Et si Nantes choisissait la Bretagne ?

-- La réunification --

Communiqué de presse de Bretagne Prospective
Porte-parole: Michel Bouvier

Publié le 21/03/15 22:27 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Une partie des élites nantaises a souvent joué et joue encore contre l'unité bretonne. Dès 1941, à une époque où la Bretagne était en situation de misère, les pouvoirs économiques (CCI notamment) regardaient avec condescendance une identité associée à la misère et au déclin économique. Aujourd'hui, dans un pays si centralisé, de nombreux pouvoirs institués tirent leurs subsides du pouvoir central et ne veulent surtout pas couper la branche sur laquelle ils sont assis (le Conseil régional des Pays de la Loire etc.). Parallèlement, on donne actuellement à Nantes comme à Rennes des statuts de « métropoles » qui gonflent soudainement leurs budgets. Si l'on prend un peu de recul, on constate que le bilan de la « réforme territoriale » socialiste aura été par dessus tout la négation des identités régionales. A l'inverse, on privilégie avec une vision administrative des « capitales de province » (Nantes, Rennes, Brest) comme pour mieux opposer les villes à leurs territoires. Les fractures territoriales pourtant jugées « insupportables » vont encore se renforcer. Les métropoles risquent de plus en plus d'abattre leurs cartes personnelles au-delà des projets régionaux.

Cela dit, sur une temporalité plus longue, l'identité bretonne n'a plus du tout à Nantes la même image que dans les années 1950. Le mot Bretagne est très couru pour le dépôt des marques : plus de 1 600 en tout sur la base de l'INPI si on prend Bretagne (905), Breizh (624), Armorique (50), Triskell ou Triskalia (30) etc. A l'inverse, les deux mots « Pays de Loire » ou « Pays de la Loire » sont choisis par ... 85 structures ou entreprises !

