Hermione, Lafayette, etc. et si on parlait de La Rouërie, un héros américain et néanmoins breton

-- Histoire de Bretagne --

Chronique de JYLT
Porte-parole: Jacques-Yves Le Touze

Publié le 21/04/15 15:12 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Ces derniers jours, les média nous abreuvent d'informations sur L'Hermione et La Fayette Gilbert du Motier de La Fayette. Et il faut bien dire que la reconstruction à l'identique de L'Hermione, Hermione (2014) est une magnifique aventure, un projet qui fut fédérateur de nombreuses énergies et d'une cohérence historique et culturelle évidente.

Ça me rappelle une discussion avec Jean-Yves Le Drian, alors maire de Lorient, au tout début des années 1990, qui souhaitait  lancer le projet de reconstruction d'un navire de la Compagnie des Indes : ça aurait été en effet une initiative positive pour le pays de Lorient, initiative qui malheureusement n'en est restée qu'au stade de projet. Dommage, occasion manquée (à dire vrai, on a un peu l'impression de les collectionner à Lorient...).

Bref, nous voilà à applaudir le départ de L'Hermione et sommés de bien comprendre l'apport historique de La Fayette à l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Et il est vrai que le royaume de France a aidé de façon importante les insurgés américains, non pas comme on nous le serine en permanence au nom de la Liberté, mais tout simplement pour «embêter» la «perfide Albion» qui venait de gagner la guerre de 7 ans et de mettre la main sur la «Nouvelle France» canadienne.

Comme la France aiderait un peu plus tard les insurgés irlandais ou l'Angleterre les chouans de Cadoudal. Les grands principes sont bien loin et la vieille maxime «les ennemis de mes ennemis sont mes amis» bien plus adéquate pour décrire ces épisodes historiques.

Bref (bis repetita), L'Hermione, La Fayette, l'indépendance américaine, tout ça m'amène à revenir sur le personnage du Colonel Armand, comme on le connaît aux USA, La Rouërie comme on le connait en Bretagne, ou Armand Tuffin de La Rouërie. Un personnage flamboyant qui eut, pour son malheur, l'attention de s'occuper de l'avenir de ses hommes, et qui fut jeté aux oubliettes de l'histoire par la pensée franco-jacobine dominante ayant fait l'erreur «impardonnable» de s'opposer aux dérives dictatoriales de la révolution française.

Il n'est pas dans mon intention de revenir ici sur la vie bien remplie de La Rouërie, plusieurs biographies l'ont fait, mais de souligner le côté extraordinaire du personnage, de son importance historique et de l'oubli dans lequel il est maintenu par l'histoire officielle française.

Pour résumer, voilà un homme issu de la noblesse bretonne qui fait une petite carrière militaire, adhère à la franc-maçonnerie, admire la révolution américaine, part à ses frais en Amérique au début de l'année 1777, manque de se noyer en y arrivant sous le feu des navires anglais, et devient officier de l'armée insurgée en créant ce que les Américains connaissent sous le nom de «légion Armand», un corps de «chasseurs libres et indépendants» fort de 500 hommes, sorte de brigade légère, et après moult combats, pour finir, à la demande de George Washington, général de l'armée américaine en 1783.

Arrivé en Amérique avant La Fayette, il fut l'un des derniers à revenir en France, souhaitant s'occuper des hommes de sa légion dissoute après la fin de la guerre d'indépendance. Ne pouvant rester au sein de l'armée américaine malgré son souhait, La Rouërie revient en Bretagne, avec de nombreuses dettes dues aux emprunts qu'il avait faits pour s'occuper de ses hommes ; étant rentré l'un des derniers, il ne profita d'aucune retombée «médiatique» à l'inverse de La Fayette et ne put même pas obtenir le commandement d'un régiment, les différents postes ayant déjà été répartis parmi les vétérans de la guerre d'Amérique.

En 1788, La Rouërie sort de sa semi-retraite pour prendre part au bras de fer entre le Parlement de Bretagne et Versailles, le Parlement de Bretagne refusant d'approuver les édits royaux limitant ses pouvoirs. La Rouërie fera partie de la délégation de douze nobles bretons envoyés à Versailles pour plaider la cause du Parlement. Ils ne seront jamais reçus et au lieu de ça, le 14 juillet 1788, la délégation est enfermée à la Bastille... Ils seront libérés fin août suite à la chute du ministère Brienne.

