-- Economie --

Conférence-débat "La vie des gens demain en Bretagne" : La métropolisation dénoncée

Le géographe Gérard François Dumont
Le géographe Gérard François Dumont

Initiée par Bretagne Prospective dans un esprit celibien, cette conférence-débat transversale a eu lieu aujourd'hui à Locminé. Venus de tous les horizons, de nombreux acteurs du présent et du futur bretons sont intervenus pour rappeler que la Bretagne est d'abord riche de ses territoires. Ensemble, ils ont fait des propositions concrètes pour demain comme la création d'une chaîne youtube BREIZH.

Au même moment se tenait à Brest une session du Conseil régional de la région administrative avec le lancement de la BREIZHCOP sur le même thème : La Bretagne demain! Des élus comme Paul Molac ont réussi le tour de force de participer aux deux évènements, d'autres ont du faire un choix difficile.

Le thème qui a marqué la matinée c'est certainement une attaque en règle contre la métropolisation. Selon une recherche présentée par une étudiante, seulement un tiers des jeunes veut vivre en métropole. Beaucoup, et à commencer par le géographe et économiste Gérard-François Dumont, et jusqu'aux élus comme Daniel Cueff, Bernard Poignant, Christian Troadec et Méhaignerie, ont dénoncé l'abandon des territoires au profit des grands centres urbains. Dumont a rappelé que la population urbaine n'est en fait selon Eurostat que 42 % et diminue contrairement aux chiffres de l'INSEE qui donnent 77 %, chiffre utilisé pour voter des lois sur les territoires. Il a dénoncé la manipulation des mesures d'aires urbaines et même l'abandon du mot «rural». «La métropolisation c'est l'adversaire de la Bretagne» a déclaré Christian Troadec, rappelant que la société bretonne est composée de petites villes et de réseaux ruraux encadrée par les trois métropoles que Bernard Poignant a citées : Rennes, Nantes et Brest.

«La Bretagne qui avait été placée en retard par certains en terme d'urbanisme, globalement propose un territoire de vie à taille humaine, une aventure territoriale. La Bretagne a 18 % plus de propriétaires que le reste de la France et fait partie des 100 régions du monde les plus attractives. [...] Parce qu'on a échappé à la révolution industrielle on a un un environnement prodigieux...__Jean Ollivro»

Une journée bien réussie à part quelques couacs comme plusieurs mentions du terme «Grand-Ouest», une entité géographique qui n'a aucune existence institutionnelle ou historique et dont personne n'en connaît les limites géographiques. À noter aussi que l'animateur de la journée, le rédacteur en chef de Tébéo et Tébésud, Chistophe Boucher, a brutalement interrompu Tiphaine Siret, une responsable de la Redadeg qui avait commencé son intervention en breton et bien sûr qui avait l'intention de la traduire. Il lui a demandé de parler en français.

©agence bretagne presse

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.

Vos commentaires :

spered dieub
Jeudi 19 avril 2018

C'est lamentable que Tiphaine, une personne si dévouée pour la promotion de la langue bretonne et plutôt timide ,réservée a été brutalement interrompue .C'est quelque part un abus de position de force de la part de ce journaliste .

jo charruau
Vendredi 20 avril 2018

Comme l'a rappelé S. Poignant, il y a bien 3 métropoles en Bretagne. Habitant en pleine campagne du 44, je déplore l'absence d'un représentant du pays nantais. Dans les exposés, on a mis l'accent, avec raison, sur l'attirance actuelle des métropoles, de la dévitalisation des bourgs ruraux malgré les initiatives associatives et communales. Le combat n'est pas perdu, au centre Bretagne, grâce au maillage autour des villes moyennes.

Un autre sujet peu abordé : l'attirance des habitants de l'intérieur et des nouveaux arrivants pour les communes côtières, notamment sur la côte atlantique. Aujourd'hui, la demande est forte, voire très forte dans le 56 et 44.