Cela, les Nantais le savent bien. D'esprits commerçants et industriels, ils sont engagés dans une compétition européenne avec d'autres métropoles pour attirer les « fonctions stratégiques » et « les sièges sociaux » des entreprises. S'il existe des « villes solitaires » (Hambourg, Détroit) qui tentent une stratégie marketing isolée et fragile, ils constatent que d'autres villes « solidaires » avancent avec leurs régions (Barcelone avec la Catalogne, Bilbao et le Pays Basque, la Bavière avec Munich ...). D'autres territoires privilégient même le fait régional. En dépassant et mutualisant les seules appellations urbaines de Los Angeles ou de San Francisco, la Californie « vantée dans son ensemble » est devenue la région la plus attractive au monde. Pour les villes bretonnes, il y a donc une place à prendre. Actuellement, les villes n'ont ni notoriété mondiale (11 975 appellations pour Paris), ni même de réelle notoriété européenne : 284 choix pour Nantes sur la base de l'INPI, 168 pour Rennes, 110 pour Brest, 92 pour Quimper ou Kemper, 24 pour Saint-Nazaire pourtant en pôle position pour la construction navale etc. De surcroît, avec un regard parisien, Nantes se rend compte que les « concurrentes » Bordeaux et Rennes se rapprochent de la capitale (la liaison Bordeaux-Paris va être raccourcie d'1h30, Rennes sera à une heure trente de Paris...) alors que leur projet d'aéroport végète. De fait, le marché de l'immobilier d'entreprise à Nantes plafonne. Le port de Nantes-Saint-Nazaire est mal en point et voit son trafic chuter, alors que la mondialisation maritime se poursuit et dynamise les autres péninsules. En réalité, par défaut de région, l'image de Nantes est peu lisible. Elle est tour à tour bretonne, capitale de la Loire-Atlantique, ligérienne, nantaise (« les folles journées », « Nantes métropole »...), des Pays de la Loire, du « Grand » Ouest... Elle fut même de « l'Ouest Atlantique », structure destinée à « attirer les investisseurs internationaux » et qui a fermé ses portes en décembre 2012 puisque, de l'avis même de ses promoteurs, « il vaut mieux arrêter quelque chose qui ne marche pas » (J. Macaire). Mais quelle gabegie financière puisque des millions d'Euros ont été engloutis et quel brouillage dans le message ! Nantes n'est-elle pas localisée géographiquement à l'est de l'Atlantique ? En somme, Nantes-Saint-Nazaire est actuellement coincée. Le développement est réel mais loin d'atteindre les ambitions affichées et le port surtout donne de réels signes d'inquiétudes. Face à ces difficultés, le pouvoir nantais aura-t-il l'audace d'abattre la carte bretonne ? D'un côté, c'est loin d'être évident car dans ce pays si centralisé, il reste inféodé pour de nombreux projets au pouvoir parisien. Mais de l'autre côté, Rennes, « ville d'Etat » (F. Damette) s'affiche de moins en moins comme bretonne. Il y a donc une place de leadership à prendre d'autant que la ville de Nantes se singularise dans la typologie de F. Damette par un profil « pragmatique », très « commerçant et industriel ». Nantes capitale de la Bretagne. Une appellation « Nantes Bretagne » ! Une ville non pas institutionnalisée et de plus en plus administrée (est-ce l'avenir ?), mais qui retrouverait l'audace et le commerce qui a fait sa prospérité. On rêve sans doute. Mais si une élite du milieu d'affaires et déterminée transcende cette Bretagne aimée mais en jachère économique, elle bénéficiera de nombreux soutiens pouvant déclencher l'avalanche. L'histoire démontre comment le positionnement territorial est essentiel pour la vitalité économique. La Californie avait une image catastrophique au début du XXe siècle (une terre de violence, de non-droit, le tremblement de terre de 1906...). Un immense travail sur une image limpide (le soleil, le surf, les entreprises, le cadre de vie...) et des actions très concrètes du fonds d'investissement de Frederick Terman menées dans les années 1960 ont construit le business, un pouvoir financier et économique régional. On sait que Paris fera tout pour éviter l'unité de la Bretagne, car c'est la seule région à pouvoir, par sa taille démographique et son identité, porter une vision girondine et entraîner toute la France sur la voie de la décentralisation. « Le pouvoir, cela se prend » disait J.-Y. Le Drian. De formidables complémentarités peuvent exister avec Rennes, Brest (notamment sur la mer) et les autres villes et campagnes bretonnes pour un véritable projet collectif et original ... qui va profiter au premier qui va dégainer. Rennes ne le fait pas. L'image de la Bretagne est pourtant désormais remarquable et libre de droit avec une population partante, le terreau d'une appartenance collective et la présence de pouvoirs de décisions enracinés et réels. Pour résoudre ce problème de positionnement régional que plus personne ne conteste, les Nantais vont-ils choisir de se réveiller ?

Le Comité de Rédaction de construirelabretagne.org

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Vos 24 commentaires
yanneutch
Samedi 21 mars 2015

La bourgeoisie nantaise a toujours joué son propre jeu.
La FRB jouait la carte de la grande Bretagne, puis les régions Clémentel consacraient l'hinterland nantais...
Sacrée problématique que Nantes, excentrée au Sud-est de la Bretagne et tourné&e soit vers le littoral Sud breton (les chansons populaires en breton mentionnent souvent Nantes, jamais Rennes), soit l'Est continental.

Brocèlbreizh
Dimanche 22 mars 2015

Rennes est polluée par Rennes métropole.
Que Nantes devienne la capitale économique BZH,c'est dans notre intérêt commun.
BZH autonome dans une république fédérale.
système jacobin:stop.UMPSFN:dehors.
Cordialement.

