-- Politique --

Gilles Denigot : Du gauchisme au macronisme par défaut

Collection privée Gilles Denigot.
Collection privée Gilles Denigot.

Ancien docker de Saint-Nazaire et ancien leader syndicaliste bien connu en Loire-Atlantique, Gilles Denigot a été découvert par les militants de la réunification lors des élections régionales de 2015 où il était tête de la liste «Réunifier la Bretagne». ABP avait capté son intervention bien articulée à Nantes en septembre 2016 lors de la dernière manifestation unitaire pour la réunification (voir ABP 40945) . Gille Denigot a été élu conseiller municipal de Saint-Nazaire pour deux mandats sous l'étiquette EELV, puis Conseiller départemental. Il a quitté EELV en 2014. En janvier 2017 il décide de rallier la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron où il retrouve son vieil ami Daniel Cohn-Bendit.

Je connais Gilles Denigot depuis trente ans au moins et nos engagements ont toujours été côte à côte. À Saint-Nazaire comme à Notre-Dame des Landes et sur bien d'autres terrains, nous avons toujours été frères de luttes.__Daniel Cohn-Bendit

Gilles Denigot intervient dans le documentaire «La Traversée» imaginé par Daniel Cohn-Bendit et réalisé par Romain Goupil (projeté hors compétition dans la sélection officielle du festival de Cannes). Ces anciens gauchistes ont parcouru la France en 2017, rencontrant anonymes et personnalités politiques. Leur film est un instantané de l’état de la France quelques mois après l’élection d’Emmanuel Macron. Le film sera projeté lundi soir sur France 5.

[ABP] Vous êtes dans un film documentaire réalisé par Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil qui sera projeté à la télévision lundi prochain, cela porte sur quoi ?

[Gilles Denigot] : C’est un film qui ne porte pas sur 68, mais qui tente de donner un regard sur la complexité du paysage politique de la France 50 ans après 68. Pas un film « idéologique » mais davantage sur ce que des personnes, des associations disent et tentent de réaliser. Un film pour essayer de comprendre la montée du FN, pour ne pas faire comme si ça n’existait pas, un film qui sort des incantations traditionnelles et partisanes.

[ABP] Vous connaissez Daniel Cohn-Bendit depuis très longtemps, vous êtes amis je crois, il semblerait que vous ayez le même parcours politique de mai 68 à un soutien actif au candidat Manuel Macron lors des élections présidentielles. Un longue évolution vers des choix rationnels ?

[Gilles Denigot] : Effectivement, je connais Dany depuis environ un demi siècle. Nos parcours sont différents, lui adjoint à l’immigration à Frankfort pendant cinq ans, moi conseiller municipal en charge des questions maritimes à St Nazaire. Lui député européen pendant vingt ans, moi conseiller général pendant trois ans. Nous avons une passion commune de la démocratie, des débats, de l’Europe, du dialogue social, des doutes face aux certitudes… Je ne parle pas d’une autre passion commune qui est celle du football…..

Oui, lui comme moi, avons soutenu Emmanuel Macron aux présidentielles, qui sont des élections où il faut choisir et comparer les candidats. Moi car je ne voulais ni Le Pen, ni Fillon, ni Mélenchon… Quant aux autres, ils étaient presque invisibles, même avec de bonnes jumelles….

Une élection présidentielle peut-elle découler d’un choix 'rationnel' ? Là est peut-être la question, on ne peut néanmoins pas faire comme si les réalités n’existaient pas. Il nous faut toujours choisir et militer, offrir autre chose et essayer de convaincre….

[ABP] Comme DCB vous étiez opposé à NDDL. Certes vous avez gagné mais que proposez-vous comme solution à l'augmentation fulgurante du transport aérien et à la nécessité pour la Bretagne de se désenclaver de Paris-CDG ?

[Gilles Denigot] : Cette question est posée et des réponses existent.

Je ne souhaite pas revenir sur mon propos mille fois explicité: Quand bien même Nantes serait saturé (on peut néanmoins y augmenter sensiblement le trafic) rien ne justifie le choix du site de NDDL.

