Contrechamp ou la contre-plongée sur un auteur nommé Chouzier

-- Cultures --

Compte rendu
Par Eric An Eost

Publié le 18/09/15 11:52 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

On n'avait pas vu cela depuis la Symphonie Bretagne de Didier Squiban en 2000. Surfant sur une cote de popularité incroyablement talentueuse depuis qu'une chaîne de TV l'eut révélé hors des frontières de Bretagne, après avoir fait salle comble au Festival Interceltique de Lorient, le Bagad Melinerion de Gwened ouvrait Celti'Vannes samedi dernier au Théatre Anne de Bretagne, confirmant la vitalité de la musique traditionnelle évolutive. Si leur premier exercice de style Melin'art n'avait pas rempli la salle il y a deux ans, samedi dernier c'était complet pour Contrechamp, la suite. En présence de personnalités diverses de l'économie, de la culture, du maire de Vannes David Robo qui soutient la culture et la langue bretonne, ou encore de la présidente de Sonerion, Vonick Fraval.

Aucun doute, depuis trois ans le bagad développe une stratégie battante pour défendre les couleurs de la Bretagne en Europe et à l'international. Sur tous les fronts, c'est sur celui de la création pure qu'Etienne Chouzier que le Président et directeur artistique de Melinerion a cristallisé Contrechamp, compilant en amont les acteurs que la mise en scène d'une création moderne requiert aujourd'hui. Pour comprendre de Contrechamp son esthétique globale, c'est d'abord par un plan dit de contre-plongée, (seule influence qu'Orson Welles reconnaissait dans Citizen Kane, via … John Ford et sa Chevauchée fantastique), qu'il faut appréhender le spectacle d'Etienne Chouzier.

Depuis un peu plus de deux décennies que les musiques actuelles sont institutionnalisées, c'est avec l'aide d'une nouvelle génération d'artistes diplômés tant en musique qu'en arts appliqués, lui compris, que ce directeur artistique a monté le spectacle. Lumières avec Frédéric Piauly, images avec Adrien Bès, Kevin Haas et Antoine Duchêne pour fusionner classique, électro et musique traditionnelle autour d'une ligne directrice évoquant la musique de film.

C'est aussi grâce à des régisseurs et ingénieurs du son professionnels, Philippe Guilllo, Cédric le Ru et Philippe Ollivier, que le bagad aux 12, 5 millions de spectateurs via M6, de retour du Québec et avant de se produire 5 fois en France sur la tournée Nuit de la Bretagne puis à la Saint-Patrick de Dublin en mars 2016 a conquis les spectateurs. La démonstration, appuyée par Brenda Poupard au chant et Glenn Gouthe au uilleann pipe, si elle été avait mixée moyennement, se serait écroulée d'elle-même. Ce n'est pas donné à tout le monde de monter un puzzle pareil et de le faire fonctionner.

A vingt-cinq ans, le citizen Chouzier a l'avenir devant lui, sous les ombres protectrices de Saint Patern et Saint Patrick.

(voir le site)

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