Ils utilisent le nom d’Albert Poulain pour détruire des panneaux bretons !
Chronique de Action Pays de Redon

Publié le 24/10/22 16:16 -- mis à jour le 25/10/22 15:50

Albert Poulain est toujours vivant dans nos mémoires. Né en 1932, il fut dessinateur, chanteur, conteur, et collecteur breton. Albert Poulain étudie le dessin et l'architecture au Conservatoire des arts et métiers de 1953 à 1958. C'est au cours de ce séjour parisien qu'il fréquente les groupes culturels comme Kêr Vreizh et qu’il s'intéresse à la culture populaire bretonne. Il est, en 1957, cofondateur du MOB (Mouvement pour l'organisation de la Bretagne). Il est bien connu comme conteur gallo, mais il a toujours défendu le breton. Il commença même à apprendre le breton à Paris. Il fut décoré de l’Ordre de l’Hermine en 2009. Militant breton de toujours, c’est avec ferveur et grande tristesse que tous ses amis entonnèrent le Bro Gozh ma Zadoù à la sortie de l’église de Pipriac lors de ses obsèques le 6 octobre 2015.

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Et voilà maintenant qu’un groupuscule qui s’autoproclame « La Brigade Albert Poulain » s’amuse à détruire les quelques panneaux bretons placés démocratiquement par la Région ou des communes au nom de la défense du gallo. Il est nécessaire de rétablir la vérité et de rendre hommage à Albert Poulain. Il aurait été effaré des agissements de ce groupuscule qui a l’arrogance d’utiliser son nom, n’ayant aucune honte à dévoyer sa pensée et son positionnement politique pour la Bretagne depuis toujours et notamment pour le breton en Haute-Bretagne. J’en apporte ci-dessous toutes les preuves nécessaires.

En 2012, j’avais eu l’occasion d’interviewer Albert Poulain pour la revue Brezhoneg war-raok. Vous trouverez en pièce jointe l’interview dans son intégralité. 1ère partie, sur la langue bretonne, 2e partie, sur les droits des Bretons, 3e partie, sur le chant et la musique bretonne. Concernant son soutien à la langue bretonne, on ne peut être plus clair.

Voici un extrait de la première partie :

[EG] On te connaît pour ton implication pour le gallo, on aurait aimé avoir ton point de vue sur la langue bretonne et sa place aujourd'hui dans le Pays de Redon.

[AP] Non seulement je m'intéresse au gallo, mais je m'intéresse quand même un peu à l'histoire. Léon Fleuriot l'a bien noté. Et ceux qui n'ont pas les connaissances nécessaires ne peuvent pas prendre position. Ça veut dire que dès la fin du 4e siècle, Constantin avec ses légions bretonnes de Tours à Ouessant, a rafraîchi ce qui était le langage gallo-romain à l'époque. Or les gens parlaient encore le gaulois jusqu'aux 5e et 6e siècles. Une langue qui était à peu près similaire au breton. Alors, nous, on a quand même appris le breton. Les Bretons d'alors étaient très implantés, non seulement jusqu'à la Vilaine, mais aussi, suivant Yann Mikael qui est quand même un spécialiste, de l'autre côté de la Forêt de Blain et la toponymie le révèle. Avec ça, on sait qu'il y a eu un recul systématique, pour une bonne part par Salomon qui a ramené un millier de moines qui ne parlaient que le roman. Donc, administrativement, ce sont eux qui géraient et qui imposaient leur langage et ça a diminué petit à petit.

Pourtant, d'après le docteur Maurice Le Rouzic, jusqu'au 18e siècle, on parle encore breton à Redon, surtout au moment des foires. Mon père l'a précisé. Dans un pays comme Carentoir, où il faisait les foires, il faisait les ventes, il l'a remarqué. Je signale aussi le même cas avec la grand-mère à Gilbert Hervieux, qui savait le breton parce que sinon elle ne pouvait rien vendre dans les grands marchés et foires de Redon, Carentoir, Questembert, etc. Donc il y avait une présence obligatoire du breton. On en avait tellement conscience qu'à Pipriac, avant la guerre de 14, quand on recevait un évêque, il était reçu avec une banderole écrite en breton, avec un discours écrit en breton, lu en breton. Il y avait sans doute des bretonnants présents là qui le faisaient. Mais c'est quand même une preuve que nous avons ici un sentiment d'appartenance au breton. Lorsqu'Albert Delamarche a fait la demande, il y a une quinzaine d'années, auprès du conseiller général, il y a eu une cinquantaine d’élèves qui demandaient à apprendre le breton à Pipriac.

