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Carles Puigdemont : L'histoire se répétera-t-elle ?

Lluís Companys et Carles Puigemont, deux présidents de Catalogne démocratiquement élus.
Lluís Companys et Carles Puigemont, deux présidents de Catalogne démocratiquement élus.

Avec l'arrestation par les Allemands, le 25 mars 2018, du Président de la Generalitat de Catalogne, Carles Puigdemont, de sombres souvenirs reviennent à l'esprit : l'arrestation, aussi par des Allemands, d'un autre président de la Généralitat en 1940, Lluís Companys, alors réfugié en Bretagne. Élu président de l'Assemblée catalane en 1933, Companys devint ensuite le premier président élu de la Catalogne.

L'histoire se répétera-t-elle ?

Après une insurrection nationaliste en octobre 1934, Lluís Companys avait été élu et avait aussi proclamé l'indépendance de la Catalogne. Arrêté par le régime de Madrid et condamné à 30 ans de prison, il fut libéré juste avant la guerre civile et eut le temps de s'exiler en France. Il résidait à La Baule quand la Gestapo est venue l'arrêter, en septembre 1940, grâce à des informations données par la police française. Livré à Franco, il fut condamné à mort et fusillé le 14 octobre 1940 (voir notre article) et (voir notre article).

Des commémorations ont lieu régulièrement à La Baule et nous en avons parlé une vingtaine de fois (voir le site)

Traités internationaux, droit national et droits fondamentaux

L'Allemagne va-t-elle livrer à nouveau à l'Espagne un président catalan démocratiquement élu ? Certes, ce ne sont plus les nazis qui sont au pouvoir à Berlin et l'Espagne n'est plus franquiste mais les réactions de solidarité entre les État-nations restent les mêmes à travers tous les régimes.

L'intérêt national et les traités signés prennent le pas presque toujours sur les droits fondamentaux des peuples. On y assiste aussi avec le sacrifice des Kurdes sur l'autel du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) dont la Turquie est toujours membre malgré des infractions graves à la charte de cette pas si sainte alliance. La Sainte alliance de 1815, l'OTAN de 1949 et le traité de Lisbonne de la CEE ont tous en commun ceci : la paix et l'ordre établi doivent passer avant toute remise en cause juridique, politique et territoriale en Europe. L'ordre doit prévaloir sur les droits fondamentaux des peuples et des individus. Sauf que. Après 1815 et le retour aux monarchies absolues, il y a eu 1848 et après le verrouillage de l'Europe par les États-nations, il y aura aussi un autre réveil des peuples. Oui l'histoire se répète.

Voir aussi :
©agence bretagne presse

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

Vos commentaires :

Christine Churie-le Goal
Mardi 27 mars 2018

L'histoire ne sert pas à prévoir mais plutôt à mieux voir .

Quelques différences :

(voir le site)

(voir le site)

Lucien Le Mahre
Mercredi 28 mars 2018

J'ignore à quel degré le précédent Companys a pu jouer dans ses décisions, mais notons qu'à aucun moment Puigdemont n'a manifesté la moindre velléité de se réfugier en France, pays qui jouxte pourtant la Catalogne ( et piétine même quelque peu ses platebandes !).

Il n'a fait que la traverser incognito pour échapper à l'arrestation et rejoindre Bruxelles, où son sort lui paraissait sans doute plus facilement défendable.

Je me demande bien pourquoi ...

Didier Lebars
Mercredi 28 mars 2018

Etonnant en effet.

Puigdemont voyageait pour des conférences en Finlande, Danemark ... les services secrets espagnols le suivaient. Il y a certainement eu négociation entre gouvernements pour choisir de l'arrêter sous juridiction allemande.

Detail : Généralité pour Generalitat sonne mal. A part les Français qui traduit ? Anglais, allemands ... ne traduisent pas.

spered dieub
Mercredi 28 mars 2018

Moi je trouve que votre analyse est bonne .

Loïc. L
Mercredi 28 mars 2018

Ce qui m'étonne le plus est la contradiction suivante:

- Les idées d'indépendance en Catalogne etaient mues par un mouvement politique ayant pignon sur rue, étant reconnu par l'Espagne et autorisé, et puigdemont étant le représentant politique de Catalogne.

- de ce constat, pourquoi, mais pourquoi condamner un personnage politique reconnu par l'etat (espagnol) lorsque enfin il gagne son combat politique par ...les urnes.

Autoriser un parti politique mais condamner à la prison lorsque le parti politique gagne par le vote, ç'est le comportement typique d'une dictature - c'est un constat.

C'est étonnant.

Autre chose étonnante: les idées de racisme ou de rejet de l'autre ont de l'écho médiatique et leur débat est accepté en Europe (partis politiques extrêmes assez fort en Europe) mais l'independance de peuples d'Europe ne fait pas débat et la censure médiatique s'applique systématiquement - puisqu'il n'y a pas de débat... Vouloir la liberte et l'independance serait pire que tous les extrêmes...quel monde de dingue.

P. Argouarch
Jeudi 29 mars 2018

@Loic : Les hominidés restent essentiellement des mammifères. Comme les chiens mais aussi de nombreux prédateurs de la savane ils aiment aller pisser sur des marqueurs de frontières. Pour les animaux, il s'agit d'une réserve de gibiers mais pour les humains, les km2 sont aussi des impôts et donc du pouvoir. Plus le régime est corrompu, plus les euros comptent.

spered dieub
Jeudi 29 mars 2018

Je pense que les défenseurs des nations sans état sont dépassés par les évènements et les Bretons sont loin d'être en reste .En fait ils sont victimes et désignés à la vindicte populaire, de part un mouvement d'opinion lancé par des responsables politiques des états nations qui craignent une propagation de ces revendications nationalitaires .Alors ils veulent faire passer, aux yeux de l'opinion publique ces militants et responsables pour des populistes, aussi potentiellement dangereux que les terroristes de l'EL ,en agitant un spectre de l'ethnicisme pouvant entrainer balkanisation de l'Europe avec pour conséquences des conflits comparables aux guerres des années 1990 dans l'ex Yougoslavie .Cependant les positions radicales de certaines personnes ou mouvements nationalitaires ont apportés de l'eau aux moulin de cette entreprise intellectuellement malhonnête .

Jean Albert
Lundi 2 avril 2018

Ne vaudrait-il pas mieux parler des "peuples sans état" ? Deux exemples : les Kurdes, les Palestiniens. Tous

les deux n'aspirent ils pas à devenir des "états nations" ?

Quant aux catalans, ne vaut-il pas mieux parler de "population catalane" ou mieux encore de "population de

la Catalogne espagnole" ?

Proposition : distinguer par le vocabulaire des situations différentes ...Nommer les choses et les nommer correctement autant que faire se peut.

@spered dieub : parler de "revendications nationalitaires" fait alors bien la différence avec "revendications

nationalistes"

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