
Quelle place pour les langues régionales à l’école ?
Réalisation : France Inter – 5132 vues
Ce débat s'inscrit dans le cadre d'une actualité surprenante. Le secrétaire perpétuel de l’Académie française, Amin Maalouf, a récemment écrit au gouvernement pour soutenir l’enseignement des littératures en langues régionales.
Paris, 26 juin 2025 — Le débat était attendu et n’a pas déçu. Invitée de France Inter pour discuter du statut des langues régionales en France, la sociologue et historienne Rozenn Milin s'est retrouvée face au constitutionnaliste Benjamin Morel dans l'émission 7/10 du mercredi 25 juin.
Ce débat s'inscrit dans le cadre d'une actualité surprenante. Le secrétaire perpétuel de l’Académie française, Amin Maalouf, a récemment écrit au gouvernement pour soutenir l’enseignement des littératures en langues régionales. Cette initiative répond à une pétition lancée en décembre 2022 par un collectif de chercheurs, enseignants et personnalités engagées, qui demande l’intégration d’un véritable corpus d’œuvres en langues régionales dans les programmes scolaires.
🔗 Lire la pétition : Une vraie place pour les littératures en langues régionales dans les programmes scolaires
Rozenn Milin, coautrice du récent ouvrage Langues régionales : Idées fausses et vraies questions, a rapidement contesté la vision très atténuée, voire mensongère, de l’histoire linguistique française présentée par Morel, qui a osé affirmer qu’aucune politique d’éradication n’avait été menée par l’État français à l’encontre des langues régionales, allant jusqu'à déclarer que la Dr. Milin faisait du révisionnisme.
« Le révisionniste, c’est vous », a lancé Rozenn Milin, rappelant avoir travaillé dix ans sur le sujet pour une thèse de 1 400 pages et avoir recueilli des centaines de témoignages sur les humiliations subies à l’école pour avoir parlé breton, provençal ou autre. Elle cite l’usage du terme "anéantir" dans des documents officiels du XIXe siècle concernant les langues dites "patois".
Face à cela, Benjamin Morel, auteur de La France en miettes. Régionalismes, l’autre séparatisme, Paris, Le Cerf, 2023, a parlé d’un « discours idéologique », niant l’existence d’une volonté centrale explicite et pointant plutôt la volonté des parents de favoriser le français pour la réussite de leurs enfants et l’arrivée de la télévision comme principaux responsables de l’effacement des langues régionales. Il a aussi mis en cause une forme de militantisme linguistique ayant mené, selon lui, à des reconstructions artificielles de certaines langues, comme le breton unifié, incompréhensible selon lui pour les anciens locuteurs. Pour lui il est tout à fait normal que le français aille chercher des racines grecques ou latines pour créer des mots nouveaux mais innacceptable que le breton aille chercher des mots gallois.
Rozenn Milin a défendu au contraire la nécessité d’une standardisation linguistique pour permettre un enseignement et une transmission modernes des langues, comme cela a été fait pour le français lui-même. Elle a réfuté toute démarche idéologique :
« Je suis une scientifique, pas une idéologue. »
Quant au militantisme, Rozenn lui répond carrément :"« S’il n’y avait pas eu de militants, ces langues auraient disparu. »
En dernier retranchement, Benjamin Morel a soulevé la concurrence des langues minorées elles-mêmes, notamment entre le breton et le gallo en Bretagne, ou entre les variantes de l’occitan, ce qui selon Morel mènerait à des politiques linguistiques déséquilibrées, voire injustes. Milin, en réponse, a appelé à une approche inclusive et plurilingue, insistant sur le droit à l'existence et à l'enseignement de toutes les langues locales. Pour elle, le conflit entre partisans du gallo et du breton est entretenu par les adversaires des langues régionales.
Commentaires (36)
A écouter en intégralité.
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La position de principe de Benjamin Morel, qui va crescendo jusqu’à ce mouvement de chaise incontrôlé ou inconscient (minute 12,12) doit-elle être qualifiée d’incompétente, de malhonnête intellectuellement, voire de militante (ou contre-militante !) ? Elle paraitra révoltante à beaucoup.
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Ce monsieur ne semble pas connaître la réalité récente et/ou actuelle dont il prétend parler. Pis même, son regard semble guidé par des œillères assez sinistres.
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Personnellement, j’aurais été ravi de me voir enseigner le breton par voie scolaire, à l’âge de l’enfance ou de la prime adolescence, par un bretonnant natif (qui dans les années soixante aurait fait sans difficulté, je n’en doute pas, la passerelle entre langue populaire et langue standardisée). Aujourd’hui, la situation a évolué (progrès du matériel pédagogique, mais moins de locuteurs).
Merci à Rozenn Milin, très efficace dans le rôle de la défense. Et merci à elle pour son immense travail qui vient d’être publié.
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Mersi braz deoc’h-c’hwi Rozenn evit ho labour. Keuz am eus nemetken nompas bezañ selaouet ac’hanoc’h e brezhoneg, a-zivout ho levr. Ur blijadur e vije bet. Marteze e vo digarezioù c’hoazh en dazont ?
Quel courage de s'en prendre à des langues en voie d'effacement et qui n'ont pas les moyens de se défendre.
Il faut vraiment écouter cette émission pour se rendre compte des gens qui sont invités sur les médias parisiens à parler des langues "régionales".
Benjamin Morel est omniprésent, et il raconte n'importe quoi, c'est hallucinant...
Il ne faut pas hésiter à donner son avis à France Inter sur cette émission "Le 7/10"
https://www.radiofrance.fr/franceinter/contact/formulaire
Il me semble que le niveau un de la charte Ya d'ar brezhoneg stipule l'installation de panneaux dits bilingues à l'entrée de la ville. Cela pose problème quand le nom breton n'existe pas. Je ne sais pas d'où sort Gwitreg ou Gwizhurieg. En zone brittophone, on s'est bien gardé de bretonniser Berné, Séné ou Rédené car la population locale aurait dit que ce n'est pas ainsi qu'on dit en breton. En pays gallo, les toponymes d'origine bretonne peuvent être réécrits sans tenir compte de la prononciation locale bretonne qui n'a pas eu de postérité (par exemple Péaule/Pleaol d'après la forme du 12e siècle Plebs Gavele, "paroisse de la Vilaine"). Les toponymes romans n'ont pas à être réécrits en breton. Sauf exception : Morlaix/Montroulez où la forme "bretonne" est plus proche du français d'origine). Pour Vitré, il aurait été plus sensé de traduire par Glastoneg, par référence à Glastonbury, anciennement Glastonia, glosé Urbs Vitrea (glastoneg : où pousse du pastel bleu). Bref, pour Gwitreg, il aurait mieux valu s'abstenir.
