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Alain Le Gourriérec, commissaire général de l'Année de l'Amérique Latine en France (2011)

La France a quelque peu négligé l'Amérique Latine au cours des dernières décennies, mais il semblerait que les choses s'apprêtent à changer. En effet, après l'Année du Brésil en France, il y aura dans quelques mois l'Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009. Le Mexique sera le pays à l'honneur au Salon du livre de Paris, du 13 au 18 mars. En 2010, le Mexique célébrera le centenaire de sa Révolution, centenaire qui aura quelques échos en France. Et, surtout, 2011 sera l'Année de l'Amérique Latine en France. 200 ans après les premiers mouvements qui menèrent les pays d'Amérique latine vers l'indépendance, la France mettra l'ensemble de ces pays à l'honneur sur son territoire en 2011 : expositions, spectacles, concerts, publications, cinéma, etc. C'est un Breton qui va être le grand coordinateur de cette Année de l'Amérique Latine en France : Alain Le Gourriérec.

Alain Le Gouriérec était entré en fonction comme ambassadeur de France à Mexico le 22 septembre 2005. Par un décret en date du 13 juin 2008, il a été nommé conseiller diplomatique du Gouvernement.

Dipômé de Sciences Po et ancien élève de l'ENA, Alain Le Gourriérec, époux de María de la Luz Ramírez Ugarte, originaire du Paraguay, connaît particulièrement bien ce continent puisqu'il a été en poste en Colombie de 1982 à 1984, ambassadeur de France au Paraguay en 1993 et 1994, consul de France à San Francisco (ville qui doit son nom à une mission fondée par des Franciscains espagnols, dans un État où une grande partie de la population parle aujourd'hui castillan) de 1994 à 1996, ambassadeur de France au Chili, de 2001 à 2005, et ambassadeur au Mexique de 2005 à 2008.

Né le 23 janvier 1950 à Shanghaï, en Chine, Alain Le Gourriérec est lui-même le fils d'un autre grand diplomate, Pol Le Gourriérec, qui fut notamment ambassadeur de France en Inde.

Né à Cléguérec en 1921, Pol Le Gourriérec parlait couramment breton et avait été dans sa jeunesse étudiante, à Rennes, un grand ami du poète et éditeur Ronan Huon (1922-2003), quand il était avec lui à la fac de lettres de Rennes; il avait fondé avec lui en 1945 la revue «Al Liamm». Puis, leurs routes s'étaient séparées, Ronan Huon partant en 1948 au Pays de Galles avant de devenir professeur d'anglais, tandis que Pol Le Gourriérec qui avait poursuivi des études à Langues-O, à Paris, s'était engagé dans la diplomatie.

Les Le Gourriérec sont assez nombreux en Bretagne. On recense aujourd'hui 276 abonnés au téléphone qui portent ce nom : 5 dans les Côtes-d'Armor, 14 en Ille-et-Vilaine, 17 dans le Finistère, 26 en Loire-Atlantique et 213 dans le Morbihan. Parmi ces derniers, il y a Yves Le Gourriérec, agriculteur, né en 1951 à Bubry et actuel président de la Chambre d'agriculture du Morbihan.

L'Amérique latine qui compte aujourd'hui de plus de 500 millions d'habitants et qui est constituée de plus de trente pays, est un continent en pleine mutation. Il a connu de grandes civilisations anciennes comme celle des Mayas, celle des Aztèques et l'empire Inca, elle possède un passé prestigieux et des cultures actuelles riches et diversifiées, toujours en mouvement. Après la conquête européenne au XVIème siècle, les luttes pour l'Indépendance, la résistance indigène et les soulèvements des esclaves, les luttes toujours recommencées pour la souveraineté et la justice sociale, les peuples d'Amérique latine sont entrés dans le XXIème avec des espoirs toujours renouvelés.

