Rencontre avec Jean Rouaud « Tout paradis n'est pas perdu »
Rencontre avec Jean Rouaud « Tout paradis n'est pas perdu » © abp.bzh

Quand le ton a monté sur la question du voile et du menu de substitution, il m'a suffi de me retourner pour

Chroniques de 2015 à la lumière de 1905

Quand le ton a monté sur la question du voile et du menu de substitution, il m'a suffi de me retourner pour revoir dans mon enfance ce geste des femmes se couvrant la tête d'un fichu avant de sortir. Nous étions en Loire-Inférieure et la loi de 1905 était suffisamment accommodante pour accorder un jour férié aux fêtes religieuses et servir du poisson le vendredi dans les cantines, et pas seulement celles des écoles libres.

Loi de séparation des Églises et de l'État, mais en réalité de l'Église catholique et de l'État, les autres faisant de la figuration, et l'Islam n'existant pas puisque les musulmans d'Algérie n'avaient pas le statut de citoyen. De même, il a fallu la tragédie de Charlie pour nous rappeler qu'on avait longtemps débattu avant d'autoriser la représentation des figures sacrées. Ce qui n'allait pas de soi tant le monothéisme se méfiait de l'idolâtrie en souvenir du veau d'or. Les conciliaires réunis à Nicée tranchèrent en faveur de la représentation. C'était en 843.

Notre monde envahi d'images vient de là. Ce qui n'en fait pas un modèle universel.

Né à Campbon, Jean Rouaud obtient le prix Goncourt pour son premier roman, "Les Champs d'honneur" (éd. de Minuit, 1990).

Il est l'auteur, chez Grasset, d'"Un peu la guerre" (2014), "Être un écrivain" (2015), et "Misère du roman" (2015) et dernièrement de "Tout paradis n'est pas perdu" (2016).

Infos pratiques :

25 rue du Pouly

29690 Huelgoat

+33 (0)2 98 99 75 41

contact [at] ecoledesfilles.org

Un début de parcours professionnel comme commissaire-priseur (1986-1993), avec la création de Drouot estimation, et un premier virage pour Françoise Livinec. Elle suit une formation de psychologue tout en étant... vendeuse chez un brocanteur aux "Puces" à Paris. Elle garde même cette activité lorsqu'elle est recrutée par un hôpital psychiatrique. En 2004, elle quitte définitivement le monde médical pour ouvrir la galerie Avenue Matignon à Paris. En 2008, Françoise Livinec investit le garage de la maison de sa grand-mère à Huelgoat. Elle y ouvre une nouvelle galerie. Succès immédiat pour ce qui est devenu la Maison du Lac. Les bénéfices des tableaux vendus sont réinvestis dans l'achat, en 2009, de l'ancienne école des filles. Métamorphosés, les locaux de l'école sont aujourd'hui d'insolites