Je lis dans le journal OF : les départements Mayenne, Maine-et-Loire et Sarthe désirent à leur tour, investir ensemble. Ils ont raison. Quand à la Vendée, elle se prend pour un petit pays qui cherche l'autonomie. Je n' y vois aucun inconvénient. Je ne crois pas en ce grand ouest, invention des bobos parisiens et des grands frères f.m. Il y a des élus bretons ,dés qu'ils montent à Paris, se font embobiner. Tout comme il y a des élus nantais qui attrapent la maladie de la ligériose. Ils ne sont pas tous atteints heureusement.

Je suis d'accord avec Molac, Troadec, etc.il faut des régions qui se gérent elles-mêmes, à l'image des lander allemands ) . L'avenir breton : la réunification B5 et l'autonomie avec un Parlement siégeant à Rennes qui peut se décentraliser à Carhaix, par exemple.

Concernant l'aménagement de notre territoire, j'en profite pour vous dire que la situation dérive et devient folle à NDDL au nord de Nantes, que l'aéroport de Nantes-Atlantique, au sud de Nantes est en train de saturer ( + 16 % de passagers en un an) . Les élus nantais sont très inquiets car Nantes-Atlantique, pour diverses raisons trop longues à expliquer ici, n'est pas une alternative à NDDL. Les nantais sont en recherche d'un emplacement d'aéroport... C'est un élément structurant. Vous avez des idées ?

Fañch
Samedi 21 avril 2018

de B. Poignant collaborateur de Hollande et de sa politique de réforme territoriale : "une région c'est comme un Pays"

" ... nous avons 3 métropoles Nantes, Rennes et Brest... nous ne voulons pas être une banlieue comme Marseille"

Biens sur que NON, une région n'est pas comme un Pays parce qu'un pays à des droits, il organisa sa politique comme bon lui semble avec l'argent des impôts et qu'une région n'en a pas, elle subit la politique des administrateurs de Paris et de Jupiter.

Même un enfant de 10 ans peut le comprendre, son père décide et lui donne son argent de poche (comme Paris vis à vis de la Bretagne qui reçoit les miettes. Et c'est normal Paris pense que les Bretons et les Corses ne sont pas encore assez adultes pour pouvoir s'émanciper, c'est ce que Macron à dit aux Corses lorsqu'il est venu les voir : faites déjà vos preuves avec ce que je vous octroi .)

Mr Molac l'a compris : "agriculture, environnement, énergie autonome, environnement culturel, enseignement en breton ... autonomie "

Mr Troadec aussi : " ... cela ne dépend que de nous "

Méhaignerie : '' ....les 2 premières régions en terme de performance sociale " "Pays de Loire (bidons) et Bretagne (croupion) ... la force du Grant-West"

Stéphane Péan
Samedi 12 mai 2018

Très intéressant de voir que finalement ce rassemblement a décidé de continuer à se positionner dans une logique idéologique anti-urbaine ... Ce n'était pourtant pas le mot d'ordre annoncé!

Comment peut on se revendiquer du CELIB "rassembleur" et rejeter les métropoles urbaines bretonnes ? Un moment donné, il faut se poser de sérieuses questions sur les soubassements idéologiques du régionalisme breton actuel.

Stéphane Péan
Samedi 12 mai 2018

Très intéressant de voir que finalement ce rassemblement a décidé de continuer à se positionner dans une logique idéologique anti-urbaine ... Ce n'était pourtant pas le mot d'ordre annoncé!

Comment peut on se revendiquer du CELIB "rassembleur" et rejeter les métropoles urbaines bretonnes ? Un moment donné, il faut se poser de sérieuses questions sur les soubassements idéologiques du régionalisme breton actuel.

Philippe Argouarch
Samedi 12 mai 2018

@Stéphane : Je pense que les deux camps sont dans l'erreur. Le futur appartient ni à la metropolisation ni à la ruralité mais à un nouveau paradigme que j'appelle "la mosaique". Il n'y aura ni métropole ni campagne mais un immense damier ou se succéderons lotissements, entreprises (et une ferme est une entreprise), centres commerciaux, campus, élevages, parcs, zones vertes etc... one le voit déjà avec l'abandon des centres villes vers les périphéries, voire l'habitat à des dizaines de KMs du centre ville. Le travail suit : en télétravail ou en relocalisation des entreprises en zone rurales. Pour info la silicone valley n'est pas une métropole !, ni même une ville, ni même une vallée mais une campagne ou existe encore des orangeraies ! L'internet est la technologie qui a fait exploser l'ancien paradigme pyramidale car il est lui même une mosaique sans centre.