Le retour de la délégation en Bretagne est triomphal et notamment pour La Rouërie à Fougères. Sa réputation grandit à travers toute la Bretagne. En 1789, La Rouërie souhaite devenir député aux États Généraux malgré la décision du corps de la noblesse bretonne de boycotter cette assemblée.

La Rouërie tente de raisonner ses pairs sans succès ; il tentera aussi de réconcilier les étudiants de Rennes qui sont un peu le bras armé de la bourgeoisie et du Tiers État. Là encore échec de La Rouërie malgré son aura parmi les jeunes étudiants.

Ces deux échecs vont l'empêcher de participer aux débats des États Généraux à son très grand regret.

La Rouërie est un libéral inspiré par les évolutions politiques britanniques et américaines. C'est la suppression du Parlement de Bretagne et des institutions bretonnes le 4 août qui lui fait penser que le pire est à venir. Pour La Rouërie, ce sont les Parlements provinciaux qui devraient être renforcés pour contrebalancer le pouvoir de Paris et leur suppression pour mettre en place une seule assemblée à Paris lui semble conduire directement au despotisme.

Voici un extrait d'un de ses courriers envoyés à George Washington en 1789 : « Nos affaires dans cette partie du monde ne vont pas comme les gens honnêtes et impartiaux le voudraient. Votre Excellence doit s'attendre avant longtemps à de très affligeantes nouvelles de ce côté-ci. Je crains deux grands maux pour ce pays : l'anarchie et le despotisme. […] Chaque esprit ici se prétend un génie et se croit être un législateur. Des hommes d'esprit, nous en avons. Des hommes de savoir, des virtuoses des arts et des sciences, nous en avons. Mais des hommes remarquables par la profondeur de leurs vues et leur dévotion au bien public, ceux-là, nous n'en avons pas. La Noblesse se cramponne à ses droits de naissance. Quant au Clergé, il se battrait s'il avait plus de courage et moins d'enfants naturels. […] Mon cher Général, ce n'est pas ainsi que vous et votre pays avez conquis la liberté ». 

Que voilà des propos d'une grande modernité, non ? Après avoir hésité à repartir aux États-Unis, La Rouërie reste finalement en Bretagne et développe l'idée d'une «Association Bretonne» dont le but est de redonner à la Bretagne ses institutions et son autonomie dans le cadre d'une monarchie maintenue et rénovée. Il va désormais s'employer à organiser cette Association Bretonne à travers toute la Bretagne. Face à la radicalisation du pouvoir parisien, La Rouërie pense qu'il est temps d'organiser un soulèvement armé en Bretagne. Ce soulèvement, La Rouërie ne le verra pas : pourchassé par les révolutionnaires, La Rouërie décédera d'une pneumonie le 31 janvier 1793 à La Guyomarais (Saint-Denoual). Les révolutionnaires déterreront son corps et le décapiteront...

L'Association bretonne cesse ses activités et le soulèvement du 10 mars 1793 n'aura pas lieu. En revanche, c'est la chouannerie qui prendra le relais sans toutefois reprendre à son compte les buts explicites de La Rouërie, notamment sur l'autonomie de la Bretagne. En 1988, en tant que directeur-adjoint de l'Institut Culturel de Bretagne, je travaillais avec le professeur Roger Dupuy à la réalisation d'une exposition sur la révolution française en Bretagne (dont une centaine d'exemplaires fut achetée par des communes  des cinq départements bretons pour le bicentenaire de 1789). Après avoir longuement discuté et argumenté avec Roger Dupuy, j'obtenais que La Rouërie y figurât.

C'est à cette occasion que je me suis rendu compte de l'ostracisme qui frappait la figure de La Rouërie, remisé aux poubelles de l'histoire par la pensée historique dominante à sens unique.

Ce qui n'était pas le cas de Roger Dupuy, bien heureusement. En 1993 était inaugurée à Fougères, une statue de La Rouërie réalisée par Jean Fréour grâce au soutien américain de la Fondation Florence Gould. Le discours à cette occasion du député-maire PS Jacques Faucheux fut remarquable. La Rouërie fut un personnage extraordinaire dont la vie fut un véritable roman et dont les idées sur la répartition des pouvoirs finalement restent d'une grande actualité.