Ceci étant, les modes de transports intercontinentaux passent pas des hubs où les gros porteurs doivent se remplir (5 à 600 passagers ) pour être rentables. Aucun aéroport en France n’a la chalandise commerciale pour y parvenir, même Lyon a échoué.….

On voit que les avancées technologiques vont mettre sur le marché des avions long courriers moins lourds, moins coûteux avec 220 passagers à bord et une économie de 30% sur le coût du vol vers New York.

Or, tous les aéroports hors hub sont équipés pour les accueillir, le reste n’est plus qu’une volonté commerciale des compagnies… De Nantes, à Brest, Rennes, etc… des offres intercontinentales sous cette forme vont être possibles sans le passage 'obligé' vers Paris.

J’ajoute que la rénovation en cours sur Nantes Atlantique (aéroport breton...) et la mise en réseau des autres aéroports, Rennes, Lorient, Angers, Brest…avec comme dans le maritime un connaissement unifié (bon de transport) lié aux autres transports collectifs peuvent sensiblement réduire les passages parisiens et structurer plus équitablement les territoires en Bretagne….

[ABP] Vous êtes un farouche partisan de la réunification de la Bretagne, comment vous et DCB peuvent-ils influer sur le gouvernement d'Edouard Philippe pour remettre ce problème dans les priorités ?

[Gilles Denigot] : J’ai envie de dire Joker, mais pas de dérobade. Il y mille urgences pour la présidence Macron. Elles peuvent plaire aux uns et moins aux autres. Si je suis un peu 'provocateur', je dis 'mais zut alors, ces Bretons sont incapables d’unité politique pour réunifier et ils font le procès à d’autres'

Sur ce point de la réunification je ne baisse pas pavillon au contraire et là encore qui de Le Pen, Fillon, Mélenchon aurait un esprit moins vertical de la gouvernance, un esprit moins centralisateur ? Je crois que pour l’instant ils sont hélas tous centralisateurs.

La question est, comment briser ce plafond de verre ? Comment continuer à agir là où nous sommes, là ou nous avons de faibles relais ? Appuyons-nous sur nos députés, nos élus locaux sans distinction de couleur politique. Réunissons plutôt que d’opposer ! Dany Cohn-Bendit est un fédéraliste européen, des portes peuvent s’ouvrir, même si la 'marche est haute'… 'Ne désespérons pas la Bretagne'

[ABP] Le PS vous a trahi, puis les Verts vous ont trahis, La République en Marche n'est-elle pas en train de vous trahir en abandonnant la décentralisation, diminuant les recettes fiscales des collectivités, et diminuant certaines compétences des régions et surtout en ne remettant pas en cause la loi NOTRE (la réforme territoriale de 2014)... Le jacobinisme est EN MARCHE non

[Gilles Denigot] : Le PS n’a jamais été mon parti, il avait pourtant TOUS les atouts pour faire la réunification, mais son esprit jacobin a balayé nos espérances. Les Verts où j’ai été adhérent dix ans, ne sont pas hyper clairs sur le sujet, leur pouvoir est désormais bien limité, c’est dommage pour l’écologie, mais c’est un fait. La REM (dont je ne suis pas adhérent) me déçoit sur cette question comme sur d’autres sujets cruciaux. Mais là encore il faut marteler, continuer nos actions militantes pour changer la donne. Notre pays est celui des paradoxes. Il veut des changements, mais il veut toujours 'plus d’Etat', il veut la transition écologique mais personne ne veut changer son mode de vie… Il est possible de continuer ainsi les exemples à l’infini... Ce qui compte c’est de ne pas désespérer, de croire qu’il peut y avoir parfois des précipitations de l’histoire… J’aimerais tant avoir le temps de connaître une Bretagne ouverte, maritime, écologique, démocratique, devenant une force européenne dans la conjugaison des transports, des activités et des idées.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.

Vos commentaires :

Luigi Barsagli
Lundi 21 mai 2018

Quand G. Denigaud parle de réunification de la Bretagne, d'occasion manquée en 2014 etc : parle t-il d'une Région Bretagne à 5 départements (et rien d'autre) ?

J'aimerais qu'à chaque fois que cette question est soulevée, que la chose soit clarifiée, encore plus quand un homme politique du 44 est questionné sur la question. Car c'est tout sauf clair (on parle de mise en réseau des aéroports dont Angers par exemple...).

