Hommage au cimetière de Quimper le 1er octobre 2006 (photo archives ABP)
Hommage au cimetière de Quimper le 1er octobre 2006 (photo archives ABP)

Le 30 septembre 1976, il y a cinquante ans, Yann-Kêl Kernalegen (Jean-Michel Kernaleguen à l'état civil), jeune militant du Front de libération de la Bretagne (FLB), trouvait la mort à l'âge de 22 ans dans l'explosion d'une bombe au camp militaire de Ti Voujeret, près de Châteaulin.

Sa courte vie fut marquée par un engagement constant en faveur de la Bretagne et de la langue bretonne. Étudiant à la faculté de droit, il avait choisi de rédiger en breton une épreuve d’examen. Ce choix fut considéré comme une provocation par l’institution universitaire. Sa copie ne fut pas évaluée : il obtint un zéro et fut exclu de la faculté.

Dans les années 1960 et 1970, le FLB mène une campagne clandestine d'attentats à l'explosif visant principalement des bâtiments publics, des installations militaires et des symboles de l'État français. Le mouvement entend alors inscrire par ces actions la revendication bretonne dans le débat politique. Bretagne Culture Diversité rappelle que Kernaleguen est mort avec l'engin qu'il était en train de poser au camp militaire en construction de Ti Voujeret.

Les circonstances précises de sa mort ont toutefois fait l'objet de récits différents. Selon la version généralement retenue, l'engin aurait explosé prématurément. Ses proches et des militants bretons ont par la suite affirmé qu'il se serait jeté sur sa bombe après avoir constaté la présence d'une famille à proximité.

Da gorf, Yann-Kêl, zo chomet e douar da Vro
Ha da viken da anv ’n hec’h Istor a chomo — Anjela Duval, 29 mars 1978

Sa mort eut un important retentissement dans le mouvement breton de l'époque. Au fil des décennies, plusieurs commémorations ont été organisées à sa mémoire, notamment à Quimper, où il est enterré au cimetière de Kerfeunteun.

Il est mort pour l'arbre et la rivière, pour la Bretagne, face au Menez Hom. Je le salue en ces dernières lignes. Je le salue affectueusement alors que l'adagio, ce mouvement apaisé, déploie en cette IXe symphonie, toute la tendresse du monde, alors que les vents de suroît retombent une nouvelle fois sur les hauts de Botzulan, alors que les pigeons allègres, couleur de l'arc-en-ciel, accrochent le soleil par-dessus les toits. — Xavier Grall, Le Cheval couché, Hachette, 1977, p. 234-235.

Cinquante ans après sa mort, l'événement demeure un épisode marquant de l'histoire du mouvement breton contemporain et de la période de violence politique qui entoura les actions du FLB dans les années 1960 et 1970.

Voir aussi E koun Yann-kêl Kernalegenn de Bernez Rouz