Bugaled Breizh : ABP avait toujours pointé le doigt sur le HMS Turbulent
Dépêche de Philippe Argouarch

Publié le 11/12/10 12:42 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Alors qu'on essayait de faire croire, thèse reprise par l'ensemble des médias français, à la présence (sans aucune preuve) d'un sous-marin d'attaque américain sur les lieux du naufrage du Bugaled Breizh, ABP s'en était toujours tenue à la thèse du sous-marin d'attaque nucléaire britannique HMS Turbulent comme le probable responsable de l'accident et coupable du délit de fuite.

Turbulences autour du Turbulent

Voir ( voir l'article ), un article du 3 mai 2007 dans lequel nous faisions remarquer les indices de falsifications du livre de bord du Turbulent à des fins de dissimuler le fait qu'il était en mer le 15 janvier 2004. Il est aussi établi que le Turbulent a envoyé un message signalant une avarie et rentra au port prématurément.

Sébastien Turay et Laurent Richard ont analysé dans leur livre, publié en janvier 2007 : "Le Bugaled Breizh : Secrets d'États autour d'un naufrage", un message déclassifié, daté du 15 janvier 2004, qui prouverait la présence du Turbulent à Devonport - base navale britannique pour les sous-marins nucléaires, dans le Devon. Le message mentionnerait dans son texte un événement du 18 janvier, donc postérieur à la date. D'après les auteurs, "la seule explication possible est que la date du document originale a été falsifiée". Une erreur grossière des falsificateurs qui aurait été commise dans l'empressement apparemment. La présence sur les lieux de l'accident d'un troisième radeau de sauvetage, rouge, n'appartenant pas au Bugaled Breizh, et coulé par la marine britannique apparait de plus en plus comme un "nettoyage" de la scène du crime.

L'entente cordiale

Le ministre des Armées britannique avait donné dès mars 2005 (au gouvernement britannique et à la justice française) la position du HMS Turbulent qui se serait trouvé à Devonport le jour de l'accident ( voir l'article ). De son côté Madame Alliot-Marie, alors ministre des Armées, avait indiqué à l'Assemblée Nationale, lors d'une "question au gouvernement", posée par la députée du Finistère Hélène Tanguy, en mai 2005, que les éléments d'information en sa possession ne lui permettent pas « de suspecter un sous-marin d'être à l'origine du naufrage ».

Enfin un témoin parle

Tout semblait alors être rentré dans l'ordre, sauf qu'un témoin vient de sortir de l'omertà et a affirmé hier que le HMS Turbulent était bien en mer ce jour-là et jouait au chat et à la souris avec le sous-marin nucléaire d'attaque français le Rubis. (Rapporté dans Le Marin du 10 décembre 2010).

La Cour de cassation a examiné, mardi le pourvoi du patron du Bugaled Breizh. Si ce dernier obtient gain de cause, l'affaire sera relancée, cette fois avec au moins un témoin de premier ordre que beaucoup soupçonnent d'avoir été à bord du Rubis, le jour du drame.

(voir le site) des autres articles ABP sur cette tragédie.


Mise à jour du 15 décembre 2010 :

Le commandant de vaisseau Andrew Coles qui a échoué un autre sous-marin nucléaire, le HMS Astute, sur un banc de galets sur les côtes écossaises en novembre dernier ( (voir le site) de l'incident ), était le capitaine du HMS Turbulent de septembre 2003 à avril 2006. Donc au moment de la tragédie du Bugaled Breizh.

Cet accident dément ce qu'avance le journal Mer et Marine avec une naïveté déconcertante, dans un article non-signé et titré comme à la pire époque de la Pravda : "Que faut-il penser de la thèse... ".

Ne jamais lire un article qui prétend vous dire ce qu'il faut penser....

Mer et Marine affirme que les sous-marins de la classe du Turbulent ne s'aventurent pas dans des zones de moins de 100 mètres de fond ! Mer et Marine - une édition du groupe Le Télégramme - nous prend-il pour des idiots finis ?

Le commandant de vaisseau Andrew Coles a été relevé de son commandement.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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