Voir aussi :
Cet article a fait l'objet de 1580 lectures.
mailbox imprimer
logo
Démocrate, Lorientais, Breton, Européen, curieux du monde, de ses cultures, engagé pour la démocratie , la construction d'une Europe fédérale, l'émancipation de la Bretagne pour lui redonner toute sa place au sein des nations européennes..... Voilà, n'hésitez pas à commenter, à critiquer, à applaudir, à suggérer ! Voir aussi mon blog (voir le site)

Vos commentaires :

Alwenn
Mardi 21 avril 2015

Effectivement, personnage majeur qu'il faut mettre en premier ligne.

Parler d' "oubli" à son égard est un peu trop "diplomatique".

Il s'agit d'un oubli volontaire et fortement motivé par l'idéologie républicaine française.

"C'est la suppression du Parlement de Bretagne et des institutions bretonnes le 4 août qui lui fait penser que le pire est à venir. Pour La Rouërie, ce sont les Parlements provinciaux qui devraient être renforcés pour contrebalancer le pouvoir de Paris et leur suppression pour mettre en place une seule assemblée à Paris lui semble conduire directement au despotisme."

Que dire de plus ? Nous en sommes toujours là !

Alwenn
Mardi 21 avril 2015

Bien sûr, La Rouërie restait royaliste, ce que nous ne sommes pas, mais lisons par exemple ceci :

"Nous observons, de plus, que c'est surtout la province de Bretagne qui peut plus que toute autre encore se plaindre qu'ont ait violé envers elle ce principe de la Déclarations des droits que nulle loi ne peut être regardée comme telle, si elle n'est l'expression de la volonté générale, puisqu'elle n'a été convoquée ni représentée régulièrement aux états généraux de 1789, et puisqu'elle n'en a pas moins perdu son antique Constitution et ses droits, franchises et libertés, contre le v½u formel de ses trois ordres, et même les dispositions précises de la grande majorité des cahiers des assemblées des sénéchaussées, formées pour éluder et suppléer alors la convocation constitutionnelle du tiers comme ordre politique et indivisible… »

(voir le site) ërie#Voyage_aupr.C3.A8s_du_comte_d.27Artois

"Et vous Bretons, mes chers amis, je veux vous aider à recouvrer vous-mêmes les anciennes franchises, et les anciens droits qui étaient à la fois, le rempart le plus solide de votre liberté politique et religieuse, comme le plus sûr garant de votre paix intérieure et de la prospérité qu'elle produit. »

"Celui-ci mène Lalligand et quelques soldats devant la tombe. Le corps du marquis de La Rouërie est exhumé, Lalligand le fait décapiter"

Décapiter !

konan Lasceau
Mardi 21 avril 2015

(sur le même site wik )

La Rouërie et Noyan s'attèlent à la rédaction d'un manifeste, chargé de présenter les revendications de l'association Bretonne :

"...Nous observons, de plus, que c'est surtout la province de Bretagne qui peut plus que toute autre encore se plaindre qu'ont ait violé envers elle ce principe de la Déclarations des droits que nulle loi ne peut être regardée comme telle, si elle n'est l'expression de la volonté générale, puisqu'elle n'a été convoquée ni représentée régulièrement aux états généraux de 1789, et puisqu'elle n'en a pas moins perdu son antique Constitution et ses droits, franchises et libertés, contre le v½u formel de ses trois ordres, et même les dispositions précises de la grande majorité des cahiers des assemblées des sénéchaussées..."

- Il dénonce également depuis la suppression des États de Bretagne, un accroissement de la pauvreté et une augmentation des impôts désormais trois fois plus élevés. (il semblerait qu'il y ait une corrélation avec la France d'Aujourd'hui !)

konan Lasceau
Mardi 21 avril 2015

MORT d'une pneumonie,

"Le corps du marquis de La Rouërie est exhumé, Lalligand le fait décapiter ".

il n'était pas assez mort sans doute, qu'il fallait le sortir de terre et lui couper la tête.

