-- La réunification --

Fin de la session parlementaire : l’amendement Le Fur – de Rugy en friche

La session parlementaire vient de se finir il y a un quart d'heure, sans que l'amendement propulsé par les députés Le Fur et de Rugy (voir notre article) à la fin de l'année 2011 n'ait été voté par le Sénat.

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Les travaux de l'Assemblée devaient s'achever initialement le 10 mars, mais les députés ont pris de l'avance ; le vote de l'amendement des deux députés bretons au projet de loi d'application de l'article 11 de la Constitution après la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 n'a pas été inscrit à l'ordre du jour du Sénat. Marc Le Fur et François de Rugy expliquaient ainsi l'objectif de leur amendement : «permettre à un département qui souhaite changer de Région administrative de demander l'organisation d'un référendum local sur son territoire et dans les départements de sa future Région de rattachement, sans que les autres départements de sa Région ne puissent l'en empêcher ».

La question reste donc à ce jour en plan ; on peut penser cependant qu'elle sera rouverte après les élections si toutefois des adversaires résolus de la réunification bretonne ne parviennent pas au pouvoir.

Mais la période électorale se prête bien au rassemblement des nombreuses revendications de modification des limites administratives qui pourraient bénéficier de l'amendement Le Fur – de Rugy : rattachement du territoire de Belfort à l'Alsace, union des deux Normandie dont l'état actuel de division entraîne un déclin certain (voir notre article), réunion des deux départements savoyards, alsaciens, corses, au sein d'une même collectivité territoriale, reconstitution du Dauphiné, retour du Bourbonnais (Allier) au Berry et de la Vendée au Poitou, etc. Pour que l'amendement des députés bretons ne soit pas enterré avant même d'avoir pu devenir une loi.

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Étudiant en droit-histoire expatrié en Orléans, passionné par l'histoire et le patrimoine de la Bretagne. S'intéresse aussi à l'économie bretonne et à l'actualité de Loire-Atlantique.

Vos commentaires :

Fabien Renaud
Mardi 6 mars 2012

Tout à fait convaincu de la pertinence d'un tel découpage des régions, mais je pointerais une difficulté rarement évoquée dans ce débat en Bretagne : peu de Vendéens n'ont envie de se voir rattachés au Poitou et ainsi séparés de l'espace nantais. Ils ont en plus l'impression qu'on leur fait le coup du découpage des régions sous Vichy mais cette fois à leur insu. Attention à ne pas faire aux autres ce qu'on nous a fait ! C'est décider à leur place de leur avenir, de façon arbitraire, qui plus est par les Bretons avec qui ils nourrissent une certaine rivalité cordiale. Par ailleurs, il y a très peu de revendications rattachistes au Poitou en Vendée. A choisir, le Vendéen préfèrerait avoir sa propre région à lui tout seul ! Au minimum, il tolèrerait peut-être de voir ajouté le terme de Vendée-Poitou Charente tant les Vendéens ne ressentent plus de lien, de destin commun avec le reste du Poitou. IL faut bien saisir ce paradoxe : anti-révolutionnaires par essence, les Vendéens ont totalement adopté la notion même de département, pourtant héritage de la Révolution française ! Un comble, mais c'est là certainement un vieux reste de légitimisme bonapartiste (n'oublions pas que La Roche-sur-Yon doit beaucoup de son existence et de son développement à Napoléon). Voilà, histoire d'éclairer les lanternes des Bretons qui méconnaissent trop les problématiques (elles aussi, elles existent) de leurs proches voisins. A trop focaliser sur les leurs, les Bretons oublient de "se penser" par rapport aux autres, à leur environnement voisin. C'est l'une des clefs des blocages actuels (notamment du blocage nantais) sur la question de la réunification. Même si les Bretons ont été privés arbitrairement d'une partie de leur territoire, il leur faut gagner l'adhésion de ceux qui ont bénéficié de ce découpage. On peut trouver ça fâcheux, absurde, injuste, mais c'est ainsi. Du reste, les hommes politiques ligériens ou vendéens actuels ne se sentent pas du tout redevables (ni même concernés) du passif pétainiste de 1941...

Fabien Renaud
Mardi 6 mars 2012

J'ajouterais même que, pour le coup, à parler du positionnement ou du ressenti des habitants des départements voisins à la Bretagne, nombre de Mayennais ne verraient pas d'un mauvais oeil le rattachement de leur département à la Bretagne !!! Testez le débat auprès d'eux, à choisir entre le Val de Loire et la Bretagne, à mon avis, le choix serait vite fait ! Autant le Val de Loire coule de source pour un Angevin ou un Sarthois, autant le Mayennais se sent plutôt tourné vers Rennes et la Bretagne... et pas seulement dans l'ex Comté de Craon !

Fichtre, voilà qui nous ferait une Bretagne à six départements (et 4,6 millions d'habitants)!

Naunnt
Mercredi 7 mars 2012

C'est sûr que le vendéen ne se sent pas poitevin et uniquement vendéen. En cas de démembrement des Pays de la Loire, ils préféreraient avoir une collectivité territoriale unique ( région + département) en Vendée.

henri f bideau
Mercredi 7 mars 2012

Yann LeBleiz
Mercredi 7 mars 2012

@ Fabien Renaud,

La population de la Bretagne est de 4,5 millions d'habitant. Pas besoin de 6 département pour cela.

Si les Vendéens et Mayens souhaitent s'attacher à la Bretagne, ce que je doute. Qu'en serait-il lorsque la Bretagne voudra reprende sa place en Europe, comme le fait actuellement l'Ecosse*?

C'est quand même ainsi, que tout cela se terminera!

(Les habitants de la région de Newcastel sont très proches des Ecossais. Ils n'ont pourtant pas demandé un attachement à une Ecosse qui veut devenir européenne.)

Fabien Renaud
Mercredi 7 mars 2012

Oui, bon, ben ça en ferait alors 4,7 et des brouettes...

C\'est quand même ainsi que tout cela se terminera> J\'espère bien, sinon ça ne sert à rien de faire l\'Europe. Les inconvénients sans les avantages ?

André BERLAN
Jeudi 8 mars 2012

Les Vendéens sont très européens, comme les Mayennais. En témoigne leur OUI massif au référendum pour la Constitution Européenne, en 2005, un OUI qui est allé complètement à l'encontre du système villiériste mis en place en Vendée.

Patrick Chevin
Mardi 24 avril 2012

Si l'on revendique la réunification de la Bretagne sur une base historico-légale, alors la vendée appartient bien au Poitou, et ce depuis l'époque gauloise (Pictones). Si on le fait sur une base linguistico-culturelle, alors la frontière serait plutôt la Loire! Par contre, guère de différence entre l'Ile-et-Vilaine et la Mayenne! Mais une et de taille entre la Basse et la Haute Bretagne...

Pourquoi ne pas revendiquer plutôt le droit à l'autodétermination ?

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