-- Politique --

Il n'y a plus de Parti socialiste en Bretagne

Alors que le PS pouvait se targuer d'être chez lui en Bretagne, car en 2012, 56,4 % des Bretons qui avaient voté, avaient voté pour François Hollande. Même si la plupart des villes bretonnes sont toujours gérées par des maires socialistes, que le conseil régional a une majorité socialiste, ce parti a perdu la confiance des Bretons. Ce parti désuet, colportant des fantasmes d'un autre siècle, croyant avec une arrogance choquante avoir l'exclusivité du social, voire de la morale politique, est complètement déphasé par rapport aux dures réalités de la mondialisation, de la désintermédiarisation et de la robotisation de l'économie. Il a subi en Bretagne la pire défaite de son histoire.

42448_1.jpgUne rose bien flétrie

Sur les cinq départements de la Bretagne historique, le PS a un seul élu, en Ille-et-Vilaine, dans une circonscription où il n'y avait pas de candidat «La République en Marche». Tout le reste a été raflé par la vague LREM, sauf trois «Les Républicains-UDI».

Ce que les électeurs ont rejeté par dessus tout c'est le mensonge, la langue de bois ou fourchue, les marionnettes de partis devenus des professionnels de la politique et du mensonge. Le Grand Mensonge politique du Parti socialiste a consisté à dire aux électeurs depuis des décennies qu'on pouvait continuer comme avant sans vraiment remettre en cause tout le système de partage des richesses et d'étatisation qui avait été mis en place en 1947 par la branche communiste du «Conseil de la Résistance».

Certes, Les Républicains sont aussi battus, sauf Marc Le Fur, qui sauve son siège et un autre élu à Saint-Malo, Gilles Lurton, mais il faut relativiser car la droite n'était plus chez elle en Bretagne depuis 30 ans. L'UDI conserve Fougères avec Thierry Benoît. L'ancien Garde des Sceaux, et député de Quimper, Jean-Jacques Urvoas, est aussi battu. Il m'avait fait la leçon en 2012 quand j'avais déclaré que je ne voterais ni pour Sarkozy, ni pour François Hollande. Il est retourné donner des leçons plus appropriées aux étudiants à la fac de droit. Urvoas écrivait avec cette certitude (ou cette naïveté ?) en 2012 «Avec le candidat UMP, la Charte ne sera pas ratifiée alors qu'avec le candidat socialiste elle le sera.». (voir notre article). Certes la charte était dans les 60 promesses. Elle est restée promesse. La piteuse réforme régionale effectuée en 2015, elle, n'en faisait pas partie par contre. Le seul truc que la Région Bretagne ait obtenu en 5 ans, c'est la gestion de l'eau. C'est ça le triste bilan socialiste en ce qui concerne les revendications bretonnes.

Le PS n'a fait avancer aucune des revendications bretonnes, que ce soit sur la situation de la langue bretonne, la réunification avec la Loire-Atlantique, ou une collectivité territoriale Bretagne unique avec des compétences, des droits réglementaires et une fiscalité appropriée. Rien, Nada, Mann ebet.

Parmi les nouveaux députés ou ceux qui sont réélus, on notera toutefois la présence de quatre personnes avec une fibre régionaliste, dont deux qui avaient sagement rejoint LREM avant les présidentielles. Il s'agit de Paul Molac, élu dès le premier tour, de François de Rugy, candidat à la présidence de l'Assemblée nationale, mais aussi de Thierry Benoit (UDI), farouche partisan de la réunification et présent à la dernière grande manifestation à Nantes. Sans oublier Marc Le Fur qui a aussi prouvé maintes fois ses positions pro-Bretagne.

Avec l'annonce de 3 députés corses élus, nationalistes ou autonomistes, le mouvement breton ne peut que constater son échec. Les scores des candidats sous l'étiquette «Oui la Bretagne» ou «100% Bretagne» sont si faibles qu'ils sont insignifiants. Par rapport aux résultats antérieurs, l'idée bretonne est en plein recul. En premier, on déplorera l'absence d'unité et la présence de deux plateformes, ayant les mêmes buts en plus. Certes tout le monde pouvait se présenter sous l'étiquette «Oui la Bretagne» et on a vu des candidats allant du libéralisme de Yves Brun à l'extrême gauche pro Hamon d'Anna Jaouen, mais avoir parfois deux candidats Bretagne dans les mêmes circonscriptions ne tenait pas la route. Additionner les scores ne changerait pas grand chose aux résultats. Il reste aux partisans d'une Bretagne avec plus de droits à faire un bilan de cet échec et à déterminer les raisons exactes de l'incapacité à convaincre l'électorat.

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©agence bretagne presse

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

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