-- Economie --

Châteaubriant : la fonderie sauvée mais 25 emplois seront supprimés

La fonderie Focast Atlantique de Châteaubriant était sur la sellette. Elle vient d’être reprise par le groupe belge Anglo Belgian Corporation basé à Gand qui va injecter plus de 6 millions d’€ dans l’entreprise mais aussi licencier.

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Dans cette usine spécialisée dans la fabrication de culasses de gros moteurs diesels, 25 emplois devraient être concernés, dont 20 à la production. Focast Atlantic, 97 salariés, avait été placée en redressement judiciaire le 26 avril 2011 pour six mois. Le tribunal de commerce de Laval a repoussé quatre fois sa décision, ayant à choisir cette fois entre le groupe ABC, spécialisé depuis un siècle dans la construction de moteurs, et un repreneur lyonnais, Sapaic.

Les bâtiments de la fonderie actuellement propriété de la communauté de communes du Castelbriantais devraient être acquis par ABC pour 400.000 € sous réserve de leur rétrocession au même prix à la collectivité territoriale en cas de nouvelle défaillance de l’entreprise . La question de la fonderie est un exemple de l’utilisation parfois étrange des fonds publics au service d’entreprises privées dont la gestion est parfois difficile. La collectivité a soutenu la fonderie alors qu’elle était propriété du groupe VALFOND (avant 2004) puis du groupe PEBECO, dont le PDG est Daniel Alleaume. Par la suite, OGEPAR, filiale de ABC, était devenu actionnaire à 51% de Focast et fournissait des pièces au groupe ABC.

Le sort d’autres usines du groupe reste en suspens, notamment à Soissons, en Picardie où 133 emplois sont toujours menacés et où ceux du groupe Baxi qui assure 60% des commandes de l’usine dont il a été propriétaire jusqu’en 2008 peuvent aussi être entrainés.

La décision du tribunal de commerce permet à Ogépar de rester seul aux commandes de l’usine castelbriantaise, évinçant au passage Daniel Alleaume et se débarrassant d’un lourd passif de près de 10 millions d’euros Il est à craindre que ce passif qui ne sera pas comblé n’entraîne à son tour d’autres fournisseurs et sous-traitants de l’usine vers des difficultés sérieuses.

L’entreprise avait licencié 103 personnes lorsqu’elle était encore propriété du groupe Valfond. Elle s’était redressée, mais la 2e vague de la crise l’a faire replonger. A la fin de l’été 2009, les intérimaires ont été remerciés, puis le chômage partiel a été mis en place : en novembre et en décembre 2009, seuls 6 jours dans le mois ont été travaillés. En avril 2011, alors que les deux autres usines de la FOCAST à Port-Brillet (Mayenne) et à Vimoutiers (Orne) était à vendre pour l’euro symbolique, les travailleurs castelbriantais chômaient deux jours par semaine. La mobilisation des collectivités territoriales, du groupe ABC qui craignait de perdre un circuit de fourniture solide et des clients de l’usine qui lui ont passé cet été plusieurs « commandes de sécurité » pour la maintenir à flot ont eu raison des nuages qui pesaient sur l’usine de Châteaubriant. Pourvu que ça dure…

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Étudiant en droit-histoire expatrié en Orléans, passionné par l'histoire et le patrimoine de la Bretagne. S'intéresse aussi à l'économie bretonne et à l'actualité de Loire-Atlantique.

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