Festival Mythos 2026 : une édition flamboyante où mots, musiques, scène et gastronomie s’embrasent bientôt à Rennes.

Rennes s’apprête à vibrer une nouvelle fois au rythme des arts du récit. Du 3 au 12 avril 2026, le Festival Mythos revient avec une édition qui s’annonce aussi foisonnante qu’audacieuse, réunissant musiciens, comédiens et créateurs venus de tous horizons.

festival Mythos 2026festival Mythos 2026 Domaine public

Pour sa 30ᵉ édition, Mythos confirme plus que jamais son statut de rendez-vous incontournable du printemps culturel breton. Le festival investira à nouveau le Théâtre du Thabor, les chapiteaux du Cabaret Botanique, ainsi que plusieurs lieux emblématiques de la métropole rennaise.

La gastronomie, troisième grande spécialité du festival, sera une fois encore à l’honneur. Les festivaliers pourront savourer les créations de cheffes et chefs étoilés. Cette année, la marraine de l’édition n’est autre que Marion Denieul, qui apportera son savoir-faire et son univers culinaire au cœur de Mythos. Les réservations de tables ouvriront le 16 mars.

Côté théâtre et arts du récit

Mythos 2026 mettra particulièrement en avant la création contemporaine, avec des pièces et formes hybrides qui interrogent sur notre époque.

Plusieurs créations marquantes viendront animer les scènes rennaises, entre fables politiques, récits intimes et théâtre documentaire.

Monarques Emmanuel Meirieu (TNB)

Avec Monarques, Emmanuel Meirieu signe une fable inspirée d’histoires vraies : celles de migrants quittant le Mexique pour rejoindre le Canada dans des conditions inhumaines. Le metteur en scène transforme ces trajectoires brisées en un récit poignant, où la poésie se mêle à la violence du réel. Une création qui s’annonce comme l’un des temps forts, au TNB.

Quand on dort on n’a pas faim Anthony Martine (CCNRB)

Anthony Martine livre un récit coup-de-poing, un cri d’alerte contre le racisme et l’homophobie. À travers une écriture frontale et sensible, le spectacle explore les mécanismes de la haine ordinaire et la manière dont elle façonne les corps et les destins. Une pièce nécessaire, portée par une mise en scène épurée.

Le Papier peint jauneAlix Riemer & Charlotte Perkins Gilman (CCNRB)

Adapté de la nouvelle culte de Charlotte Perkins Gilman, Le Papier peint jaune plonge dans la psyché d’une jeune mère enfermée dans la chambre de son nouveau-né. Ce huis clos oppressant, souvent considéré comme un texte fondateur du féminisme américain, devient, sous la direction d’Alix Riemer un récit sur le « baby blues » qui glisse lentement vers la tragédie. Une création qui promet d’être aussi troublante que nécessaire.

Soprane (Opéra de Rennes)

Avec Soprane, David Gauchard propose une forme de théâtre documentaire consacrée au métier de chanteur lyrique. Le metteur en scène a mené de nombreux entretiens avec des artistes d’opéra pour composer un spectacle qui dévoile les coulisses, les exigences et les fragilités de cette discipline. La pièce a été créée en collaboration avec la soprano Jeanne Crousaud, dont la présence scénique donne une dimension intime et incarnée au projet.

Nelvar, le royaume sans peuple Logan de Carvalho & Margaux Desailly (Théâtre du Vieux Saint-Etienne)

Dans un univers peuplé d’Orcs, de Trolls et de Magnes, Nelvar imagine une société fantastique contrainte d’apprendre à vivre ensemble. Cette fable fantasy-politique explore les mécanismes de la démocratie à travers un récit ludique et foisonnant. Une proposition audacieuse qui mêle imaginaire et réflexion citoyenne.

Côté musique

Le festival dévoile cette année une programmation qui conjugue têtes d’affiche et jeunes talents. Parmi les noms les plus attendus figure Peter Doherty, annoncé au Cabaret Botanique le mardi 7 avril. Une venue qui devrait attirer un large public et confirmer l’ambition de Mythos de mêler prestige et découvertes.

