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- Lettre ouverte -
Avenir du breton : chronique anodine d'un élu opposé
A Vannes, le 19 novembre 2006. Objet : réponse à votre courrier du 7 novembre 2006. V/Réf. : HL-JH-2006-945 Monsieur le Maire, Votre lettre du 7 novembre 2006 ne nous surprend ni sur la forme ni sur le fond. C'est parce que vous avez rendu public votre
Bertrand Deléon pour BEMDEZ le 19/11/06 20:44

A Vannes, le 19 novembre 2006.

Objet : réponse à votre courrier du 7 novembre 2006. V/Réf. : HL-JH-2006-945

Monsieur le Maire,

Votre lettre du 7 novembre 2006 ne nous surprend ni sur la forme ni sur le fond. C'est parce que vous avez rendu public votre désaccord soudain par voie de presse que nous sommes intervenus en tant qu'association ayant oeuvré pour la mise en place d'une signalétique bilingue dans le Morbihan, et que, ne vous en déplaise, nous vous répondons.

Contrairement à ce que vous écrivez, cette affaire dépasse le cadre restreint de la relation commune - département. Votre position fort élitiste contraste avec vos propos impliquant à juste titre les habitants de Brandérion. Si vous ne semblez plus trop comment aborder le problème, ce qui prouve réflexion de votre part et nous vous en félicitons, vous abordez un point essentiel concernant la mise en place de ces panneaux : la décision et le financement du Conseil Général du Morbihan pour le réseau routier départemental. Autant dire alors que dans cet enjeu linguistique réduit à "une affaire qui concerne la relation entre une commune et le Département", vous êtes déjà perdant puisque cela n'est plus de votre compétence.

Nous avons donc décidé de répondre à vos deux séries de points :

1. Sur la forme :

Il est irrationnel que vous ayez été surpris que nous ayons saisi la presse sur une affaire que vous avez vous-même médiatisé ! Vous vous étonnez également de notre réponse à votre intervention qui "ne s'adressait évidemment pas à notre association qui, à vrai dire, était hors de votre pensée en la circonstance." Cela signifie t'il que votre statut de Maire vous permettrait de vous placer au dessus de toute critique ou remarque ? Faudrait-il aussi une autorisation officielle pour vous adresser la parole ?

Vous dites défendre "le breton de nos concitoyens" bien que vous avouez vous même votre absence dans ce combat pour la langue bretonne. Nous vous reposons ainsi la question de manière plus simple : pourquoi vous contentez-vous de réagir une fois le travail accompli ? Avec la meilleure des volontés, vous aurez fort à faire pour passer pour un défenseur du breton en agissant de la sorte.

Vous opposez la langue bretonne à la langue française, langue officielle, parlée dans plusieurs régions du monde, protégée par un statut et des textes de lois, une politique gouvernementale volontariste et subventionnée, jouissant d'une obligation scolaire, pour oser conclure qu'il y a " un combat important à mener pour la langue française, (...) toute aussi menacée". Sachez que l'absurdité de vos propos a provoqué une vaste rigolade parmi nos membres. Inutile de dire que cette incohérence verbale dissimule mal la foi anti-bretonne qui vous anime. D'autant qu'elle vous a permis d'être placé un court instant sur le devant de la scène médiatique locale... Or, vos administrés apprécieront ces tartufferies à leur juste valeur.

Vous précisez par la suite que "le bilinguisme routier est sûrement une excellente idée dans son principe" : que vous fait-il douter d'un choix largement répandu en Europe et à travers le monde ?

On comprend mieux alors que vous trouviez bon d'ajouter que "le bilinguisme routier aboutit à doubler la surface de tous les panneaux qui enlaidissent déjà notre environnement" ! Avez-vous déjà prêté attention aux panneaux directionnels bilingues ? Par le jeu, la disposition et la taille des polices de caractères, de la forme des panneaux et du fait d'une parité breton - français encore loin d'être atteinte, vos affirmations sont encore une fois des plus burlesques. A ce sujet, ne croyez-vous pas que les politiques de francisation de nos toponymes n'aient "enlaidi notre environnement" en alourdissant la signalisation ? En opposition à votre point de vue, il ne peut s'agir "d'un autre débat" mais le coeur du problème politique imputé à la langue bretonne.

