Et si l'avenir de la Bretagne se dessinait au village de la Gandonnais ?

Qu'est ce que la Bretagne ? Ils sont nombreux à s'être posé la question qui suffit à nommer le problème. Car le droit ne la définit pas autrement que par son incorporation/digestion au sein de la nation France. Avec en prime une morphologie tronquée par la partition administrative de son territoire historique et des compétences ridicules à son Conseil régional, faux nez du centralisme français. Le droit n'est pas avec nous et les élus non plus qui se complaisent au sein d'un ordre négateur et englobant.

5 sur 5 42 42414_1.jpg 5 sur 5

Au final, il n'est de Bretagne qu'une idée forte de nous-mêmes et tout ce que nous pouvons faire pour lui donner vie.

C'est ce que viennent d'accomplir à leur manière les habitants du village de " la Gandonnais ", hameau perdu au fin fond de la campagne de Fay de Bretagne, commune de Loire-Atlantique , cinquième département breton.

Mais quelle mouche les a donc piqués pour qu'ils décident tous d'apposer la plaque " breizh 5 sur 5 " sur leur barrière, ou boîte aux lettres, comme un étendard dressé contre la bêtise d'un découpage administratif les rejetant dans la région dite des " pays de la Loire "?

Les panneaux Breizh 5 sur 5 fleurissent à l'entrée de nos agglomérations, et voici que les habitants s'en emparent pour dire au monde que leur identité régionale n'est pas celle qu'entend leur imposer le Pouvoir depuis des décennies à grand renfort d'argent public.

Ils sont retraités, salariés, fonctionnaires,artisans, commerçants et… bretons. Sans flonflons ni trompettes, ils l'affirment à leur manière, par une simple plaquette.

Et si nous prenions à cœur d'agir de même, sur notre territoire historique, juste pour rappeler que la France n'a rien à gagner, bien au contraire, à mépriser notre identité bretonne, et que celle-ci a droit de cité dans toutes ses dimensions, qu'elles soient économiques, territoriales, culturelles ou linguistiques ?

Soyons lucides ! Au sein de cet ordre pyramidal, nous n'avons rien à attendre de nos élus dont le rôle consiste à apporter leur caution démocratique à un système conçu pour asseoir la domination de Paris en toutes choses. N'oublions jamais la démission de nos élus socialistes lors de la réforme territoriale de 2014 !

La démocratie française s'est construite à l'envers, il ne tient qu'à nous de la remettre à l'endroit. Personne d'autre ne le fera à notre place.

Et si l'avenir de la Bretagne se dessinait au village de la Gandonnais ?

Yvon Ollivier

Juriste, auteur

©agence bretagne presse

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Auteur de l'article :

Yvon Ollivier

Yvon OLLIVIER est juriste, auteur de l'ouvrage "la désunion française essai sur l'altérité au sein de la République" ed l'harmattan 2012 et membre de la coordination des juristes de Bretagne blog associé desunion-francaise.over-blog.com

Vos commentaires :

Paul Chérel
Mardi 13 juin 2017

Très bien ! A lire, à relire et a diffuser le plus possible. Il faut en effet créer ce mouvement presque à titre individuel auprès de chacun de ses voisins ou amis. La France, même muette et aveugle, finira bien à se poser la question. Quant aux élections actuelles, après la pantomime de la présidentielle, voici la débandade des législatives. Va en ressortir, nous-dit-on, nous serine-t-on, une MAJORITE qualifiée de PRESIDENTIELLE ! A lire les "professions de foi" des élus et des non élus, on peut se demander s'il s'agit de Bretons avec la Bretagne au coœur. Par contre, il faut bien accompagner tout cela d'un PROJET et ne pas se contenter d'un petit drapeau agité au vent. Il faut dessiner une Bretagne vivante, dynamique, conquérante maritimement, économiquement, scientifiquement, industriellement, détachée du cercle vicieux et anachronique français. Paul Chérel

André Gilbert
Mardi 13 juin 2017

Demat

les "ennemis" de la Bretagne sont le plus souvent à l'intérieur de B4

combien de représentations de la Bretagne à 4 par des gens qui se servent de l'image de la Bretagne à des fins commerciales et qui ne respectent pas l'entité Bretonne

est ce par ignorance ? dès que l'on affiche un gwenn ha du , on doit savoir que le pays Nantais y est représenté .

