Célébration des 130 ans de la CCI de Quimper et redécouverte du peintre bigouden, Pierre Diner

-- Cultures --

Compte rendu
Par Christian Rogel

Publié le 30/11/12 23:56 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

La Chambre de commerce et d'industrie de Quimper-Cornouaille a tenu son assemblée générale, le 29 novembre, et a célébré le 130ème anniversaire de sa création.

Un dîner rassemblant 120 personnes a eu lieu ensuite en présence du Préfet du Finistère, Jean-Jacques Brot.

Ce fut l'occasion de mettre en valeur l'œuvre de Pierre Diner, peintre à la riche existence, entre Morlaix, son lieu de naissance, le Kérity en Penmarc'h de son enfance, le Paris où il expose avec succès , son bar cabaret de Tréguennec, Chez Bénédicte, ses séjours à Pont-Croix et à Pont-l'Abbé et sa retraite toujours en couleurs à Plonéour-Lanvern. (voir notre article)

Pourquoi la Chambre de commerce et d'industrie de Quimper en est-elle venue à honorer Pierre Diner?

C'est à cause d'un panneau peint représentant des pêcheurs sur le rivage de Penmarc'h qui décore son hall d'accueil.

Bernard Le Floc'h, Vice-président de l'Institut culturel de Bretagne, figure de la politique à Pont-l'Abbé, mais, surtout musicien, organisateur de concerts et passionné d'arts plastiques, a retrouvé l'histoire des panneaux au nombre de 8 qui avaient été commandés par Pierre Winant pour décorer l'ancien Hôtel de la Montagne à Audierne.

Patiemment, il a localisé les panneaux manquants chez des particuliers qui en ignoraient parfois l'intérêt. Les panneaux ont été réalisés en 1962 et dispersés en 1980.

Jean-François Le Garrec, président de la CCI de Quimper se souvenait les avoir vus dans l'hôtel et rappelait qu'il a créé une commission Économie et Culture, confiée à Henri Belbéoc'h, l'éditeur quimpérois de livres d'art.

Bernard Le Floc'h présenta le peintre, né en 1932 et dont l'œuvre a connu de nombreuses périodes, en émaillant son propos d'anecdotes très bigoudènes.

Selon lui, Pierre Diner, en réalisant cet ouvrage dans une ville du Cap-Sizun en a fait une porte ouverte vers le Pays Bigouden tel qu 'il le voyait, bien sûr. Il poursuit :

Cette suite de panneaux de grande ampleur décorative, pensée, projetée sur un gabarit abstrait avec des notations de couleurs qui servent à une mise en page impeccable par la division du thème et une composition peuplée de verticales affirmées qui lui donne une cohérence rythmique."

Elle converge vers un tableau symbole : le pardon de Notre-Dame de la Joie, traitée au couteau avec un sens évident de la monumentalité, cette suite très graphique à la manière de Bernard Buffet porte la marque de cubisme revisité par Pierre Diner.

Le peintre aborde ici une période où il entendait retrouver les valeurs tactiles et mettre en évidence les volumes et les formes solidement construites qu'il délimite dans l'espace. Au lieu de glisser dans le fignolage du détail, il a simplifié le dessin et accentué le relief.

A noter la transposition répétitive d'un visage ineffaçable qui l'habite, celui de son épouse qui lui sert de point d'appui et de modèle ».

L'ensemble constitue maintenant une superbe exposition, visible chaque jour ouvrable, 145 avenue de Keradennec, à Quimper, jusqu'au 15 janvier 2013.

La CCI a édité un livre : La CCI de Quimper-Cornouaille : 130 ans d'initiatives pour un territoire

Christian Rogel

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