Plus largement, autant on peut crier scandale sur ces Régions imposées en 2014 notamment pour les alsaciens, l'absence de consultation des populations concernées, autant concernant B5, je ne vois pas très bien comment un gouvernement français se déciderait à démanteler les PdlL maintenant pour réunifier la Bretagne, si dans le 44 90 % des élus locaux sont contre une Bretagne à 5 départements ?? Même avec un indépendantiste breton à l'Elysée, cela parait compliqué dans ces circonstances.

Cela fait 20 ans (je ne remonte pas avant, pas assez vieux) que je lis des discours formatés sur la réunification de la Bretagne sans la moindre analyse objective de la situation, ce qui ne permet pas d'avancer. C'est devenu une arlésienne qui mène dans une impasse.

spered dieub
Lundi 21 mai 2018

Le mouvement breton devrait en effet méditer sur le terme objectivité ,au lieu de prendre ses rêves pour des réalités ,Ceci dit ,malgré ses défauts et ses divisions il y a des noyaux militants très courageux pour ne pas dire héroiques vu que les objectifs à atteindre sont de moins en moins évidents ,vu la déconnexion avec une grande partie de la population indifférente et qui a ses idées ailleurs .Notre problème c'est aussi la population de la Bretagne .

Gilles Denigot
Lundi 21 mai 2018

@ Luigi. Oui, la question qui m'est posée porte sur la Bretagne réunifiée à cinq départements et j'y suis favorable. Ensuite dans un processus qui s'ouvrirait, il convient de laisser le débat s'ouvrir sur le devenir des autres départements....Dans tous les cas, les citoyens doivent être librement et objectivement informés et bien entendu consultés si cela crée encore des clivages.

@ Spered Dieub. Comme vous, je pense que le mouvement Breton a un immense potentiel. La question est comment fédérer sur un dénominateur commun comme la réunification de la Bretagne ? Ensuite viendront les choix démocratiques pour faire une "Bretagne politique". La population semble indifférente, certes, car elle vit ainsi depuis toujours, il est donc difficile pour elle d'en faire sa principale préoccupation. Là, réside l'ampleur du travail d'information politique à faire avec des questionnements clairs qui conduisent à monter qu'aucun des neuf départements actuels aurait à perdre dans cette nouvelle cartographie ratée en 2014 par Valls et son gouvernement.

Paul Chérel
Lundi 21 mai 2018

En dehors des allers et venues de type purement politicien (à la française), je ne vois pas bien où G. Denigot veut en venir.La réponse à la dernière phase de l'interview est notamment déroutante. Quel est "Le pays" dont il est question, qui veut TOUJOURS PLUS D'ETAT, qui veut une TRANSITION ECOLOGIQUE ? Il semble que ce soit la FRANCE mais à la fin il est question de LA BRETAGNE. Et c''est sur ce point qu'il faut commencer à être clair.La Bretagne ne retrouvera jamais ses propres valeurs dans une France qui se délite de jour en jour.

spered dieub
Lundi 21 mai 2018

Je ne sais pas si la France se délie davantage que d'autres ,,elle est certes très endettée mais d'autres pays le sont bien plus et force est d'admettre qu'il y aune embellie économique ,je ne dis pas sociale .. depuis l'arrivée de Macron avec tout le mal que l'on peut penser du personnage par ailleurs .Et si la France se porterait relativement mieux ,l'hégémonie francilienne ,le centralisme ne seraient pas remis en cause peut être même le contraire .L'Angleterre grand puissance au dix neuvième ,dans une situation économique confortable oppressait l'Irlande au point de contribuer à la grand famine plus d'un million de morts et d'exilés ...donc le délitement de la France n'est pas le problème .

Luigi Barsagli
Mardi 22 mai 2018

@ G. Denigot : je tiens à préciser que j'ai mal orthographié votre nom de façon totalement involontaire (mea culpa).

Sinon je n'ai pas compris votre position concernant les départements des Pays-de-la-Loire. Leur devenir ne nous concerne pas plus que celui des départements de la Région Normandie, Nouvelle-Aquitaine ou Centre-Val-de-Loire.