Paul Chérel
Dimanche 22 mars 2015

C'est assez bien vu mais on pouvait s'attendre à une autre conclusion en lisant le seul premier paragraphe. Il y a beaucoup de "si" dans la suite de l'article. En fait ll faut que la Bretagne, la B4, REdevienne attractive aux yeux des Nantais. Ce n'est pas demain la veille avec tous les mollassons du Conseil général et tous les anti-progrès de la mouvance écologiste. Dans le commentaire de Brocèlbreizh, on souligne comme toujours l'intérêt de la Bretagne de récupérer la L.A. On parle rarement de l'intérêt pour Nantes de récupérer le reste de SA Bretagne. Changeons un peu de discours et changeons surtout TOUS les valets qui se font élire sur de vagues promesses au goût breton ! Paul Chérel

BEN KALED
Dimanche 22 mars 2015

ÔDE AU PAYS NANTAIS
Nantais ! Nantaises !
N'en avez-vous pas marre,
D'avoir le cul entre deux chaises ?
De préférer ces douceurs bizarres
Qu'à l'amour de vos frères,
qui encore et toujours vous espèrent.
N'abandonnez pas le navire qui vous vit naître,
Il est venu le temps de faire machine arrière,
Car il serait bon de vous revoir apparaître,
Nous t'aimons toujours et nous en sommes fiers.
Bretons de Nantes, la Bretagne vous attend !
Soyez dignes et fiers d'être et rejoignez vos enfants !
Fêtons ensemble notre éternelle et fraternelle union,
Afin de ramer ensemble dans la bonne direction.
Car il serait honnête que cette ignoble trahison,
Ne reste plus à jamais qu'une lointaine déraison.
L'odieuse tyrannie nous a coupé de vous,
Mais confiant en votre amour sincère,
La mère patrie espère beaucoup,
Vous voir un jour effacer l'adultère,
Qui vous plongea un jour, malgré vous,
Dans les bras voraces d'un perfide époux.
Ô Nantes ! Gloire de nos aïeux !
Sache que je t'aime de tous mes v½ux.
Aujourd'hui je t'appelle, reviens !
Afin que je t'embrasse de nouveau, enfin.
Te revoir de retour dans nos c½urs,
Nous ravivera et comblera de bonheur.
Car il n'est pas admis que justice ne se fasse,
Devant tant de cris que la mémoire n'efface.
Plutôt mourir que de vivre couché,
Sur la litière impure du violeur éhonté.

Ker itron al lann
Dimanche 22 mars 2015

Merci Paul Chérel pour ce commentaire.

JP. Touzalin
Dimanche 22 mars 2015

Un bon point pour Paul Chérel:
« On parle rarement de l'intérêt pour Nantes de récupérer le reste de SA Bretagne »
Alors?
Quand aurons nous une étude sérieuse de ce côté-là?
C'est une des clefs de notre argumentaire ... encore faudrait-il la retrouver !

Louis Le Bars
Lundi 23 mars 2015

"On parle rarement de l'intérêt pour Nantes de récupérer le reste de SA Bretagne. Changeons un peu de discours et changeons surtout TOUS les valets qui se font élire sur de vagues promesses au goût breton ! Paul Chérel"
Votre phrase sous-entend in fine que le 44 n'est pas breton...et doit trouver un intérêt à l'être. Là est la coeur du problème.
La bourgeoisie nantaise justement ne raisonne qu'en terme d'intérêt. Hormis un contexte breton séparé de la France ou capable de produire ses propres lois/organisation différencié, les dirigeants nantais trouveront toujours intérêt à un gros mollusque dont ils seront le nombril...c'est mathématique. D'autant plus si il n'y a aucune fibre bretonne (on ne choisit pas ses parents).

