Bretagne rassemblée : une entourloupe verbale pour (ne même pas) sauver les meubles

-- La réunification --

Point de vue
Par Christian Rogel

Publié le 25/07/14 18:42 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'initiative de la «Bretagne rassemblée» n'a pas attiré, ni les élus, ni la foule, mais, quelques socialistes et écologistes de Bretagne, surtout de la variété républicaniste, ont tenté de faire croire qu'une fusion de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire pourrait calmer les partisans de la Réunification, dont la voix porte de plus en plus.

Le principe tient exactement du jeu de bonneteau : vous avez deux régions modèle Guy Mollet 1956 par héritage de Pétain, vous les mettez dans un mixer et vous déclarez qu'on pourra reconnaître que la Bretagne est rassemblée, puisque 5 de ses départements voisinent avec 4 autres. Cela donne une ébourrifante formule 4 + 5 = 9 = 5 + 4.

Comment cet abracadabra est sensé convaincre des gens qui ont été à l'école primaire ? C'est tout simple, vous contrefaites le nom de l'association qui organise des manifestations très suivies dans l'indifférence des élus et des médias («Bretagne réunie») en prônant le contraire de ce qu'elle demande et vous déclarez solennellement qu'après le coup de mixer, on repêchera «la Bretagne historique» en lui donnant de fumeuses possibilités, de préférence inconstitutionnelles, dans le domaine culturel, touristique et patrimonial.

On comprend la gêne de ces braves élus quand ils ont compris qu'il était impossible de faire la synthèse (sport très socialiste) entre la Réunification et l'annexionnite des Pays-de-la-Loire. Même les journalistes parisiens ont perçu que beaucoup d'élus et beaucoup de Bretons sont choqués par l'idée d'une dilution dans un Grand Ouest invertébré, qui n'est appuyé par aucune vie en commun. Le sondage BVA-LH2 qui indique que 6% des habitants de la Bretagne à 4 privilégie la fusion le confirme (voir notre article). Entre la Pointe du Raz et La Ferté-Bernard (465 km, 5 heures 30), que trouve-t-on? Les Marches de Bretagne, le camp de Conlie, de sinistre mémoire, et d'interminables routes, dont on désespère d'arriver au bout.

Allons plus loin, la rupture est consommée entre ce qu'a toujours été la Bretagne, qui préexistait à toutes les lubies de découpage en tranches et un agrégat inconstitué de territoires désunis (Mirabeau parlait de «peuples») que le souverain avec ou sans couronne peut retailler à sa guise avec l'aide, pour le décorum, de 93 députés socialistes serviles (ceux qui ont écrit la dernière mouture de la carte).

Le décret de Guy Mollet, socialiste belliciste (pléonasme), pro-israélien et incapable de résister à une armée coloniale putschiste,ne sera pas aboli par son héritier trop fidèle. Pourtant, comme nous l'avons expliqué (voir notre article), François Hollande a ouvert la boîte de Pandore, si bien que, partout, on s'interroge sur la gouvernance locale optimale et qu'il devient de plus en plus évident que l'Etat est incapable de transformer la France en un jeu à la SimCity, selon le bon mot de Martine Aubry. Ce sera une bonne leçon pour ce qu'il reste d'anciens élèves de l'ENA pas encore partis faire de l'argent.

L'évidence de la Bretagne à 5 départements devrait s'imposer lentement, d'autant que ceux qui en sont les plus éminents des opposants (Auxiette, Ayrault et Le Foll) ont une validité politique limitée par les prochaines élections qui verront un coup de barre à droite. Ceux qui ne voteront pas les amendements pour la réunification au Sénat et à l'Assemblée nationale, cet automne seront vus comme les opposants aux rassemblement de la Bretagne, le vrai.

Principaux promoteurs de «La Bretagne rassemblée» :

Parlementaires de Bretagne

- Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique

- Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan

- Virginie Klès, sénatrice PS d'Ille-et-Vilaine

- Philippe Noguès, député PS du Morbihan

- Jean-René Marsac, député PS d'Ille-et-Vilaine - A eu le mérite de s'abstenir en première lecture, le 23 juillet, au contraire de beaucoup d'autres socialistes bretons godillots (voir notre article).

- Yves Daniel, député PS de Loire-Atlantique

Christian Rogel

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