Des coupures d'électricité révélatrices de la faiblesse d'une Bretagne dans la France

-- Environnement --

Communiqué de presse de Gwened / Vannes 2014
Porte-parole: Bertrand Deleon

Publié le 1/07/15 18:51 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Tandis que toutes les villes des cinq départements bretons et au-delà ont été touchées par des coupures d'électricité en cette fin de mois de juin, début juillet, les élus ont joué la montre en tentant de diminuer ces incidents avant d'être certain de pouvoir dénoncer d'une seule voix l'insoumission des Bretons à la politique nucléaire française. Dans les quotidiens, chaque rédaction locale évoquait d'abord des interruptions de distribution liées à des phénomènes de surchauffe de transformateurs secondaires. Rapidement, les langues se déliaient sur les réseaux sociaux et on apprenait que de Nantes à Brest, des centaines de milliers de personnes étaient plongées dans le noir dans la nuit de mardi à mercredi. Au matin du 1er juillet, les médias ont bien évoqué un problème collectif dont les raisons restent floues.

La canicule ?

On a connu pire et aucune conséquence de ce genre.

Le réseau de distribution breton ?

Il fallait s'y attendre, l'occasion était trop alléchante pour appuyer sur deux axes de propagande mensongère :

- la Bretagne dépend du nucléaire français et en paie les conséquences ;

- « plus d'électricité en Bretagne et Pays-de-la-Loire », cette fameuse région imaginée par les Etats-majors nazis, qui a fait l'objet d'un décret de Pétain que l'on « fête » ces jours-ci, somme toute appliqué à une date récente par les partis au pouvoir.

Les raisons de ces coupures de distribution électrique sont en osmose avec les capacités surnaturelles d'un Etat qui parvient à détourner les nuages radioactifs des vieilles centrales de l'Est…

Des conséquences dramatiques sur l'économie et la vie quotidienne

Les seuls éléments réels quant à ces coupures sont leurs conséquences. Des hôpitaux ont risqué la rupture en alimentation électrogène. Imaginez un seul instant la vie de plusieurs dizaines de personnes, en soins automatiques, suspendue à la réserve de carburant des groupes électrogènes des cliniques et hôpitaux. Et les gens médicalisés à domicile, sous respiration artificielle électrique ?

Mardi soir, des Nantais témoignaient à travers les réseaux sociaux de malaises dans les ascenseurs bloqués ; d'autres évoquaient des vols et des bagarres dans l'obscurité de rues et parkings souterrains… On ressent tout d'un coup la faiblesse du monde occidental sans sa technologie et sa dépendance à un système centralisé.

Ce matin, les rayons frais et surgelés de grandes enseignes commerciales étaient vidés. La rupture de la chaîne du froid oblige à la destruction de tonnes de denrées alimentaires. Des animaux par milliers ont été sacrifiés pour finir directement à la poubelle. Des quantités inimaginables de produits issus de l'agriculture seront mis aux ordures alors que 800 millions de personnes ont le ventre vide dans le monde.

Nos entreprises, toutes catégories confondues, ont été paralysées dans leur activité pendant de longues heures. Certaines devront jeter une partie de leur production. Les TPE-PME bretonnes avaient-elles besoin de cela ?

Cette dépendance du lobby étatique nucléaire français à un coût exorbitant.

La Bretagne ne produirait que 8 % de son énergie ?

Ces coupures d'électricité ramènent sur le tapis ce cliché solide, diffusé par les hautes sphères de l'Etat, et récurrent dans la bouche de tous les autres tenants du lobby nucléaire français : la Bretagne serait victime de son refus du nucléaire et ne peut subvenir à ses besoins énergétiques.

En 2011, l'ex-PS Eric Besson, devenu ministre UMP en charge de l'énergie, était en Bretagne pour convertir les Bretons au nucléaire. En plein hiver rigoureux, il agitait le spectre de la coupure électrique générale en précisant que le cas échéant, les Bretons seraient responsables de n'avoir pas réagi avant. Selon son gouvernement, et c'est encore l'argument de l'actuel gouvernance PS, “la Bretagne ne produit pas plus de 8 % de son énergie”.

Ce discours est soit hypocrite, soit ignorant quand il s'agit de 40 % de l'énergie nécessaire produite à partir des 5 départements bretons. Au-delà de la simple négation de la réalité historique, culturelle, naturelle, économique bretonne, ces allégations font fi des décisions de l'assemblée régionale de développer un partenariat logique concernant la production énergétique entre la région administrative et ce département de la péninsule bretonne.