Naon-e-dad
Lundi 23 mars 2015

Le premier intérêt pour Nantes de revenir en Bretagne, administrativement parlant? La visibilité à l'international.
Quand l'on traverse les océans, la France est déjà difficilement visible bien souvent.
Alors pour expliquer où est Nantes, et ce qu'est Nantes, bon courage!
A contrario, expliquer que la Bretagne est la péninsule qui marque la pointe océanique de l'Europe continentale. Cela est déjà beaucoup plus compréhensible. La cartographie parle.
Ajouter que cette péninsule à une longue histoire, et que Nantes en fut, en est la capitale historique et économique. C'est initier l'interlocuteur à la durée, lui ouvrir un point d'accès à la réalité de l'Europe, dont tout le monde sait ou pressent qu'elle n'est pas née d'hier.
L'ensemble (géographie + ancienneté historique) constitue un socle stable. quoi de plus rassurant pour les affaires? Que l'on vienne de l'Empire du Milieu ou du Nouveau-Monde, cette stabilité-là, cette lisibilité là, cette continuité intéressent et séduisent...
Les milieux d'affaire nantais peuvent le comprendre. Il y ont tout intérêt. Quant aux politiciens locaux actuels, obstinés et brouillons, l'histoire retiendra qu'ils ont freiné outrageusement le développement potentiel de la ville.
Il se construit certes beaucoup d'immeubles à Nantes, mais où est le travail? Contrairement à ce que la "comm'" officielle laisse entendre, le travail y est rare.
Nantes en réalité est enlisée dans un mauvais scénario. Il lui revient de redevenir elle-même, d'accepter ce qu'elle est ou devrait être: la première ville de Bretagne.
Pour l'instant, avec le binôme Ayrault/Auxiette et consorts, on connaît la réponse, c'est non. Ces gens là auront fait perdre beaucoup de temps à la Bretagne et à Nantes!
Pet a amzer bet kollet gant an dud-se!

Brocèlbreizh
Lundi 23 mars 2015

Merci également a BEN ,un peu de poésie,cela fait grand bien!nickel et en plus c'est joli.
Le "OF" devrait en faire autant,ce serait nettement moins ch...!!

Ar Vran
Lundi 23 mars 2015

tout à fait d'accord avec Paul Chérel
C'est d'ailleurs dans ce sens que j'avais écrit un commentaire à propos de la réaction de JF Lebihan
(voir le site)
J'y reviendrai

Lucien Le Mahre
Lundi 23 mars 2015

J'adhère également au contenu de l'article, sous couvert du commentaire de Paul Chérel.
A trop faire de Nantes la Belle de Cadix désirée par les Bretons, on finit en effet par flatter son ego et sa coquetterie en la rendant désireuse de prolonger cette confortable situation.
Si elle prend plaisir aux ardentes sollicitations de ses soupirants enamourés, il serait également souhaitable qu'elle finisse par comprenne quel beau parti lui est offert !

Louis Le Bars
Lundi 23 mars 2015

La Bretagne intéresse les "décideurs" nantais (ceux qui font des pages de pubs pour construire un nouvel Aéroport).
Y a t-il le moindre débat là-dessus ?? Je pense que l'on fait complétement fausse-route !
Rappelez-vous les nombreux amendements des députés de Loire-Atlantique pour absorber la Région Bretagne dans un Grand-Ouest, de force, sans le moindre avis favorable ou consultation des bretons.

Brocèlbreizh
Lundi 23 mars 2015

Nantes pourrait en outre bénéficier d'une économie touristique globale cohérente et efficiente.
En d'autre terme le seul problème ,c'est la puissance de notre union par rapport à la petite province Parisienne!

An Floc'h
Lundi 23 mars 2015

@Paul Chérel
Au niveau symbolique, le port, voilà où cela doit passer.
Mais on vend aux Nantais le fleuve Loire et non l'estuaire (ou quand on le fait, c'est pour se limiter à du culturel mondialisé sur l'art contemporain, aujourd'hui aux bords de l'explosion... Nantes est très, très en retard sur le plan culturel).
Le port N-SN a évidemment une réalité palpable énorme mais son poids reste dans l'imaginaire en deça.
A quand un vrai musée-centre culturel à Nantes sur son port, du passé (tous les passés, pas seulement négrier) au futur ? Quand y aura-t-il enfin un vrai projet maritime dans le Bas-Chantenay plutôt que des manèges ?
Je reste pantois sur le peu d'effets relatifs des commandes pour les Chantiers dans les infos, les discussions à Nantes. Alors que Nantes sans les chantiers ne vaudrait plus grand chose. La rupture est réelle. Le port, les chantiers ne se font pas assez entendre.
Il y a vraiment eu une rupture entre Nantes et l'océan. Le rappel négrier était indispensable et noble, mais il aurait dû se faire dans une optique plus large au lieu d'être tant prépondérant. La Loire est vu comme un fleuve alors qu'elle ne relie pas Nantes à son arrière-pays comme les autres ports d'estuaire.
Faire regarder les Nantais vers le couchant les obligent à voir la péninsule bretonne.
Une compétition maritime comme la Solidaire du Chocolat aurait, pourrait, aider. Malheureusement, les subventions vont dans le recyclage d'événementiels en général déjà périmés quand ils atteignent le quai de la Fosse.