Il y a chez Peter Doherty quelque chose d’insaisissable, une manière d’habiter la musique comme on traverse une vie trop pleine, trop vive, trop fragile. Depuis plus de vingt ans, l’ex‑leader des Libertines et de Babyshambles avance en funambule, oscillant entre fulgurances poétiques et dérives assumées. Et pourtant, derrière le mythe du rocker écorché, demeure un auteur d’une sensibilité rare, capable de transformer la mélancolie en matière première.

Sur scène, il ne cherche pas à rassurer. Il séduit autrement : par sa vulnérabilité, par cette présence à la fois lunaire et magnétique. Sa voix, légèrement voilée, porte les cicatrices du temps mais aussi une douceur inattendue. Elle flotte, se brise parfois, puis revient, plus sincère encore. C’est ce déséquilibre permanent qui fait de lui un artiste à part. Un chanteur qui ne triche pas, qui laisse voir les coutures, qui transforme chaque concert en moment suspendu.

Ces dernières années, Doherty a gagné en apaisement sans perdre son feu intérieur. Ses compositions se sont ouvertes, plus contemplatives, parfois presque pastorales, comme si l’exil en Normandie lui avait offert un nouveau souffle.

Peter Doherty n’est peut-être plus l’enfant terrible des tabloïds, mais il reste l’un des derniers véritables poètes du rock, un artiste dont la musique continue de murmurer à ceux qui savent écouter.

Autre artiste très attendu cette année : Bertrand Belin, qui montera sur la scène du Cabaret Botanique le dimanche 5 avril ( déjà complet) . Sa présence promet un moment d’élégance musicale, porté par son timbre singulier et son écriture ciselée.

Dans un paysage musical souvent dominé par la saturation et l’immédiateté, Bertrand Belin cultive l’art rare de la retenue. Sa musique avance à pas mesurés, comme si chaque note devait d’abord traverser un long corridor de silence avant d’atteindre l’oreille. C’est cette lenteur assumée, presque hypnotique, qui fait de lui l’un des artistes les plus singuliers de la scène française actuelle.

Les textes de Belin fonctionnent par images, par fragments, par ellipses. Il ne raconte pas une histoire : il ouvre un espace. On y croise des silhouettes, des gestes minuscules, des paysages mentaux. Ce qui frappe chez Belin, c’est sa capacité à faire exister le vide. Sa musique ne remplit pas l’espace : elle le dessine. Elle invite à écouter autrement, à ralentir, à se laisser happer par une atmosphère plutôt que par un refrain.

Belin n’est pas seulement musicien : il est aussi écrivain et acteur. Cette transversalité nourrit son rapport au rythme, à la scène, au récit. Ses concerts ressemblent parfois à des pièces en clair-obscur, où chaque geste compte, où chaque silence devient un personnage.

On pourra également retrouver au Cabaret Botanique, le mardi 7 avril, Didier Super, l’agitateur qui bouscule sans relâche la scène française. Son humour corrosif et son sens aigu de la provocation promettent un moment aussi déjanté qu’inoubliable.

Sa musique, volontairement brute, faussement simpliste, cache en réalité une mécanique redoutablement efficace.

Ce qui fait la force de Didier Super, c’est sa capacité à dire tout haut ce que personne n’oserait murmurer. Ses chansons jouent avec les limites, les clichés, les tabous. Mais derrière l’irrévérence, il y a une vraie lucidité sur la société, une manière de tendre un miroir déformant qui révèle souvent plus de vérité qu’un discours sérieux.

Il ne provoque pas pour provoquer : il provoque pour réveiller, pour bousculer, pour faire réfléchir en riant.

Sur scène, Didier Super est un spectacle à lui tout seul. Il mélange musique, stand-up, théâtre, improvisation. Il joue avec le public, le provoque, le prend à témoin. Ses concerts ressemblent à des cabarets anarchiques où tout peut arriver, où l’on passe du rire gras à une forme d’émotion inattendue.

Didier Super n’est pas là pour plaire : il est là pour secouer. Dans une époque qui manque parfois de culot, sa voie décalée fait un bien fou.

Et ce n’est qu’un aperçu : une multitude d’autres artistes viendront animer les différentes scènes de Mythos édition 2026, promettant une programmation aussi dense que surprenante.

Toutes les informations pratiques — horaires, dates, billetterie — sont à retrouver sur le site officiel du festival.

https://www.festival-mythos.com