[EG] Le breton a marqué le Pays de Redon jusqu'à une époque récente, tu viens de le dire. Mais comment est-ce que tu vois la nouvelle génération, les enfants des classes bilingues, et tu penses que ça a un avenir cette implication dans le pays de Redon ?

[AP] Les enfants apprendront ce qu'on leur donne à apprendre de toute façon. Mais ce sera permanent que s’il y a une sympathie de la part des parents et une pratique des parents. Seulement, il faut que ce soit étayé en même temps par l'histoire et en même temps par une pratique et de la musique et des différentes formes d'expression de notre culture bretonne. Alors il y a la musique bien sûr, il y a le chant bien sûr, il y a aussi la construction, l'art, il y a la gastronomie. Il y a toutes les formes d'expression des sens quoi. Je ne dirais pas les sept sens mais plus encore, de ce qu'on sent et qu'on ne voit pas, et là ça va très loin et c'est pour ça qu'on est obligé de voir la culture bretonne comme un tout. On ne peut pas pratiquer qu'un art, ça c'est le système à la française de saucissonner, par exemple, l'art de l'architecture, l'architecte ne doit pas fréquenter le sculpteur, qui ne doit pas fréquenter le décorateur, qui ne doit pas fréquenter le tapissier, le vitrier.

[EG] On entend encore des gens dire, on est en pays gallo, donc on ne va pas s'amuser à apprendre le breton, développer le breton dans les lieux publics, est-ce que t'as un point de vue là-dessus ?

[AP] Ah bien forcément, et la plupart de ceux qui sont contre, des gens qui ne visent pas loin, avec l'ex- maire de Monteneuf et des extrémistes du latinisme, de la civilisation latine. Il a fait un tas de dires, en ce qui concerne les voies romaines. On lui laisse ce domaine. Mais les autres ne connaissent rien. Et quand dans la toponymie, les noms sont d'origine bretonne, on doit obligatoirement les mettre en breton. Même des noms qui sont français et qui ont été décolorés, qui ont été changés, alors qu'à l'origine ils étaient bretons. On met bien des noms en latin, Duretie par exemple. Non mais, faut pas déconner ! On met le nom en latin et on ne devrait pas - nous - mettre le nom en breton. Il y a quelque chose qui débloque. Il n'y a pas déraison, on doit être logique. Sinon qu'on enlève les noms en latin partout, et qu'on enlève les noms américains aussi. Et alors pourquoi ce serait le français ? Il ne faut pas oublier qu'il y a eu une occupation ! Si les Allemands nous avaient occupés, est-ce que les commerçants ne parleraient pas tous allemand aujourd'hui, parce que faut gagner des sous. Et parce qu'on nous a occupés - nous - il faudrait dire merci les occupants, faut pas déconner non !

Lors de la signature de la Charte de la langue bretonne à Redon en 2009, Albert Poulain était venu défendre le breton à Redon. Il donna son avis dans l’article « La charte de la langue bretonne fait causer » (O.F. 8/04/2009). Début de l’extrait : « Gilbert Hervieux [alors président du Groupement culturel breton des Pays de Vilaine] évoque la proximité du Pays vannetais ... « Sur le marché de Redon, ça parlait breton encore au début du siècle. » Et Albert Poulain rappelle une anecdote : « Avant la Guerre de 14, à Pipriac, on accueillait l'évêque avec des banderoles en breton ! » Et le gallo, dans tout ça ? « Attention aux Mollahs du gallo », prévient Albert Poulain. Même s'il est barbu, le conteur ne s'affiche pas dans cette catégorie. Derrière la provocation, la crainte d'opposer les cultures populaires. »

Fin de l’extrait.