Naon-e-dad
Lundi 23 mars 2015

Je ne dis pas que la Bretagne intéresse les "décideurs" nantais. La plupart ont probablement le nez dans le guidon, et (sauf contre-exemples notables, qui ne passent pas inaperçus) s'adaptent à la situation administrative ou politique.
En revanche, ils peuvent se montrer très sensibles à l'aspect financier. Ainsi, un laboratoire pharmaceutique d'origine nantaise, en phase d'ascension planétaire, a-t-il préféré il y a quelques années transférer son siège (et pas seulement) au Luxembourg. Au grand dam de J-M Ayrault! Voilà pour l'aspect dynamisme, et attractivité!
Je pense que les entreprises auraient bien tort de négliger le fait "régional". Quiconque a voyagé sait à quel point, il est important d'expliquer clairement et simplement d'où l'on vient. Le vis-à-vis se servira de l'information pour établir une image et comprendre qui l'on est.
Une structure technocratique-administrative (les Pays de Loire) ne peut pas rivaliser avec une vraie région pluri-millénaire (la Bretagne historique et péninsulaire).
Le découpage actuel montre haut et fort que la France a un problème politique structurel. Il montre aussi les limites de la Démocratie à la française. Il montre enfin, les fragilités républicaines. De quoi amener un investisseur bien documenté à réfléchir.
Pour finir, juste une remarque additive. Apparemment anecdotique, elle est en fait très significative:
Les psychologues ont vite remarqué que sur la photo officielle présidentielle (faite par Depardon) on ne voyait pas les pieds du Président: le photographe avait instinctivement senti le manque d'enracinement et de stabilité de l'homme... La suite a montré que le portraitiste ne s'était pas trompé dans sa perception.
Dommage pour tous ceux qui attendaient de la "réforme" régionale quelque chose de solide et de pertinent. Et ne parlons pas des deux ans de perdus en atermoiements, et d'autres sujets importants pour l'assise d'une société.
N'eo ket echu gant an drubuilhoù bolitikel, m'eus aon.

Paul Chérel
Lundi 23 mars 2015

@Louis Le Bars. Je comprends ce que vous n'avez pas compris dans mon message en lisant votre deuxième intervention. VOUS vous référez à des députés élus ici ou là dans le cadre d'élections nationales législatives. JE me réfère uniquement à nos élus locaux des Conseils régionaux ou des collectivités plus proches. Ce sont eux les mollassons. Les autres, on s'en fout, ce sont des Parisiens et il n'y a plus rien à attendre d'eux. Paul Chérel

Donbzh
Mardi 24 mars 2015

Depuis la non-réforme territoriale, transformé en découpage administratif, beaucoup de bretons qui s'ignoraient, redécouvrent la guerre girondin/jacobin qu'ils croyaient dépasser, ou que certains avaient voulu leur faire croire oublier...
Nous aurons grand besoin d'éclairage tel que cette analyse pour finir de les convaincre...
Il ne nous manquerait plus que quelques slogans ou image percutante et accessible à tous...
Les Naoned e Breizh ou 44 en Bretagne auraient besoin d'être complété...
Je retiendrai l'exemple de la Californie

Alain MUZELLEC
Mardi 24 mars 2015

Un peu de matérialisme, par pitié!
Certains commentateurs inspirés par les conceptions morales les plus élevées soupirent et déclarent, avec un léger mépris, que la bourgeoisie nantaise ne raisonne qu'en terme d'intérêt.
Peut on leur demander, à ces belles âmes, de quand date le dernière fois qu'ils ont, en pleine conscience, pris des décisions allant à l'encontre de leurs propres intérêts, ce mot étant pris dans son sens large.
S'ils ne l'ont pas fait, ce qui est probable, on peut leur reprocher leur philistinisme déclamatoire.
S'ils l'ont fait, il est prudent de ne pas les suivre dans cette voie!