Que de désinformation au sujet de Vitré. Le nom Gwitreg est attesté depuis au moins le début du XXe siècle, il se retrouve régulièrement par écrit dans la littérature bretonne, et même dans un chant traditionnel. C'est un comble qu'il soit toujours présenté comme inventé, alors que la création la plus récente affichée à Vitré est sur le panneau en gallo, avec cette retranscription Vitrë, avec ce son EU que jamais aucun local n'aurait eu l'idée d'écrire Ë avant que ce ne soit imposé ces dernières années par les professionnels du gallo, pour faire apparaître le gallo différent du français aux yeux de ceux qui ne le parlent pas, plutôt que pour être reconnu par ceux qui le parlent ! Votre argumentation est pour le reste bien difficile à suivre (Séné a bien un panneau Sine, c'est un comble de parler de bretonniser un toponyme lui-même francisé, et que dire de votre hypothèse sur Glastoneg...). Bref, il aurait mieux valu vous abstenir.
Le début du 20e siècle, ce n'est pas très très ancien... Peut-être peut-on trouver qui est à l'origine de ce mot et sur quels principes il s'est basé. Transformer un V systématiquement en GW, c'est un peu facile. Il existe des mots en breton qui commencent par V. On aurait pu écrire Berné/Brenneg, Rédené/Radeneg et Séné/Seneg mais on s'en est bien gardé. Pourquoi le faire en pays gallo ? De même, on rectifie Péaule/Pleaol mais ni Poullaouen (Plouelouen en 1330) ni Pouldergat (Plodergat en 1118). Bertrand Luçon répertorie 4100 toponymes bretons dans le pays nantais sans faire allusion aux adaptations en langue bretonne des noms de communes. Seul l'aparté de l'éditeur évoque Kerverner-Raez ou Sant-Ervlan.
En ce qui concerne Berné la prononciation est Bernerc'h.
C'est formidable : lorsqu’il s’agit de noms de communes de Haute-Bretagne d’origine bretonne, c'est trop ancien pour justifier un panneau, et ailleurs comme à Vitré, ce n'est pas assez ancien pour justifier un panneau ! Ne serait-il pas plus honnête d’assumer clairement votre position : vous refusez tout simplement de voir le breton affiché, reconnu et vivant en Haute-Bretagne. Alors que l’imposition arbitraire de toponymes romans néogalloisés depuis Rennes ne semble vous poser aucun problème. Deux poids, deux mesures ?
Je suis tout à fait favorable aux panneaux dits bilingues pour les toponymes de langue bretonne en Haute-Bretagne, voire même pour les toponymes gaulois. Cependant, on a des formes savantes en pays gallo, basées sur l'étymologie, tandis qu'en Bretagne bretonnante, on a des formes basées sur la prononciation actuelle, où le sens se perd un peu (par exemple Boneur au lieu de Bodveur pour Botmeur). Il y a donc un manque de cohérence dans la méthode. Quant à Vitré, c'est un toponyme roman, peut-être avec un suffixe d'origine gauloise. Je ne connais rien au gallo, donc je n'émets pas d'opinion sur ses orthographes.
Vitré est sans doute issu d'un nom de personne latin : Victorius. Dans le sud de la France, on trouve à six reprises son doublet Vitrac. Cela confirme le suffixe d'origine gauloise -akon qui marque l'abondance ou la relation (la descendance de Victorius, je suppose).
Vitré provient très probablement du latin Vitrix qui était le nom de la 6e légion. Legio VI Victrix a pu stationner là après son départ de Grande Bretagne (c'est elle qui avait construit le mur d'Hadrien). Ce n'est pas la première fois qu'un camp de légion romaine serait à l'origine d'une ville. Voir Caerleon au Pays-de-Galles;
La langue bretonne a emprunté bien des mots latins, mais pas victrix, donc on tombe sur un os pour adapter Vitré en breton.
Le conflit entre partisans du gallo et du breton est entretenu par les adversaires des langues régionales en dehors de la Bretagne, mais aussi par les néo-gallésants radicaux d'Ille et Vilaine à l'intérieur de la Bretagne. L'intervention de Benjamin Morel montre d'ailleurs que des ponts existent entre eux, au moins en ce qui concerne les arguments.
Avant la Charte culturelle généreusement octroyée en 1977 par le président Giscard d'Estaing, qui avait entendu parler de revendications pour le gallo? À l'époque le gallo n'était considéré que comme un dialecte d'oil dont le français représentait la langue standard, tout comme l'Alsacien est un dialecte de l'Allemand ou que le Vannetais est un dialecte du Breton. La volonté du président de l'une-et-indivible de placer sur le même plan le gallo et le breton revenait à rabaisser la langue bretonne au rang de dialecte. Et malheureusement l'Emsav dans son ensemble est tombé dans le piège à pieds joints.Les connivences actuelles entre partisans du gallo et adversaires du breton sont tout à fait éclairantes !
La Charte culturelle de 1977 avait l'avantage de concerner les cinq départements bretons. Le soutien à la langue bretonne a toujours été plus+ financé que celui du gallo et il n'y a pas de raison pour que ça change : dans le cas du breton, il faut promouvoir une langue et sa variation dialectale et dans le cas du gallo, uniquement une variation dialectale.
A France Inter :
Bonjour
Merci pour ce débat, trop court. C'est tellement inhabituel sur une radio d'Etat.
Le sujet semble tellement tabou dans certains médias intra-périphériques.
Du point de vue de la linguistique, il n'y a pas de ''langues régionales'', mais des langues. Le reste relève de la politique politicienne.
Madame Milin semble particulièrement compétente sur le sujet ; ce n'est pas le cas de son challenger, pourtant missionnaire sur de nombreux plateaux et pour de nombreux sujets... trop probablement.
Il reste également à comprendre, et lutter contre, le véritable ''bashing'' suprémaciste dont souffre les artistes et les écrivains de langues minorisées de l'Etat français. Il y a pourtant des choses merveilleuses actuellement, dans tous les genres et styles, dans la jeunesse.
Un Service Public digne de ce nom doit montrer l'exemple, et refuser cette lobotimisation des esprits. Même dans les programmations des temps de grève ... Urgence.