Gilles Denigot
Mardi 22 mai 2018

# Paul Chérel.

Il n'y a pas d'ambiguité dans mon propos.

Comme vous ( peut-être) je suis né dans la Bretagne historique, amputée, avec une carte d'identité Française. C'est un fait indépendant de notre volonté. On ne peut faire comme si cette réalité n'existait pas. Je parle donc bien de "la France" lorsque je formule mon propos sur le plus d'Etat... etc.

Ensuite je viens sur mon/notre désir d'une Bretagne à reconstruire administrativement et politiquement...

Il n'y a donc pas d'égarement.

Cordialement

Gilles

Léon-Paul Creton
Mardi 22 mai 2018

Monsieur Denigot, Paul Chérel à raison de soulever quelque chose qui a bien à voir avec de « l’Ambiguïté ». En utilisant vous- même ce terme peut-être sentez-vous que quelque part il peut se justifier. Personnellement je le pense.

S’il y a de l’ambiguïté, elle existe non seulement dans vos propos somme toute peu révolutionnaires, mais aussi dans le fait que vous et une grande part des politiciens de Bretagne œuvrez dans les partis hexagonaux (je fais une grande distinction entre « de Bretagne » et « bretons »). EX : Les buts marqués par exemple par un Camerounais, un Sénégalais ou un Ivoirien, à Guingamp, Brest, à Rennes, etc…deviennent à la télé « des buts bretons », le droit du sol des terrains de foot en somme.

Il ne suffit donc pas d’utiliser des mots, et des coups de menton en Bretagne, pour que cela débouche sur une évolution positive bretonne !Tout Breton, avec un peu d’intérêt pour l’Histoire et pour celle de la chose publique, sait parfaitement que c’est un horrible mensonge, là où la France par sa soft-colonisation des temps nouveaux (adaptation nécessaire), sévit encore jusqu’à nos jours ? Qu’avez-vous tous fait pour la dernière « régionalisation ?

De Rugy serait-il capable de reprendre et affirmer, du haut de son perchoir à l‘Assemblée Nationale, dans les mêmes termes qu’il a utilisés pendant des années sur la réunification, la régionalisation… De se servir de sa position pour les défendre ?

Oui il y a »ambiguïté », une énorme monsieur Denigot, lorsque l‘on prétend servir la Bretagne, la développer, préserver sa langue, sa culture et son avenir en faisant de la politique dans un parti hexagonal, Je ne n'y crois pas! Sans que rien ne change en mieux ! Et ce en dépit de l’Histoire qui nous enseigne que Paris n’a jusqu’à nos jours aucune envie de changer, ni ses pratiques ni son idéologie passéiste et dangereuse, appliquées et répandues à travers et l'aide ses partis.

Le parcours politique en saut de puce, syndicalistes en tête, de partis en partis hexagonaux de droite, du centre, des verts, de gauche, se croisent et copulent, dans un ballet de discours, joliment chorégraphique, sur le thème sempiternel et unique des compositeurs jacobins, démontre par les faits que les hommes qui le pratique et qui sont extrêmement nombreux sont en réalité un des plus grands dangers pour la Bretagne. Avec les Bretons qui votent pour eux. Que les Bretons qui veulent un autre avenir, tirent les conclusions !

Dans les partis, et syndicats français l’on ne sert jamais les intérêts bretons, tout juste si l’on ne participe pas au savonnage de la planche, même en breton parfois, souvent ! Mar plij deoc’h ! Alors pour lesquels d’intérêts ? Et pour qui ?

Lheritier Jakez
Mardi 22 mai 2018

On cause ,on cause.

et on a fait les expériences avec les alliances avec les partis hexagonaux.

Qu'elles conclusions sur la situation de Diwan (Nantes..?) depuis 1976....

Comment populariser nos objectifs qui ne sont pas que sur la réunification?

Ils sont bretons sur le plan économique,social,éducatif,sportif, c'est un tout. à proposer aux familles.

J'attends les résultats du vote sur la Nouvelle Calédonie?

J'attends aussi comment la situation à Mayotte va évoluer?

