daniel cueff
daniel cueff

la sortie du livre de Daniel Cueff "la politique à hauteur d'homme" m'inspire la réflexion suivante, à la lumière du triste épisode des dernières élections régionales, qui a vu l'intéressé mentir à ses colistiers comme aux électeurs pour apporter une caution écologiste à Loig Chesnais-Girard. Et si nous mettions un terme à toutes ces manigances qui n'ont d'autres effets que de maintenir le système de pouvoir centralisateur actuel ? Je ne vois qu'une seule solution : retrouver le sens de la démocratie et remettre le peuple breton au centre de tout.

J’ai longtemps résisté à l’envie de dire ce que je pensais de l’épisode Cueff qui a marqué les dernières élections régionales. A quoi bon ? Me disais-je. Et puis la sortie de son dernier livre « Daniel Cueff ou la politique à hauteur d’homme » m’a incité à sortir du silence. Rien de choquant à ce qu’il écrive un livre pour redorer son blason terni par cet épisode. C’est dans la logique des choses. Mais qu’il vienne nous expliquer ce que c’est que la politique et la démocratie m’agace prodigieusement.

Après avoir trahi ses colistiers et surtout ses électeurs en promettant qu’il ne se rallierait avec personne au second tour des élections régionales et en faisant exactement l’inverse dans une opération manigancée, il ne faut pas manquer d’assurance pour venir nous expliquer ce que c’est que la politique à hauteur d’homme !

A sa place, j’aurais fait profil bas. Alors qu’est ce que la politique pour Daniel Cueff ? C’est une posture démocratique avec de belles idées sans doute mais surtout l’art d’arriver à ses fins -le pouvoir- qu’importent les mensonges et les petites combines. De bonne guerre, pourra-t-on dire. Rien de nouveau sous le soleil. Certains y verront même du bon sens politique. Pourquoi pas après tout ?

Daniel Cueff nous fait savoir qu’il n’est pas un « professionnel de la politique ». Le moins qu’on puisse dire est qu’il la pratique depuis très longtemps et qu’il en connaît toutes les ficelles. L’une d’entre elle consistant à se dire « non professionnel de la politique ».

Le seul souci, c’est que ce type de comportement ruine la confiance des citoyens au regard de nos responsables politiques. Qu’attendons-nous de nos responsables politiques ? Plus rien hélas, car ils font semblant. Ils portent un masque. Ils se mettent à quatre pattes pour être élus, blablatèrent sur la démocratie et disent amen au système politique expression des forces dominantes. Est-ce bien étonnant si l’abstention atteint des sommets lors des élections régionales ?

Aujourd’hui à la région Bretagne, on fait de la comm, beaucoup de selfies et on suit les décisions qui viennent de Paris, les doigts sur la couture du pantalon. La région Bretagne est aux mains des forces politiques du système politique centralisateur. Elle sert de caution démocratique à notre spoliation quotidienne.

Je me souviens que lorsque Daniel Cueff avait annoncé à ses colistiers qu’il se ralliait à Chesnais-Girard, sans même songer à les consulter d’ailleurs, beaucoup avaient claqué la porte. J’ai une pensée émue pour certaines personnalités de la société civile, des gens très bien et qui voulait renouveler la politique. Je m’étais dit pour ma part qu’avant de se prononcer, il fallait prendre connaissance de l’accord écrit entre les deux têtes de liste.

D’ordinaire, il n’y a aucun mal à s’allier avec un autre parti au second tour sur la base d’un accord dans lequel une part essentielle de vos demandes se retrouve.

Lorsque je lui ai demandé de consulter l’accord écrit, je l’ai senti se décomposer. Il n’y avait aucun accord écrit ! Aucun accord thématique ou engagement écrit ! Ils avaient juste négocié les places ! Un poste de Vice-Président pour Daniel Cueff ! C’est sans doute ça la « démocratie implicative ».

Comme je suis têtu et curieux, j’ai exigé la communication d’un accord écrit pour savoir sur quoi précisément Loig Chesnais-Girard s’engageait. Je voulais savoir si le « plan marshal des langues » dont l’essentiel provenait de la société civile bretonne -une pensée pour mon ami Yannig Baron- et que je m’étais mis en devoir de porter, serait repris avec des engagements précis concernant ses nombreuses mesures.

J’ai fini par obtenir un écrit très cursif. Lorsque j’ai lu le papier, apprenant que le plan Marshal des langues se trouverait « au cœur des politiques linguistiques » j’ai eu confirmation de ce que la politique signifiait pour ces gens ! Une manière d’accéder au pouvoir et d’en jouir. Le peuple ? Ils s’en moquent.

Mais moi, je ne sais pas pourquoi mais je n’accepte pas que l’on se moque des Bretons.

J’ai donc claqué la porte en le faisant savoir dans la presse.

Bien sûr le plan Marshall des langues, qui contenait beaucoup de choses importantes, s’est retrouvé dans le tiroir de LCG.

Il faudra bien qu’il en sorte un jour puisqu’il contient tout ce qui pourrait sauver nos langues. Mais cet objectif ne les intéresse pas trop. On le voit aux résultats pitoyables de leur politique linguistique jamais questionnée.

Il y a une autre conception de la politique, en laquelle je me retrouve et qui est celle qui consiste à être élu sur des projet précis et dans le dessein de les mettre en œuvre. Et si pour x raison, cela n’a pas été possible de les mener à bien, on en rend compte devant le peuple. On se rapproche ainsi de l’essence de la démocratie mise à mal par la République depuis si longtemps.

Et surtout, cette méthode qui consiste à affronter les vrais problèmes de l’heure, quitte à lutter contre les forces dominantes.

Je me dis que cette manière de faire - on dit des choses précises et on fait ce qu’on a dit- est peut-être de nature à réconcilier nos concitoyens avec la politique.

A vrai dire, le sort de Daniel Cueff m’importe peu. Ce qui serait vraiment préoccupant, c’est que les petites manigances de Loig Chesnais-Girard se poursuivent.

Loig Chesnais-Girard, c’est le PS, mais c’est surtout le système politique jacobin au bout du rouleau qui tente de survivre et qui n’en a plus pour très longtemps. C’est encore les réseaux de pouvoir dont on parlerait longtemps. Ce système servira toujours les intérêts de Paris et de ses élites. Avec lui, la Bretagne ne s’émancipera jamais et deviendra ce réservoir à touristes et à retraités qu’on lui promet. Jamais, elle ne pourra défendre ses intérêts fondamentaux, sauver ses langues, tracer son propre chemin.

Le but du système est de récupérer des forces vives pour se maintenir au pouvoir aux dépens du peuple. Avec Cueff, le système a récupéré un peu l’écologie. Chercherait-il à récupérer l'autonomie à Présent?

Si le système s’emploie à récupérer l’autonomie, c’est que nous avons déjà gagné sur ce terrain.

Alors mettons un terme à ce système politique et rendons le pouvoir au peuple !

Plutôt que de monter dans le radeau en perdition, nous devons songer à bâtir une véritable alternative bretonne, viscéralement démocratique et populaire au système de pouvoir centralisateur.

N’oublions pas que la démocratie formelle n’a jamais empêché les formes de domination.

Le PS en Bretagne, c’est le monde d’avant ! Le peuple ne s’y retrouve plus.

Nous avons tout à reconstruire, à commencer par la démocratie.

Yvon Ollivier

auteur