Cette attitude affiche aussi un mépris envers le souhait moult fois exprimé par les Bretons de produire les énergies de leur choix, à partir des marées, du vent, du soleil… Le gouvernement de France a constamment fait barrage aux choix énergétiques propres. D'ailleurs, pour ce faire, l'Etat n'agit pas seulement sur le robinet des finances mais n'hésite pas à mettre en place des moratoires pour imposer son diktat énergétique. On se souviendra du moratoire sur le photovoltaïque en 2010.

Et puis, ce gouvernement franco-parisien a beau jeu de pointer du doigt une Bretagne qui ne demande qu'à prendre ses affaires en main. A titre de comparaison, l'Ile-de-France produit seulement 2 % de son énergie ! Par contre, cette région pompe tout l'hexagone et les Dom-Tom en richesses humaines, financières et en moyens. Nous finançons 8 millions d'habitants (12,5 % de la population) qui réquisitionnent plus de la moitié des budgets. Par conséquent, aucun ministre ne parle à ce sujet de “Pacte énergétique”... Il n'y a qu'à se servir au profit d'une minorité.

Plus que jamais, il faut le répéter, notre chance… l'indépendance !

Bertrand Deléon.

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Vos commentaires :

jean louis le corre
Mercredi 1 juillet 2015

Tout a fait d'accord avec ton analyse Bertrand La Nomenclatura Parisienne n'est plus a un mensonge prés ,si on compte la LA (Cordemais) la Bretagne EXPORTE son electricité ...aux Parisiens entre autres ...et cela il faut le marteler !

SPERED DIEUB
Jeudi 2 juillet 2015

Oui si jamais la Bretagne parvient à gagner au moins son autonomie ,certains seront aussi mis au pied du mur et pas seulement dans le domaine de l'énergie Je veux dire que au sein des anti tout ,il y a une proportion non négligeable de militants de la cause bretonne ,ils s'opposent à n'importe quel projet surtout si c'est à leur porte ,quand c'est chez le voisin passe encore .Les associations écologistes jouent aussi sur cette corde sensible ,pour se populariser au détriment de véritables enjeux de l'environnement ,quitte à avoir des discours de pompiers pyromanes quand des boites ferment et les salariés sont à la rue

,c'est malsain

Vous souvent parlez à juste de titre de la marginalisation économique de la côte sud bretonne et du remplacement de la population ,mais là aussi les associations ont une part de responsabilité ,par exemple les agriculteurs de la presqu'ile ont de plus en plus de mal à poursuivre leurs activités ,au vu de toutes les contraintes ,très dissuasif pour des jeunes déjà indécis au vu de la conjoncture pour ne pas s'installer

Gwenael Kaodan
Jeudi 2 juillet 2015

Petites précisions:

la Bretagne ne produit pas 8% ou 40 % de son énergie mais 8% ou 40 % de son électricité.

Memestra pour :

le souhait moult fois exprimé par les Bretons de produire les énergies l'électricité de leur choix.

Il y a une chose fondamentale à connaitre, on ne produit ni ne consomme d'énergie. L'énergie se conserve, change d'état (entropie)

La question de l'énergie est très difficile à aborder parce qu'elle est à la base de tout et pourtant très peu en ont conscience. Vous l'avez bien effleuré sur l'impact sur l'économie.

L'économie réel c'est de l'énergie utilisée pour transformer des ressources par un travail.

Damien Kern
Vendredi 3 juillet 2015

Le domaine de l'énergie et de l'électricité est FONDAMENTAL; hélas la plupard des gens s'en moquent. Sur ABP également, l'audience est faible pour ces sujets.

Exact, il y a les anti-touts en permanence sur des positions scientifiquement incohérentes. Largement représentés dans l'ignorance : les écologistes politiques.

L'état français se joue de ces incohérences, la manipulation médiatique est un jeu d'enfant. En décembre : 97%, délestage, blackout sont des mots qui reviennent.

Ex :

- Pour chaque Mega Watt en éolien, il faudrait en parallèle 4 à 5 fois la production électrique à base de gaz.

- Quand va t-on arrêter de construire en Finistère des maisons neuves avec des radiateurs électriques ? A moins que l'on y raccorde des abonnements non prioritaires.