Louis Le Bars
Mardi 24 mars 2015

"Peut on leur demander, à ces belles âmes, de quand date le dernière fois qu'ils ont, en pleine conscience, pris des décisions allant à l'encontre de leurs propres intérêts, ce mot étant pris dans son sens large."
Mais, c'est très très souvent le cas...défendre politiquement la Bretagne n'a jamais rien apporté à quiconque en terme sonnant et trébuchant ! Franchement, si seul l'intérêt économique ou individuel comptait, la Bretagne ne nous traverserait même pas l'esprit.
Les individus n'agissent pas uniquement en terme d'intérêts, mais aussi en fonction de conviction. Un polonais ou un tchèque ne va jamais demander le rattachement de son pays à l'Allemagne, même si c'est dans son intérêt économique ou social !
Moi je crois qu'on se cache derrière nos petits doigts sur la question nantaise. Si la Bretagne n'était pas attractive, les "décideurs" nantais se seraient précipités pour former une grande région Val-de-Loire, ou une grande région de la façade atlantique.
Si les décideurs nantais ne veulent pas entendre parler de B5 (et c'est le cas) depuis des décennies entières, c'est parce qu'ils ne se sentent pas bretons, c'est une question identitaire. Le Grand-Ouest, c'est un projet identitaire aussi.

An Floc'h
Mardi 24 mars 2015

@Alain MUZELLEC
Les arguments matérialistes sont pléthores pour la réunification. Je consomme moi-même le plus possible breton, sans pour autant être dupe sur la manipulation commerciale de la marque BZH, qui fondamentalement me désole mais que je soutiens néanmoins.
Dans des commentaires internets, on se caricature forcément. Mais la critique de la bourgeoisie nantaise est compréhensible et indispensable. Nantes est une ville populaire, sa bourgeoisie est marchande, par là-même peu attachée au territoire (mais là encore, il n'y a pas de veritable curseur). Il en faut, heureusement. Mais au-delà du point de vue économique, je doute que la bourgeoisie nantaise apporte beaucoup. Se souvenir des mots de Jules Verne sur Nantes, qui attaque plus sa bourgeoisie que son ensemble. Les Nantais brillants (dont Aristide) sontrarement issus de la grande bourgeoisie.
Niveau politique, si JMA est resté si longtemps, c'est aussi à cause de la médiocrité de la droite nantaise.
Et puis, la bourgeoisie en tant que telle disparait. Sa part qui défend ses valeurs, sa moralité est souvent catholique. L'Eglise de Rome s'est de tout temps posée en adversaire de la Bretagne, main dans la main avec la bourgeoisie.
De toute façon, Nantes est aujourd'hui la capitale des bobos. Médiocre aussi. Il suffit de voyager un peu pour se rendre compte que Nantes ne crée plus de modèle mais cherche à répondre à une demande culturellement parisienne. Elle reste, par ses notables, la médiocre provinciale de Verne.
Non, vraiment la bourgeoisie nantaise ne vole pas les critiques. Critiquer la bourgeoisie nantaise n'est pas forcément un réflexe de classe teintée de jalousie et frustration. Il faut voir la réalité, elle est à Nantes plus égoïste qu'ailleurs. Il aura fallu le boboïsme PS, par exemple, pour récupérer une tour LU. La bourgeoisie nantaise se moquait bien de son patrimoine industriel qui tombait en ruines devant ses quartiers.
On peut aussi critiquer à l'envie les classes populaires. Il y aurait assez à dire. Mais dans le cadre de la réunification bretonne, je doute qu'elles représentent un frein aussi important.

Mimop
Mardi 24 mars 2015

C'est très bien vu. A Nantes, nous ne ressentons pas l'identité bretonne dont vous parlez. En revanche nous nous retrouvons très bien dans le Grand Ouest regroupant la Bretagne ET les Pays de la Loire.