Mais j'attends SURTOUT que les bretonnes et bretons, qui sont dans les bagad,cercles,chorales,écoles bretonnes,clubs de sports,etc s'engagent politiquement pour se faire élire dans les conseils municipaux en 2020.

Et il faut aussi des actions emblématiques sur le terrain avec des "voix"..

Les festivals et fêtes bretonnes pour les touristes approchent.....alors ?

Paul Chérel
Mercredi 23 mai 2018

@Lhéritier Jakez. C'est bien beau, cette irritation, mais finalement pour faire quoi ? Exactement ce qu'a fait Gilles Denigot. Se faire élire sur une liste - on pourrait dire n'importe laquelle, cela importe peu - Et après on essaie de faire entendre quelque peu sa voix mais l'écho reste faible et toujours muselé par le "politiquement corresct" que respectent si religieusement journaux et ceux qui les lisent. Il faut que «Bretonnnes et Bretons s'engagent politiquement car bagad(où),écoles, clubs, ce n'est pas assez» dites-vous! » Ils ne le feront que lorsqu'ils trouveront un VRAI mouvement breton leur décrivant un avenir radieux, leur ôtant toute crainte de se différencier de la France avant que celle-ci ne sombre définitivement dans le néant, Et quand B4 aura pris les devants, le 44 n'aura qu'une hâte, celle de le rejoindre au plus vite et prendre la place de VRAIE capitale économique, commerciale et industrielle de cette Bretagne ouverte, maritime que souhaite G. Denigot - je passe sur les "tartes à la crème" démocratique et écologique. Paul Chérel

Jean Albert
Mercredi 23 mai 2018

La notion de "peuple breton" est complètement étrangère à la population de Bretagne (historique ou administrative). Non seulement c'est évident en Pays gallo mais aussi en Basse-Bretagne. Suffit de voir les résultats aux élections. Ne reste au plus qu'une coloration folklorique et peu de raisons objectives à croire que cela puisse changer. Alors quoi ???

Sur un autre fil, un commentateur faisait un peu d'humour en faisant appel "aux peuples premiers de l'hexagone" ...Humour, car il sait très bien que les tribus celtes venaient d'ailleurs avant d'arriver en Armorique (et ailleurs). Les Romains en ont fait au passage une amère expérience ...Humour aussi que d'attendre les résultats du référendumdum en NC ...

Alors quoi ?

Paul Chérel
Mercredi 23 mai 2018

Il y eu, paraî-til, erreur dans la transmission. je ne sais pas ce que cela signifie ni QUI est responsable. Je repasse donc le message que je viens d'envoyer :

@Jean Albert. Ce n'est effectivement pas la NOTION de "PEUPLE BRETON" qui compte, c'est la notion d'être Breton (la fierté, l'individualité, les qualités et défauts,le mode de vie et de pensée, etc..) qui prime, doit primer. On est Breton même si l'on vit à Madagascar ou à New-York, si l'on en a la fibre. Les élections ne sont que des péripéties dominées par une propagande journalistique aux ordres (de Paris). Ceci est même valable pour les Français. Je connais plusieurs familles allemandes qui vivent en Bretagne et se sentent bretonnes. Elles y ont épousé l'art de vivre. La dissension entre pays gallo et Ouest-Bretagne n'est qu'une fumisterie d'invention française en ce qui concerne la NOTION d'être BRETON. Paul Chérel

P. Argouarch
Mercredi 23 mai 2018

@jean qui écrit "La notion de peuple breton est complètement étrangère à la population de Bretagne (historique ou administrative). C 'est une vérité importante bien qu'il faille préciser "aujourd'hui" car on en est pas sûr à d'autres époques de l'histoire. Les gens se sentent "breton" sans se sentir faire partie d'un peuple distincte. C'est vrai. Toutefois cette notion d'identité collective, par opposition à une identité individuelle, est difficile à assumer sans une reconnaissance nationale et internationale via des institutions ou même des évènements sportifs, des commémorations historiques etc ...qui justement renforcent la notion de peuple, une notion qui, dans le cas de la Bretagne n'est pas marquée par des caractéristiques physiques distinctes comme les Kanacks par exemple.

Léon-Paul Creton
Mercredi 23 mai 2018

UN peuple.