à quand la non possibilité d'utiliser le non Bretagne , alors que l'on ne parle que de la région B4

il est vrai que les représentations diffusées par France 3 Bretagne , Le Télégramme , Ouest France et bien d'autres le font croire (c'est sans doute volontaire , mais qu'ont ils à y gagner ?) et c'est lassant

comment juridiquement empêcher ce mélange ? des professionnels peuvent ils se sentir lésés , se regrouper et intenter une action ?

CDH
Mercredi 14 juin 2017

@ André Gilbert

Une procédure a été intentée en 2004 devant le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU sur une idée de Bretagne Réunie (cf. notamment (voir ABP 883)). A-t-elle été rejetée pour une raison de forme qui pourrait être corrigée? On ne le sait pas car l'avocat en charge du dossier n'a pas communiqué l'information.

Paul Chérel
Jeudi 15 juin 2017

Pour ma part, Je déplore que les Bretons (les militants surtout) agissent en ordre dispersé. Passons sur l'UDB dont les discours sont copier-coller des discours hexagonaux (DE GAUCHE), mais voir un VIGI Bretagne, ignorant de ce que tente de faire Bretagne Réunie et une Bretagne Réunie ne pas tenter de dire à Vigi « Mais nous faisons le même boulot » est désolant. Il faut - ce n'est qu'un exemple, que TOUS les Bretons - du Nord, du Sud, de l'étranger(hexagone en particuier), etc. réagissent immédiatement dès qu'il voient mention d'une Bretagne désignant UNIQUEMENT le territoire désigné ainsi par des lèche -C... Excusez, le mot ne passe pas. Paul Chérel. Deuxième étape, on tapera à bras raccourcis sur les prétendus Bretons œuvrant dans un Conseil Régional aux ordres de Paris et de son représentant étatique faussement provincial.

Luigi Barsagli
Vendredi 16 juin 2017

Combien d'habitants dans ce hameau, à l'initiative de qui ? Pourquoi pas une commune du 44 tout simplement sur décision de son conseil municipal/Maire ?

Avec des résultats si maigre ça ne va pas aller loin...un peu comme les 35000 signatures pour un référendum (sur 1 million d'inscrits). C'est maigre car déjà les bretons (de B4) ne sont eux même pas d'accord sur ce retour du 44...quant aux habitants du 44, se considèrent-ils bretons en majorité ? Rien est moins sûr. Impasse totale.

@ Paul chérel. Très bien pour la question de mention Bretagne. Mais si il n'y a pas de majorité pour la réunification dans le 44 ou en B4, on fait quoi ? Un changement de dénomination ? On change le nom de la Région Bretagne (notons que la Bretagne n'a jamais été une Région avant B4) ? Le Grand-Ouest ?

Paul Chérel
Samedi 17 juin 2017

@Luigi. Majorité ? Pour quoi faire ? C'st justement une minorité agissante et convaincante, qui, au bout du compte, arrive (arrivera ?) à faire une majorité. Mais, dans le cas présent, il ne faut pas mêler justice historique et culturelle avec réunification. Ce sont deux combats de nature différente. Dans le cas du nom Bretagne ne désignant qu'une partie de la vraie Bretagne, pleine et entière, Il s'agit de RIDICULISER, à la limite faire de la contrepub à tous les commerces, entreprises, associations, mouvements y compris des Conseils dits régionaux qui se conduisent comme des chiffes molles à l'égard de leur suzerain parisien. Concernant la réunification, il faut D'ABORD recréer une Bretagne, riche, prospère, surtout côté B4, qui excite l'envie des Habitants de Loire-Atlantique de rejoindre au plus vite les 4 autres départements, ne serait-ce que pour que Nantes industrielle, commerçante, innovante, universitaire, etc. en un mot combative et terre de progrès prenne le rôle qui lui revient de CAPITALE bretonne. Rennes restant dans son allégeance obsolète à Paris tant que les Rennais ne se réveilleront pas. Paul Chérel

Luigi Barsagli
Samedi 17 juin 2017

@ Paul Chérel, pourriez-vous nous préciser de quel coin de Bretagne êtes-vous originaires ?