Merci Rozenn Milin. Le coeur y est. Quand sensibilité et érudition s'unissent pour faire valoir des arguments, un effet de vérité profonde éclate au grand jour et l'hypocrisie du démagogue en face devient claire. Notre appareil gouvernemental essaie de nous embobiner à un tel point que nous sommes invités à dire qu'il fait chaud quand il fait froid ou l'inverse. Le système est devenu pervers et voilà que les médias officiels essaient de nous convaincre que nous ne croyons plus à la démocratie, comme si la démocratie existait en France et en Europe. Pendant ce temps-là, personne ne réfléchit au fait que la commission européenne qui n'est composée que d'experts de techniciens, de lobbies et de cabinets de conseils imposent des lois qui servent à mettre un place un état profond mondial au service des plus riches. Heureusement que certains se démènent pour appeler un chat un chat. Le mensonge est un fléau universel qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes.
La question est de savoir pourquoi nous en sommes encore à justifier la légitimité et la transmission de la langue bretonne dans des media parisiens. La liberté ne se quémande pas, elle se prend. Pour que notre langue vive, cela dépend avant tout de nous, faisons face à nos responsabilités et arrêtons de trouver des prétextes pour justifier la situation actuelle. Il y a eu récemment une manifestation pour Diwan qui a rassemblé difficilement 2000 personnes. Pourquoi? Probablement parque que le Breton semble avoir été confisqué par la mouvance wokiste d'extrême gauche de notre peuple et que la plupart des bretons ne s'y retrouve pas. Il suffit de regarder les émissions télévisées en langue bretonne où les sujets LGBT, néo-féministes... sont surreprésentés pour comprendre les raisons de ce divorce. Quant au Breton vs Gallo, seul le breton est une langue exclusivement parlée en Bretagne, le gallo étant parlé également dans des départements limitrophes. D'autre part, la demande sociale du Gallo semble très en retrait => combien d'écoles bilingues Français-Gallo existent ou sont en cours d'ouverture? Il s'agit par conséquent de ne pas faire un focus sur ces différences mais de se rappeler que sans langue bretonne, la culture bretonne telle qu'on la connait n'existerait pas. Le Breton demeure le premier marqueur saillant de notre identité.
A galon
Benjamin Morel est un socialiste chevenementiste. Ultra jacobin comme la plupart des socialistes et la gauche.
La langue et la culture bretonne ont été méprisées et discriminées pendant des siècles et ça continue sous des formes différentes. Les bretons ont abandonné le combat. La Bretagne va bientôt disparaître définitivement d’ici 20 ans , noyée dans un Grand Ouest.
On a échappé de peu au grand ouest lors de la réforme Hollande de 2015, mais le monde économique l'utilise déjà. Pour réunifier la Bretagne B5, il faut la prendre telle qu'elle est : mi-celtique, mi-romane.
Monsieur Morel est d'une malhonnêteté totale, pour le coup c'est lui le militant jacobin (chevènementiste patenté) qui voit des ennemis partout (ceux de "l'intérieur" chers à Mélenchon, à savoir les régionalistes et apparentés) Ce grand habitué des médias a son couvert sur chaque antenne parisienne et son discours bénéficie alors d'une énorme caisse de résonnance ; en roue libre sur chaque plateau il n'y a pour ainsi dire jamais de contradicteur sérieux pour contrer son catéchisme du parfait "petit républicain". Pour une fois bravo à France Inter d'inviter une intervenante qui maitrise son sujet et grand merci à Rozenn Milin d'être ce qu'elle est et pour son opiniâtreté.
Le breton est une langue, pas une "langue régionale", une invention administrative française pour nier en réalité le statut de langue au basque, au breton, au flamand, à l'occitan en particulier.
Cette notion délétère a des conséquences incalculables, puisqu'aujourd'hui par idéologie et surtout calcul (obtenir un strapontin, une planque), cette dénomination généralisante et aliénante, est reprise par des groupes de gauche en général afin d'obtenir l'aumône de "Régions" aussi artificielles que sans perspectives. Qui croit que l'avenir du basque est lié à la Région Nouvelle-Aquitaine ?
En quoi la Région Nouvelle-Aquitaine aurait plus intérêt à l'enseignement du basque que l'Etat français lui-même ??
Aucun !
Arrêtons de parler de langue régionale. Ce terme est très utilisé par les militants bretons qui se raccrochent à des listes PS aujourd"hui LFI and co à chaque élection. Evidemment, la Bretagne a actuellement un statut de Région (les basques, les alsaciens, flamands, ne peuvent pas s'en prévaloir), mais ils ont réussi la tour de force de mettre le breton en minorité de "langue régionale" dans leur propre Région ! Bel exploit !
Et oui, car le concept de langue régionale, 100 % français a surtout mis le breton ou rang de pseudo-langues tel que le morvandiau ou le tourangeau. Une négation en réalité.
Je m'apprêtais à apporter ma contribution aux commentaires à propos de cette prestation scientifiquement pitoyable de Monsieur Morel, me demandant ce qu'il pouvait bien publier qui soit "acceptable" dans les grandes revues. En fait il ne publie pas grand-chose. Tout juste un article retrouvé par researchgate.net.
Et puis je me suis dit que, de toute façon, je ne ferais pas mieux que Philippe Blanchet pour sa critique méthodique du livre de B. Morel:
https://www.researchgate.net/publication/371249862_Une_critique_methodique_du_livre_La_France_en_miettes_de_B_Morel_consacre_aux_langues_cultures_et_identites_regionales_en_France_Un_exemple_de_meconduite_scientifique
B. Morel cumule tous les biais à éviter, jusqu'à l'argument d'autorité qu'il utilise sous une forme "familiale" que j'avais déjà entendue dans la bouche d'un député LFI: "Ma grand'mère parlait occitan. Et moi-même je viens de Clermont-Ferrand". Sous entendu: Je suis donc bien placé pour parler de ce sujet.
Eh bien moi, figurez-vous,Monsieur Morel, mon grand-père lisait le journal. Alors je suis bien placé pour parler de littérature française!
Bravo Rozenn Milin pour cette prestation qui nous grandit face à ces imposteurs médiatiques.
A hent arall ez on a-du gant G. Le Cornec pa lâr eo ar Brezhoneg ur yezh ha n'eo ket ur "langue régionale".
