Craquements dans les grandes sociétés de service : une occasion pour les Bretons d'augmenter leur pouvoir d'achat

-- Economie --

Interview
Par Christian Rogel

Publié le 9/04/14 17:18 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'Agence Bretagne a interviewé en exclusivité Alain Glon, membre du Comité de convergence des intérêts bretons (CCIB), lequel a annoncé, le 17 février 2014 (voir notre article), la naissance de Redéo et la création de plusieurs entreprises de services (gaz, transports, assurances, téléphonie, etc.). La première entreprise, Redéo-Énergies, dirigée par Philippe Legorjus, ancien responsable du GIGN, commencera ses activités en avril.

ABP - Depuis combien de temps a commencé la préparation du projet de création d'entreprises financées par les Bretons et au service des Bretons?

Alain Glon - C'est une réflexion qui chemine depuis des années, mais, qui a commencé à prendre forme, il y a deux ou trois ans.

ABP - Pouvez-vous en résumer le principe ?

Alain Glon - Dans le budget d'une famille, il y a des dépenses obligatoires, les impôts et redevances s'approchent des 50% et s'y ajoutent les dépenses inévitables, à hauteur de 35% des revenus, qui sont des dépenses quotidiennes (eau, gaz, d'électricité, télécoms, ordures, banque, assurance,etc) et dont le prix est fixé par des entreprises para-étatiques dirigées par des inspecteurs des finances.

Il faut impérativement que les ménages et les entreprises puissent payer beaucoup moins cher ces services, sous peine d'être encore plus nombreuses à être ruinées d'ici quelques années.

En fait, il s'agit de mettre fin à la prédation par de grands groupes, bien illustré par l'écart de prix entre Orange et Free, prédations qui diminuent le pouvoir d'achat dans une région de petits salaires.

ABP - Que reprochez-vous à ces grandes entreprises de service ?

Alain Glon - Ces entreprises sont des prédatrices, car, non contentes d'augmenter leurs tarifs avec des marges abusives, elles s'efforcent de tuer les entreprises de taille intermédiaire qui auraient la mauvaise idée de venir jouer dans leur cour.

On a vu l'Etat se mettre en travers du chemin d'entreprises de service voulant se hausser, au niveau des grands du ramassage des ordures, par exemple. Il est connu que ces grandes entreprises alimentent les budgets des partis et qu'il peut même s'agir parfois d'abus méprisables.

ABP - Vous avez mentionné, et cela vous a été reproché, que le modèle économique de la France est en passe de s'effondrer, qu'entendez-vous par là ?

Alain Glon - Même dans ces entreprises et au sommet de l'État, on commence à voir les failles d'un système quasiment soviétique et qui connaîtra, le même sort que l'économie de l'URSS. Alors qu'elles ne payent que très peu d'impôts, ces oligopoles sont condamnés à passer sous contrôle étranger, d'autant que l'État devra vendre ses actions pour payer la dette publique, comme il l'a déjà fait pour les autoroutes.

ABP - Concrètement, comment vont être financées les entreprises Redéo ?

Alain Glon - Avec 16 milliards d'épargne, les Bretons ont les moyens de fournir le capital et d'obtenir une rémunération correcte, alors que l'État en quasi faillite cherchera à saisir une partie de cette épargne par des moyens administratifs. Quand ils auront compris que Redéo est là, à la fois pour garantir leur épargne et pour augmenter leur pouvoir d'achat, ils adhéreront, conformément à leur esprit bien connu de solidarité. L'avenir est aux relations de confiance avec des fournisseurs proches qu'on connaît. Le fonds d'investissement Redéo va servir à financer les entreprises et versera des intérêts aux prêteurs. Un des moteurs du choix des Bretons est qu'ils voudront savoir où va leur argent et qu'il permet, par exemple, un service de ramassage scolaire moins cher pour leurs enfants ou petits-enfants et qui pèsera moins sur les impôts locaux.

ABP - Comment vont être recrutés les managers des entreprises ?

Alain Glon - Cela sera moins difficile qu'on peut le croire, car, la conscience du fait que le modèle des grandes entreprises marche de moins en moins bien est de plus en plus partagée. Transdev-Véolia (transports publics) est à vendre et Vivendi vient de se débarrasser de SFR.

ABP - Comment les entreprises Redéo pourront faire jeu égal avec des marques connues, en particulier par leur publicité massive dans les médias, surtout à la télévision ?

Alain Glon - Les tarifs plus faibles attireront les personnes les plus pauvres, auxquelles les grands groupes ne peuvent plus faire d'offres compétitives. Et les personnes plus aisées finiront par suivre, à moins qu'elles ne le fassent d'abord, au nom de la solidarité ou de la tranquillité du territoire.

ABP - Quels types de service seront proposés ?

Alain Glon - Il y a une quinzaine de services possibles. Rien n'est interdit et on verra si des opportunités se présentent ou si des craquements se produisent. Si la Sécurité sociale devenait défaillante, rien n'empêche d'imaginer de prendre le relai partiel quand on sait que les dépenses des Bretons y sont de 25% inférieures a la moyenne nationale.

ABP - Avez-vous eu des échos sur les annonces ?

Alain Glon - On sera surpris de savoir que certains cadres de grands groupes éprouvent des doutes sur leur capacité dans le temps à couvrir les besoins à un prix raisonnable et que des organismes de défense des consommateurs peuvent partager notre analyse sur la nécessité d'avoir, le plus tôt possible, des entreprises de taille plus réduite et, donc, plus agiles et moins chères, sans perte de qualité.

ABP - Quel rapport a tout cela avec le mouvement des Bonnets rouges ?

Il n'y a pas de rapport direct, d'autant que, comme il a été dit, il s'agit d'un cheminement ancien. Ceci dit, je suis en sympathie avec le mouvement et je regarde son évolution avec beaucoup d'intérêt.

Propos recueillis par Christian Rogel, le 27 mars 2014

Contact pour les entreprises Redéo : 5 impasse Kéravel - 56920 Saint-Gonnery - contact [at] redeo.fr - www.redeo.fr

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