"Il retourne alors à La Guyomarais et jette au sol la tête de La Rouërie qui roule aux pieds des accusés.Monsieur de La Guyomarais dit alors « Soit, il n'y a plus à nier. Voilà bien la noble tête de l'homme qui si longtemps vous a fait trembler, puis ils repartent sans la tête du BRETON !...»

c'est Bizarre, cela me rappel soudain à des faits récents en syrie, lybie ...etc condamné par tous les états occidentaux (qui n'ont bien sûr rien à se reprocher)

Aujourd'hui La France serait condamnée devant des tribunaux internationaux pour barbarie et génocide Britto-Vendéen.

Brocèlbreizh
Mercredi 22 avril 2015

Votre article est une bénédiction.Il sera toujours trop court hélas.Nul doute que la chouannerie eut été plus efficace si ce noble,doué d'une excellente formation militaire,avait vécu ne serait ce que dix années supplémentaires.Cet homme a gagné des batailles pour lesquelles certains généraux n'auraient pas miser le moindre kopeck.Toujours en tête de son bataillon,il a bravé la mort 1000 fois et ne s'en ait jamais plaint.A l'article de la mort,il fut caché dans une grange par ses proches, a passé des nuits à braver le froid,dormant contre des arbres ou dans des talus, pour éviter l'espionnage ennemi et les âmes corrompues(des deux cotés d'ailleurs).

Lui et Washington:une relation fraternelle.

Un homme de grande confiance pour l'Américain. Certaines lettres l'attestent.

Il est regrettable que le marquis ne soit rentré plus tôt en Breizh (l'amour d'un travail soigné sans doute)mais c'est ainsi.J'aurai pour ma part beaucoup aimé que vous puissiez développer un parallélisme entre Rouërie et Pontavice pendant la période qui précède notre monarchie républicaine.

Un révolutionnaire fédéraliste,imprégné de philosophie libérale,parmi les plus grands défenseurs de son pays.

Un croissant de lune avant la lumière pleine.

Loin de toute idéologie viciée,enclin au pragmatisme et amoureux de la liberté.Notre premier pilier.

Un combat qui dépassait largement nos terres.

Le connaitre davantage,c'est déjà le comprendre et se mettre en capacité de participer à la renaissance de notre Bzh armoricaine.

Connaitre son passé,c'est anticiper notre avenir.

JP. Touzalin
Jeudi 23 avril 2015

Il est toujours temps de relire l'ouvrage de Michel Mohrt: "Tombeau de la Rouërie" (Gallimard - 2000)

« Le mal qui l'emporta fut sa fidélité »

Yann LeBleiz
Jeudi 23 avril 2015

@ Le Touze Jacques-Yves

Il y a un point que je trouve personnellement majeure et que sauf erreur vous avez oubliez de citer, c'est le texte qui apparait sur la stèle de la Rouerie :

Je le cite en Anglais, car il est bien plus clair ainsi:

"Armand Tuffin, Marquis de la Rouerie, Hero of the America War of Independance, Defender of the Liberties of the People of Brittany and Founder of the Breton Association, Born the 13th of April 1751 at Fougères, Died tragically the 30th of January 1793 at la Guyonnais"

Signée : "Don de l'Ambassade des Etats-Unis d'Amérique"

Cela nous apprend, que les Etats-Unis d'Amérique reconnaissent, certes de manière diplomatique, que les Libertés du Peuple de Bretagne (Libertés, mot ancien pour définir : les Institutions, donc l'Etat) ont été bafouées.

Donc, implicitement, ils reconnaissent la réalité de la destruction du droit des Bretons à disposer d'eux-mêmes!

C'est loin, très loin d'être rien....

Combien de Bretons savent cela?

0,001% et encore!

Ce texte est écrit en 3 langues : Français, Anglais et Breton...

Par bonheur Républicain, la photo de cette stèle qui apparaissait sur Wikipédia a maintenant disparue (de Wikipédia)!

Un hasard, sans aucun doute!

Alwenn
Jeudi 23 avril 2015

Very interesting !

Et de quand date cette stèle ?

Yann Lebleiz
Jeudi 23 avril 2015

@ Alween,

Là comme ça, je ne sais pas, mais ça devrait se trouver sur internet.

Sans retirer le mérite légitime de Louis XVI sur ce dossier, il est vraisemblable que les Bretons devraient regarder l'Indépendance de l'Amérique, fait majeur pour l'occident, avec leurs yeux et non ceux de Paris!

