-- Histoire de Bretagne --

Le coup d'État du 1er janvier 1515 ou comment Renée de Bretagne fut dépossédée du duché

Renée, la dernière duchesse de Bretagne de droit.
Renée, la dernière duchesse de Bretagne de droit.

Par un concours de circonstances extraordinaire, le contrat de mariage entre la duchesse Anne de Bretagne et le roi de France Louis XII, signé le 7 janvier 1499, a survécu aux aléas du temps et de la politique. Comme c'est un document qui fait figure de traité international, en fait le dernier traité dûment ratifié entre le duché et le royaume, il y en avait au moins deux copies. L'historien breton Dom Morice dans son monumental Documents pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne (1) en avait publié une copie dès 1742. Nous publions en pièce jointe une photocopie du document original (2). C'est du vieux français mais de nombreuses traductions en français moderne des clauses les plus importantes existent sur internet. Ce document est précieux car il est la preuve du coup d'État qui eut lieu le 1er janvier 1515 et qui changea le cours de l'Histoire.

43846_2.jpgPortrait de famille retrouvé dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Au centre Claude, fille ainée d'Anne et de Louis XII, femme de François 1er. À droite, la rousse Renée, sa soeur cadette héritière du duché. Tout à gauche, avec les cheveux blancs, Louise de Savoie, mère de François Ier. A sa gauche et à la droite de Claude, Marguerite de Navarre, soeur ainée de François 1er. Les deux filles de Claude devant seraient Madeleine qui deviendra reine d'Écosse et Marguerite qui deviendra duchesse de Savoie.

Il est en effet stipulé clairement dans ce traité, négocié âprement par Anne de Bretagne avec Louis XII, que la réunion du duché de Bretagne et du royaume de France sous le même pouvoir royal ne devait durer que le temps du règne du couple mais qu'après leur mort, le duché redeviendrait indépendant et qu'il reviendrait au deuxième enfant, fille ou garçon, car les femmes pouvaient régner sur le duché en Bretagne.

3. Item, et à ce que le nom et la principauté de Bretagne ne soit et ne demeure aboli pour le temps à venir, et que le peuple d’icelui païs seroit secouru et soulagé de leurs nécessitez et affaires, ci esté accordé que le second enfant masle, ou fille au defaut de masle, venant de leurdit mariage, et aussi ceux qui isseront respectivement et par ordre, seront et demeureront princes dudit païs, pour en jouir et user comme ont de coustume faire les ducs ses predecesseurs, en faisant par eux au Roi les advenances accoustumées ; et s’il avenoit que d’eux deux en ledit mariage n’issist ou vinst qu’un seul enfant masle, que cy-après issent ou vinssent deux ou plusieurs enfans masles ou filles, audit cas ils succéderont pareillement audit duché, comme dit est.__contrat de mariage d'Anne et de Louis XII

L'historien Louis Melennec se pose la bonne question quand il écrit «Pourquoi Renée n’a-t-elle pas été proclamée Duchesse de Bretagne, dès la mort de sa mère, en janvier 1514 ? » (3). Il constate aussi très justement «On manque malheureusement d’archives pour la période qui suit la mort d’Anne de Bretagne. Les documents ont-ils disparu, comme tant d’autres ? Ont-ils été détruits, comme cela est d’usage lorsqu’un nouveau souverain monte sur le trône, et qu’il ordonne la destruction de tout ce qui peut le compromettre ? ». La réponse est certainement oui.

Jusqu'à sa mort en janvier 1514, Anne de Bretagne s'est battue pour faire respecter le traité de 1499, comme le prouvent les documents publiés dans Dom Morice.

Les six années qui ont changé le cours de l'Histoire

La deuxième fille d'Anne de Bretagne est née le 25 octobre 1510. Elle n'a que 3 ans lorsqu'on la promet par traité, le 1er décembre 1513, au futur empereur Charles Quint mais là non plus, sa mère n'arrive pas à ses fins puisque l'on substitue au duché, le Milanais, et autres possessions du roi en Italie. Première infraction grave au traité. C'est la première tentative pour écarter Renée de son héritage.

Le 9 janvier 1514, Anne de Bretagne meurt dans des souffrances atroces. Sa disparition inattendue arrange en fait beaucoup de monde et va permettre ce qui va suivre.

En mai 1514, la fille aînée d'Anne de Bretagne, Claude de France, épouse le comte d'Angoulême. Elle a 15 ans. Le contrat de mariage, aujourd'hui disparu et pour cause, ne pouvait pas spécifier qu'elle était héritière du duché puisqu'en octobre 1514, Louis XII rappelle dans un acte retransmis par Dom Morice que c'est Renée l'héritière. En même temps, Louis XII concède la régence de la Bretagne au comte d'Angoulême, son beau-fils pas encore roi. La première chose qu'il fait, c'est de supprimer le poste de Chancelier de Bretagne, devenant ainsi le chef du gouvernement breton.