- Prenons internet, il faut des cables sous-marins et de l'électricité. Un article récent vient d'expliquer comment la France espionne les arrivées de cable sur les bords de mer.

Il aurait moins couteux pour The Channel Islands (150 000 personnes - le pays voisin le plus proche) d'avoir une liaison avec la France tant en électricité qu'en cablage internet. Il y a une limite à la naïveté, ils ont ni l'un ni l'autre.

Yann le Bleiz
Vendredi 3 juillet 2015

Bon article et bonne image qui présente une réalité européenne qui va s'imposer dans les années à venir.

Il faut amener les Bretons mais aussi les Européens à penser que l'indépendance n'est pas une tare chez des rêveurs déconnectés du monde réel, mais la condition première du vivre ensemble et donc du travaillé et du construire l'avenir ensemble.

Gwenael Kaodan
Vendredi 3 juillet 2015

Damien,

Ce n'est pas qu'ils s'en moquent, à mon avis la majeure partie des lecteurs/commentateurs/contributeurs sont plutôt des littéraires (histoires, langues, sciences sociales, arts...). Peu familiers avec les chiffres, ils fonctionnent plus sur l'idéologie, les concepts en omettant les lois de la physique, la nature ne peut pas être dupée.

L'énergie c'est le monde réel.

Yvon Bordiec
Vendredi 3 juillet 2015

Les 8% d'électricité produits en B4 avancés par certains pour culpabiliser les bretons datent un peu.

Au joud'hui B4 produit entre 12 et 15% de l'électricité consommée et cela va s'améliorer rapidement.

Qu'en est-il des progrès de l'Ile de fRance dans ce domaine??

Paul Chérel
Vendredi 3 juillet 2015

L'article est quelque peu orienté anti-nucléaire mais passons ! Aucune référence, par exemple à la centrale en construction à Landivisiau avec ses innombrables oppositions (parfois musclées) dont celle d'un parti bien connu de militants bretons. La petite référence aux hôpitaux est faite pour que les lecteurs s'affolent ou aient la larme à l'½il. Heureusement que les hôpitaux disposent des dispositifs de secours appropriés ! Comme le dit Damien, il serait bon que les gens qui s'expriment sur le sujet aient quelques connaissances en électricité, production et distribution. Bons points à Gwenael pour essayer de mettre un peu d'ordre dans les esprits. Paul Chérel (étides supérieures d'électricité)

Loïc Le Sellin
Samedi 4 juillet 2015

ECHANGE :

Base de l'Ile Longue et ses accessoires contre centrale nucléaire même puissance.

Vous croyez que ça va marcher ? Il fallait bien l'essayer non!?

Et puis change pour change, l'île de France ne produit pas le poisson de mer, ni le porc qu'elle consomme, elle le paye alors il est où le problème?

Pas de centrale pas de risque de cata majeure avec les emmerdes à tréééééééés long terme que cela induit. Déjà qu'on est sur un sol qui génère des tonnes de radon, si en plus faut en rajouter une couche par voie aérienne....

SPERED DIEUB
Mardi 7 juillet 2015

Voici un article en lien avec le sujet qui ne va faire plaisir aux pros nucléaire

(voir le site)

Gwenael Kaodan
Mardi 7 juillet 2015

C'est systématique en Bretagne comme en France lorsque l'on aborde le sujet de l'énergie on focalise sur l'électricité avec le débat nucléaire vs anti-nucléaire ayant pour conséquence de passer à côté de tout le reste.

La réalité est que nous sommes embarqués dans un mouvement général qui, à mon avis, ira jusqu'au bout de sa logique. C'est à dire que ceux qui font du nucléaire continueront à en faire, ceux qui font du charbon etc, etc …

Voici une video, sous forme de tresadennoù bev, je connaissais la version originale, je viens de découvrir la version francophone, ça dure 30 minutes. Très dense car chaque séquence donne une clef pour comprendre la situation : (voir le site)

Une bonne base pour commencer, après on pourra en discuter sérieusement.

Damien Kern
Mardi 7 juillet 2015

Electricité. Il y a 2 aspects : production et organisation du réseau (ce dernier étant le grand oublié).

Le réseau en France, c'est RTE.

(voir le site)

Liaison Finistère - Irelande : une infrastructure FONDAMENTALE qu'il faudrait pousser.

(voir le site)

Alors pour tout les candidats, une idée concrète pour les régionales.

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