Brocèlbreizh
Jeudi 23 avril 2015

L'auteur me corrigera si besoin.

Beaucoup trop récemment pour les institutions françaises!1990.

Elle nous rappelle que sa ville natale fut la "première commune bretonne libérée" par la 3 armée du général Patton en personne.

Un beau symbole diplomatique du 1er aout 1944...

Le buste et la stèle furent inaugurée en 1993 par Mr Le Goarnig, président de l'Association des Etats de Bretagne ET par Mr Béaty, président de l'institut franco-américain.

Conclusion:(interprétation personnelle)

La monarchie républicaine est ancienne,elle souffre d'un léger syndrome d'alzheimer.

Au niveau "diplomatique" on peut considérer que les ricains nous considère en gros comme une nation sans état.

Rajoutez à cela certaines décisions Européennes:

(le problème des noms bretons dans les années 70? par exemple)+ la charte sur les langues et l'on peut constater que notre autonomie politique relève uniquement de notre responsabilité et non du bon vouloir des Français.Donc:

1/Une victoire électorale indiscutable d'un parti breton de façon individuelle ou dans une union démocrate.

2/La notion de "parti unique" peut rester là ou celle ci fut stoppée.Tout simplement en 44.(Cf le courrier des Irishs aux BZH.)C'est ainsi.(La "diversité" de l'offre politique est un point essentiel.)

Dans l'Histoire,le marquis fut "compagnon" du "libéral" Lafayette et bien "ami" de Washington.

SPERED DIEUB
Jeudi 23 avril 2015

Voici ce que je viens de découvrir un peu par hasard dans ce livre sur la guerre de Vendée ,on y parle beaucoup de la Bretagne ,et surtout au sujet de notre héros breton

(voir le site)

Konan Lasceau
Jeudi 23 avril 2015

@Yann LeBleiz

pas étonnant, que cela ait disparut il faut savoir que depuis quelques temps il y a des formes de CENSURE sur le site Wik ,contre des contributeurs Bretons qui souhaitent rétablir la vérité sur l'Histoire de la Bretagne, Notamment contre Louis Mélennec, dont on dénie la qualité d'Historien et dont on veut supprimer la page dans un délai d'un an (il y a quelque temps c'était a sa demande car il les accusait de manipulations)!

(voir le site)

SPERED DIEUB
Vendredi 24 avril 2015

L'histoire va t-elle se répéter ? La cause bretonne va t-elle encore être sacrifiée sur l'autel de thématiques pour certaines nauséabondes ? Tan qu'à faire avec le milieu politico parisien de l'extrême droite ,tant qu'à faire peut être malgré eux ? de bon médecins roulent pour Marine Le Pen ,au risque de discréditer la cause bretonne auprès de nos compatriotes et en détruisant de fait le dur travail quotidien des militants ,parfois discrets ,ceux de la Bretagne d'en bas

(voir le site)

Alwenn
Vendredi 24 avril 2015

Concernant la stèle, on peut la trouver tout en bas de l'article sur Wikipedia.

Comme il n'est pas évident pour tous, semble-t-il, que la Bretagne est une NATION, je signale ces propos récents de Paul Molac, héritier à sa façon de La Rouërie :

« Les luttes du peuple kabyle et du peuple breton, nations sans Etat, pour la reconnaissance de leur culture et de leur droit à des institutions politiques représentatives sont intimement liées. Il y a moins de cent ans naissait le drapeau breton tel que nous le connaissons aujourd'hui. Celui-ci est désormais reconnu à travers le monde. Il est un gage de fierté pour les habitants de notre pays, toujours prompts à le faire flotter à chaque évènement marquant. Il s'agit d'un symbole, non pas de repli sur soi, mais d'ouverture et de solidarité, suscitant l'intérêt et l'invitation au dialogue. Après avoir été un symbole séditieux, il est aujourd'hui très largement plébiscité : Les bâtiments officiels de nombreuses collectivités de Bretagne l'arborent désormais à leurs frontons. Sans nul doute, le drapeau breton a participé au renouveau culturel mais également à l'émergence d'une conscience de peuple de la part des Bretons, il est désormais indissociable de toutes les luttes politiques. Je souhaite donc que ce nouveau drapeau kabyle puisse connaître le même rôle pour son peuple que pour le drapeau breton et j'espère les voir le plus souvent possible réunis lors de luttes communes pour la reconnaissance des nations sans état. »