Vu qu'il y a des Bretons partout dans le monde la langue bretonne n'a pas de frontières,mettre ce principe en application serait un plus pour sa promotion et son enseignement.C'est la langue spécifique à la Bretagne,vu que l'expression gallèse est présente chez nos voisins d'Anjou du Maine et de Normandie. Maintenant faut t-il s'acharner à bretonniser des toponymes dont l'origine est discutée et parfois pas d'origine celtique, vu que cela peut provoquer une division stupide entre Bretons et faire passer en général à tort les défenseurs de la langue bretonne pour des intégristes. Cette situation devient un peu similaire à ce qui s'est passé en Belgique entre wallons et flamands zone linguistique flamande qui comme le breton a reculée au bénéfice de la zone francophone. Depuis le quinzième siècle la distinction linguistique entre la Bretagne brittophone et gallèsante est attestée, on peut considérer ce parler comme le français populaire de Bretagne, français qui lui aussi contient des mots d'origine gauloise, tandis que les élites bretonnes parlaient le français standard de l'époque..L'héritage historique de la nation bretonne depuis son extension aux comtés de Nantes et de Rennes est indépendante de la question linguistique actuelle.Au de-là de ce débat ce qui est inquiétant de la part de Morel et d'autres de cette tendance c'est leur volonté de criminaliser les revendications bretonnes sous prétexte de communautarisme, en en faisant de fait un délit d'opinion.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fronti%C3%A8re_linguistique_bretonne
Pour faire plus sérieux, les militants du breton ont négligé la variation dialectale du breton, ce qui favorise la visibilité du gallo.
Votre phrase ne veut rien dire et ne s'appuie sur rien pour le breton, si ce n'est reprendre des clichés bien ancrés chez ceux qui le ne parlent pas. En ce qui concerne la visibilité du gallo, elle est due à l'ignorance des politiques, auxquels les militants du gallo ont fait gober deux mensonges :
- l'idée d'une exacte équivalence entre breton et gallo
- l'existence d'une langue unifiée propre à la Haute-Bretagne indépendante du français
Cela leur a permis d'obtenir les mêmes droits que le breton par automatisme, sans avoir à se justifier d'aucune action ou soutien populaire. Et cela a chamboulé le rapport de force au sein du mouvement gallo : une clique de néo-locuteurs, une fois rémunéré, a imposé sa vision, jusqu'alors marginale dans le mouvement gallo, et l’usage exclusif de son jargon hors-sol. Par ignorance des politiques, les financements de la région sont entièrement dirigés pour soutenir et légitimer un néo-gallo défrancisé, tandis que les parlers populaires gallos, eux, survivent difficilement grâce à l’engagement de bénévoles sans le sou.
Je rebondis sur le commentaire de Loeiz an Argoat. Effectivement si on n'a eu que 2000 (en étant optimiste) manifestants pour Diwan,on peut répondre :
. Pourquoi le choix de Rennes, loin de la Bretagne brittophone ? Rennes ville antifa par excellence où on pouvait craindre de voir les drapeaux palestiniens se mêler aux drapeaux bretons (ce qui n'a pas manqué de se produire semble-t-il).
. Pourquoi avoir invité les Bretons à venir dans cette écriture à la con.ne qui classe tout le mouvement dans le wokisme le plus débridé ?
(Par ailleurs comment écrit-on les chanteurs-teuses en breton, ar g.c'h.aner.ien.ezed ?)
. Le site de Diwan écrit d'ailleurs dans cette écriture
. Doit-on être réduits à être l'infime minorité au sein de l'extrême gauche qui par ailleurs doit regarder de travers les Bretons proches de leurs racines et donc par définition "de souche".
. Les catalans avaient pu progresser en s'alliant en faisant abstraction de leurs options politiques au sens strict, puis ont reculé après scission.
Bref c'est du suicide les yeux grands ouverts.
Il semble vous avoir échappé que Rennes est la capitale administrative de la Bretagne, là où siègent les administrations auxquelles étaient adressées les revendications (région Bretagne, préfecture). Vous semblez aussi ne pas connaître la réalité du breton aujourd'hui : en 2025, Rennes est la ville où l'on compte le plus d'enfants à apprendre le breton, devant Vannes et Nantes il me semble. Et cette manifestation était organisée pour l'avenir des enfants bretonnants.
De Pcosquer à Victor Giquel
Hum! il semblerait que vous aussi ignorez la réalité du Breton aujourd'hui...Les enfants bretonnants ou pas, ont besoin d'un environnement familial qui utilise la langue mère... Et ce n'est pas le cas à Rennes en ce qui concerne le breton. Désolé! En basse Bretagne si l'Emsav arrêter de faire connerie sur connerie il y a bien longtemps que les 60 70 ans d'aujourd'hui serait pour une partie d'entre eux dans le bain et à même de raconter le temps passé qui s'est terminé à la fin des années 80... mais aussi de critiquer en même temps le temps d'aujourd'hui ( c'est la seule génération capable de le faire; certainement pas les parents de 40 50 ans ) et c'est important pour la jeunesse. De plus cette génération de basse Bretagne comprend le breton ce qui n'est pas le cas des 40 50 ans hélas! Le vivier immédiat et efficace de locuteurs potentiels se situe dans cette génération-là... Le 3ème Emsav est un boulet aujourd'hui et Diwan qui fournit bien trop de personnel politique par le biais de leurs anciens Présidents joue contre son image et donc contre celle de la langue. Une langue n'a ni de couleur politique ni de préférence sociétale. Par ailleurs et compte tenu du clivage campagne et ville qui grandit, je ne crois pas que les choses vont s'apaiser pour le breton si on le considère comme un vecteur de la pensée urbaine.
Pour Victor : effectivement les chiffres des manifestants montrent à quel point le choix de Rennes était judicieux. Lesdites autorités ont dû trembler. A comparer avec Guingamp après le retoquage partiel de la loi Molac.
Merci à Rozenn Milin,mouchant parfaitement ce personnage
qui n'a sans doute jamais ouvert un dico de breton ou
d'Histoire des pays celtiques.Ce n'est qu'un triste exemple de plus d'un spécialiste de tout et de rien,membre ou non des dits observatoires écumant les plateaux tv à longueur de journée.
Benjamin Morel a ses entrées partout, CNews, France Info, La Chaine Parlementaire, BFM etc il représente une sorte de consensus de l'establishment français, toutes tendances confondues.
Il faut en être bien conscient. Il a le profil type de ce que l'on peut retrouver dans l'Administration, des organismes comme le Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel, les Assemblées etc
Tristement, ce sont les propos de ce médiocre n'ayant quasiment rien publié (et prof à la fac la plus réac de France) qui risquent d'être retenus par des auditeurs brainwashés à la vulgate fascisto-républicaine française.
Pas la peine d'avoir des arguments, suffit d'affirmer des fausses vérités.