« Attention aux Mollahs du gallo », Albert Poulain ne pouvait pas mieux dire, d’une façon prémonitoire, lorsque l’on découvre cette scandaleuse « Brigade Albert Poulain ». Qu’en est-il en Haute-Bretagne pour le breton ? En 2018, le rapport TMO, commandé par la Région Bretagne, donnait par département, des réponses pour le souhait de plus d’enseignement du breton dans les écoles et l’approbation d’une signalétique routière français-breton. Pour la première question, les résultats sont les suivants : 29, 22, 56, 35 : 75 % d’avis favorables et 44 : 68 %. Pour la deuxième question : 29 : 75 %, 22 : 72 %, 56 : 73 %, 35 : 71 % et 44 : 72 %. Ces chiffres sont sans appel, la demande populaire pour des panneaux routiers bilingues français-breton est aussi forte à l’Est qu’à l’Ouest de la Bretagne. Albert Poulain n’aurait pas dit le contraire. Alors « Les Mollahs du gallo », respectez la mémoire d’Albert Poulain, respectez la volonté populaire !

Document PDF 56253-interviewalbertpoulainlanguebr.pdf interview d'Albert Poulain sur la langue bretonne par Emile Granville en 2012. Source : Brezhoneg war-raok
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Vos 31 commentaires
  Alan-Erwan Coraud
  le Lundi 24 octobre 2022 18:19
Merci pour ces rappels des propos d'Albert Poulain. La langue bretonne était parlée le long de notre Loire bretonne, en PAys de Retz , à Nantes ... En ce début de XXI é siècle il est un devoir pour tout Breton conscient d'apprendre notre langue. Deus Bro Gwinieg Naoned on ha deskiñ a ran brezhoneg. Ces individus sont hostiles à une reconnaissance d'une Bretagne nation d'Europe et font dans le provincialisme franchouillard. Créer la zizanie comme en Algérie au temps du FLN avec le kabyle est une stratégie coloniale.
(2) 
  iffig
  le Mardi 25 octobre 2022 01:55
Les masques tombent. Parmi les quelques militant du "gallo" il y en a qui nient à la langue bretonne sa vocation à être à terme la langue nationale de tous les Bretons, de Ouessant à Clisson.
(2) 
  Jean BOIDRON
  le Mardi 25 octobre 2022 10:31
Langue "nationale" ?
Breizh über alles ???
On arrête un peu les conneries ? Moi je vis en haute Bretagne. Gallésant & bretonnant de surcroît. Et j'avoue que les panneaux en breton sont ici langue "étrangère" qui choque le citoyen de base. Sans compter les conneries étymologiques.
A galon. De qheur
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De Jean-Luc Laquittant à Jean BOIDRON
 le Mardi 25 octobre 2022 18:53
Tout ce que tu dis est vrai Jean, mais je serai moins catégorique que toi. La langue" "bretonne d'aujourd'hui" n'a jamais été parlée ici, c'est vrai, mais une langue celtique (le gaulois armoricain) a été parlé autrefois,( pendant mille ans en Gaule avant l'arrivée des Brittons) ce gaulois n'avait sans doute pas grand chose à voir avec le "breton d'aujourd'hui", mais comme c'est la dernière langue celtique du continent, je pense que tout ceux qui désir apprendre le breton en Haute Bretagne en ont tout à fait le droit, au nom de notre patrimoine. Par contre semer la M.... avec des conneries c'est le meilleur moyen de faire rigoler Paris. Quand je verrai Emile je lui en causerait deux mots.
(0) 
De iffig à Jean BOIDRON
 le Mercredi 26 octobre 2022 14:44
oui je pense que l'avenir du breton doit s'envisager d'un point de vue politique, c'est à dire comme le vecteur principal de notre libération nationale. C'est pourquoi il faut dépasser la distinction Basse/haute Bretagne, de moins en moins pertinente. Oui, tous Bretons de Ouessant à Clisson, oui le Breton langue nationale de la Bretagne libre, dont l'Emsav est l'embryon. Qu'il y ait des personnes attachées aux parlers "gallo" cela se comprend d'un point de vue affectif, mais la vocation du breton est toute autre, elle est premièrement politique. Oui Breizh über alles, bien évidemment, un peuple, une langue : oui bien sûr, c'est l'évidence ! Si on venait à renoncer pour le breton sa vocation politique, c'est à dire de remplaçer à terme le français en Bretagne, il n'aurait d'utilité que marginale : universitaire et affective. Comprenez moi bien, l'ennemi en Bretagne c'est le français. Les multiples parlers "gallo", sans unité du 44 au 22 n'ont pas de vocation politique. En ce sens ils ne peuvent concurrencer le français. D'ailleurs cette milice Poulain n'efface pas le français mais bien le breton. Donc leurs ennemis sont les nationalistes bretons. On ne peut pas comparer les parlers "gallo" avec le breton moderne enseigné à 20.000 enfants, à même, lui, de redonner leur fierté et leur liberté (à terme) à notre peuple.
