Alan Stivell... un «harper hero» au Festival Les Nuits Salines

-- Cultures --

Musique de Culture et Celtie
Porte-parole: Gérard Simon

Publié le 18/07/10 23:53 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Alan Stivell n'était pas revenu sur la scène du Festival « Les Nuits salines », depuis le vendredi 22 juillet 1994, lorsque la retentissante tournée « Again », passant, alors, par Batz-sur-Mer, permettait à l'incontournable chanteur et musicien breton de porter, de ce disque déterminant, plusieurs fois disque d'or, à la scène, entre autres revisités, de véritables tubes, des années 70, la « Suite Sudarmoricaine » et « Tri Martolod », fers de lance de son mémorable passage à l'Olympia de Paris.

Mais, de grâce, dépassons d'entrée, ces deux titres, certes légendaires, qui, pour beaucoup trop de Bretons ou non, le réduisent à l'icône passéiste d'un « barde armoricain » qui semble, depuis cette période lointaine, s'être réfugié dans les brumes de la forêt de Brocéliande, alors qu'il est un authentique et très actuel « harper hero » qui a donné à la harpe, en l'électrifiant, dès les débuts de sa carrière, les mêmes sons, effets, distorsions, primitivement réservés aux guitaristes, voire aux « clavieristes ».

Cette démarche technique et musicale de ce brillant multi-instrumentiste est, il ne faut l'ignorer, l'un des « fondamentaux » du sens même de l'œuvre de Stivell.

Pour sa 19e édition, le Festival « Les Nuits salines 2010 » a la judicieuse idée d'inviter, le samedi 24 juillet, à 21 heures, le leader international de la musique celtique contemporaine, initiateur du renouveau de la harpe celtique.

Quelle magnifique opportunité que nous offre cet exceptionnel concert pour découvrir ou re-découvrir cet artiste d'exception, connu et reconnu dans le monde entier, primé aux États-Unis par un Indie Award dès 1986, compositeur de référence pour plusieurs musiciens internationaux mais, cependant, trop ignoré des médias ou des programmations françaises.

Pour les plus jeunes ne connaissant pas, ou trop peu, la démarche musicale d'Alan, ils ne doivent pas ignorer que les groupes de rock ou les formations bretonnes actuelles de tous styles, qu'ils apprécient, où les guitares, batteries, basses, ponctuent le « Plinn » ou l'« An dro », sont nées de la novation essentielle « Stivellienne ».

« Je voudrais, juste, ce soir, vous présenter celui par qui tout a commencé » Dan Ar Braz », accueillant Alan, sur la scène du Palais Omnisports de Paris-Bercy, le 16 mars 1999.

Par ailleurs, si certains artistes ou groupes bretons se sont depuis quelques années, englués dans une relative stagnation créatrice, Stivell prouve toujours qu'il demeure en son domaine le novateur incontesté.

Célébrant, par ces noces d'« émeraude », le quarantième anniversaire de la sortie de son premier album professionnel « Reflets » dont vous pourrez écouter, sans nul doute, quelques titres, sur la scène du Petit Bois, « Emerald », titre commun à la tournée 2010 et au 23e album de l'artiste, ne déroge pas à une novation certaine.

Vous assisterez, n'en doutez pas, et, très certainement sur la harpe prototype Camac-Stivell 1, née, en région nantaise, à Mouzeil (Bretagne sud) à un concert aux sonorités souvent très rock, très actuelles !…

« Je reste ébahi par le public, jeune ou mature qui afflue dans tous les concerts de ma tournée Emerald ».

Alan STIVELL – « Le Peuple Breton – juillet/août 2010 ».

De plus, personne ne peut mettre en doute le militantisme affirmé et confirmé du fidèle manifestant de la « Festimanif de Nantes ».

Ecoutez, notamment, sa prise de position au sujet de la réunification de la Bretagne avec la réinsertion logique de la Loire-Atlantique, exprimée dans l'un de ses tous derniers titres, « Tamm ha Tamm – Rennes, Nantes et Brest », qu'il interprétera, probablement, lors de son concert de Batz-sur-Mer !

Plus largement, avant Stivell, la musique, la langue… la culture bretonne étaient presque une « maladie honteuse ».

Alan Stivell renfermé sur sa Bretagne, diront peut-être certains ?

Manifestement pas, puisque, breton mais citoyen du monde :

Citons, tout simplement, les paroles de sa première et excellente composition, « Brittany's » figurant, en première plage, sur le CD

« Emerald ! ».

« Le monde est ma maison,

Et la Bretagne mon appart.

Je le dis sans hargne et à raison

Sans honte on est bretons »

Ar bleizi mor... »

Que le Festival « Les Nuits Salines », dans toutes ses composantes, festivaliers, bénévoles, bureau de cette formidable et fort sympathique association, mesurent la chance de recevoir, à Batz-sur-Mer, cet « étendard » de la culture bretonne pour laquelle, en fait, nous nous réunissons tous, pendant ces trois jours de musique et de fête !

Que vous conseiller de mieux si ce n'est de venir, sans réserve, au concert du « fondateur du renouveau néo-celtique contemporain » qui vous permettra d'apprécier, d'autant mieux les autres artistes « celtisants » se produisant dans le cadre de ce festival et qui sont, de très près ou de plus loin, issus de cette mouvance générée par Alan Stivell.

Anny Maurussane et Gérard Simon

Voir aussi :

Cet article a fait l'objet de 1240 lectures.
mailbox imprimer
logo
« Culture et Celtie… le magazine » C'est le magazine en ligne des événements celtiques et artistiques en Presqu'île guérandaise et, d'ailleurs... Des 5 départements bretons... à la Celtie !

Vos commentaires :

Écrire un commentaire :

ANTI-SPAM : Combien font 5 multiplié par 2 ?
Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés. Par contre l'utilisation d'anonymiseurs pour modifier votre numéro ip entrainera la suspension de vos commentaires.