Petit Robert2014 : Ensemble d’êtres humains vivant en société, formant une communauté culturelle, et ayant en partie une origine commune.

Larousse 1948, 1955, 1974 : Multitude d’hommes : 1° formant une nation : le peuple français ; 2°appartenant à plusieurs nationalités, mais groupés sous une même autorité : Les peuples de l’URSS ;

Larousse 1996 : 1.Ensemble d’hommes habitant ou non sur un même territoire et constituant une communauté sociale ou culturelle. Les peuples hispanophones. 2. Ensemble d’hommes habitant sur un même territoire, régis par les mêmes lois. Le peuple français.

Hachette : Dictionnaire usuel du français 1987 : Ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement.

Larousse ; Dictionnaire du français contemporain 1966 : 1° Ensemble d’hommes habitant un même territoire et constituant une communauté sociale unie le plus souvent par des liens linguistique, religieux ou culturels. 2° Ensemble d’hommes ayant une même communauté socio-culturelle, mais appartenant à plusieurs nationalités et n’habitant pas le même pays : Le peuple juif.

Jean Albert ! Et les « Peuples derniers », comme celui qui vit en France, créés artificiellement en effaçant leur mémoire, sont-ils des peuples ? En réinstallant contraints et forcés des faux parcours historiques et civilisationnels, d’abandonner leurs organisations sociales et économiques ainsi que leurs cultures, leurs langues, en réimplantant d’autres valeurs culturelles plus superficielles les unes que les autres, sont-ils des Peuples ?

L’Agglomérat forcé de Peuples préexistant à la construction artificielle, tant dans l’espace géographique et historique romancée, appelée française, est-il? a-t-il « UN » peuple ? Je ne le pense pas !

Ce pays aurait peut-être été plus facile à gouverner si … et Les gens plus heureux !

Méditer les différentes définitions de nos fabricants, est intéressant. C’est tout ce que j’avais sous la main.

Didier Lebars
Jeudi 24 mai 2018

Inversement qui se revendique du peuple français ? Je viens de lire qu'une mairie a fait un recours contre un drapeau français qui flottait à une fenêtre. Le type y a ajouté une croix de Lorraine pour faire plus valeur et humanisme : ca gêne toujours.

Dans le pays de Vitré bien gallo, autrefois très bleu blanc rouge, on y voit des Gwen Ha Du apparaitre. Ainsi à Ercé Près Liffré il flotte sur son mat sur la place principale, le drapeau français étant tout petit plus loin sur la porte d'entrée de la marie et mélangé avec le drapeau EU également petit.

Comme toujours la majorité silencieuse se fout de tout, du moins en apparence, une minorité viendra renverser l'histoire, quand , qui ? On ne prévoit jamais.

spered dieub
Jeudi 24 mai 2018

Je pense qu'il y a d'autres chats à fouetter que de s'en prendre à des personnes ou des élus qui défendent de près et même de loin la cause bretonne .D'autre part ce sont les minorités qui renversent l'histoire ? Oui mais à condition qu'elles ont l'assentiment de la majorité silencieuse ,ce qui n'est pas le cas en Bretagne pour le moment du moins comparativement par exemple à la Catalogne ou encore l'Ecosse et même dans ces pays ce n'est pas si évident au vu de l'actualité .

Jean Albert
Jeudi 24 mai 2018

@P.Chérel et P. Argouach : vos commentaires du 23 juin, à la suite du mien, sont très intéressants. Allons un peu plus loin sur une pierre angulaire, un peu plus loin et cash : la notion-politique de "Nation sans Etat" n'a t' elle plus d'intéret objectif futur, est elle complètement dépassée en ce qui concerne la Bretagne ???

Gilles Denigot
Jeudi 24 mai 2018

Profusion de commentaires et c'est tant mieux.....Et donc, pas facile et pas obligé de répondre à tous, surtout que certains assènent leurs vérités ce qui bien sur ne me dérange pas.