(5) 
  Jean-Paul Touzalin
  le Mardi 25 octobre 2022 11:16
Toujours efficace Emile !
Mat eo ...
JPaul
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  Naon-e-dad
  le Mardi 25 octobre 2022 11:19
Sait-on au moins si parmi les" Mollahs du Gallo", il en est qui connaissent le gallo? A un degré suffisant pour s'exprimer convenablement en gallo?
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L'inconvénient – pour tout le monde - , s'ils se maintiennent dans l'anonymat, est qu'il ne sera pas possible de discuter avec eux, pour mieux comprendre leur perception, doléances et le schéma dans lequel ils s'inscrivent?
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L'inconvénient - pour eux - à s’obstiner avec la technique de l'emprunt dévoyé d'un nom connu et estimé du public – le procédé a déjà été utilisé en Bretagne, pendant la WWII - est qu'ils risquent d'endosser une image qui pourrait vite leur apparaître très lourde à porter. On ne salit pas impunément la mémoire d’un homme. Sont-ils conscients de celà ?
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La langue bretonne n’est pas seulement, et peut-être pas d’abord, un marqueur historique local. Sinon, les nouveaux arrivants en Bretagne ne s’y intéresseraient pas. Or, elle suscite l’intérêt ou l’enthousiasme chez des gens venus d’autres régions ou d’autres pays européens. Ce n’est pas sans raison.
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Ken brav eo ar brezhoneg ma c’hell sachañ evezh gant tud deuet nevez zo eus rannvroioù all pe eus broioù estren.
(2) 
  Jean-Luc Laquittant
  le Mardi 25 octobre 2022 11:42
Je ne connais pas cette brigade Albert Poulain et suis pourtant assez bien introduit dans le milieu gallo. Si cette brigade existe je suis d'accord et Albert le serait aussi ce sont des imbéciles. Par contre j'ai bien connu Albert et je n'ai pas fait avec lui qu'un simple interview car il venait tous les mercredi à la maison et nous avons plusieurs fois refait le monde, à notre goût, autour d'un verre cela nous était beaucoup plus accessible. Donc je connais un peu le "wézé". Des Mollahs il y en a partout et quand Albert parlait des "mollahs du gallo" ils parlaient de ceux qui voulaient imposer une écriture unique à la langue gallaise (et je sais pourquoi il disait cela) . Dirait on de Roparz Hémon qu'il est un "mollah du breton"?. En jetant de l'huile sur le feu par ce genre d'article on devient aussi imbécile que ceux qui font la provocation (il y en a partout) et ce n'est pas la bonne manière de ramener la tolérance et la sérénité dans l'EMSAV.
(1) 
De Herve à Jean-Luc Laquittant
 le Mardi 25 octobre 2022 15:24
Ne faites pas l'innocent : si vous êtes "assez bien introduit dans le milieu gallo" comme vous le dites, vous êtes au courant des actions de cette brigade qui bizarrement ne s'est attaquée qu'aux panneaux en breton - à croire que ce sont les seuls à faire réagir les "mollahs du gallo", mais que les panneaux seulement en français ne sont pas un problème pour eux tant il est vrai que le gallo parlé aujourd'hui est proche et intégré à celui-ci. Au lieu de vous en indigner vous mettez en doute ("si cette brigade existe") et préférez rejeter le tort sur l'auteur de l'article qui en rend compte. C'est assez symptomatique du milieu gallo : préférer mettre en cause le thermomètre plutôt que le malade.
(1) 
  Irène
  le Mardi 25 octobre 2022 12:02
Merci pour ce rappel salutaire. Cette brigade et ceux qui la défendent sur les réseaux sociaux
(1) 
  Reun Allan
  le Mardi 25 octobre 2022 17:31