Le 1er janvier 1515, Louis XII meurt à son tour et le comte d'Angoulême devient roi de France sous le nom de François Ier, il est donc aussi régent du duché. Ce même jour, selon le traité de 1499, Renée de Bretagne, alors âgée de 5 ans aurait dû être proclamée Duchesse de Bretagne et ce sont les États de Bretagne qui auraient dû légalement choisir un régent ou une régente. Rien de cela ne fut fait. Il y eut un coup d'État et tout simplement le vol d'un des États souverains les plus riches d'Europe. François 1er, l'usurpateur, fit de toute évidence détruire des documents dont le testament d'Anne mais aussi sans doute un peu plus tard son propre contrat de mariage avec Claude.

1515, vous vous souvenez ? Oui bien sûr c'est Marignan que tout le monde connaît, alors que personne ne connaît Saint-Aubin-du-Cormier, comme le fait remarquer Gilles Martin-Chauffier. En septembre, le roi remporte cette éclatante victoire et, imbu de sa nouvelle gloire, se prenant pour César, établit une monarchie encore plus absolue qui lui permet toutes les fourberies possibles. Il décide que sa femme, Claude de France, est aussi héritière du duché, ce qui va l'arranger pour couvrir les énormes dépenses de la guerre d'Italie mais aussi, il ne veut absolument pas que le duché parte entre les mains de l'Autriche ou du Saint-Empire germanique ou même aux mains des Anglais puisque Henry VIII d'Angleterre a demandé la main de Renée (il l'aurait sans doute fait décapiter comme les autres mais dans tous les cas il aurait revendiqué le duché de Bretagne et les Bretons auraient pu être Britanniques !). Les autres prétendants furent Gaston de Foix, le fils aîné de l’électeur Joachim de Brandebourg, le duc de Savoie, le roi du Portugal et le connétable de Bourbon.

En août 1516, François Ier renonce à marier Renée à Charles d'Autriche, futur Charles Quint. Il propose maintenant sa fille aînée Louise au même Charles qui a déjà vu passer Claude et Renée. Louise décédera quelques années plus tard.

Renée écartée et déshéritée définitivement

Le 20 juillet 1524 la reine Claude meurt à l'âge de 24 ans. Elle est épuisée. Non seulement elle a donné naissance à sept enfants mais elle a contracté la syphilis probablement par son mari.

Le 25 février 1525, François Ier perd la bataille de Pavie en Italie et est fait prisonnier par l'empereur Charles Quint. Il n'est libéré qu'en mars 1526 après avoir signé un traité pour éviter le démembrement du royaume de France qui aurait ainsi redonné l'indépendance au duché de Bretagne et au royaume de Provence. La rançon est énorme, elle s'élève à 1 million deux cent mille écus d'or. C'est deux fois le budget du royaume. François Ier «le Fourbe» ne respectera pas le traité et ira même jusqu'à s'allier avec les Ottomans pour continuer les guerres d'Italie et les aider à s'emparer de la Hongrie. Il leur donnera même un temps Toulon comme base navale pour piller les côtes d'Espagne. Les Turcs transformeront la cathédrale en mosquée.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le mariage de Renée en 1528. La véritable duchesse de Bretagne est complètement isolée. Elle est orpheline à 15 ans. Ses parents et sa soeur sont décédés et elle est sous l'emprise de la toute puissante Louise de Savoie, la mère de François Ier, celle qui tire les ficelles et qui agit toujours dans les intérêts de son fils. Il s'agit à la fois d'écarter Renée et de la marier avec la plus petite dot possible. On la maria à Hercule II d'Este, un duc italien obscur dont la faible puissance militaire ne justifiait en aucune manière le privilège d'épouser une fille du roi de France mais avait l'avantage de garantir qu'il ne tenterait pas de récupérer l'héritage de son épouse. De plus, Alphonse d'Este, le futur beau-père, prêtait par la même occasion 100 000 écus d'or à François Ier, ce qui allait bien arranger les caisses de l'État. Renée fut en fait vendue au plus offrant.

