tel que je le ressens notamment à travers ce message d'ABP, était clairement d'être gentil/conciliant - d'autres diraient « respectable » - vis-à-vis de la communauté musulmane, en les comparant/assimilant aux Bretons, symbole absolu du chrétien « gaulois », du Français des origines quelque part. Dont lui-même est un descendant.
Il n'y a là, précisément, aucune volonté de stigmatiser, mais au contraire d'assimiler pleinement, avec une certaine volonté de ne pas brusquer, froisser.
Tanguy me semble-t-il vient d'ailleurs plutôt d'une branche dupontiste voire chevénementiste à l'origine, et se distingue pas mal de la majorité du RN sur les sujets sociétaux (euthanasie, mariage pour tous, etc.). Ce n'est pas un identitaire pour résumer.
Du reste, quoique l'on donne comme explication/origine au port de coiffes/voiles (en particulier chez les religieuses catholiques), il n'en reste pas moins une réalité : tout cela a disparu en Europe (et des coiffes, il y en avait absolument partout, dans toute l'Europe). Le message est donc simple : on attend la même chose des nouveaux arrivants, dépasser leurs coutumes et se fondre dans l'égalité entre individus.
Penser qu'un rattachement revendiqué à telle ou telle religion n'a rien à voir avec notre condition d'individu, notre place dans la société, notre genre ou situation sociale me paraît bien naïf.
Propos étonnants de la part de Jean-Philippe Tanguy ! Contrairement aux coiffes alsaciennes, les Bretonnes n'affichent aucune appartenance religieuse. Les coiffes quichenottes (comprendre « kiss not » pour les Anglais) ne sont pas bretonnes. Espérons que Jean-Philippe rectifiera.