
Examen du projet de loi pour une Corse autonome au sein de la République
Réalisation : Assemblée Nationale
En soutenant le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République, Paul Molac a relancé le débat sur la centralisation française. Pour le député breton, l'autonomie territoriale est avant tout une question de démocratie.
Le député breton Paul Molac est intervenu mardi 2 juin en commission des lois de l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République ». Dans une intervention de deux minutes, il a apporté son soutien au texte, en replaçant la question corse dans un débat plus large : celui de la démocratie territoriale en France.
Pour Paul Molac, la Corse cumule des contraintes particulières : l’insularité, la loi littorale sur le littoral, la loi montagne dans l’intérieur, mais aussi un niveau de revenu parmi les plus faibles de France. « Les problèmes que l’on peut avoir dans les territoires ruraux, ils sont simplement au carré en Corse », a-t-il résumé.
Mais le député du Morbihan a surtout insisté sur la dimension démocratique du débat. Selon lui, la France reste très en retard par rapport à ses voisins européens dans le partage du pouvoir entre l’État central et les territoires. « On s’est habitué dans la démocratie française à avoir la séparation des pouvoirs, mais nous n’avons pas véritablement de démocratie territoriale », a-t-il déclaré, rappelant que de nombreux pays européens disposent de régions ou de communautés autonomes.
Paul Molac a également souligné le large consensus rencontré en Corse autour de cette demande d’autonomie. Il a évoqué le déplacement de la commission dans l’île, où les parlementaires ont entendu les représentants syndicaux, économiques et agricoles exprimer leur soutien à un statut d’autonomie. « Il y a un véritable consensus dans la société corse qu’il ne faudrait pas que nous n’entendions pas », a-t-il averti.
Aux élus inquiets d’un risque de fragmentation de la République, Paul Molac a répondu que l’autonomie régionale est au contraire une réalité banale en Europe : « Des régions autonomes, c’est ce que l’on trouve le plus en Europe. Qu’ils ne s’inquiètent pas, ce n’est pas pour autant que l’Europe devient une balkanisation. »
Cette prise de position de Paul Molac résonne bien au-delà de la Corse. Elle pose à nouveau la question de la place des territoires à forte identité historique, culturelle et linguistique dans une République où les principaux centres de décision demeurent largement concentrés dans la capitale.
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