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- Chronique -
Grand OUEST universitaire et grand OUEST territorial

La nouvelle loi sur l'enseignement supérieur impose aux universités d'Etat françaises de se regrouper pour acquérir une visibilité internationale. Seraient ainsi créées des communautés d'universités et d'établissements. Les élus Dantec,

Yves-François Le Coadic pour ABP le 26/06/14 12:06

La nouvelle loi sur l'enseignement supérieur impose aux universités d'Etat françaises de se regrouper pour acquérir une visibilité internationale. Seraient ainsi créées des communautés d'universités et d'établissements. Les élus Dantec, Auxiette, aujourd'hui Le Foll et Le Drian dans leur différents points de vue mettent en avant l'initiative de coopération intégrée entre l'ensemble des universités des deux régions administratives. Il semblerait qu'elle ne soit pas aussi bienvenue qu'ils le pensent.

Ainsi, dans le Télégramme du 16 juin, SUD EDUCATION 56 faisait part de ses inquiétudes au sujet du regroupement des universités : " Le projet de regroupement des Universités…….C'est l'option retenue par la Région. Or cela n'a donné lieu à aucun débat au sein des universités...Si le regroupement concerne les universités de Bretagne et de Pays de la Loire, comme envisagé, on va créer une super usine à gaz où tout le monde aura à perdre".

En effet, à l'heure d'une importante réforme territoriale qui doit elle aussi imposer un certaine nombre de regroupements, le bien-fondé de cette opération pose deux questions.

1) Y-a-t-il une forte volonté de collaboration entre les 7 universités d'Etat concernées appartenant aux 2 régions que certain(e)s voudraient voir fusionner?

En février 2011, à Nantes, lors du colloque “Université et Territoires”, n'apparaissait pas une très forte volonté de collaboration. Résultat  : en 2012 , échec de la reconnaissance d'un pôle d'excellence présenté par les 2 regroupements régionaux. Effectivement, la constitution d'usines à gaz universitaires n'améliorera pas le mauvais classement des universités «  ouestiennes  ». Si Rennes I apparaît dans le top 500 du classement de Shanghai, Nantes ne l'est pas alors que Cardiff, sa ville jumelle, est dans le top 200  ! Ses régionales Angers et Le Mans sont absentes également.

2 ) Y-a-t-il nécessité d'un lien avec la réforme territoriale en projet?

Comme par hasard, le conglomérat des universités «ouestiennes»  est un conglomérat inter-régional plaqué sur les divisions administratives “Bretagne - Pays de la Loire”. S'il apparaît que l'assemblage des deux régions ne constitue qu'un ensemble bureaucratique de pays à identités distinctes et non une véritable communauté humaine, il en sera de même de l'assemblage des universités de ces territoires.

Ces universités ont aujourd'hui la chance d'être petites et d'avoir une majorité d'enseignants résidents. Ce qui ne les empêche pas de collaborer. Mais la massification envisagée se traduira par une multiplication des enseignants non-résidents, des TGV-profs, due à la multiplication de pseudo-collaborations. Pour Le Mans et Angers, la proximité de Paris n'incitera pas beaucoup leurs enseignants à se rendre à Lorient ou Brest. D'ailleurs, un certain nombre de leurs enseignants résident aujourd'hui à Paris !

Le grand OUEST universitaire, une marche de plus vers la médiocrité

Copie du grand OUEST territorial, lui-même médiocre exemple d'architecture territoriale, le grand OUEST universitaire n'est qu'une nouvelle invention de bureaucrates mégalomanes. Comment est-il encore possible de parler de liberté académique et d'autonomie universitaire dans ce système ? Ces dernières apparaissent, ne l'oublions pas, comme des conditions préalables sans lesquelles l'Université ne saurait s'acquitter au mieux des responsabilités diverses que la société lui confie.

L'autonomie recherchée actuellement par les ensembles régionaux dans le cadre de la décentralisation retrouve alors l'autonomie que n'ont jamais connue les universités d'Etat françaises et qu'elles devraient obtenir pour perdre la médiocrité qui les caractérisent et devenir des établissements de meilleure qualité. La seule structure viable, s'il en est besoin, devrait se réduire, dans le cadre de la Bretagne réunifiée, aux universités de Nantes à Brest et n'être qu'une simple structure de coordination comme l'Université du Québec.

La visibilité internationale, elle, viendra des collaborations avec des universités étrangères de qualité plutôt qu'avec de piètres universités françaises.

Y.F. LE COADIC

Professeur honoraire du CNAM

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