Lors de son mariage à 17 ans Renée était trop jeune pour réaliser qu'on la volait. La dot ne comprend ni le duché, ni le Milanais perdu à la bataille de Pavie, mais le duché de Chartres et la seigneurie de Montargis qu'on érige vite fait en duché pour l'occasion et une somme d'argent, qu'elle ne touchera jamais, vite remplacée par une rente aléatoire (4). Rien à voir avec la dot colossale qui lui était promise si elle avait épousé Charles d'Autriche : le Milanais et 600 000 écus d'or. Ses parents ne sont plus là pour la défendre et les États de Bretagne non plus. Les États sont conscients de leur faiblesse face au roi mais ils savent aussi que Charles VIII et Louis XII ont remboursé les énormes dettes du duché envers l'Angleterre (650 000 écus d'or).

Le duché attribué illégalement à Claude, François Ier, son époux et roi de France, lui avait fait signer un document comme quoi elle lui donnait l'usufruit du duché. Un tour de passe-passe magistral qui aboutit à l'édit d'Union de 1532, certes demandé par certains membres des États de Bretagne dont plusieurs ont été payés, mais jamais ratifié. La Bretagne matée ne broncha pas. L'armée française était alors d'une puissance jamais encore atteinte, munie des redoutables gardes suisses, les meilleurs soldats de l'époque, et dotée des meilleurs canons existants. La Bretagne, elle, n'avait d'ailleurs plus d'armée et sa chancellerie sera aussi supprimée en 1532. Les États de Bretagne, réunis à Rennes le 26 novembre 1524, reconnurent François Ier comme «usufruitier [du] pays et Duché de Bretaigne». En 1532 les États approuveront même le couronnement à Rennes du fils aîné de François Ier, qui deviendra le dernier duc sous le nom de François III de Bretagne. Une nouvelle trahison du traité de 1499.

Inquisition, autodafé et abjuration

Ce duc de Ferrare, époux de Renée, était le fils de Lucrèce Borgia, petit-fils du pape Alexandre Borgia. Avec une telle belle-famille, on ne sera pas étonné que Renée fût devenue une protestante convaincue. Sa terre d'exil devint bientôt une terre de refuge pour les calvinistes. Elle prêta même refuge à Calvin et eut ensuite une correspondance privilégiée avec lui pendant 30 ans (5). À sa cour à Ferrare, elle donna asile à la fois aux protestants fuyant la France, comme Clément Marot, et aux juifs fuyant l'empire de Charles Quint car ils y étaient persécutés (6). Grâce à Renée, petit à petit Ferrare devint le centre de la Réforme en Italie. Sur le conseil d'Henri II, son neveu devenu roi de France, son propre mari saisit tout son courrier et le confia à l'inquisiteur. En 1554, l'Inquisition la condamna à la prison à vie et à la confiscation de tous ses biens. Ses enfants lui sont retirés, ses filles placées dans des couvents. Un autodafé de sa bibliothèque eut lieu. Sa rente venant de France fut suspendue. Si elle n'avait pas été de sang royal, elle aurait certainement fini au bûcher et d'ailleurs c'est ce qui arriva au meilleur théologien de Calvin envoyé pour la défendre. Elle ne fut libérée qu'en abjurant ! (7).

Un an après la mort de son mari en 1569, Renée revint en France et renoua avec sa foi calviniste. Beaucoup d'Huguenots trouvent refuge dans son domaine de Montargis et même des catholiques. Certains seront exécutés avec femmes et enfants sous ses yeux mais elle sera toujours épargnée. Elle se trouve à Paris lors du massacre de la Saint Barthélemy, mais s'en tire en se réfugiant chez sa fille Anne dont le mari, le duc de Guise, a lui été assassiné par les catholiques. Toutes les deux Renée et Anne sont en faite de grandes humanistes horrifiées par ce qui se passe.

Le procès

Trente-trois ans après son départ pour l'Italie, elle décide de récupérer la part de l'héritage de ses parents dont elle a été lésée et tout particulièrement son duché de Bretagne qui lui revenait de droit. Elle intente un procès à son neveu le roi Charles IX, procès qui se terminera sans jugement après dix ans de procédures. Le procureur général faisant valoir qu'en signant son contrat de mariage en 1527 elle avait accepté de se déposséder du duché mais aussi que la loi salique interdisait aux héritières royales d'apporter des terres et ceci en totale contradiction au fait que Claude apporta au comte d'Angoulême le royaume de France. Pour le procureur général, l'interdiction portait sur les mariages avec des princes étrangers. Renée et ses avocats ont fait valoir qu'elle était mineure et que donc le contrat de mariage n'avait aucune validité (8). On est sous l'ancien régime et la justice n'est pas indépendante, Renée est donc déboutée. Elle décédera en 1575.

Il existe un duc de Bretagne légitime parmi ses descendants.

Philippe Argouarch

18/12/17 Texte complété. Cour de Ferrare. Calvinisme. Sources.