Sans dénier le droit de chacun à défendre le gallo, il y a bien évidemment ceux pour qui cette posture n’est qu’un prétexte à combattre la langue bretonne. Je ne suis pas sûr que l’avenir du gallo leur importe autant qu’ils le prétendent et en tous cas ce n’est quand même pas le breton en Haute Bretagne qui leur fait de l’ombre. La Haute Bretagne qui centralise les services administratifs et nombre d’entreprises privées desservies par des Bretons issus des 5 départements de la Bretagne serait-elle malvenue d’afficher la langue bretonne dans la signalisation publique ? Ce n’est pas la première fois que le gallo sert de marchepied dans des actions anti-bretonnes. Il y a bien évidemment la malheureuse affaire actuelle du point d’interrogation du musée de Bretagne où les avocats du questionnement sur son identité celtique n’ont même pas cette pudeur à cacher leur manœuvre pernicieuse. Que disent t-ils ? : « Vous voyez bien que la Bretagne n’est pas si celtique puisqu’il y a le gallo ». En cela, ils sont les continuateurs d’un collectif prétendu défenseur des langues « régionales » de France par la loi mais à condition que cela serve les intérêt de la langue française. En leur sens, le gallo, l’occitan, le catalan, le corse, etc … auraient pu bénéficier des soutiens de l’Etat dans l’enseignement mais le breton en aurait exclu du fait que ce n’est pas une langue latine servant les intérêts du français. Cela fait bien plus d’une dizaine d’années mais ils ne baissent pas la garde apparemment.
(1) 
  Anne Merrien
  le Mardi 25 octobre 2022 18:07
La Bretagne bretonnante et la Bretagne gallaise sont interdépendantes. D'un côté, la langue bretonne a emprunté beaucoup de vocabulaire au gallo. D'un autre côté, le recul de la frontière linguistique a laissé beaucoup de toponymes bretons en pays gallo, c'est donc logique qu'on puisse aussi les orthographier en breton.
Faut-il privilégier le sens ou la prononciation ? Pont-Aven se prononce Pondaven ou Ponaven en breton, ce n'est pas une raison pour l'écrire aussi comme ça. Au contraire, à Botmeur, c'est la prononciation Boneur qui a été préférée à Bod Meur, ce qui aurait évité des jeux de mots sur le bonheur. Santec aurait pu aussi s'écrire Sant-Heg ou Sant-Hieg, cela aurait eu plus de sens que Santeg. Ajouter Moncontou (en gallo) ou Monkontour (en breton) à Moncontour présente peu d'intérêt, alors qu'ajouter Montfort-la-cane à Montfort-sur-Meu donne une information de plus.
(2) 
  Jean-Luc Laquittant
  le Mardi 25 octobre 2022 18:35
Réponse à HERVE (l'anonyme) oui je suis assez bien introduit dans le milieu gallo. Non je ne connais pas cette brigade "Albert Poulain" et de quel droit affirmez vous que je suis au courant de tout ce qui se passe dans le milieu gallo. Vous êtes au courant vous de TOUT ce qui se passe dans le milieu breton ?
Et merde, ça fait soixante ans que je milite pour TOUTE la Bretagne et vous commencez vraiment à me faire chier. J'vais tout laisser tomber. Je ne veux pas d'une Bretagne avec des "accusateurs public" anonymes.
(2) 
  Penn Kaled
  le Mardi 25 octobre 2022 21:32
Que de polémiques stupides et stériles qui dépassent l'imagination vu la fragilité de la cause bretonne d'autant plus que l'épée de Damoclès du grand ouest plane sur nos têtes faisant craindre une disparition de l'existence de la Bretagne .L'intolérance peut entrainer une configuration un peu similaire à ce qui se passe en Belgique avec l'antagonisme wallons flamands .Cependant si la plupart des acteurs promouvant le gallo sont sincères ,dans l'ombre se dissimulent des forces introduisant un cheval de Troie au sein de la culture bretonne avec une volonté de nuire ,ceux là on ne les entend guère s'émouvoir d'une disparition de l'équivalent de l'expression gallèse chez nos voisins angevins bizarre rien que pour cet exemple ..N'était ce pas un des buts inavoués de la charte culturelle Giscard Avant cette époque on parlait moins de la mise en avant du gallo .Par ailleurs fréquentant les festou noz je constate que quasiment à chaque fois les groupes et chanteurs de haute Bretagne chantent en français ,alors malgré tout je me pose des questions .Vu que nous vivons dans un monde de plus en plus tenté par la facilité ,je crains que ,beaucoup de jeunes soient tentés par se mettre au gallo vu sa proximité avec le français au détriment , de la seule langue celtique qui survit sur le continent , alors que une de ses bases le gaulois ,
