Coupe de France : Hollande dit « ils ont bien chanté la Marseillaise, AUSSI »

-- Sport --

Reportage
Par Didier Lefebvre

Publié le 4/05/14 9:15 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Tout est dans le « aussi ». Ah-Ah, le Président ne veut pas dire que l'on a chanté le « Bro gozh ». Ou plutôt, il ne peut pas. Mais il le sait bien. 80.000 Bretons chantant le Bro gozh ! Il ne pouvait pas le dire, mais il ne pouvait pas feindre l'ignorer. Cela aurait été trop gros. Il s'en sort donc par cette pirouette : «les Bretons ont chanté aussi la Marseillaise ». Comprendre : « On a chanté la Marseillaise et aussi le Bro gozh » (avec Nolwenn Leroy au centre de la pelouse).

Peu auparavant, le ministre de la Défense nationale, Jean-Yves le Drian, est interrogé sur France 3. Il note que chanter le Bro gozh n'est pas anti-républicain, et que c'est une bonne chose que ce Bro gozh soit mis dans le protocole. Il note qu'ensuite les Bretons chanteraient la Marseillaise. Il justifie aussi les 40.000 Gwenn ha du, distribués par le Conseil régional, à l'image de 2009, où, alors Président de la Région administrative Bretagne, il en fut fait pareil.

Monsieur le journaliste, il eut suffi que vous le poussiez un petit peu, et il n'était pas loin de lâcher que du temps de sa présidence régionale, un v½u de Réunification fut voté !!!

« Dans une bonne ambiance » nous dit également le Président Hollande. En fin connaisseur, il note qu' « il n'y a pas eu de cartons jaunes ». Eh oui, Monsieur le président, bien vu. Les Bretons sont des gens dignes, respectueux. Comme en 2009, lors de la même finale, dans les mêmes conditions. Avec les mêmes équipes.

20.000 Gwenn ha du dans le stade « de Bretagne » à Saint-Denis

Il arrive aux journalistes sportifs de France-Info de titiller nos gouvernants parisiens. Combien de fois a-t-on entendu « derby breton », à l'occasion d'un match Nantes-Rennes, ou Guingamp Nantes, ou encore un Lorient-Nantes. Ce que l'on trouve normal ici, ces villes faisant effectivement partie de la même région. Mais il est toujours bon de l'entendre sur une radio parisienne, tant c'est rare.

Aujourd'hui, le petit plaisir était encore de mise, avec, le journaliste renommant le « stade de France » à Saint-Denis en « stade de Bretagne ».

Par ailleurs, France Info s'est amusé à revisiter le gingle que l'on entend toutes les 15 minutes. Avec des sonorités bien connues. Il s'agissait d'une bombarde !

Le fait breton rentre dans les m½urs

Philippe Argouarc'h titrait son article, le 9 mai 2009 (voir notre article) « Stade de France : Renaissance d'une nation ». J'aurais pu titrer le mien « Stade de France : Reconnaissance d'une nation ». Oui, Mesdames et Messieurs les Parisiens, oui, Mesdames et Messieurs les ministres, oui, Mesdames et Messieurs nos gouvernants, oui, Monsieur le Premier ministre, oui, Monsieur le Président, la nation bretonne existe. Et, maintenant, vous le savez. Est-ce grâce au dynamisme breton, culturel, économique, est-ce grâce au mouvement revendicatif, constant dans sa force et sa dignité, est-ce grâce aux Bonnets rouges, dont peut-être vous avez un peu peur (voir notre article)? Vous êtes à deux doigts de le dire. Allez-y, franchissez le pas. Accordez-nous la Réunification, puis accordez-nous une Assemblée unique. N'attendez pas que les 96 départements métropolitains et les 22 régions s'accordent en 2017, avec pour horizon 2021, pour reconstruire une géographie administrative de la France. Allez-y. Lancez le mouvement en Bretagne dès ce printemps 2014.

Yann Queffelec : « la Bretagne est une nation »

Sur France 2, Laurent Delahousse invite en direct le célébrissime écrivain breton. Tout heureux de ce direct dont l'audience sera un record, Yann Queffelec se lâche aussi. Tout d'abord, il reprend le journaliste décidément pas trop au fait de la chose bretonne (1) lequel avait qualifié le Bro gozh d'hymne régional. « Il s'agit de l'hymne national breton, Monsieur, la Bretagne est une nation ! ». Et vlan. 1 à 0. Profitant de cet avantage, il rajoute la permanence de la nation bretonne, « la plus importante d'Europe, jusqu'à ce que Pétain vienne l'amputer par un décret en 1941 ». 2 à 0. Comme le résultat du match.

Au fait, Guingamp a gagné 2-0

Bien sûr, c'est la Bretagne qui a gagné ce soir, grâce aux 28 joueurs et aux 80.000 spectateurs. Mais rendons hommage au vainqueur sur le terrain, Guingamp, qui a dominé la match, sans aucune contestation possible. Rennes a raté son match. Surtout la première mi-temps. Ne m'en demandez pas plus, j'ai suivi le match, mais je suis un bien piètre connaisseur de football. Heureux Noël Le Graët, ex président de « En avant Guingamp », et président de la fédération française de football.

Bevet Gwengamp, Bevet Roazhon, ha Bevet Breizh (vive Guingamp, vive Rennes et vive la Bretagne).

Notes :

Le soir de la manifestation du 19 avril à Nantes pour la réunification, le malheureux disait que l'on manifestait « contre » celle-ci.

Voir aussi :
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