(voir le site)

Je ne peux qu'applaudir la lucidité de Paul Molac, qui est loin d'être celle du mouvement breton dans son ensemble

"Conscience de peuple", c'est ce qui doit être renforcé chez nous, Bretons. Le drapeau, comme dit par Paul Molac, est important, et même essentiel, mais plus essentiel et plus profond est la conaissance de l'histoire, de l'histoire en général, et de notre histoire en particulier, et si un personnage comme Anne de Bretagne est universellement connu (au moins en Bretagne), La Rouërie doit devenir au moins presque aussi connu qu'elle.

Quand les Bretons connaîtront leur histoire et l'importance d'un personage comme La Rouërie, nous aurons fait un grand pas en avant.

Des initiatives diverses et interéssantes sont faites, mais en dehors du système scolaire, où l'histoire de Bretagne fait l'objet d'un ostracisme quasi-total, à la grande honte des ostraciseurs et de ceux qui laissent faire.

Yann LeBleiz
Vendredi 24 avril 2015

@ Alwenn

"si un personnage comme Anne de Bretagne est universellement connu (au moins en Bretagne), La Rouërie doit devenir au moins presque aussi connu qu'elle."

Oh que OUI!!!

Et il n'est pas la seule personne de notre histoire qui le mérite, mais La ROUËRIE, si les Bretons font l'effort de se souvenir de lui, nous ouvre les portes de la Maison Blanche et du Congrès américain!

Et comme auditoire pour affirmer le retour de nos Libertés, c'est pas si mal!!!

Mais ça va être dur, car les Français nous exposeront leur Lafayette et ils ont maintenant un magnifique navire pour faire parler de lui!

"Mais la ROUËRIE ce n'est pas que l'Amérique", "c'est aussi l'Association Bretonne et le début de la contre-Révolution face au viol de la souveraineté du peuple!"

(Un sujet toujours d'actualité!)

J'espère que JYLT a déjà l'idée continuer le travail qu'il a fait avec le Bro Gozh, pour faire renaître le souvenir de la ROUËRIE.

Tugdual Rdiguet
Samedi 25 avril 2015

@ Yann LeBleiz

"Mais ça va être dur, car les Français nous exposeront leur Lafayette et ils ont maintenant un magnifique navire pour faire parler de lui!"

Il me semble pourtant que Lafayette est né d'une mère Bretonne (Marie Louise Jolie de La Rivière) de Saint-Brieuc...

Pour le reste, 100% d'accord avec vous...

Alwenn
Samedi 25 avril 2015

Merci à Brocèlbreizh pour les informations complémentaires sur la stèle. La stèle est donc très récente.

Lucien Le Mahre
Samedi 25 avril 2015

Au moment où l'Hermione fait voile vers l'Amérique pour y raviver les souvenirs de l'aide française à sa Guerre d'Indépendance, il est judicieux de nous remettre en mémoire, à côté d'un Lafayette (lui-même breton par sa mère) connu sur les deux rives de l'Atlantique, la figure plus discrète de l'autre adjoint, compagnon de lutte et ami de Washington : le Marquis de la Rouërie.

Si la longue existence du premier fut riche en épreuves et péripéties de tout genre, celle du second, tout aussi aventureuse, fut plus courte de presque moitié et du coup, le sort ne lui laissa pas le temps de répondre aux invitations et aux acclamations américaines, tandis que son combat pour le respect des libertés bretonnes lui interdisait les hommages d'une République jacobine finalement victorieuse.

Rentré en France avec le grade de Général, certes sans son loup apprivoisé mais chevauchant encore volontiers avec un singe en croupe, le Traité de Paris signé en 1783 par les représentants des Treize Etats de l'Union qui constituaient d'emblée une République Fédérale, l'ex Colonel Armand songea à se marier, notamment pour renflouer ses finances mises à mal par l'entretien de sa troupe américaine. Ce qui fut fait en 1785, mais Washington, invité, ne put s'absenter pour un si long voyage...

En plus des provinces intégrées, la couronne royale de France et de Navarre réunissait, elle, 13 provinces à Etat (autonomes) dont la Bretagne. Cette dernière, "Nation réputée étrangère" ne dépendant que du Roi, comme le Canada il y a peu encore vis-à-vis du trône britannique.