était parlé dans une grande partie de l'hexagone et bien évidemment en haute Bretagne avant la conquête romaine .Voilà pour mes observations ,mais de grâce tolérance ,sinon certains défenseurs de la langue bretonne se mettent dans le même sac que les jacobins .Je ne voudrais pas que l'on tombe dans le concept de un peuple , une langue , une nation ......
Voici dans le but de détendre l'atmosphère une étude sur l'usage du français en Bretagne ,
(voir le site)
(2) 
De Jean-Luc Laquittant à Penn Kaled
 le Mercredi 26 octobre 2022 10:49
Entièrement d'accord !
(1) 
  Burban xavier
  le Mercredi 26 octobre 2022 11:25
J'ai le sentiment que l'on dresse le gallo contre le breton qui fût parlé il y a certes très longtemps en Bretagne orientale au delà de la fameuse ligne Loth dressée en 1886 puis que 14 000 nantais sur 106 000 le parlaient et c'est sourcé et attesté dans des documents . Le breton plus anciennement fut parlé du Mon St Michel 11 ème à Mordelles , Bain de Bretagne , Nozay , St Herblain le pays Guérandais et de l'autre côté de la Loire , il subsistait des îlots de breton dans le pays d'Exmes dans l'Orne(61) (cartulaire de St Cénéri le Gérail (72) , l'arrivée des Normands fut un coup dur pour la langue bretonne qui recula une zone mixte s'installa entre St Brieuc et la Rance , le haut Vannetais , Ploermel et pays de Redon) et l'estuaire de la Loire jusqu'au 15ème tandis que plus à l'est le breton disparut progressivement , il est vrai . le gallo prit le relais , langue d'Oil ou bas latin comme le français dont il est issu .Léon Fleuriot "Des origines de la Bretagne " .
De là à dire que le breton ne doit pas s'étendre à l'est si les breton(ne)s souhaitent l'apprendre comme le montrent les chiffrent et pourcentage , ce serait un erreur , il y a un désir de breton à l'école ouvrons les , ouvrons si il y a un désir d'apprendre le gallo , c'est pas choquant ...
En Ecosse ils s'accommodent de l'anglais , du gaëlique 60 000 personnes (ils ont clairement envie de l'apprendre ) et du skoteg un dialecte anglo normand parlé encore par 1, 5 millions de personnes dans les Lawlands .
Soyons tolérants , le breton a sa place en pays Rennais ou Nantais , le breton se maintiendra sur ce territoire que nous aimons la Bretagne . Il n'y a pas des Bretagne ... Une langue çà s'apprend avec joie , c'est un moyen de connaître les autres en tout lieu et en également en Bretagne Orientale .... le breton peut s'apprendre n'importe tout en Bretagne !
(4) 
  Albert Cheval
  le Mercredi 26 octobre 2022 17:39
Vous êtes DELIRANTS. Vous avez honte de votre propre peuple, de votre propre culture. Il y a derrière cette dinguerie du breton une quête de l'exotisme, du différent. Le gallo est la langue propre de la Haute-Bretagne que vous le vouliez ou non ! Et puis, cette habitude de voir un complot français derrière chaque absurdité des bretonnistes, ça me fait hurler de rire. Heureusement que vous n'êtes pas au pouvoir, la situation serait pire que celle sous Micron et les jacobins. J'ai toujours regardé ces autonomistes bretons avec méfiance mais là je comprends pourquoi... Je lis l'ABP tous les jours et j'ai des idées très autonomistes mais les autonomistes bretons me font pitié. Ils méprisent la moitié des Bretons par aveuglement et bêtise. Effet de bulle !
(3) 
De Fabien Floch à Albert Cheval
 le Jeudi 27 octobre 2022 13:14
Et vous vous faites honte à votre propre peuple, celui du pays gallo. Ce qui est délirant c'est la nouvelle manière de militer pour le gallo, en voulant imposer une vision du gallo que ne partage pas les gallesants et en voulant imposer un usage du gallo que ne souhaitent pas les gens du pays. On est passé de l'intelligence et de la tolérance d'un Poulain à l'agressivité et la conflictualité permanence des (l)écuyers du gallo. Pas étonnant qu'il se porte si mal. Qhe penelle !
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