Alors que la politique linguistique est en échec, la fermeture des classes bilingues annoncée par le rectorat est un pur scandale. Elle soulève une question de taille. Pourquoi ce silence de Loïg Chesnais-Girard, premier responsable de la politique linguistique ?
Fermeture de classes bilingues : pourquoi ce silence de Chesnais-Girard ?
A Cavan, Saint-Rivoal, Carhaix et sans doute ailleurs, le recteur d’académie projette la fermeture d’une classe bilingue. Le dynamisme de l’enseignement bilingue en Bretagne est-il si fort que l’on puisse se permettre de fermer des classes ?
La fermeture d’une classe dans une filière d’enseignement bilingue brise une dynamique et la met en danger.
A quoi bon ouvrir des classes ici ou là, si ailleurs on en ferme autant ? C’est hélas la situation de l’enseignement bilingue en Bretagne puisque pour la première fois cette année le nombre d’enfants scolarisés en filière bilingue breton-français est en baisse.
Monsieur le recteur d’académie suit une logique comptable et se moque bien de l’enseignement de notre langue. Ce n’est pas sa priorité. Ce serait même la logique inverse qui prédominerait puisque les vieilles préventions à l’égard de notre langue n’ont jamais déserté l’esprit de nombreux enseignants.
La Bretagne reste cette éternelle variable d’ajustement et les fermetures de classes au nom de la baisse de la démographie profiteront à d’autres territoires.
La pensée d’Etat domine toujours. Nous n’avons rien à attendre de Monsieur le recteur.
Le plus grave, c’est le silence assourdissant du premier responsable de cette politique linguistique, Loïg Chesnais-Girard, et qui doit l’assumer devant les Bretons.
Nous connaissons sa position : « C’est l’Etat qui ne fait pas son boulot ». Oui, mais alors pourquoi ça marche au pays basque et en Corse et pas chez nous ?
Comment la Bretagne pourrait-elle exister au sein du système France si son premier représentant se tait superbement ou ne met pas le bleu de chauffe pour sauver une école Diwan privée de locaux comme à Bourbriac ?
Et si c’était Loïg Chesnais-Girard qui ne faisait pas son boulot ?
Loïg Chesnais-Girard ne peut négliger le fait que celui qui se tait consent toujours. Il doit s’exprimer avec force pour exiger la sanctuarisation des classes bilingues et de l’enseignement en Bretagne, et sans se réfugier derrière l’étroitesse des compétences dévolues à la région. C’est au nom du peuple breton que sa voix devrait porter !
La Bretagne qui ne résiste pas est une Bretagne qui se meurt et se banalise en « région » comme une autre. La Bretagne qui se tait n’est pas celle du peuple breton. Il faudrait le redire à LLoïg Chesnais-Girard qui, plus que jamais, fait partie du système, alors que tout s’effondre autour de nous et que c’est le moment ou jamais de le dénoncer pour tracer un autre chemin. Je crois même que, par son inexistence, il se comporte en meilleur soutien du système.
Nous avons le choix entre la banalisation de la Bretagne en « région » sous couvert des représentants du système comme Loïg Chesnais-Girard ou l’émancipation de notre peuple qui, seule, permettra de sauver nos langues.
Quel chemin prendrons-nous ?
Yvon Ollivier
Commentaires (4)
Oui mais il faut voir cela aussi dans le contexte actuel de la lutte des classes,vu la chute de la démographie c'est la panique générale, çà ferme de partout et ce n'est pas prêt de s'arrêter, alors c'est le sauve qui peut, privé, publique, bilingue, diwan la chasse aux élèves va entraîner une ambiance de plus en plus délétère dans le milieu scolaire, il se peut que l'enseignement du breton en soit encore victime.
Il est sûr que l’enseignement du breton sera une victime et elle sera même la première. L’occasion est trop belle de s’en débarrasser sous couvert de crise générale.
Heureusement que dans ce contexte difficile, le journal Ya ! multiplie les articles natalistes, pour que la relève soit assurée, et que la langue bretonne gagne du terrain. Merci à eux.
Je m'interroge sur le département des Côtes d'Armor en charge de l'enseignement . Que fait-il ? Est-il prêt à s'investir sur ce dossier ?