Comme d'habitude, à l'approche des élections, les bobards recommencent

-- Politique --

Point de vue
Par Philippe Argouarch

Publié le 17/01/14 0:36 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Cela devient presque un rituel, dès qu'une perspective d'élections et que les enjeux de réélections approchent, le président et le gouvernement de sa majorité ressortent des cartons les vieilles promesses qui amusent la galerie et redonnent des illusions et donc des bulletins de vote. Une fois l’exercice fini, on remet tout dans des cartons en attendant les rapports de commissions que l’on a nommées pour enterrer le tout. Chacun sait que la France est un château de cartes et qu’il est difficile de modifier quoi que ce soit sans risquer de faire écrouler un empire construit sur des bases de sable.

Si l'on regarde les 60 promesses du candidat Hollande, faites il y a deux ans, on doit constater que, non seulement, rien n'a été fait en France au niveau des réformes structurelles comme l'interdiction du cumul des mandats ou la proportionnelle aux élections, mais que la Bretagne n'a bénéficié d'aucune décentralisation. La phase 3 de la décentralisation a été repoussée quatre fois. Quant à la signature de la Charte des langues régionales, on nous a d'abord dit que le Conseil d’État était contre et qu'il n'y avait pas de majorité pour changer la constitution, bla, bla, bla... Mais diantre, comment ont fait tous les autres pays européens ?

Depuis la conférence de presse du président, mardi dernier, tout est reparti de plus belle. Charte discutée à l'Assemblée nationale, interdiction du cumul des mandats débattue au Sénat aujourd'hui, pour la deuxième fois ; promesse de Hollande de favoriser la fusion des régions et des départements au nom de la simplification territoriale. Rien n'a changé depuis les techniques agit-prop des «camarades». Attention mesdames et messieurs, le marchand de sable va passer tous les matins jusqu'aux élections municipales et même les européennes.

La carte de la France à 15 régions que proposait le rapport Balladur est même ressortie (elle avait été retirée du rapport en fait). Rappelons-nous quand même, dès qu'il avait appris qu’Édouard Balladur s'était déclaré favorable au rattachement de la Loire-Atlantique à la Région Bretagne, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, avait exercé des pressions fortes sur Pierre Mauroy et André Vallini, les deux élus socialistes du comité, pour sortir cette proposition du rapport final. Ce qui fut fait prompto !

Avec Ayrault Premier ministre, aucune chance pour la réunification sous la présidence Hollande. L'ABP l'avait annoncé même avant le deuxième tour de l'élection présidentielle (voir notre article). Jean-Marc Ayrault s'est toujours prononcé contre la réunification de la Bretagne. Ce que veut Ayrault, c'est la création d'un «Grand Ouest» de Saint-Malo à la Rochelle avec Nantes comme capitale et il se heurte non seulement à ceux qui veulent une Bretagne historique mais à ceux qui veulent revenir à l'Aquitaine historique qui incorporait le Poitou, comme au temps du duché d’Aquitaine et, bien sûr, le bas-Poitou, devenu la Vendée, en ferait partie. Les partisans de la réunification ont bien plus intérêt à former une alliance avec les partisans de l'Aquitaine historique qu'avec des partisans d'un vague «Val de Loire» fourre-tout.

Interviewé par ABP avant l'élection présidentielle, Stéphane Le Foll avait été très clair : « On est plutôt sur la ligne de Jean-Marc Ayrault : la coopération inter-régionale, le Grand-Ouest» et il avait ajouté «De toute façon ce n'est pas un débat qui intéresse les Bretons ». Il y’a quelques jours J. M Ayrault a mis les points sur les i : «“qu'on n'allait pas prendre des bouts de régions pour les mettre avec une autre ! ». La messe est dite. La seule chance pour la réunification de la Bretagne, c'est un remaniement ministériel. La réunification ne se fera que si Le Drian devient Premier ministre et encore, il devra convaincre le président.

Au même moment, le président est surpris avec une femme autre que la Première dame. Cette dernière semble avoir appris la nouvelle par la presse et a dû être hospitalisée. La presse essaye de minimiser, alors que le monde entier rigole des histoires de fesses de la présidence française dans la pure tradition d'un Louis XV. On répète dans 1000 articles de la presse française que les Américains sont des »puritains" et ne laissent aucune vie privée aux élus... Ah bon ? Je suppose que ces journalistes n'ont jamais assisté aux Gay Prides de San Francisco ou de New York. Les Américains puritains ? En tous cas, ils ont donné des droits civiques aux femmes et des droits civils aux homosexuels bien avant la France.

La vérité est tout autre, les Américains observent la vie privée de leurs élus pour une tout autre raison que les média français s'empressent servilement de ne pas vous dévoiler. Les Américains pensent que si un élu trompe sa femme, il est capable de tromper le peuple. . Cela n'a rien à voir avec la morale, mais tout avec l'éthique du comportement et des engagements.

Mentir fait partie des valeurs de la République et ceci depuis le début. La République vous ment dès l'âge de 4 ans quand elle commence à vous narrer une histoire de France mythifiée et cousue de mensonges ou d'omissions graves. Le mensonge en France est constitutionnel dès le début quand cet État a décrété qu'il n'y a qu'un seul peuple sur son territoire, une seule langue et une seule culture.

La France vit dans le mensonge permanent. Ce ne sont pas les politiques qui ont perdu toute crédibilité, mais la République.

Philippe Argouarch

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