2. Sur le fond :

Vous démontrez votre méconnaissance du sujet, ce qui est louable : il ne s'agit en effet pas de l'orthographe française pour la version bretonne mais de l'orthographe bretonne conservée dans la toponymie francisée par un seul accent sur le "é" de Brandérion. De là, il y aurait une manière simple d'alléger la signalétique...

Par ailleurs, vous mentionnez des archives anciennes pour étayer votre explication sans même les vérifier. En effet, les titres de l'ancienne abbaye de la Joie Notre-Dame d'Hennebont cotés 60 H 14 aux AD du Morbihan, série relative au clergé régulier, abbayes et communautés religieuses de l'ancien diocèse de Vannes supprimées à la Révolution, XII-XIIIe siècles pour les documents les plus anciens, mentionnent la forme latine "Praedium Annae", considérée comme "le domaine d'Anne", pour un territoire antérieur à la paroisse (fondée en 1402) correspondant plus ou moins à l'actuel Branderion. Cette forme ancienne ne s'oppose pas à l'autre qui a donné le nom actuel : Branderien en 1464 et Branderion en 1536 dans cette même série d'archives. De là, il y a pu avoir confusion sur le plan très local pour un nom de lieu prononcé également "Brederion", en pays vannetais. Ce toponyme serait composé de "bran" (colline) et de l'anthroponyme "Terion" (lui-même formé de Te + Rion, de l'éponyme Rion). Il n'y a donc pas de quoi remettre en cause par voie de presse l'ensemble des formes orthographiques choisies pour cette partie de l'actuel pays de Lorient !

Vous vous appuyez plus loin dans votre missive sur l'éternelle légende cultivée par les opposants au breton consistant à faire intégrer dans l'opinion que les spécialistes de la langue bretonne sont des "théoriciens (...) qui font trop peu de cas de la langue bretonne à laquelle sont attachés ceux qui vivent au pays". Encore une fois, les intéressés apprécieront vos affirmations à leur juste valeur, tant est qu'il y en ait une.

Les choix de l'Office de la langue bretonne peuvent générer une discussion constructive. Vous ne pouviez les ignorer puisqu'ils ont fait l'objet de nombreuses éditions et de listes normalisées mises à la disposition du public et des communes avec le soutien de collectivités territoriales et notamment du département du Morbihan et de la région administrative de Bretagne. Ce travail, porté à votre connaissance contrairement à vos dires, aurait dû en tant voulu susciter quelque intérêt de votre part et vous auriez pu ainsi intervenir en toute honnêteté avant la mise en place de la signalisation en breton. Vous démontrez de cette manière le peu de cas que vous faites du travail des autres.

Enfin, nous vous invitons à relire notre réaction initiale comportant des formules de politesse qui vous ont apparemment échappées et des questions simples auxquelles vous n'avez répondu pour l'heure. Contrairement à la sécheresse de vos propos et la mauvaise foi qu'ils contiennent, il est peu concevable que vous ayez perçu notre courrier comme "assez peu aimable". A moins que votre statut de premier magistrat de la commune ne vous apporte aussi la science infuse jusqu'à vous mettre à l'abri de la moindre observation.

En tout état de cause, le breton doit être une priorité des élus.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, en l'expression de nos sentiments bretons les meilleurs.

Pour Bemdez,

Bertrand Deléon.

PS : copie aux médias pour parution.

Kevredigezh / Association BEMDEZ Ti ar c'hevredigezhioù / Maison des associations 6 straed ar Govuerezh / 6 rue de la Tannerie 56 000 GWENED / VANNES – BREIZH / BRETAGNE – Pgz / Tél. 06 11 51 43 15. (voir le site)

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