Par ailleurs je trouve votre message un peu contradictoire dans le sens où vous voulez en gros affaiblir B4, mais il faut qu'elle soit attractive pour attirer le 44...tout en ne l'étant pas assez pour que Nantes en soit la capitale...

On est pas sorti de l'auberge. Je note qu'il est quand même très compliqué de réunir 100 000 signatures en Loire-Atlantique pour demander l'organisation d'une consultation sur la réunification de la Bretagne. Je peux d'ores et déjà vous dire que cela laisse pessimiste sur le résultat d'une consultation sur le sujet en Loire-Atlantique. Et ça ne va pas encourager la "minorité agissante". On ne va quand même pas taper exagérement sur les commerçants de B4 qui affichent (même maladroitement) un attachement à la Bretagne.

spered dieub
Samedi 17 juin 2017

Le mouvement breton est dans le creux de la vague au vu des derniers résultats électoraux .Le problème est de savoir s'il en sortira ou pas ?

Vous parlez de minorités agissantes ,par exemple en 1789 il y avait seulement une douzaine de républicains dans Paris ,la suite on la connait .Le militantisme irlandais bien que n'étant pas très minoritaire n'était pas majoritaire non plus bien que le peuple était oppressé d'une manière violente ,ce qui était un élément de soutien aux nationalistes .En Bretagne au mieux à 75% c'est l'indifférence, on va dire pour ne pas être méchant 10 à15% d'hostilité ,10 à15% de gens favorables à un minimum de revendication bretonne culturelle ou politique ,mais des militants qui ont le courage de s'engager je dirais 1% et encore .Sans compter avec le vieillissement du militantisme ,alors oui je crois que quand les acteurs économiques ,la presse même le télégramme ou ouest France qui parfois mettent en avant la matière bretonne ,il faut les appuyer ce qui n'empêche pas de dénoncer parfois des articles de mauvaise foi qui portent atteinte à la Bretagne .Quand à la capitale bretonne Rennes est désormais plus proche de Paris que de Brest .Je pense que la moins mauvaise solution serait Vannes fédératrice entre l'ouest et l'est de la Bretagne et qui est la ville qui peut exercer un pouvoir d'attraction pour le pays nantais .Avant que la Bretagne existait le sud est morbihannais vénète et le pays namnète formait pratiquement déjà une même entité .C'est aussi en mettant en avant les synergies économiques et donc sociales de ce sud Bretagne que l'on sensibilisera un peu mieux les populations .Le référendum pour l'instant serait risqué rien que par le taux de participation quine serait pas élevé .

Paul Chérel
Dimanche 18 juin 2017

@Luigi. A chacun ses méthodes ! Mais, pour le moment, on ne peut pas dire que les pleurnicheries et les manifs ont eu beaucoup de succès. Affaiblir la Bretagne en constatant que son morceau restant est du pur benit-oui-oui pour la France et ses représentants (cf. résultats de TOUTES les élections) ?. Mon objet est plutôt de la REVEILLER. Relisez mon message et surtout le passage "agissante et convaincante". On ne lance pas une pétition dans le vide sans savoir où l'on a quelques chances d'aller et arriver. Il faut une base AUTRE qu'un drapeau, ou la dénonciation d'une injustice ou d'une aberration. Quand je parle des commerces, des entreprises, je vise surtout leurs fédérations corporatives, qu'elles soient patronales ou syndicales. J'ai l'exemple assez marrant d'une entreprise de TP basée en Loire-Atlantique dont le domaine d'action qu'elle se fixe s'arrête à la frontière. Et ne parlons-pas du ridicule OF et de sa propagande ! Paul Chérel

Maryvonne Cadiou
Dimanche 18 juin 2017

La dernière réforme territoriale... Souvenons-nous que la seule région à en être satisfaite est la Normandie. Elle a été réunifiée alors qu'elle ne demandait plus rien, à notre connaissance...

Le président de l'association pour la réunification de la Normandie était Hervé Morin. Il est venu à l'invitation de Bretagne Réunie à son AG il y a quelques années.

Puis il est devenu ministre (des armées), un moyen de le faire taire...