Des Bretons et des descendants de Bretons ont joué à maintes reprises un rôle non négligeable dans l'histoire de ce continent : des marins bretons ont été parmi les tout premiers Européens à fréquenter les côtes du Brésil vers 500; c'est un Rennais, Francis Ruellan, qui détermina le site de la future capitale du Brésil : Brasilia; c'est le fils d'un Lorientais qui fut, de 1892 à 1911, le plus grand ministre de l'économie et des finances qu'ait jamais eu le Mexique dans son historie passée : José Yves Limantour; c'est un Plœmeurois, Joseph Le Gouhir, qui fut le grand historien de l'Équateur; le Malouin Auguste Leverger fut amiral du Brésil et président du Matto Grosso; Jean de Guébriant fut un des premiers Blancs à pénétrer chez les Jivaros réducteurs de têtes en Amazonie péruvienne; la ville brésilienne de São Luis do Maranhão doit sa fondation en 1612 à une expédition partie de Cancale sous la conduite de Daniel de La Touche de La Ravardière... Des milliers de marins, explorateurs, pionniers, aventuriers, missionnaires, savants, artistes et autres voyageurs venus de Bretagne ont joué un rôle dans l'histoire de ce continent.

L'Année de l'Amérique Latine en France concerne donc bien la Bretagne et il faut souhaiter que les initiatives s'y multiplient dans les deux ans qui viennent pour resserrer les liens de part et d'autres de l'océan Atlantique.

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Vos commentaires :

Jean-Charles Perazzi
Mardi 31 août 2010

Heureuse nouvelle

Content d'apprendre que la France et la Bretagne vont renouer des relations plus suivies avec les pays d'Almérique latine. D'autant plus content que je suis moi-même fils et petits fils d'Argentins. Tout en étant... Trégorrois de naissance. Voici quelques petites informations suceptibles d'alimenter une chronique, un débat sur le sujet Bretagne/Amérique du Sud. De très nombreues ONG bretonnes ont lié des contacts étroits, à but humanitaire et autres, avec des communautés indiennes de différents pays d'Amérique du Sud. La musique contribue depuis longtemps un lien étroit, suivi, et quasi magique ou mystique entre les artistes populaires de Bretagne et d'Amérique latine. Quelques exemples. Dans un passé récent, "Les Guaranis" ont popularisé durant une bonne vingtaine d'année les chants, les danses et la musique des pays sud-américains sur d'innombrables scènes bretonnes. Dans le même temps, ils ont fait connaître aux Bretons leur langue et leur culture (guaranies). En son temps, leur "Misa por un continente" a annnoncé sur des scènes bretonnes la fin à venir des dictatures du continent américain et des jours meilleurs pour leurs peuples opprimés. Après la fin d'une longue dictature, des militants paraguayens sont parvenus à inscrire dans la Constitution de leur pays l'enseignement dans les écoles de leur langue maternelle (le guarani)à égalité avec l'espagnol. La harpe paraguayenne, cousine germaine de la harpe celtique introduite chez eux au XVIe siècle par les missionnaires européens, est connue chez nous. L'un de ses talentueux interprètes actuels, Ismaël Ledesma, qui intervient régulièrement au festival mondial de harpe de Dinan, a enregistré en partie son dixième album ("El vagabundo") à Quimper. Le disque est distribué par "Coop Breizh". On ne désespère pas d'entendre un jour Ledesma au festival des Vieilles charrues ou à celui de Quimper. Des contacts veinnent d'être établis. On ne le sait pas forcémént, mais des Bretons et des Andins peuvent danser sur un rythme commun, l'an dro et le huayno péruvien. On pourrait aussi évoquer la présence de colonies bretonnes importantes en Argentine, au Mexique et dans bien d'autres pays d'Amérique du Sud. Dans le domaine des arts, des lettres, de l'agriculture, de la pêche, de nombreux contacts et échanges ont lieu entre la Bretagne et l'Amérique latine. Et demain il est possible de faire beaucoup mieux. Abrazo/a galon. Jean-Charles Perazzi

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