Juste pour Léon-Paul Creton qui me dit " Qu’avez-vous tous fait pour la dernière « régionalisation ?" Et vous pourrais-je répondre ? J'ai juste été candidat d'une liste unitaire sur le 44, ce qui n'était pas une mince affaire. Malgré notre unité, notre projet, notre motivation, les électeurs n'étaient pas aux rendez-vous.... Décevant, mais réel. Bien sur, on peut aisément après coup "refaire la match" et trouver mille et un raison.... Mais ce fut la même chose aux législatives ou il y avait cette fois deux listes sur certaines circonscriptions du 44....

On me dit "se présenter pour être élu" j'espère que c'est le cas de tous, sinon, je m'interroge. A titre personnel, depuis un demi siècle de militantisme, j'ai été souvent candidat et peu élu... Je dirais même, jamais élu avec un mandat dans l'exécutif ( adjoint au maire ou vice président !! ) Oui, simple conseiller subdélégué aux questions maritimes à St Nazaire ou j'habite dans un large coalition de gauche comme "société civile". Puis, comme écologiste pendant trois ans au CG 44. Croyez-vous que ça mérite tant de réprobation ?

Moi, modestement, je suis preneur et respectueux de ce que tentent de faire les autres pour la Bretagne.

Toutes les actions sont bonnes et les échelles de valeurs sont souvent plus subjectives que nous le pensons....Ce qui me frappe le plus, c'est comment nous sommes réactifs à la critique des autres qui sont toujours, pas assez ceci ou trop cela. C'est peut-être ce qui masque notre impuissance collective à créer une situation positive autour d'un dénominateur commun : la réunification de la Bretagne.

Vous avez le droit de souligner "mes ambiguïtés", je prends, mais sachez qu'elles ne masquent aucunement celles des autres.....

jo charruau
Jeudi 24 mai 2018

Je lis plus haut " des minorités qui renversent l'histoire " Eh oui çà existe même sans l'assentiment de la majorité silencieuse et de la grande majorité des élus. Devinez où ? je vous donne indice, j'habite la campagne nantaise.

Concernant la réunification de la Bretagne dont je suis partisan comme G; Denigot, un référendum pourrait être une solution pour avancer dans le processus. Rien que pour le périmètre de la Loire-Atlantique à consulter, Paris impose la signature de 10 % des électeurs soit 100 000 signatures pour le 44. Nous approchons des 60 000 signatures d'après Bretagne Réunie. Et lorsque le feu vert pour une consultation sera donné par le centralisme parisien, le pays nantais va dire oui à 60 % minimum à la réunification , nos pontifes, vont-ils accepter le résultat ?

Je me base sur des sondages d'il y a moins de cinq ans dont j'ai perdu les références qui donnaient pour la Loire-Atlantique 58 % de oui à Nddl et 68 % de oui à la réunification des 5 départements bretons.

Les électeurs ont tendance à s'abstenir dans les élections, favorisant par conséquent les extrêmes, il faut bien reconnaître que les politiques qui nous gouvernent depuis l'an 2000 sont désespérants.

m. Denigot êtes-vous favorable à un référendum sur la réunification à présent, , si oui, merci de préciser le périmètre..

spered dieub
Vendredi 25 mai 2018

Pour jo effectivement pour NDDL vous avez raison ,cependant c'est un cas assez exceptionnel .En ce qui concerne la discussion sur peuple ,nation ,en ce qui concerne la Bretagne, il y a un concept correspondant à l'actualité qui pourrait éventuellement mis en avant ,c'est celui de société distincte .

Gilles Denigot
Vendredi 25 mai 2018

@ Jo Charruau

Bien sur que je suis favorable à un référendum. Je vois que vous me connaissez bien, aussi je vous invite à retrouver notre programme des régionales de notre liste " Choisir nos Régions et Réunifier la Bretagne"....

Je ne crois guère aux "minorités qui renversent l'histoire", pas plus que je crois que nous pouvons "réunifier" contre l'avis des populations.

Gilles Denigot
Vendredi 25 mai 2018

Régionales. La liste « Choisir nos régions » dévoilée.

lepeuplebreton.bzh/.../regionales-la-liste-choisir-nos-regions-devoilee/

9 nov. 2015 ... Ce dimanche, les candidats de la liste « Choisir nos régions » se sont ... dévoiler les candidats qui porteront la réunification de la Bretagne lors ...

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