Bretagne, Catalogne, Alsace, Provence, en campagne avec RPS En Catalogne le 30 avril, en Bretagne l

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Chronique de François Alfonsi
Porte-parole:

Publié le 29/05/21 8:22 -- mis à jour le 29/05/21 08:22

Bretagne, Catalogne, Alsace, Provence

En campagne avec RPS

En Catalogne le 30 avril, en Bretagne les 20, 21 et 22 mai, en Alsace début juin, puis en Provence ensuite, les partis de RPS qui sont engagés pour les élections régionales m’ont invité à partager leurs campagnes électorales. Pour tous, les enjeux sont forts, et, qu’ils soient seuls ou en alliance avec Europe Ecologie, l’apport à leur campagne est important de faire valoir la présence de Régions et Peuples Solidaires au Parlement Européen.

A Perpignan, la journée de campagne s’est déroulée avec l’écologiste Antoine Maurice, tête de liste toulousaine de l’immense région Occitanie, et Guillaume Cros, vice-Président sortant de la Région, et bon connaisseur de la question européenne où il a été l’assistant de Gérard Onesta. A nos côtés les mouvements catalans, Jordi Vera de « Oui au Pays Catalan » et Jaume Pol d’Unitat Catalana. Peire Costa, directeur de RPS est l’organisateur de la journée de campagne.

Dans la région administrative d’Occitanie, EELV a passé alliance avec RPS et ses deux branches locales, catalane (Oui au Pays Catalan) et occitane (Parti Occitan). Un accord en bonne et due forme est passé qui assure, en fonction du niveau de résultat, une élue catalane d’abord, un élu occitan ensuite, ce qui permettrait à RPS de reprendre pied dans le Conseil Régional.

Guillaume Cros connait bien RPS, Antoine Maurice et le staff des écologistes noue un premier contact avec la structure fédérale qui unit les partis autonomistes de l’Hexagone. C’est le tout premier intérêt de cet investissement de campagne car il permet de resserrer la proximité Verts-RPS au-delà du groupe au sein du Parlement Européen. Le contact est excellent, et manifestement Antoine Maurice découvre et comprend l’apport des régionalistes à la composition de la liste qu’il conduit.

Dans les locaux de la radio locale uniquement en catalan Arrels, il peut mesurer la force de l’engagement militant consacré à faire vivre, et à développer, une radio 100% locale et 100% catalane, créée dans le sillage de la libéralisation des ondes par François Mitterrand en 1981.

Juste après, dans les locaux de la Generalitat de Catalunya situés au cœur de la ville, il rencontre l’envoyé du gouvernement catalan qui illustre avec des exemples parlants l’apport que la dimension politique et culturelle catalane peut générer pour les politiques européennes de la Région Occitanie dans son ensemble. Enfin, lors de la visite de l’école de la Bressola avec ses 170 enfants scolarisés en catalan, il peut constater que le mouvement catalan mobilise une base sociale considérable, et que, par l’école et la jeunesse, il est un apport essentiel pour un avenir culturellement catalan dans le pays catalan.

Cette journée a rapproché les hommes et les femmes, et aussi les objectifs politiques entre EELV et RPS, sur la région la plus homogène et la plus peuplée concernée par l’implantation des formations membres de RPS.

C’est sur toute la Région de la « Bretagne administrative » et ses quatre départements que le second déplacement a eu lieu les 20, 21 et 22 mai. Dans chaque département, l’UDB dispose d’un responsable en position éligible : Ana Sohier en Ille et Vilaine, Gaël Briand en Morbihan, Nil Caouissin en Côtes d’Armor, et Kristian Guyonvarc’h dans le Finistère.

La tête de liste écologiste Claire Desmares-Poirrier vit dans la « zone des trois-frontières » où se jouxtent Ille et Vilaine et Morbihan en région Bretagne, et la Loire Atlantique située dans la région des Pays de Loire, et son quotidien est de vivre avec l’aberration administrative qui sépare la Loire Atlantique et Nantes du reste de la Bretagne.

