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Controverse autour de la fondation de Dakar
Qui a fondé la ville de Dakar ? Dakar, capitale de la République du Sénégal, est aujourd'hui une des grandes ville d'Afrique et sa population continue d'augmenter très vite : 600 000 habitants vers 1980 et plus de 2 500 000 aujourd'hui.
Philippe Argouarch pour ABP le 1/08/06 11:13

Qui a fondé la ville de Dakar ?

Dakar, capitale de la République du Sénégal, est aujourd'hui une des grandes ville d'Afrique et sa population continue d'augmenter très vite : 600 000 habitants vers 1980 et plus de 2 500 000 aujourd'hui. Mais ce n'est pas une ville très ancienne puisqu'elle fêtera seulement son 150e anniversaire l'an prochain.

La date officielle retenue par les historiens pour sa fondation est le 25 mai 1857. Le Sénégal fêtera naturellement cet anniversaire l'an prochain, mais aussi la France car cette fondation a été une initiative française réalisée à l'époque de la colonisation.

L'anniversaire de cette fondation risque de susciter des remous en Bretagne car, dans le volume annuel publié il y a quelques mois par la Délégation aux célébrations nationales, délégation qui dépend du Ministère de la Culture et de la Communication, le mérite en a été attribué au général Louis Léon César Faid'herbe (Lille, 1818 - Paris, 1889) et non pas au véritable fondateur le Breton Auguste Léopold Protet, né à Saint-Servan le 20 avril 1808 (il y aura 200 ans en 2008 !) et mort au combat devant Nekio, en Chine, le 17 mai 1862.

Il est indiscutable que Faid'herbe a joué un rôle très important dans la pénétration française au Sénégal et aussi dans l'organisation de la colonie, mais il faut tout de même rappeler qu'il était basé à Saint-Louis tout au nord du pays et qu'il n'est venu lui-même pour la première fois à Dakar que de nombreux mois après sa fondation effective. Il serait tout à fait injuste de lui attribuer le mérite de cette fondation au détriment de Protet. En fait, pour être œcuménique, on pourrait considérer que trois hommes se partagent l’honneur d’avoir fondé le petit établissement de Dakar. Ce sont Émile Pinet-Laprade (Mirepoix, Ariège, 1822 - Dakar, 1869), Louis Faid'herbe et surtout Auguste Léopold Protet. Tous trois ont été gouverneurs du Sénégal et donc basés à Saint-Louis, qui fut la capitale de la colonie jusqu’en 1957 : - Auguste Léopold Protet a été gouverneur du 11 octobre 1850 au 16 décembre 1854

  • Louis Léon César Faid’herbe du 16 décembre 1854 au 1er juin 1861
  • Émile Pinet-Laprade du 13 mai 1863 au 14 juillet 1863
  • Louis Léon César Faid’herbe à nouveau du 14 juillet 1863 au 1er mai 1865
  • Émile Pinet-Laprade à nouveau du 1er mai 1865 jusqu’au 17 août 1869 (date à laquelle il mourut du choléra) (entre le 1er décembre 1861 et le 13 mai 1863, la colonie fut gouvernée par Jean-Bernard Jauguiberry). Mais il faut savoir que depuis 1845, l’îlot de Gorée était le chef-lieu de la division navale française des côtes occidentales d’Afrique et qu’Auguste Léopold Protet reçut en mars 1856 le commandement de cette division. C’est parce que l’îlot de Gorée était exigu, surpeuplé et dépourvu de réserves en eau, que Protet décida de créer un établissement en face, sur le continent. Modeste bourgade au départ, Dakar n’allait devenir centre d’arrondissement à la place de Gorée qu’en 1875. En 1878, la bourgade comptait déjà 1 600 habitants.

    C’est la coexistence du pouvoir de la Marine et de celui de l’administration coloniale (civile, mais assurée de fait par des militaires, souvent officiers de la Marine) qui explique la confusion qui entoure parfois cette création.

    Pour y mettre fin, donnons la parole à Maurice Delafosse, ancien gouverneur des colonies qui a raconté l'événement dans l'Histoire des colonies françaises (Plon, 1931, tomr IV, pp. 145-146) : "... L'occupation, réclamée par le capitaine de vaisseau de Monléon dès 1855, avait été autorisée, par une lettre du 21 juillet 1855 de l'amiral Hamelin, ministre de la Marine et des Colonies. Monléon avait alors chargé le capitaine Pinet-Laprade, chef du génie à Gorée, de faire un lever topographique de la presqu'île et d'établir un plan des forts et de la ville à construire. Remplacé en 1856, comme chef de la division navale et commandant supérieur de Gorée et dépendances, par le capitaine de vaisseau Protet, celui-ci insista auprès du ministre pour que suite fût donnée aux propositions de son prédécesseur. après quelques hésitations, l'amiral Hamelin finit par inviter Protet, à la date du 29 janvier 1857, à installer un poste militaire sur le Cap Vert et à procéder ensuite, s'il l'estimait convenable, à l'exécution des projets établis par le capitaine Pinet-Laprade.

    Protet n'avait pas attendu l'arrivée de la dépêche ministérielle. Fort de l'autorisation donnée à son prédécesseur, il avait, dès la fin de 1856, fait commencer sur le Cap Vert, la construction dune forteresse, dont il avait acheté l'emplacement à un colon nommé Boyer pour la somme de 3 118 francs. Le capitaine de frégate d'Alteyrac, commandant particulier de Gorée, avait été chargé de cette construction, qui fut terminée en avril 1857. Le 25 mai, à l'occasion de la fête terminant le jeûne du ramadan, Protet fit débarquer sur la presqu'île les marins du Jeanne d'Arc et prit possession au nom de la France, du territoire de Dakar. L'amiral Hamelin devait l'approuver, quelque temps après, par une lettre du 21 juillet 1857."

    ABP /BLN

    Philippe Argouarch

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    Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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