Alain E. VALLÉE
Lundi 14 mai 2018

@Jo Charruau

Il est écrit dans le Rapport HULOT (2017) que le potentiel de l'aéroport à Rennes est de 1 à 2 M de passagers supplémentaires (p.37 sauf erreur). L'aéroport de Rennes fut fréquenté par 0,7 M de passagers en 2017. Si l'on retient 1,5 M de passagers supplémentaires à moyen terme, l'aéroport de Rennes pourrait être utile à environ 2 M de passagers. Soit simplement 3 fois plus qu'en 2017 ...!

Ces passagers viendraient de quelque part et sans doute n'auraient-ils pas à aller à Nantes-Atlantique dont le taux de croissance serait, de facto, réduit. NA n'a pas le monopole du fort taux de croissance aérien.

La taille des aires urbaines de Nantes (0,9 M d'H) et de Rennes (0,7 M d'h) ne justifie pas le différentiel de leur trafic aérien. Si Nantes transporte plus de 5 M de passagers et Rennes seulement 0,7 M c'est aussi parce que l'offre aérienne à Rennes y fut, pour des raisons politiciennes, limitée afin de soutenir artificiellement celle de Nantes. Aussi parce certains soutenaient l'idée (absurde et fausse) de "saturation" de l'aéroport de Nantes alors qu'il ne agissait que de son aérogare évidemment vieillotte puisque volontairement non modernisée depuis des lustres (parkings horizontaux très consommateurs de superficies pouvant être affectées à hôtels et bureaux, et sans prolongement du tramway nantais depuis Neustrie à 1,2km ...!) ; Et enfin pour justifier la création d'un second aéroport Nantais à NDDL, NA devant persister à cause des besoins de AirBus.

Ce ne sont pas les aéroports sans ou avec trop peu de passagers qui manquent : Angers, Quimper, Lannion, St Brieuc, ... ! L'idée d'une autre localisation pour un nouvel aéroport en plus de NA semble inappropriée.

AV

Paul Chérel
Mercredi 16 mai 2018

Je vois que l'article de Philippe Argouarch, évoquant une métropolisation dénoncée, a dérivé, grâce à un commentaire de@Jo Charruau, sur le sempiternel sujet d'aéroport à NDdL et revoilà aussitôt une réplique, sur base des errances d'un certain Monsieur Hulot, ressassant à nouveau toutes les thèses des détracteurs de ce projet abandonné. Je crois pouvoir dire à @Alain E. Vallée qu'il se trompe totalement sur l'avenir d'un aéroport quel qu'il soit, où qu'il soit. Cet avenir ne dépend en aucun cas de décisions de telle ou telle grosse tête parisienne mais de la demande extérieure. L'aéroport de Nantes-Atlantique arrive EFFECTIVEMENT à saturation à cause d'une compagnie espagnole qui en a fait un hub desservant un gros ensemble de capitales REGIONALES européennes au nez et à la barbe des Orly/Roissy sous contôle d'un Air-France apparemment peu intéressé par ces liaisons trop courtes. Et un nouvel aéroport PERFORMANT dans la région nantaise s'avère de plus en plus nécessaire et de plus en plus urgent pour répondre à la METROPOLISATION nantaise, qu'on le veuille ou non. Et cela PAS pour faire plaisir aux Nantais mais pour répondre à la demande ETRANGERE en relations surtout professionnelles avec Nantes et ses activités industrielles alentour, sans avoir à passer par Paris. Paul Chérel

jo charruau
Mercredi 16 mai 2018

Le thème était "la vie des gens en Bretagne" ou plutôt comment enrayer la dévitalisation entre Morlaix et Châteaubriant. Si j'ai parlé de nddl, c'est que nous avons été consultés dans le 44 en 2016 et que le nord du département avait majoritairement voté- jusqu'à 70%- pour l'aéroport au nord de Nantes. Ces communes rurales ont voté principalement pour l'emploi donc pour la revitalisation du nord 44 qui en a tant besoin au même titre que le centre Bretagne d'ailleurs.

