Breizh Amerika : rapprocher la Bretagne du monde anglo-saxon

-- ABP --

Reportage
Par Philippe Argouarch

Publié le 3/04/16 11:24 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Un proverbe chinois dit "celui qui ne se retourne pas n'arrive jamais au bout de son voyage". Charles Kergaravat a parfaitement compris de quoi il en retourne. Né aux États-Unis de parents bretons bretonnants venus de Gourin, il s'est retourné et a regardé cette Bretagne, si belle, et pourtant en danger de disparition.

Tout a commencé grâce aux réseaux sociaux comme Bzh New York, BZH Network ou même Bretons du Monde, une connectivité venant de l'internet qui permettait aux Bretons expatriés de garder des contacts avec leur Bretagne ou de tisser des liens. Réalisant qu'il fallait aller plus loin, Charles Kergaravat a créé il y a deux ans BREIZH AMERIKA afin de jeter des ponts entre Amérique et Armorique, des ponts culturels mais aussi économiques.

Familier avec le monde de la Finance (il a travaillé pour Lehman Brothers), Charles Kergaravat a alors l'idée, en août 2015, de lancer un concours de start-up bretonnes avec, à la clé, une semaine à New York afin d'y décrocher filiales et financements de l'autre côté de la mer.

Ce sont pas moins de 46 entreprises qui ont postulé. Un énorme succès. Les trois start-up primées ont été dévoilées vendredi au Relecq-Kerhuon dans l'amphithéâtre du Crédit Mutuel Arkéa au cours d'une conférence intitulée Pourquoi et comment faire du business aux USA en présence du Consul des États-Unis à Rennes, de Jean-Pierre Le Tennier, directeur général du Crédit Mutuel de Bretagne, de Serge Appriou de Kengo.bzh, le crowdfunding breton, et des représentants des technopoles de Brest, de Rennes, des représentants du monde culturel breton comme Guy Gestin, président du FIL, ou Hervé Lossec auteur d'un best-seller sur les bretonnismes en français.

Le gagnant est NDMAC, basé à Pluguffan près de Quimper, qui a inventé le bar connecté. Les 2e et 3e sont respectivement E.Sensory de Brest et Klaxoon de Rennes.

NDMAC Systems

La start-up NDMAC Systems a été fondée en janvier 2013 par des actionnaires et des spécialistes aux talents complémentaires, avec pour but de concevoir, produire et distribuer des tables à boisson et des services associés.

Le premier trimestre de la start-up spécialisée dans la recherche et le développement fut employé à trouver des partenaires de haute qualité capables de supporter le projet ambitieux de NDMAC Systems qui vise un marché international.

Le second semestre a servi à la seconde étape : la recherche et le développement pour concevoir la tireuse.

Le projet innovant impliquait un prototype de table haute servant les boissons, comprenant un système de tirage à pression et le refroidissement, sur lequel les clients pouvaient venir se servir eux-mêmes. L’unité est mobile et modulaire. Les fûts sont embarqués à l’intérieur de la table ainsi que le système de refroidissement, l’électronique et l’informatique embarquée qui fournit les différentes fonctionnalités de la table.

L’équipe possède un domaine de compétence clé dans la production de boisson (dont le brassage, 2 des partenaires sont d’anciens brasseurs, ce qui permet d’assurer une relation solide avec d’autres brasseurs grâce à leur connaissance du marché et de la production), dans la distribution de soft et de bière (une expertise sur la logistique), dans les systèmes de paiement et de vente, et dans le développement de système embarqué (en particulier les systèmes ouverts et distribués disponibles sur le marché et sur les concepts entourant le "big data").

Les partenaires du projet fournissent une expertise sur le design de meubles dans un espace commercial, et sur le système de refroidissement et de service de liquide à haute pression. Les partenaires et l’équipe possèdent aussi une grande expérience internationale.

Actuellement, NDMAC Systems a été créé sur fonds propres. Dans le futur, les revenus principaux viendront des entreprises (points de vente avec table fixe), avec une tierce partie venant d’organisateurs d’événements (festivals, soirée d’entreprise, événement communautaire, etc par des locations de machines), en particulier pour des lieux reculés (comme les îles) et une petite part viendra des particuliers (location de machine pour des soirées ou des week-ends).

Les tables NDMAC satisfont les besoins des clients et peuvent être utilisées pour tout type de boisson. (soda, lait, vin, etc…)

E. Sensory

E.Sensory a créé un sex toy connecté à des livres virtuels érotiques. Mais le projet de la jeune pousse est bien plus large : elle veut permettre à ses clients de ressentir des sensations physiques (froid, chaud, pulsations...) lorsqu'ils consultent des contenus numériques (films, jeux vidéos...) via différents types d'objets connectés, comme des vêtements.

Le premier produit développé par E.Sensory porte sur la littérature érotique connectée (B. Sensory).

Un concept inédit, innovant et original qui conjugue l’attractivité de la lecture érotique numérique au potentiel des objets connectés.

Le système B.Sensory inclut une application de lecture et le Little Bird, premier sex toy synchronisé via Bluetooth à des lectures érotiques. Après avoir téléchargé gratuitement l’application sur votre smartphone ou votre tablette, choisissez une nouvelle coquine « vibrante » puis commencez la lecture.

Au fil du texte, jouez avec les mots et votre téléphone… Une simple secousse de votre appareil, une caresse, un souffle sur l’écran pour révéler le texte déclenche alors les vibrations du sex toy en accord avec l’intensité de l’histoire. À tout moment, vous pouvez faire varier les vibrations ou rejouer la séquence.

(voir le site)

Klaxoon

Klaxoon apporte une petite révolution dans le petit monde des formations et des réunions en tout genre. Au lieu d'infliger d'arides présentations à l'assistance, la start-up rennaise fait le pari de l'interactivité.

Klaxoon a mis au point des logiciels et un boîtier qui génère un réseau Wi-Fi sur lequel se connectent les participants depuis un smartphone ou une tablette. En quelques clics, l'animateur de la formation ou d'une réunion peut générer des documents qui encouragent l'audience à participer. Par exemple, l'auditeur peut demander à la salle de définir leur entreprise, et à partir des réponses qui sont données, générer un nuage de mots, en mettant en avant les mots le plus souvent cités. Klaxoon a aussi imaginé un questionnaire à choix multiples sous forme d'une chasse au trésor. Au total, plus d'une vingtaine de documents interactifs sont proposés, y compris des votes instantanés, des sondages. (voir le site)

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.

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