Je découvre cet article sur le tard. Merci à Rozenn Milin pour sa performance. Elle s'en tire au moins aussi bien qu'Aziliz Gouez qui avait déjà testé le personnage Benjamin Morel avec succès sur le plateau de France 3 Bretagne. Ceci dit, je pense qu'il est possible de déstabiliser bien plus encore la bien-pensance républicaine de pacotille de ce personnage, et de démasquer les relents xénophobes latents dont fait preuve ce nostalgique des hussards noirs vis à vis des peuples "autochtones et indigènes" que nous constituons.
La pseudo argumentation qu'il a utilisé pour ce débat est quasiment la même que pour le débat avec Aziliz Gouez que j'ai revisionné. S'y ajoute en plus le déni d'une thèse scientifique sur le sujet de la répression linguistique de l'état français. B. Morel n'essaye même pas d'aborder le sujet de la répression avec des arguments scientifiques qui viendraient contrecarrer la thèse sur tel ou tel point, ce qui tend à démonter la vacuité de ses propos. Car il le sait très bien, la question n'est plus de savoir si il y a eu répression linguistique ou pas, mais plutôt de savoir à quelle hauteur s'est étendue ou généralisée cette répression. Fañch Broudic (avec un tilde marplij !) évoque dans son étude le chiffre de 50% des élèves de l'école de la république qui auraient subi des humiliations liées à l'usage du breton. J'ai été surpris par ce chiffre qui ne correspond pas à la réalité de terrain d'un bon nombre d'anciens que j'ai pu rencontré. J'aurai tendance à penser que l'on se situerait plutôt à un niveau de 65 à 75% d'élèves humiliés à l'école du fait de leur langue bretonne. Je n'ai pas encore lu la thèse de Rozenn Milin, surement apporte t elle des précisions à ce sujet...
Donc à défaut d'argumentation sur les plans historique, politique et sociolinguistique, notre VRP et gardien de la monotonie républicaine nous ressort quasiment les mêmes propos fallacieux que pour A Gouez :
- L'histoire de la fausse affiche "interdit de parler breton et de cracher par terre" élaborée par des militants bretons complotistes, fanatiques et antirépublicains qui viendrait décridibiliser et éluder à moindre frais l'analyse critique des études scientifiques sérieuses élaborées sur le sujet de la répression et de l'humiliation...Morel ose ainsi parler je le cite "de révisionisme historique" ou de "reconstruction idéologique" concernant in fine toute étude sociolinguistique et donc scientifique qui oserait aborder le sujet et entacher la virginité de l'école républicaine et le rôle néfaste prépondérant qu'elle a opéré jusqu'à la déliquescence actuelle de nos langues minorisées. Il va chercher l'histoire de l'affiche car ses propos sont creux, il n'a rien à opposer, si ce n'est du discrédit à 2 balles. Je m'interroge de quel côté se situe l'obscurantisme, le fanatisme et le révisionnisme ?
-A noter qu'après avoir nier en bloc toute politique d'humiliation opérée par l'école républicaine Monsieur Morel ne s'attarde pas et ne s'interroge pas sur le fait de l'Interdiction pure et simple d'enseigner dans notre langue (en plus du français) au sein de l'école et les conséquences délétères dans le domaine psycholinguistique qu'ont pu avoir ces politiques éducatives sur l'estime de soi et également à terme la conscience culturelle de soi...
- Au lieu de cela Monsieur Morel va chercher son argumentaire dans le rôle néfaste sur nos langues 1. de l'exode rural 2. de l'arrivée de la télévision dans les foyers.
Sur ces 2 points il n'a pas tord (la mauvaise fois consiste à réduire la problématique à ces deux seuls et uniques points). Il oublie juste de préciser sur ces 2 points, que l'exode rural a été orchestré depuis Paris (la régionalisation, si minime soit-elle, est un fait récent dans la république, impensable dans l'idéologie française de la troisième république). Cette orchestration de l'exode rural depuis Paris a perduré jusque dans les années 70/80 et on connait même le sinisme des politiques de certains préfets qui lors du remembrement favorisaient économiquement les casseurs de talus et les grandes surfaces agricoles afin de pousser les petits paysans vers les usines dans les grandes villes tel Paris et autres...
Quant à la télévision, de qui se moque t-on ? Toutes les politiques culturelles audiovisuelles de l'état français ont visé à maintenir dans la confidence et la marginalité toute tentative d'existence d'un réel service public audiovisuel breton plurilingue. S'il l'on était dans une véritable démocratie culturelle et plurielle nous aurions à l'heure actuelle plusieurs chaines de télévision bretonnes...comme au pays de Galle entre autres multiples exemples de pays démocratiques voisins. Mais Monsieur Morel peut dormir tranquille, ses amis du CSA, du CONCON et du Conseil d'Etat, les facétieux gardiens de la monotonie républicaine veillent au grain. Rendre impossible toute avancée progressiste et démocratique sur le sujet des cultures minoritaires en France, telle est leur mission divine...Le républicanisme très inuniversel qu'exerce avec religiosité ces oligarques à notre encontre représente une sorte de droit divin de vie et de mort sur nos peuples et nos langues, tel le monarque Louis XIV avec ses sujets.
- Continuons notre analyse : L'argument de l'Europe est également utilisé afin de disculper l'école républicaine en affirmant sans ambages que la disparition des langues régionales est une tendance européenne qui dépasse le cadre de l'état français. La généralisation est bien hâtive. Ce que Monsieur Morel oublie subtilement de préciser, c'est que bien souvent ce sont les dialectes d'une langue unifiée qui s'atténuent ou s'estompent plus ou moins au profit de la langue unifiée. C'est le cas dans une certaine mesure des dialectes italiens, et moins le cas pour les dialectes allemands. Quant aux langues à part entière dites langues minorités (constituées elles-même de leurs propres dialectes), elles ont plutôt bien résisté en Europe, mis à part en France. L'espagne post franquiste a rattrapé son retard, la Grande Bretagne a arrêté sa répression linguistique depuis belle lurette (bien que les dégâts pour le gaélique soient considérables), le flamand en Belgique et l'allemand en Suisse ont des droits linguistiques identiques au français...etc etc. Il y a bien sur des mauvais élèves comme la Grèce, la Turquie, dans une certaine mesure les Pays Baltes avec leurs minorités russophones. Mais tout cela est sans aucune mesure avec le déni, le fanatisme et le radicalisme dont a fait preuve la France vis à vis de ses langues minoritaires. Certains observateurs étrangers pourraient dire que le problème est presque résolu puisqu'il n'y a jamais eu de minorités en France selon l'état central et qu'il n'y en aura bientôt plus...