Au sud de Nantes, , où se trouve Nantes-Atlantique, les employeurs ont de la peine à trouver de la main-d'oeuvre. C'est paradoxal. Le sud- Loire étouffe alors que les communes du nord-Loire ont de la peine à garder la jeunesse. Je dénonçais le déséquilibre des activités dans mon département . Et tous les autres départements bretons sont concernés par ces mouvements de population qui ont tendance à vider l'hinterland.

Il ne faut pas opposer métropolisation et ruralité. C'est un ensemble, à mon avis de campagnard.

J'ai entendu des naturalistes qui rêvent d' un parc d'Armorique élargi qui irait des Monts d'Arrée à Nddl. C'est effectivement une autre façon de voir les choses. Croissance? Décroissance? La "mosaïque" aura peu d'éléments à assembler dans ce cas...

Paul Chérel
Jeudi 17 mai 2018

@Jo Charruau. Tout à fait d'accord avec vous ! La désertification que vous dénoncez à juste titre a une cause fondamentale. L'etat parisien ne s'occupe en rien des "territoires" et cela se traduit par des infrastructures inexistantes ou mal foutues : routières, ferroviaires, aériennes, maritimes. Le développement industriel, commercial et économique s'en ressent évidemment. La(les) liaison(s) Nord-Sud entre Manche et océan) Atlantique, n'existent pas ou n'existent plus.Tout le reste ne répond qu'à un seul objectif, la liaison avec Paris. Mais l'Etat parisien n'est pas SEUL responsble. Les deux régions (administratives) concernées n'ont qu'un seul objectif : obéir à ce que décide Paris et répandre sa "bonne parole" aux assujettis. Leurs CR respectifs se distinguent par leur manque de vision d'avenir et d'écoute des besoins des populations concernées. Je vous laisse le soin de la moralité et de la conclusion. Paul Chérel

Alain E. VALLÉE
Jeudi 17 mai 2018

Sauf le responsable de l'article, à mon avis personne n'est habilité, ici, à conclure les commentaires.

Si l'on aborde la moralité, le principe commun devrait être que l'on a toujours le droit de se taire mais qu'on n'a pas le droit de mentir.

Sont nombreux ceux qui (volontairement ou non) confondent encore "saturation" d'une vieillotte "aérogare" sans travaux depuis des lustres, même pas desservie par un Tramway qui si bizarrement s'arrête à 1,2km, et d'un aéroport normalement modernisable à un coût raisonnable comme amplement démontré.

D'autres ou les mêmes (volontairement ou non) confondaient croissance réelle du nombre des passagers et quasi stabilité du nombre des Mouvements (atterrissages et décollages). Ils feignaient d'ignorer que les avions sont de plus en plus gros, remplis et ... silencieux !

Des manipulations furent démontrées dans "Le dossier noir de la DGAC" par l'Atelier citoyen (2017) Y compris des survols injustifiables de Nantes (p.25) ...! www.ateliercitoyen.org

La "métropolisation", telle que manifestement pensée à Nantes, devait servir à justifier son fumeux "Grand Ouest", capitale Nantes. Un second aéroport nantais à NDDL devait être un argument de centralité majeur. Il n'est pas certain que ce délire jacobin si nuisible à la Bretagne, soit totalement calmé.

Mais il est essentiel, juste et bon qu'au début de l'année le Premier Ministre ait clairement dit, outre l'heureux abandon du projet à NDDL, la nécessité d'une mise en réseau des aéroports de Nantes, Rennes et Brest, et qu'il ait annoncé une réflexion sur l'indispensable moralisation des procédures préalables aux grands travaux. Ce dernier point dont on espère ardemment la rapide mise en oeuvre, est sans doute le plus important tant pour solder un passé qu'il ne faudra jamais oublier que pour les générations futures.

AV

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