Sources :

(1) Documents pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne de Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois, dit Dom Morice, 1742. Numérisé. Voir Gallica (voir le site)

(2) Copie du contrat de mariage d'Anne de Bretagne et de Louis XII (voir le site)

(3) Comment Renée de Bretagne (dite de France), fille de la duchesse Anne, a été éliminée par la France du trône breton. Louis Melennec 2012 (voir le site)

(4) Plusieurs versions du contrat de mariage de Renée et du duc de Ferrare sont conservées dans les archives, entre autres à la BNF, ms. fr. 2749, folio 84 et aux Archives nationales, série J 934, n° 15 ; une transcription figure dans Dom Morice, op. cit., t. III, col. 977-984.

(5) La BNF conserve une partie des lettres de Calvin adressées à Renée de France (microfilm 4970).

(6) Franceschini C., La corte di Renata di Francia (1528-1560), in Prosperi, A. (dir), Storia di Ferrara, vol. VI, Ferrare, Corbo, 2000, p. 185-214.

(7) Une protectrice de la Réforme en Italie et en France, Renée de France, duchesse de Ferrare, Emmanuel Rodocanachi, 1896. Numérisé après la page 112. (voir le site)

(8) Procès de Renée de France, dame de Montargis, contre Charles IX, M. le Baron de Girardot, 1856. Numérisé. (voir le site)

Autres :

Renée de France, duchesse de Ferrare, Rodocanachi, Emmanuel, Ollendorf, Paris, 1896.

Le mariage de Renée de France avec Hercule d'Esté : une inutile mésalliance. 28 juin 1528, article de Gabriel Braun dans Histoire, économie & société,1988, n° 7-2, p. 147-168. Numérisé. (voir le site)

La Huguenote, Renée de France‎ de Anne Puaux, Hermann, 1997.

Renée of France. Simonetta Car. Heidelblog, 2013.

Cet article a fait l'objet de 3158 lectures.
mailbox imprimer
logo

Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

Vos commentaires :

Jean Cévaër
Dimanche 17 decembre 2017

Cette triste histoire éclaire d'un jour cru toutes les turpitudes de la royauté française depuis l'avènement du royaume de France en 1180 et aussi les faiblesses du duché de Bretagne et les erreurs de ses souverains.

Hélas, le pire était à venir pour la Bretagne et pour la France et l'avenir ne suscite guère l'optimisme, en particulier en Bretagne déchirée par des idéologies importées.

Jack Le Guen
Dimanche 17 decembre 2017

Juste une question. Ca sert à quoi d'avoir un Centre d'Histoire de Bretagne avec des historiens bretons comme Frédéric Morvan ou Joel Cornette si ceux-ci ne sont même pas capables de faire les recherches qui rétablissent la vérité et surtout incapables de les présenter aux Bretons. Qu'un journaliste soit obligé de mener l'investigation en dit long sur l'emprise de l'histoire officielle et de ses mythes sur le monde universitaire et ses historiens.

laou ar spazher
Mercredi 20 decembre 2017

Les deux devises des anciens souverains français et des nouveaux souverains républicains : du passé des autres faisons table rase et tel est mon bon plaisir, et moi je leur réponds dans la langue des celtes armoricains - pok d'am revr loen brein - il est bon ton de s'esbaudir devant le sort des Corses, Ecossais, Catalans, Flamands et autres peuples debouts, nous sommes nous seulement posée la question essentielle voulons nous toujours vivre couché. War sav 'ta Bretoned.

P Le Guern
Mercredi 1 août 2018

Bonsoir M.Argouarch,

Vous terminez votre article par " Il existe un duc de Bretagne légitime parmi ses descendants". A votre connaissance, ceci a t-il fait l'objet d'une étude et quelles en seraient les conclusions à ce jour pouvant répondre à cette question : " qui en 2018 serait l'héritier de nos très anciens Ducs et Duchesses de Bretagne".

P. Argouarch
Samedi 4 août 2018

@ Le Guern : Suite à cet article, j'avais demandé à l'historien Frédéric Morvan, spécialiste des généalogies princières européennes, de nous informer sur cette lignée et de nous indiquer le prétendant légitime mais je n'ai eu aucune réponse à ce jour.

F Bouder
Mardi 14 août 2018

"On est sous l'ancien régime et la justice n'est pas indépendante".

Pas convaincu que le changement de style soit fondamental...

Il existe bien sur internet une "succession théorique des Ducs de Bretagne" mais qui suit les descendants de Claude donc sans doute éronnée.

Écrire un commentaire :

Combien font 7 multiplié par 4 ?

Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées.

Ul Liam etrezomp ! Un Lien entre nous !
pub