- Enfin pour clore mon analyse, le dernier argument sorti tout droit du chapeau
de Benjamin Morel : celui je le cite "de la langue unique reconstruite par des militants". Là aussi on croit rêver, quand Monsieur Morel vient au chevet des différents dialectes du breton soi-disant victimes de la langue bretonne qu'il qualifie d'unifiée (et que je qualifierai de standardisée)... alors que c'est bien la république dans sa troisième version qui s'est évertuée à "anéantir les patois" (pour ne citer que l'Abbé Grégoire grand précurseur des innombrables fossoyeurs des langues de la république III, IV et V). Par patois il fallait entendre dialectes, et il s'agissait bien d'anéantir tant les dialectes du français (générique de la langue d'oil) dont fait partie le gallo que les dialectes des autres langues de l'état, dont le breton sous ses formes dialectales KLTG. Ô combien sommes nous de néo-brittophones à pleurer aujourd'hui la disparition de ces dialectes véritable sève vivante de notre langue... Alors heureusement pour nous qu'il y eut des brittophiles et des lettrés bretons depuis plusieurs siècles pour nous conduire à une langue standardisée qui fait son usage malgré toutes ses imperfections, notamment ses tropismes parfois trop léonard ou bien parfois trop jacobin (quand l'esprit de langue bretonne est calqué sur l'académisme à la française). Sans ses lettrés et cette langue standardisée Le Breton n'aurait à l'heure actuelle absolument aucune chance de survie et c'est bien cela qui doit déranger le plus notre cher notable constitutionnaliste dans la langue standardisée. Si la France avait voulu défendre ses langues cela fait belle lurette qu'il y aurait des académies bretonnes occitanes basques etc rémunérées par le gouvernement français... De nos jours au XXI siècle en France promouvoir la langue bretonne dans l'éduc. nat. ou bien au ministère de la culture demeure une gageure et un combat perpétuel. Chaque petite avancée de quelques millimètres se fait dans la douleur et le militantisme permanent. Il n'y a absolument AUCUNE volonté politique d'avancer sur le sujet ! Qu'on se le dise tout est faux semblant et hypocrisie, les ministres, les gouvernements, les assemblées nationales se succèdent, les convention état région, et les grands discours qui accouchent de souris . Les salades de Monsieur Morel sont difficiles à ingurgiter, et donner du crédit à un tel monsieur me paraît être le comble du sinisme. Je ne verserai aucune larme sur la grand-mère occitane dont il feint de se revendiquer. Monsieur Le Pen avait un arrière grand-père brittophone et la politique que mènera sa fille si elle arrive au pouvoir sera pour le coup, sans aucun faux semblant : éradication totale des cultures minoritaires en France. Si Monsieur Morel pouvait au moins enlever son faux nez, quitter la duplicité et la langue de bois, affirmer avec sincérité que l'occitanité de sa grand-mère il n'en a rien à F.
- J'oubliai encore un dernier point : l'argument du gallo. Les pauvres gallophones seraient spoliés par les méchants brittophones. Imaginez le gallo serait 25 fois moins financé que Le Breton par la région Bretagne
administrative (les chiffres avancés sont à vérifier). Monsieur Morel oublie là aussi de préciser que la revendication gallèse a toujours été moins importante en masse que la revendication brittophone, qu'il y a beaucoup moins à financer d'association gallophones qui promeuvent le gallo que d'associations brittophones qui promeuvent le breton, qu'il n'y a pas de système éducatif par immersion ou semi-immersion en gallo, que le financement indirect des écoles immersives par la région coûte cher, que les écoles Diwan sont laïques et que si elles n'étaient pas discriminées par l'état français elles devraient être publiques...
Monsieur Morel tente d'instrumentaliser la cause gallophone contre la cause brittophone et mettre en cause la politique culturelle de la région. Il oublie là aussi de dire que le budget culture de la région avoisine les 40 millions d'euros (dont 12 millions pour les langues) ce qui constitue un budget totalement dérisoire au vu des besoins. Quand on sait que le budget de l'opéra de Paris à lui seul avoisine les 250 millions d'euros, on appréhende toute la violence de la féodalité et la vassalité du système français. La culture en Bretagne c'est à peine 1/5 ème d'Opéra de Paris ! On a vu récemment la ministre Rachida Dati accorder dans sa grande mansuétude une rallonge budgétaire dédiée à la culture de 12 millions d'euros.. De qui se moque t-on ? Et si l'on compare le budget Culture du ministère avec celui de la région Bretagne alors là c'est l'abime totale ! 4,5 milliards d'euros de budget culture au ministère sans l'audiovisuel et 9 milliards avec l'audiovisuel public. Rapporté à la population bretonne qui représente approximativement 5% de la population française, le budget culturel non spolié de la Bretagne administrative (et ce sans la Loire Atlantique) devrait être de 450 millions d'euros audiovisuel compris contre 40 millions actuellement. Soit 11 fois plus que le budget culturel actuel de la région administrative B4 ! Le nanisme culturel régional c'est l'assurance-vie advitam aeternam pour la nomenklatura française que les régions de France ne pourront jamais faire émerger après des siècles de rouleau compresseur des politiques culturelles favorisant la créativité et la prise de conscience de communautés culturelles autres que la culture dominante française essentiellement francilienne. Ceux-là mêmes qui prétendent donner des leçons de morale droitdel'hommesque à la planète entière incarnent le communautarisme absolu, communautarisme qui est une forme de nationalisme à l'échelle d'un état, et qui se caractérise par l'inaltérité, forme de syndrome de complexe de supériorité associé à des relents xénophobes se manifestant par une détestation et une incapacité atavique à comprendre l'hétérogénéité culturelle, surtout quand elle met en danger le monopole de la classe dominante. Poussée à l'extrême cette dérive mène à l'autoritarisme et au facisme.
Aux militants du gallo, Morel se fout complètement du gallo et déteste le breton, ce qu'il souhaite c'est diminuer les miettes données au breton (surtout celles de Diwan car il sait très bien que c'est le système d'apprentissage du breton le plus performant à l'heure actuelle et le moteur de la survie de cette langue), il sait également très bien que si l'on fait 12 millions divisés par deux ça fait 6 millions pour les brittophones qui sont obligés d'abandonner plein de projets de développement de la langue et 6 millions pour les gallophones qui peuvent certes créer des projets nouveaux, mais dans les 2 cas de figures c'est la mort assurée pour les 2 langues car ce n'est pas avec des miettes de politiques publiques que l'on peut inverser 2 siècles de politiques linguicides. La question n'est pas de retirer à Paul pour donner à Jacques comme le souhaiterait Morel, mais plutôt de savoir quels sont les besoins réels de Paul ou de Jacques pour le développement de ses projets culturels chacun en fonction de son évolution singulière. Et dans les 2 cas de figures le compte n'y est pas, il manque des sous. Nos sous profitent entre autres à un public restreint de l'opéra de Paris ou bien au système audiovisuel public français...Morel le sait la politique culturelle de la région n'a plus beaucoup de manoeuvre pour le développement du budget langues, d'autant plus que la région tente de palier aux manquements chroniques de l'éduc. nat. en matière éducative principalement d'apprentissage du breton (à la limite parfois de la légalité). Si Morel s'intéressait vraiment au gallo, cela fait longtemps qu'il aurait tenté de promouvoir au sein de la francophonie les diverses expressions linguistiques de la langue d'oil que sont notamment le gallo, le picard, le chti, le normand, l'angevin, le berrichon...au même titre que le québécois ou le cajun promues par l'OIF...