Est-ce l'influence de l'exemple américain ? En tout cas dans son Edit de Juin 1787, Louis XVI prévoyait d'établir dans toutes les provinces de son royaume où il n'y avait point d'Etats provinciaux, une ou plusieurs assemblées provinciales, dont la configuration avait déjà été expérimentée dans les "Généralités" de Hte Guyenne et du Berry. Sans qu'il soit bien sûr question d'abolir les privilèges (qui tomberont deux ans plus tard), on se dirigeait malgré tout ainsi vers une structure étatique de type fédéral.

L'Ancien Régime se voulait "fédéral" ? Afin de garder les choses en main coûte que coûte passée l'Abolition des Privilèges, la Révolution se fera, elle, Jacobine !

Or, comme on sait : "le fédéralisme parle breton". Pas de bol. On partait pour deux siècles de complications.

Pourtant les Américains de Washington étaient au nombre de 3 Millions (=B4 d'aujourd'hui) et leur modèle tient toujours la route alors qu'ils sont autour de 330 Millions de nos jours : plus de 100 fois plus !

La France de l'époque était à un peu plus de 20/25 Millions, chiffre multiplié seulement par trois en 2015. Et son modèle jacobin, à la fois centralisé et normalisateur, montre des signes d'inadéquation de plus en plus en plus handicapants. A l'inverse du Babygros, le modèle a décidément bien du mal à grandir avec l'enfant...

SPERED DIEUB
Samedi 25 avril 2015

Il y a une idée reçue comme quoi c'est la république qui a abolit les provinces et créé les départements ,or lorsque la Bretagne a été dissoute le 4 aout 1789 on est bel et bien sous la monarchie ,peu de gens à l'époque devaient penser que la république aurait vu le jour trois ans plus tard .Le club des jacobins existait donc à la fin de la monarchie ,DE Lafayette royaliste en a été membre a ces débuts pour démissionner ensuite et rejoindre les feuillants

Comme quoi républicain et jacobin à l'époque n'étaient pas deux synonymes

(voir le site)

Pôtr ar skluj
Samedi 25 avril 2015

C'est assez curieux ce fétichisme pour le Parlement de Bretagne dont on se demande bien ce qu'il a accompli de si fabuleux. Cela rejoint la nostalgie pour l'ancien duché, essentiellement dirigé par des familles françaises. Mon propre patriotisme breton n'a pas besoin de ses dépouilles d'un passé idéalisé. Il repose sur l'amour concret du menu peuple de Bretagne, si différent des peuples voisins.

"DE Lafayette"

En français, la particule est élidée devant les noms de plus d'un syllabe qui ne sont pas précédé du prénom ou du titre. On écrit "le marquis de Lafayette" mais le et bien "Lafayette".

Brocèlbreizh
Lundi 27 avril 2015

Pour le PB,c'est une excellente question Pôtr ar skluj L'ultime acte accompli fut celui-ci:passé 1790,c'est la fin de son existence proclamé "légal" du seul fait de l'Assemblée nationale,cette "annulation" ne fut jamais entérinée par les parlementaires Bretons,qui l'ont déclaré,le même jour "de nullité absolue et à perpétuité"Ce n'est pas une "dépouille" mais un bâtiment apte à fonctionné.Concernant la théorie peuh-peuh version ancien duché,je vous signal quand même que la révolution commença à Rennes et que le problème des privilèges fut réglé par les Bretons eux même.Je vous laisse le soin de trouver les références historik,les Bretons ne sont pas des royalistes.

Pôtr ar skluj
Lundi 27 avril 2015

On s'en doute que le parlement ne souhaitait pas sa propre suppression. La seule question qui vaille est de savoir s'il permettait de conserver l'originalité ethnique du peuple breton.

"les Bretons ne sont pas des royalistes"

Pour venir d'une famille de tradition politique "blanche" -où chouan comme on dit aussi-, je sais que c'était faux pour beaucoup de nos ancêtres. Il faudrait que vous regardiez les Bretons tels qu'ils sont et non tels que de Rennes vous les rêvez.

