
La harpiste et musicologue Marie-Madeleine Buffandeau-Maingourd, connue aussi sous le prénom breton “Madalen”, est décédée le 8 janvier 2026 à l’âge de 89 ans. Un hommage lui sera rendu mercredi 14 janvier à 14 h 30, en l’église de Ploufragan.
Formée au plus haut niveau, Madeleine Buffandeau s’était fait remarquer très tôt : dès 1956, elle est lauréate du Conservatoire (harpe et musique de chambre) et, l’année suivante, la presse musicale salue une jeune interprète déjà reconnue pour sa virtuosité et sa sensibilité, à l’occasion d’un récital salle Pleyel à Paris.
En Bretagne, son nom reste particulièrement associé à la Telenn Bleimor, ensemble majeur dans l’histoire moderne de la harpe bretonne : plusieurs sources la citent comme directrice/animatrice de la formation, et comme l’un des premiers professeurs ayant structuré un enseignement de la harpe celtique au sein de cette dynamique. Dans le mouvement Bleimor, son parcours croise celui d’Alan Stivell.
C’est aussi par la transmission — cours, encadrement, orientation d’élèves — que son empreinte s’est diffusée, en contribuant à former une génération de harpistes et à consolider la place de l’instrument dans le paysage musical breton.
Au-delà de la scène, Madeleine Buffandeau a également travaillé comme musicologue : un périodique culturel breton signale, dès les années 1960, une soutenance à la Sorbonne portant sur le renouvellement de la musique populaire.
ABP adresse ses condoléances à sa famille, à ses proches, et à la communauté des musiciens et harpistes qu’elle a marqués.
Commentaires (4)
Je voudrais rendre un hommage profond, respectueux et bien sûr affectueux, à celle qui m'a posé les mains sur la harpe, orientant ainsi tout mon parcours professionnel. Nous lui devons également deux thèses de musicologie sur les modes bretons, thèses qu'elle a déposées au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe d'esthétique musicale.
Hélas _ pour moi _ il aura fallu qu'elle mourût pour que j'apprisse son existence désormais envolée au son cristallin de la harpe. Je m'enquerrais de ses enregistrements afin de découvrir son œuvre.
Je m'associe à l'émotion de Mariannig Larc'hantec, et de toutes celles et ceux qui ont connu ou entendu - fut-ce de loin - la « Telenn Bleimor », premier groupe de jeunes femmes harpistes, très emblématique, ayant remis à l'honneur – dès les années cinquante - cet instrument ressurgi des profondeurs de l’histoire bretonne et celtique, et promu à un si brillant revival, popularisé en usage solo par Alan Stivell.
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Me revient en mémoire, en cet instant, ce très beau dicton breton qui prend appui sur la harpe :
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« Kalon ur wreg zo un delenn pa gar un den ».
Kalon ur wreg zo un delenn
hag a zon gaer
pa gar un den.