Damien Kern
Mardi 24 mars 2015

Pour moi l'autonomie de la Bretagne, ça doit rapporter sinon ça n'a pas de sens. Si on mettait les montants des salaires sur les bulletins de vote, je pense connaître le parti qui gagnerait. ( les bretons sont comme les autres - méditez sur les étages de la Pyramide de Maslow ).
Si j'étais doué en politique (et je suis une calamité - sauf pour l'analyse dans mes investissements ), je batirais un projet économique cohérent qui expliquerait au gens comment prendre des parts de marché. Par contre dire aux gens, on ne sait pas ... ou vous aurez moins; c'est effectivement ce qu'ils comprennent actuellement - d'où leurs votes.
La Bretagne autrefois indépendante, était plus riche que ses voisins, notamment avec la production de toile de lin et c'est pour cela qu'elle l'a été. ( Info : en UK, Cornwall est la région la plus pauvre ).
Pour clarifier l'allusion plus haut. C'est EUROFINS qui est parti au Luxembourg après avoir été créée à Nantes. Nantes n'est donc pas attractif ! N'importe quel personne responsable se poserait des questions, Ayrault n'a eu que la morale à mettre sur la table.
Depuis 30 ans, Rennes et Nantes se livrent a une compétition sur le nombre d'habitants. La source est la dépense publique non récurrente. Je connais des patrons à Rennes, tous dans le secteur du batiment, ils ne penchent pas à gauche sauf pour les contrats. Comme prévue, on va casser une 2ème fois la gare de Rennes.
A Rennes, ils font de la com pour répéter qu'ils sont en train de bâtir les meilleures infrastructures pour les entreprises du futur. De la bonne vieille planification dans toute sa splendeur. Allez consulter le nombre d'emplois high tech et les subventions.
Moi, je veux vivre dans une région qui peut garder les sociétés de type EUROFINS et aussi en prendre au Luxembourg ou ailleurs. Pour l'instant c'est impossible et c'est de pire en pire.
Ces discussions de profs payés par l'état, Monopoly sur les ports, la façade Atlantique, l'université, l'image ... sont tenues par des responsables politiques, qui batissent les infrastructures pour les entreprises du futur.
Sur le terrain, mes rares contacts sur Nantes, dans le secteur marchand, me disent que le boulot est rare depuis 1 an, et on s'expatrie toujours dans le même sens.
Pour conclure, j'ai reçu ça d'EU il y a plus d'1 an - du boulot de pro - down, cliquez sur english - ...
(voir le site)
-> .eu : not found.

charrier daniel
Mercredi 25 mars 2015

tant que la bretagne sera amputés elle boitera j'espère de tout coeur que je le vivrai,la loire atlantique n'a pas d'histoire de gueule si je peut dire,j'essaye d'apprendre se que l'on ma refuser la langue c'est pas simple bcp de jeunes le font c'est encourageant reste le politique et ses interets mesquins égoiste,mais sa ne résistera pas au souhait de l'identité noz vat

An Floc'h
Jeudi 26 mars 2015

@Mimop
Et encore un qui parle pour tous les Nantais... Marrant cette rhétorique des pros GO qui ne laisse jamais place au doute. Les pro-réunification ont aussi leurs certitudes mais avec cependant plus de nuances.
Seulement voilà, les pros GO sont dans la position confortable du soutien des autorités. Ce n'est pas encore de ce côté qu'on va voir émerger des idées neuves.
Si vous aviez raison, cela fait longtemps que les Nantais auraient eu droit à un référendum. CQFD
Seulement voilà, dans leur haine de la Bretagne, les proGO ne se rendent pas compte combien certains peuvent l'aimer et que le GO ne représente rien dans lescoeurs et rien de plus dans les coeurs.
Non,vraiment, à la limite proposer un statut particulier au 44, ça se conçoit mais voir un avenir dans le GO, c'est planer (d'autant que l'avenir GO est surtout vu par des personnes qui méritent la retraite, basta le XXe siècle).

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