Souvenons-nous aussi que la réunification était dans le rapport Balladur. Pourquoi a-t-elle alors capoté ? À cause d'un maire de Nantes né en Maine-et-Loire qui - malgré qu'il ait une grand mère bretonne du côté de Pontivy et une villa de vacances du côté de Sarzeau - n'aime pas la Bretagne et voulait un GranTouest de La Rochelle à la Normandie... Il est allé agir contre, auprès de M. Balladur ou des membres du comité (voir ABP 141255) (6.298 lectures) pour les détails de l'annonce du Monde.

Paul Chérel
Lundi 19 juin 2017

Bon rappel et rafraîchissement des mémoires de @Maryvonne. Un des éléments de la (des) lutte(s, est effectivement l'élimination pure et simple, lors des "votations", des noms de TOUS ceux qui prétendent prendre un quelconque pouvoir à l'intérieur des limites territoriales de la Bretagne sans y faire référence haut et fort, à la vraie, l'historique, pleine et entière Bretagne et ce, à tous niveaux des découpages territoriaux. Lors des récentes législatives (doit-on préciser départementales), bien peu de candidat(e)s faisaient référence à la Bretagne, si ce n'est par quelques mots en breton du genre Armor/Argouat. Quant aux élections qualifiées de régionales, c'est du pipeau (aucun pouvoir ni politique, ni financier, ni même administratif) mais, en outre, les élus, malgré quelques-uns arborant le petit drapeau, ne jouent absolument pas le rôle qui devrait leur revenir, celui confisqué au moment de la Révolution, de représentants du Peuple lors d'Etats généraux, porteurs d'un vrai cahier de doléances et prêts à toutes représailles envers le pouvoir central s'il n'obtempère pas de façon assez satisfaisante à leurs réclamations et exigences. C'est à cela qu'il faut tendre jusqu'à ce que la France comprenne que sa dictature, fût-elle républicaine, n'est plus de mise au XXIème siècle. Paul Chérel

Maryvonne Cadiou
Mercredi 21 juin 2017

@ Paul Chérel, tout d'abord merciiii d'avoir apprécié mon commentaire.

Mais je reviens sur le vôtre du 15 juin avec votre mais voir un VIGI Bretagne, ignorant de ce que tente de faire Bretagne Réunie et une Bretagne Réunie ne pas tenter de dire à Vigi « Mais nous faisons le même boulot » est désolant.

Ce n'est pas exactement ça. Ils se complètent. D'ailleurs Bretagne Réunie est adhérente à l'association Vigi-Bretagne-EvezhBreizh. J-F Le Bihan était là lors de la création de l'assoss' à Guérande. Voir sur les lettres de Vigi, qui commencent par ...les adhérents...

BR, elle, se contente (sans le péjoratif, que je n'y mets pas) des haro et bravo en dernière page de ses magazines. Vigi agit directement auprès des responsables des dérapages (presse, entreprises... ) et en plus félicite ceux qui ne dérapent pas.

A galon

Paul Chérel
Samedi 24 juin 2017

@Maryvonne. J'apprécie la remarque mais c'est bien la démonstration de l'action , des actions désordonnées de TOUS les mouvements et associations, aussi bien politiques que culturelles, d'agir en ordre dispersé et le manque de résultat. La cause principale réside évidemment en un manque de programme, établi, lisible par tous, de nature politique pour réveiller avec arguments convaincants et provoquer ainsi un mouvement fort d'ensemble. Sur cette question, par exemple, de parler d'une et une seule Bretagne à l'unisson, il est nécessaire d'accord de se révolter, autant que faire se peut, mais il faut accompagner cette (petite) révolte comparable au tapement du pied par terre enfantin, d'une véritable action de boycottage de tous produits se référant à une simple B4. Je comprends la réserve quelque peu mijaurée (prudente) de BR mais c'est insuffisant (haros et bravos d'inconnus). Il faut, comme en politique, dénoncer l'ENNEMI clairement et le combattre en expliquant bien pourquoi (nous combattons). Quant à Vigi, il me semble que les réactions anti-dérapages manquent, elles aussi, un peu de publicité. Et attention à une possible orientation anti-tout qui risque d'éveiller quelques soupçons. Cordialement. Paul

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