PS :
-B. Morel a également oublié du rôle de la grande guerre dans la francisation des bretons. . Suite à la guerre 14-18 les soldats bretons ont ramené à la maison les premier rudiments du français. Rien de mieux qu'une bonne guerre pour civiliser ses barbares bretons. La mémoire de ce grand spécialiste de l'ethno-régionalisme est décidément bien sélective...A propos d'ethno-nationalisme, M. Morel semble oublier, là encore, la grande boucherie ethnique que représente la guerre 14-18 surtout quand on envoie les bretons et autres sénégalais se faire tuer pour la patrie française, tel Poutine qui préfère envoyer au front ses Tatares et ses Tchétchènes...
- Autre point quand Morel fait référence à Bourdieu dans son pamphlet "La France en miettes..." au sujet de la dérive de l'essentialisation de la langue dans les "ethno-régions", ça ne lui vient même pas à l'esprit que la région Bretagne reconnait 3 langues officielles sur son territoire, alors que l'état français quant à lui n'en reconnait qu'une seule et unique : article 1 : la république est une et indivisible, article 2 de la constitution "la langue (unique) de la république est le français". Qui donc essentialise sa langue ? B. Morel est tellement ethnocentré qu'il ne se rend même plus compte de son imposture, il ne se rend même plus compte qu'il est le plus grand représentant de ce qu'il prétend dénoncer.
-Idem quand M. Morel dénonce la traduction de Vitré en Breton par une une maire pourtant démocratiquement élue, il a cependant raison de préciser que Vitré se situe dans la zone des marches de Bretagne (à l'est des départements d'Ile et Vilaine et de Loire Atlantique incluant Rennes et Nantes) et où l'on a jamais parler breton. Mais il omet de dire que les formes bretonnes des principales villes des marches sont connues de tout temps. Ma grand-mère léonarde quand elle se déplaçait à Rennes se déplaçait à "Raouzhon". Ça ne choque que les esprits obtus de voir associer la forme bretonne "Roazhon" à la forme française (et gallaise) de Rennes à l'entrée de la ville. Monsieur Morel a également oublié que bon nombre de noms de lieux ou de noms de famille bretons ont été francisés sans même avoir demandé leur avis au bretons durant le 19 ème et le début du vingtième siècle, parfois d'une manière bien stupide d'ailleurs (ex : Kroazhent qui veut dire croisement transformé en Croissant) . Plus personne ne semble s'offusquer de voir par exemple vannes pour Gwened ou bien Ouessant pour Eusa... Tout le monde a également oublié que le préfixe "Le" devant les noms de famille breton n'a en fait absolument rien de breton. Le "LE" a été imposé pour faire plus français à défaut de comprendre le breton et de pouvoir traduire le mot en entier.. Ex Le Gwenn se disait juste Gwenn. Les noms les plus facile à traduire étaient d'ailleurs parfois traduits complètement : ex "Gwen" en "Leblanc".
- Je reviens encore une fois sur le point de la langue standard qui ne serait pas comprise par les brittophones natifs et inversement. On a là affaire à un mélange de mauvaise foi, d'ignorance crasse et encore d'ethnocentrisme caractérisé. Monsieur Morel ignore t-il la linguistique à ce point pour ne pas savoir ce que constitue l'état vernaculaire d'une langue. Prenons par exemple le cas du français et de la langue d'oil. La langue d'oil comme toutes les langues du monde n'a d'abord existé qu'à l'état vernaculaire avec sa douzaine de dialectes (francien, angevin, normand, picard, gallo, bourguignon, mainiot, lorrain, wallon, champenois....). Comme tous les dialectes de toutes les langues du monde l'intercompréhension au sein de la même langue était plus difficile au delà d'un rayon de 50 km soit une journée de cheval.Un gallo comprenait donc difficilement un francien qui comprenait difficilement un picard... etc. La langue d'oil a donc chercher à s'unifier. Elle aurait pu le faire en essayant de constituer une langue interdialectale plus ou moins compréhensible pour toutes les langues d'oil, mais ce genre d'approche ne faisait pas légion à l'époque. C'est donc un dialecte qui s'est imposé sur les autres, ça a failli être le picard et se fut au final la langue du roi, c'est à dire le Francien, et plus précisément encore un mélange de sous dialectes que sont l'Orléanais et Le Parisien avec quelques influence angevines, le tout mâtiné de néologismes que les lettrés sont allés puisés dans le latin. Le francien est donc au français ce que le hochdeutch est à l'allement ou bien le castillan à l'espagnol, c'est à dire un dialecte au sein d'une langue qui s'impose aux autres dialectes de la même langue. Mais pour que ce dialecte puisse être compris correctement par tous les autres dialectes vernaculaires de la langue d'oil, il a fallu l'enseigner. D'où l'école. C'est pareil en Allemagne où par exemple un bavarois, un suisse allemand,etc... ne comprendrait pas bien l'allemand hochdeutch s'il n'avait été au préalable enseigné. Idem en espagnol, en arabe, en néerlandais, en anglais, en portugais et dans toutes les langues du monde ! Et idem donc en Bretagne. Si ,les anciens avaient été enseignés dans leur langue avec une écriture standardisée, celle-ci aurait été rapidement et intégralement comprise, les dialectes se seraient d'ailleurs un peu homogénéisés tout en étant préservés. C'est pareil dans l'autre sens un B.A.BA de dialectologie en breton permet aisément de comprendre tous les dialectes et également se faire comprendre en breton dialectal. Alors où est le problème Monsieur l'inquisiteur ? Si il y en a un c'est bien le fait de l'interdiction qui a été faite aux anciens d'être instruit dans leur langue.