Tugdual Rdiguet
Mardi 28 avril 2015

@ Brocèlbreizh

@ Pôtr ar skluj

Personnellement, ce qui "m'amuse" (mais me fait rire jaune) dans vos derniers commentaire, et de voir à quel point les esprit bretons ont été perverti par l'esprit français.

Regardons les choses objectivement:

1) Combien de pays européens sont encore sous régime monarchique et non républicain?

2) parmi ceux-ci, combien sont classé comme véritable démocratie? alors que la france elle même est classé comme démocratie imparfaite et classée comme ayant un niveau de vie loin derrière des monarchies???

3) contrairement à une république, le roi est un symbole représentant sont pays. Peux t on dire autant avec un président dont la cote de popularité atteint 33% et est voté par la moitié de la population?

4) une monarchie n'est pas forcément héréditaire. Il existe aussi de part le monde des monarchies électives...

Mon but n'est pas de faire la promotion du système monarchique. Mais bel et bien de démontrer à quel point la pensée Bretonne à été infectée par la pensée révolutionnaire française..

La Bretagne à toujours été politiquement en avance sur la france. Quand cette dernière avait des serfs, la Bretagne les avaient abolis... Quand cette dernière était sous un régime monarchie absolu, les ducs de Bretagne devaient rendre compte à la justice et dépendaient du parlement....

Nous pouvons très bien de nouveau être en avance... par exemple? un système monarchique électif, ou le rôle du monarque n'est que représentatif et n'ayant aucun pouvoir si ce n'est d'avoir comme rôle d'être le ministre de l'extérieur... en tant que tel son salaire serait alors celui d'un ministre, et sa famille n'ayant aucun droit étatique....

De toute façon, monarchie, république, démocratie, dictature, quelque soit le régime, cela sera aux Bretons de choisir...

Mais avant tout, nous devons nous affranchir d'une pensée formatée par une république française....

Brocèlbreizh
Mardi 28 avril 2015

Les historiens(et autres)(BZH,Fr et+) constatent que le jacobinisme Français peut être qualifier de "monarchie Républicaine" notamment par le biais de certains "privilèges"et le mode de "fonctionnement" de l'état centralisateur.D'ou l'intérêt du fédéralisme et la notion de démocratie imparfaite.Je pense que vous comprenez bien cela*.Votre dernier point de vue peut être qualifier par le terme chancelier et c'est tout à fait convenable bien sur.Aux Bretons de choisir.

Cordialement.

Pôtr ar skluj,

Les Bretons ne sont pas des royalistes.

Alwenn l'avait très bien dit et c'est un fait."je sais que c'était faux pour beaucoup de nos ancêtres".

Donc,oui mais pas tous.Vous constaterez en outre que nos ancêtres ne vivent pas dans le présent.

"on se demande bien ce qu'il a accompli"..C'est bien vous qui demandiez ce qu'il a accompli.J'ai juste répondu ne vous en déplaise.Ce n'est pas moi qui fait l'histoire ni meme les archives:

"(..)La Noblesse se cramponne à ses droits de naissance. Quant au Clergé, il se battrait s'il avait plus de courage et moins d'enfants naturels. […] Mon cher Général, ce n'est pas ainsi que vous et votre pays avez conquis la liberté. »

Je me demande si vous avez seulement lu cet article.

Il est excellent.Très instructif.

Bien cordialement.

PIERRE CAMARET
Jeudi 30 avril 2015

La noblesse se cramponne a ....... etc.

Mais c'est cela de nos jours , reactualise .....

En fait pour la Bretagne , il faudrait une reorientation a 180 degs . Comme leaders autonomistes Bretons .. ou plus , il nous des Businessemen ... je verrai bien BOLLORE ou PIGNAULT ..... des "petits"politiques, des historiens , des intellectuels ....... il y en a plein les cours en Bretagne . C'est pour cela que l'on ne bouge pas .

Sebgi35
Dimanche 17 mai 2015

Je vous conseille également de lire "La Bretagne et la guerre d'indépendance américaine" rédigé par Philippe Carrer aux Portes du Large en 2005 qui traite très largement de Armand Tuffin de la rouërie. Philippe Carrer est également membre du Parti Breton

ANTI-SPAM : Combien font 6 multiplié par 7 ?
Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés. Par contre l'utilisation d'anonymiseurs pour modifier votre numéro ip entrainera la suspension de vos commentaires.