Le combat pour la réunification de la Bretagne est un des grands thèmes de campagne, à côté du cheval de bataille récurrent des écologistes en Bretagne, le dossier des algues vertes que génère un modèle agricole productiviste aux excès colossaux, dont la continuation amène à la condamnation de la France en infraction totale avec les directives européennes.

Mais l’UDB est aussi à l’origine d’une thématique nouvelle là-bas, devenue centrale en raison du confinement, celle du déferlement d’une demande exponentielle de résidences secondaire de la part de citadins en mal de grand air. La réponse apportée par Nil Caouissin au nom de liste entière est celle de la revendication d’un statut de résident, comme nous le faisons en Corse, et ma présence permet d’alimenter leur proposition de programme lors d’une conférence de presse.

A Pontivy avec Ana Sohier et Lydie Massard nous exprimons notre indignation alors que vient de tomber la décision du Conseil Constitutionnel de censurer la loi Molac sur les langues régionales. La vague de protestation qui se lève en Bretagne pour la défense de leur langue est générale et sans précédent. Au fil des rencontres organisées avec les responsables des associations culturelles, on sent bien que la mobilisation du 29 mai sera très puissante à Guingamp. Et que la liste de l’alliance des écologistes et de l’UDB en profitera pleinement lors du vote des Bretons.

Mais la tournée est aussi l’occasion d’aborder la question économique, d’abord à Lorient, aux Fonderies de Bretagne, grosse entreprise industrielle (400 salariés) que le groupe Renault veut fermer, lors d’une visite guidée par le responsable syndical des ouvriers qui occupent le site. Le lendemain, le site industriel visité avec Kristian Guyonvarc’h à côté de Brest est l’exact contraire. L’usine Lessonia, dont le PDG est lui aussi candidat sur liste Bretagne d’Avenir, a été créée pour valoriser les algues traditionnellement ramassées sur le littoral breton, en produisant des ingrédients naturels qui entrent dans la composition de produits cosmétiques. La demande en est de plus en plus forte dans le monde, et l’entreprise de Christophe Winckler est passée en quelques années d’une poignée à 200 salariés. Mais qu’elle soit ancienne comme à Lorient, ou high-tech comme à Brest, le problème est le même : comment garder en Bretagne l’activité de production de ces usines, alors que la haute finance entend fermer l’une et racheter l’autre ? Une partie de la réponse sera au sein du futur Conseil Régional, et, surtout, dans le projet d’autonomie de la Bretagne pour qu’elle puisse maîtriser mieux sa politique économique.

Les prochaines étapes avant le 20 juin seront en Alsace avec Unserland qui mène seul son combat pour l’Alsace, en concurrence avec les écologistes alsaciens qui n’ont jusque-là pas manifesté d’intérêt pour le combat régionaliste. En Provence, le Partit Occitan conduit sa propre liste, marquant une présence politique inédite et encourageante. Au Pays Basque, le cap est mis sur les élections départementales où le mouvement abertzale compte déjà des élus. J’aurais l’occasion de participer à ces trois autres campagnes.

Continuer « a longa strada » vers l’autonomie de la Corse en gardant la tête des institutions territoriales, reprendre pied dans les institutions régionales de Bretagne et d’Occitanie, peser sur l’échelon départemental en Pays Basque, comme en Catalogne, et imposer le discours autonomiste au sein de la toute nouvelle Collectivité Européenne d’Alsace, tels sont les objectifs de RPS pour ces élections régionales de juin 2021.

Régions et Peuples Solidaires sera ensuite mieux armé pour les combats à venir, notamment celui des législatives 2022.

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Membre de Femu a Corsica et préside depuis 2014 l'Alliance libre européenne (ALE). Élu une première fois député européen le 7 juin 2009, Il est de nouveau élu député européen le 26 mai 2019, sur la liste Europe Écologie Les Verts.
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