Quand au choix de la langue standardisée, les bretons n'ont pas repris le dialecte de leur roi puis de leur duc, car ils n'en avaient plus depuis le 16ème siècle (merci François 1er, merci Villers Cotret), je dirai qu'au final la langue standardisée qui a été retenue est très proche du dialecte du léonard, certains diront trop proche...certains regretteront une approche plus interdialectale bien que ce cas de figure soit en définitive assez rare, dans toutes les langues du monde c'est comme je le disais bien souvent un dialecte qui s'impose aux autres...
PS :
-B. Morel a également oublié du rôle de la grande guerre dans la francisation des bretons. . Suite à la guerre 14-18 les soldats bretons ont ramené à la maison les premier rudiments du français. Rien de mieux qu'une bonne guerre pour civiliser ses barbares bretons. La mémoire de ce grand spécialiste de l'ethno-régionalisme est décidément bien sélective...A propos d'ethno-nationalisme, M. Morel semble oublier, là encore, la grande boucherie ethnique que représente la guerre 14-18 surtout quand on envoie les bretons et autres sénégalais se faire tuer pour la patrie française, tel Poutine qui préfère envoyer au front ses Tatares et ses Tchétchènes...
- Autre point quand Morel fait référence à Bourdieu dans son pamphlet "La France en miettes..." au sujet de la dérive de l'essentialisation de la langue dans les "ethno-régions", ça ne lui vient même pas à l'esprit que la région Bretagne reconnait 3 langues officielles sur son territoire, alors que l'état français quant à lui n'en reconnait qu'une seule et unique : article 1 : la république est une et indivisible, article 2 de la constitution "la langue (unique) de la république est le français". Qui donc essentialise sa langue ? B. Morel est tellement ethnocentré qu'il ne se rend même plus compte de son imposture, il ne se rend même plus compte qu'il est le plus grand représentant de ce qu'il prétend dénoncer.
-Idem quand M. Morel dénonce la traduction de Vitré en Breton par une une maire pourtant démocratiquement élue, il a cependant raison de préciser que Vitré se situe dans la zone des marches de Bretagne (à l'est des départements d'Ile et Vilaine et de Loire Atlantique incluant Rennes et Nantes) et où l'on a jamais parler breton. Mais il omet de dire que les formes bretonnes des principales villes des marches sont connues de tout temps. Ma grand-mère léonarde quand elle se déplaçait à Rennes se déplaçait à "Raouzhon". Ça ne choque que les esprits obtus de voir associer la forme bretonne "Roazhon" à la forme française (et gallaise) de Rennes à l'entrée de la ville. Monsieur Morel a également oublié que bon nombre de noms de lieux ou de noms de famille bretons ont été francisés sans même avoir demandé leur avis au bretons durant le 19 ème et le début du vingtième siècle, parfois d'une manière bien stupide d'ailleurs (ex : Kroazhent qui veut dire croisement transformé en Croissant) . Plus personne ne semble s'offusquer de voir par exemple vannes pour Gwened ou bien Ouessant pour Eusa... Tout le monde a également oublié que le préfixe "Le" devant les noms de famille breton n'a en fait absolument rien de breton. Le "LE" a été imposé pour faire plus français à défaut de comprendre le breton et de pouvoir traduire le mot en entier.. Ex Le Gwenn se disait juste Gwenn. Les noms les plus facile à traduire étaient d'ailleurs parfois traduits complètement : ex "Gwen" en "Leblanc".
- Je reviens encore une fois sur le point de la langue standard qui ne serait pas comprise par les brittophones natifs et inversement. On a là affaire à un mélange de mauvaise foi, d'ignorance crasse et encore d'ethnocentrisme caractérisé. Monsieur Morel ignore t-il la linguistique à ce point pour ne pas savoir ce que constitue l'état vernaculaire d'une langue. Prenons par exemple le cas du français et de la langue d'oil. La langue d'oil comme toutes les langues du monde n'a d'abord existé qu'à l'état vernaculaire avec sa douzaine de dialectes (francien, angevin, normand, picard, gallo, bourguignon, mainiot, lorrain, wallon, champenois....). Comme tous les dialectes de toutes les langues du monde l'intercompréhension au sein de la même langue était plus difficile au delà d'un rayon de 50 km soit une journée de cheval.Un gallo comprenait donc difficilement un francien qui comprenait difficilement un picard... etc. La langue d'oil a donc chercher à s'unifier. Elle aurait pu le faire en essayant de constituer une langue interdialectale plus ou moins compréhensible pour toutes les langues d'oil, mais ce genre d'approche ne faisait pas légion à l'époque. C'est donc un dialecte qui s'est imposé sur les autres, ça a failli être le picard et se fut au final la langue du roi, c'est à dire le Francien, et plus précisément encore un mélange de sous dialectes que sont l'Orléanais et Le Parisien avec quelques influence angevines, le tout mâtiné de néologismes que les lettrés sont allés puisés dans le latin. Le francien est donc au français ce que le hochdeutch est à l'allement ou bien le castillan à l'espagnol, c'est à dire un dialecte au sein d'une langue qui s'impose aux autres dialectes de la même langue. Mais pour que ce dialecte puisse être compris correctement par tous les autres dialectes vernaculaires de la langue d'oil, il a fallu l'enseigner. D'où l'école. C'est pareil en Allemagne où par exemple un bavarois, un suisse allemand,etc... ne comprendrait pas bien l'allemand hochdeutch s'il n'avait été au préalable enseigné. Idem en espagnol, en arabe, en néerlandais, en anglais, en portugais et dans toutes les langues du monde ! Et idem donc en Bretagne. Si ,les anciens avaient été enseignés dans leur langue avec une écriture standardisée, celle-ci aurait été rapidement et intégralement comprise, les dialectes se seraient d'ailleurs un peu homogénéisés tout en étant préservés. C'est pareil dans l'autre sens un B.A.BA de dialectologie en breton permet aisément de comprendre tous les dialectes et également se faire comprendre en breton dialectal. Alors où est le problème Monsieur l'inquisiteur ? Si il y en a un c'est bien le fait de l'interdiction qui a été faite aux anciens d'être instruit dans leur langue.
Quand au choix de la langue standardisée, les bretons n'ont pas repris le dialecte de leur roi puis de leur duc, car ils n'en avaient plus depuis le 16ème siècle (merci François 1er, merci Villers Cotret), je dirai qu'au final la langue standardisée qui a été retenue est très proche du dialecte du léonard, certains diront trop proche...certains regretteront une approche plus interdialectale bien que ce cas de figure soit en définitive assez rare, dans toutes les langues du monde c'est comme je le disais bien souvent un dialecte qui s'impose aux autres...